COLLEGE Gustave FLAUBERT

Double tutorat

(enseignants-élèves et élèves-élèves en classe de cinquième)

82, avenue d’Ivry, 75013  PARIS. tél. 01 45 85 74 00 / Fax 01 45 83 29 57
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contact:

Catherine LEON-YAKER, prof. de Mathématiques

Marie-Dominique KADDOUR, prof. de Lettres

bulletvoir aussi la monographie de l'équipe en juin 2003
Un bilan final (juin 2005) après trois années de conception et d'actions...

TUTORAT à Gustave FLAUBERT

 

BILAN Année scolaire 2004-2005

 

I. Rappel historique

 

Cette année 2004-2005 a vu se mettre en place une nouvelle formule de tutorat (entre pairs et vertical) élargie à tout le niveau de cinquième, après trois années de fonctionnement sur une seule classe de cinquième.

Les années précédentes une équipe de professeurs motivés  encadrait une classe de cinquième en organisant un double tutorat (cf les rapports des années précédantes dans le cadre de l’INNOVATION VALORISATION, Rectorat de Paris)

 La pratique des échanges réciproques de savoirs apparaissant comme un facteur essentiel de réussite des élèves, l’équipe a décidé, en accord avec les chefs d’établissement d’étendre le dispositif à tout le niveau de cinquième dès la rentrée 2004.

 

 

II. Organisation 

 

Chaque professeur de l’équipe initiale devient professeur principal d’une classe de cinquième.

Il organise dans sa classe les différentes formes de tutorat pratiquées précédemment, en essayant d'impliquer les professeurs de sa classe. Il convient toutefois de signaler que le tutorat vertical ne pourra pas être organisé de façon aussi large, faute de moyens.

Des réunions mensuelles régulent le travail de chacun.

Deux professeurs sont chargés de la coordination et de la rédaction des compte rendus.

Un Journal du Tutorat peut témoigner de ces réunions.. Nous avons choisi de joindre ce Journal pour partager notre vécu.

 

 

Journal du tutorat-

 

Jeudi 16 septembre 2004

12h30 -14h Première réunion de l’année. Auberge espagnole comme de coutume dans la petite salle des profs. Sont conviés les « anciens », pour mettre en place le tutorat élargi à tout le niveau cinquième du Collège, nouvelle expérience de cette année que nous avons mise en forme en juin dernier, avant les vacances . Mais comme la fin d’année est lointaine et gommée par les vacances, (ça ne marche pas seulement pour les élèves !) il nous faut rafraîchir un peu tout cela !

Sont présents : Mme Fraysse, Catherine Léon, Ghilaine Lucas, Laurent Pejoux, Abdes Taïb, Dominique Kaddour et Julien Zingraff, CPE des cinquièmes.  Laurent Schwerer vient voir s’il peut impliquer les 5e 1. Le compte est bon. On boit, on mange et pleins d’allant, nous faisons le point sur la situation.

 

Les points en suspens :

 

à Comment informer les parents ?

Profiter de la réunion de rentrée avec les parents de 5e du mardi 21 septembre pour distribuer une lettre explicative aux parents qui sera rédigée sur le champ, mise au propre par Mme Fraysse, polycopiée et mise dans nos casiers respectifs avant la fin de l’après-midi.

 

à Réunir les collègues de 5e : la réunion du mois de juin ayant été annulée pour cause de fatigue générale il est proposé de la placer mardi 21/ 09 juste avant la rencontre avec les parents. Catherine se charge de mettre un mot d’information à tous les profs de 5e . Dire au collègues que leur engagement dans l’action leur est personnelle mais leur demander la bienveillance ou au moins un devoir de réserve.

 

à Comment informer les enfants ?

 

Chaque PP lance l’action dans sa classe en expliquant le tout ! Fonctionnement des binômes, logistique, lieux de travail, encadrement etc. Chacun avance à son rythme mais il faut démarrer ! La 5e de Catherine a pris de l’avance !

 

 

 

à Logistique :

Les panneaux dans les classes des PP pour les affichages ? Pour  Laurent P., Abdes et Ghilaine  Mme Fraysse a des panneaux autocollants : il suffit de les récupérer dans son bureau..

