Collège Jean-Baptiste Clément Ecrire et inventer son cahier au collège

24, rue Henri Chevreau

75020 Paris

 

 

personne contact :

Claude CHUZEL (Lettres) -

Mél : claude_chuzel@hotmail.com

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Cahier ….   le retour

retour du jeudi et retour du "je dis",  une vraie-fausse innovation

Présenter le bon vieux cahier comme l’outil d’une innovation pourrait, au premier abord, relever de la provocation.

Cahiers de textes, de devoirs, cahiers de brouillon ou d’exercices : l’école est une grande consommatrice de cahiers, qui, quand ils ne sont pas instruments de torture, sont uniquement des objets fonctionnels.

Ce cahier-ci a une autre ambition, c'est un cahier de plaisir : le plaisir d’écrire. 

 

 

Tout d’abord, un constat s’impose : en fin de Troisième, nos élèves ne sont pas « installés » dans l'écriture. Leur écriture est, dans le meilleur des cas, maladroite.

 

Installés : c’est à dessein que j'utilise ce mot. Pour écrire, il faut en effet circuler dans l’écriture comme dans sa propre maison. Il faut donc que cette maison « appartienne » à celui qui écrit. C’est pourquoi le mécanisme même de l'appropriation de l'écrit est à repenser.

 

Or, dès l’entrée au collège, l’habitus scolaire organise l’émiettement et la dépossession à travers le dispositif traditionnel de la copie adressée au professeur, puis retournée à l’élève avec sa sanction/gratification au stylo rouge. 

 

Le cahier, au contraire, installe l’enfant dans l’univers du livre et de l’écriture à partir de sa propre production et d’un horizon de lecteurs potentiels. Ce n’est plus un cahier : c’est « mon cahier ».

 

Le cahier, se transforme ainsi en objet fétiche. Les textes personnels y côtoient le travail sur les textes de littérature. Les séquences présentées chacune sur une double page invitent les élèves à partir à la recherche d'une idée plastique qui est bien autre chose qu'une décoration. Elles sont aussi prétexte à photos, petits mots et secrets divers.

L'évaluation devient une invitation à l'évolution, les suggestions faites au crayon

proposent des retours sur les textes.  

 

Auprès de mes élèves du Collège Jean-Baptiste Clément (collège classé en ZEP, situé dans le quartier de Ménilmontant, où on accueille des élèves aux origines extrêmement variées), le succès du cahier se confirme d'années en années : il se mesure à l’investissement soutenu des élèves qui aboutit à une production foisonnante et parfois étonnante.

 

Le cahier est une fausse innovation, car il est vieux comme notre enseignement.

Mais il avait été abandonné depuis trop longtemps. Le réintroduire, en faire un outil d’enseignement et d’appropriation, c’est renouveler la relation de l’élève à l’écriture.

 

 

"Lieu de mémoire" et de réalisation, ce cahier sera conservé comme trace, trace de l'appropriation de la langue, de l'écriture, du goût, donc de soi.

Les cahiers que je vous montre aujourd'hui en sont le témoignage.

 

 

Claude Chuzel, professeur de lettres, octobre 2004

Collège Jean-Baptiste Clément, 26, rue Henri Chevreau, 75020 Paris

 

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