 

à Les salles de travail pour les duos ?

 

1°/ le CDI ? Mme Fraysse prévient les deux documentalistes. En priorité les jeudis et vendredis jours où il y a les deux responsables de 8h à 16h15

2°/ Chez les surveillants ? Plus difficile car le CPE travaille dans la même salle mais possibilité d’ouvrir une salle en face - quand elle est libre.

3°/ Autre ? à réfléchir

 

 

 

Mardi 21 septembre 2004

Réunion d’information pour tous les enseignants intervenant dans les classes de 5e

 

Salle 101 de 17h à 18h

Sont présents les PP des diverses 5e et une dizaine de profs, le CPE des 5e

 

Catherine et Dominique expliquent à tous le projet et la façon de s’y engager. A priori les personnes présentes sont intéressées même si elles ne voient pas encore comment s’y engager. Quelques personnes absentes se sont excusées et nous demanderont un entretien personnel.

Le tutorat vertical ne concernera sans doute cette année que les élèves en difficulté et c’est le PP qui s’en chargera (contre une petite rétribution interne au collège qui reste encore à définir ? Aide financière de INNO-VALO ? Peut-être !

Pour le moins les collègues présents s’engagent ( ?) à signaler au PP qui a besoin d’un tuteur élève et qui peut aider.

Nous nous séparons pour aller à la rencontre des parents.

 

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Jeudi 14 octobre

Mon ordi a avalé ce que j’avais rédigé sur cette séance … lors d’une panne de courant. Impossible de retrouver ma page écrite. Je copierai 100 fois : je n’oublierai plus de sauvegarder !

De mémoire : mises à plat des diverses situations et synthèses des démarches menées dans les différentes classes de cinquième. Il faudrait que chacun rédige sa démarche et son bilan trimestriel.

 

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Jeudi 25 novembre

 

Toute l’équipe a le nez dans les bulletins trimestriels et en l’absence de Catherine, hospitalisée, la réunion n’a pas été maintenue. Prochaine date retenue : jeudi 6 janvier 2005.  Ghislaine et Laurent P. m’ont remis leur bilan.

 

 

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Jeudi 6 janvier 2005

 

Retour de vacances de fin d’année et remise en route de nos activités de tutorat. Nous sommes heureux d’avoir Catherine avec nous…

 

La réunion commence par un tour de table où chacun explique comment il fait fonctionner le tutorat dans sa classe. Une fois de plus nous pouvons observer la grande liberté d’interprétation du sujet. Cette liberté d’action est une richesse pour le groupe car chacun peut trouver une source d’inspiration dans la démarche des autres.

Catherine regrette de ne pas être aussi opérationnelle qu’à son habitude, elle surveille néanmoins les rencontres des duos d’élèves dans sa classe. Même s’il y a un fléchissement dans la fréquence des rencontres, il semble néanmoins que les élèves de la 5e 6 continuent à travailler en tutorat horizontal. Ils déposeront leurs fiches navettes chez Dominique K.

Abdes a mis en place les deux tutorats (horizontal et vertical). Tout semble bien fonctionner dans sa classe.

Laurent P. fait part des aléas des inscriptions sur panneau dans l’entrée du gymnase. Après quelques inégalités dans les rythmes, tout marche bien également dans sa classe.

Dominique K. note avec satisfaction quelques duos très actifs sur une heure libre qui convient bien aux élèves de sa classe : le mercredi de 11h à 12h.

Julien Zingraff souligne que c’est une heure bien fréquentée globalement par les duos et signale qu’une salle surveillée est toujours à disposition à cette heure.

Pour le tutorat vertical, Dominique K. signale qu’elle utilise aussi l’heure de soutien (1h quinzaine) pour personnaliser l’aide donnée aux élèves en difficulté de la 5e 5 ;

Toute l’équipe (moins Ghislaine car dans sa classe le tutorat a été rendu obligatoire) a pu observer un léger fléchissement dans la régularité des rencontres de duos de travail. Cela remet partiellement en cause la façon dont nous gérons le suivi de ces séances.
La fiche « navette » établie par Catherine en début d’année est toujours utilisée dans certaines classes sans avoir été modifiée comme il en avait été question lors d’une précédente rencontre. Dominique trouve que ses élèves s’en servent bien puisqu’ils viennent la demander en début de rencontre et la rapportent à la fin. Cela permet à D de savoir immédiatement comment a fonctionné le groupe.

Ghislaine montre à l’équipe comment elle a mis en place deux fiches dans sa classe. Sa démarche est immédiatement jugée comme très intéressante et productive. (photocopies jointes à ce journal)

 

Ce qui émerge de la discussion générale qui s’est enclenchée naturellement :

 

à Les résultats des élèves sont valorisés grâce au tutorat

 

à Certains élèves reprennent confiance

 

à Le tutorat vertical tel qu’il était pratiqué par les membres de l’équipe manque cette année car il ne peut être que partiel et orienté vers les élèves en difficulté alors que d’autres élèves en ont besoin ne serait-ce que pour (re)motiver le tutorat horizontal et valoriser les efforts des uns et des autres.

 

àL’  « ambiance » de toutes les classes de cinquième est reconnue comme correcte voire bonne (pas de « gros » problèmes de discipline) Peut-on imputer cela au tutorat ? La réponse ne peut être catégorique mais on peut au moins affirmer que le tutorat n’y est pas entièrement étranger.

Il apparaît donc nettement que le niveau 5e  est cette année un niveau préservé, les cas identifiés comme difficiles l’an passé en 6e se sont calmés semble-t-il.

Le travail de la vie scolaire y est aussi pour beaucoup. On peut conclure que c’est le résultat d’un ensemble.

 

à Une autre question se pose à l’équipe : Que sont devenus les 5e2 de l’an passé qui ont bénéficié du double tutorat encadré par toute l’équipe? Une prospection dans leurs bulletins du 2e trimestre à venir ne manquerait pas d’intérêt. A mettre en place.

 

à Enfin il faut parler de notre « équipe ». Chacun se sent quand même assez seul cette année, contrairement à l’année dernière où nous formions une véritable équipe pédagogique encadrant une classe et fédérant toutes les activités autour d’axes partagés. Là nous nous démenons en solitaires n’ayant pas réellement de point d’ancrage auprès d’autres collègues de la classe. L’idée de former des « équipes » dans chaque classe de 5e n’a pour l’heure pas été concrétisée. A mettre en œuvre d’ici à la fin de l’année ?

Enfin se pose la question de la somme de travail que chacun de nous engage dans cette action. Le Rectorat via François Muller et la cellule « Inno-Valo » nous a-t-il accordé une aide en heures cette année encore ? A vérifier.

Tous demandent de bien définir les missions et les rémunérations. La tâche pour chacun d’entre nous est lourde et si nous voulons garder toutes les bonnes volontés impliquées comme au premier jour, des moyens sont nécessaires. Ghilaine en particulier dit qu’elle ne sait pas si elle continuera si elle n’a pas une autre rétribution que symbolique. De plus nous ne pouvons pas inciter sérieusement d’autres collègues à nous rejoindre si nous n’avons pas de moyens.

 

Conclusion :  La séance se clôt et nous observons que ces réunions sont toujours aussi chaleureuses et nécessaires pour nous « ressourcer ».

 

Prochaine réunion : le 10 MARS 2005  

La réunion du 10 mars a été annulée. Toute l’équipe a le nez dans le guidon et rempli les bulletins du deuxième trimestre. Et puis on préfère attendre le retour de Catherine.

La prochaine réunion est donc fixée au jeudi 24 mars 2005

 

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Jeudi 24mars 2005

 

Réunion difficile à fixer car de nombreuses préoccupations animent l’équipe : les nouveautés du choix des quatrièmes (respect de l’hétérogénéité et choix de projets ; comment concevoir une véritable 4e AS, par exemple)

Et puis il ne faut pas oublier que trois « poissons » de l’équipe fêtent leurs anniversaires en mars, il faut se dépêcher car mars s’efface ! !

 

Nous commençons par faire le point sur nos activités de tutorat qui sont de plus en plus dirigées voire imposées par Ghilaine, Laurent et M-Dominique.

Ghilaine reste fidèle à l’obligation de tutorat qu’elle a mis en place pour sa classe. Ses élèves se retrouvent au CDI en deux groupes. Elle ne peut pas toujours être présente ce qui crée quelquefois des difficultés. Laurent en observateur de ce fonctionnement a pu remarquer qu’avec ou sans Ghilaine ce n’est pas du tout la même chose. En fait lorsque le professeur est présent les élèves travaillent beaucoup plus sérieusement. Lorsque le groupe est seul avec la documentaliste d’autres difficultés apparaissent. Par exemple les élèves se plaignent de ne pouvoir circuler librement d’une table à une autre, de parler entre eux. Mme Pignal, la documentaliste, se plaint du volume sonore de l’activité. Ce problème ne semble se poser que lorsque Ghilaine n’est pas là. Ghilaine se propose de revoir les modalités de fonctionnement et de préciser quelques règles de comportement à ses élèves.

 

Laurent évoque surtout le tutorat vertical qu’il continue à pratiquer à raison d’une heure par semaine avec 11 élèves en difficulté (un groupe de 5 puis un groupe de 6 en alternance)

Il travaille avec eux sur la répétition car de toute évidence ces élèves ne travaillent pas à la maison ou ne savent pas travailler tout seuls.

 

M-Dominique explique pourquoi elle est arrivée à utiliser son heure quinzaine de soutien en heure de tutorat dirigé de français. D’une part le groupe d’élèves en difficulté ( huit élèves) finit par ronronner même en soutien personnalisé. Devant leur force d’inertie il fallait trouver un stimuli pour reprendre un certain nombre de fondamentaux, comme apprendre une leçon, comprendre et respecter une consigne, etc. Comme par ailleurs le fonctionnement du tutorat dans la classe de 5e5 ronronnait à l’identique (seuls quelques duos continuaient à se rencontrer le mercredi de 11h à 12h et le mardi matin de 8h à 9h) il fallait prendre la question à bras le corps ! Donc obligation de venir pour les tutorés (élèves en soutien) et les tuteurs se relaient. Avec ce système ils ne sont sollicités qu’une fois par mois !

Lors de la préparation du conseil de classe avec la représentante de la FCPE une seule maman a réagi à cette « convocation » des élèves sans difficulté ! Les autres ont trouvé « normale » cette heure en plus.

Les élèves au bout de deux séances ont bien compris que tout le monde trouvait son compte dans cette activité partagée. Le tutorat à proprement parler ne dure que deux fois 15mn pendant l’heure car le professeur intervient en vérifiant à deux reprises comment les duos ont travaillé et quels sont les apprentissages des tuteurs comme des tutorés.

Cette organisation n’annule pas le « bénévolat » des autres séances. Le professeur espère même que les élèves percevront mieux les avantages qu’il y a à travailler de la sorte.

 

Nous abordons ensuite la question de la suite pour l’année prochaine puisque l’action est à nouveau inscrite dans le projet d’établissement de l’année scolaire à venir. L’équipe doit partiellement être renouvelée pour cause d’engagement de certains dans des projets de Quatrième.

Quelques noms sont avancés parmi les jeunes collègues de préférence car cette transmission du relais permettrait de véritablement pérenniser l’action dans l’établissement.

 

 


 

 Lundi 30 mai

 

C’est déjà l’heure des bilans. Nous préférons faire le point relativement tôt, cela nous permettra de préparer la prochaine rentrée.

Pour l’occasion nous avons aussi la visite d’Hervé notre accompagnateur.

Abdes exprime d’emblée le sentiment commun d’un certain nombre de réserves sur la formule du tutorat de cette année. Son sentiment dominant est la grande solitude éprouvée par le professeur principal, l’incapacité de fédérer d’autres professeurs de la classe ou l’absence de relais par un ou plusieurs collègues.

Le constat d’Abdes est assez nettement partagé et toute l’équipe semble en cette fin d’année avoir le moral un peu en berne. Se rajoute à cela l’éclatement inévitable de l’équipe fidèle de toutes ces années, puisque Ghilaine sera chargée de la mise en place d’une 4e à projet scientifique et Laurent d’une 4e à projet danse.

Néanmoins de jeunes collègues auraient donné un avis favorable à l’appel d’offre, donc ce chapitre est à suivre …

Julien essaie de nous remonter le moral en nous donnant sa vision des choses : le point de vue de la « vie scolaire ». Pour lui c’est très nettement le niveau cinquième qui a été le plus facile à gérer cette année. Les classes sont plus soudées comparées aux autres niveaux. Il a souvent pu observer un esprit de groupe, une dynamique de classe. Le CPE peut raisonner avec eux « en termes de groupes ». Le fait de pouvoir leur donner une salle pour y travailler en toute confiance change la relation avec le CPE. Il fait aussi remarquer qu’il y a eu moins d’exclusions en 5e que dans les autres niveaux.

Ces remarques nous montrent que si l’action n’est pas immédiatement évaluable selon des critères quantifiables, des effets importants se font sentir dans le comportement de tout un niveau scolaire. Par ailleurs cela confirme aussi ce que nous savions déjà sur le rôle à jouer par le CPE dans la structure tutorat.

Catherine nomme « culture du tutorat » toutes les attitudes spécifiques que tous,  enseignants et élèves, peuvent avoir ou acquérir dans le dispositif.

Le nœud de cette fin d’année est « la dilution d’une équipe » qui a fait ses preuves. La problématique d’une réussite du dispositif pour la rentrée prochaine reposera en grande partie sur la formation de la nouvelle équipe.

Le débat continue donc tout naturellement autour de l’engagement de la future équipe à toutes ces règles de base. Il paraît donc aussi normal que le choix des nouveaux collègues dans l’équipe de base repose sur un volontariat après une prise de connaissance de tous ces préalables par les candidats. Et que ces « nouveaux » soient encadrés et « briefés » par les « anciens » qui restent (Catherine, Dominique, Abdes).

Le débat dynamise le groupe de réflexion. Le projet à construire pour la rentrée nous remobilise et ajoute Abdes « les écueils de cette année nous permettront d’avancer mieux l’année prochaine ».

 

A partir de là la réunion devient plus optimiste et plus constructive, plus tournée vers l’avenir.

Catherine rappelle qu’elle ne renonce pas à l’idée d’un grand panneau centralisateur d’informations. Ce panneau visible par tous permettrait de faire mieux circuler les informations et rendrait plus concrète la totalité de l’action pour la communauté scolaire. Les élèves impliqués clairement nommés entraîneraient aussi davantage les plus hésitants.

Julien souligne encore le rôle de coordination que le CPE peut assurer ainsi que le travail de suivi des élèves, de bilans des comportements individuels et des classes.

Hervé ajoute que le CPE « pourrait être le prescripteur ».

Il nous semble aussi important de mieux utiliser le conseil de classe comme lieu de mise au point car cela impliquerait aussi les autres collègues entre autres. Il y aura une case « vie scolaire » sur les bulletins des élèves l’an prochain, à exploiter également.

 

Enfin le débat se porte sur le tutorat vertical qui avait une place de choix dans les bilans précédents et qui cette année n’a pu se faire que très peu, voire pas du tout. Or il nous apparaît à tous comme étant vital au dispositif. Il faudra impérativement voir à la rentrée comment arriver à le faire fonctionner.

 

Enfin nous nous séparons, heureux de ce débat vivant et « énergisant », reconnaissant une fois de plus que plaisir que nous avons à nous retrouver, à débattre ensemble et à nous « ressourcer » dans nos pratiques partagées.

Nous terminons par l’idée que le fait de pérenniser entraînera forcément une implication plus ou moins forte d’autres personnes dans notre collège.

 

 

 

III. Conclusion :

 

 

L’équipe exprime lors de la réunion de fin d’année un certain nombre de réserves sur la formule du tutorat de cette année. Son sentiment dominant est : la grande solitude éprouvée par le professeur principal et la difficulté de trouver des relais dans les équipes pédagogiques de chacune des classes.

En cette fin d’année le moral est un peu en berne, d’autant que la longue absence d’un des deux professeurs coordinateurs pour des raisons de santé s’est lourdement fait sentir. Se rajoute à cela l’éclatement inévitable de l’équipe fidèle de toutes ces années, puisque deux professeurs de l’équipe de base sont chargés de la mise en place d’une 4e à projet scientifique et d’une 4e à projet danse à la rentrée 2005.

Toutefois de jeunes collègues ont donné un avis favorable à l’appel d’offre, donc ce chapitre est à suivre …

Le CPE exprime le point de vue de la « vie scolaire ». Pour lui c’est très nettement le niveau cinquième qui a été le plus facile à gérer cette année. Les classes sont plus soudées comparées aux autres niveaux. Il a souvent pu observer un esprit de groupe, une dynamique de classe. Il peut raisonner avec eux en «  termes de groupes ». Le fait de pouvoir leur donner une salle pour y travailler en toute confiance change la relation avec le CPE. Il fait aussi remarquer qu’il y a eu moins d’exclusions en 5e que dans les autres niveaux.

Ces remarques nous montrent que si l’action n’est pas immédiatement évaluable selon des critères quantifiables, des effets importants se font sentir dans le comportement de tout un niveau scolaire. Par ailleurs cela confirme aussi ce que nous savions déjà sur le rôle à jouer par le CPE dans la structure tutorat.

Sous forme de synthèse une des coordinatrices nomme « culture du tutorat » toutes les attitudes spécifiques que tous,  enseignants et élèves, peuvent avoir ou acquérir dans le dispositif : la réciprocité des dons, la découverte que chacun apprend à sa façon, que tout le monde est capable d’apprendre et de transmettre des savoirs, qu’il faut dédramatiser les relations entre entre élèves et enseignants. Elle souligne en particulier que la pratique du tutorat modifie la posture de l’enseigant.

 

La préoccupation de cette fin d’année reste « la dilution d’une équipe » qui a fait ses preuves. La problématique d’une réussite du dispositif pour la rentrée prochaine reposera en grande partie sur la formation de la nouvelle équipe et de son engagement à toutes ces règles de base. Il paraît évident que le choix des nouveaux collègues dans l’équipe de base repose sur un volontariat. Et que ces « nouveaux » soient encadrés et « briefés » par les « anciens » qui restent.

Le débat dynamise le groupe de réflexion. Le projet à construire pour la rentrée  remobilise l’équipe qui considère que « les écueils de cette année permettront d’avancer mieux l’année prochaine ».

Déjà un certain nombre d’idées émergent : un grand panneau visible par tous permettrait de faire mieux circuler les informations et rendrait plus concrète la totalité de l’action pour la communauté scolaire, le rôle du CPE  dans l’équipe est à valoriser, le conseil de classe est à utiliser comme lieu de mise au point, la  case « vie scolaire » sur les bulletins des élèves l’an prochain est également à exploiter.

 

Le tutorat vertical n’a pu se faire que très peu cette année. Or il apparaît  comme important dans le dispositif. Il faudra impérativement voir à la rentrée comment arriver à le faire fonctionner.

 

En cette fin d’année l’équipe se sépare en exprimant une fois de plus le plaisir éprouvé d’avoir eu  à travailler, à débattre ensemble et à se « ressourcer » dans des pratiques partagées.

 

 

A la Une de l'action (octobre 2004)

TUTORAT ET MONITORAT

COLLÈGE GUSTAVE FLAUBERT

I HISTORIQUE : permettre la réussite de tous.

 

C’est d’abord pour donner une réponse pédagogique à la question de l’hétérogénéité des  classes de Gustave Flaubert que les deux professeurs à l’origine de l’action ont pensé à la mettre en place dans une classe de 5e. Par ailleurs, les deux professeures avaient le point commun d’avoir pratiqué pour l’une un tutorat empirique dans une classe de 5e l’année précédente et d’en avoir tiré de multiples satisfactions ,et pour l’autre d’avoir participé au groupe de réflexion et de formalisation du tutorat entre élèves de 3e et élèves de 6e tel qu’il était pratiqué les années précédentes à Flaubert ! Il suffisait de mettre en commun ces démarches et de constituer une équipe autour du projet et de cette classe.

 Ce  tutorat a été mis en place dans une classe de cinquième pendant trois ans de 2001 à 2004  avec quasiment la même équipe et se poursuit sous une forme élargie à l’ensemble des classes de 5e en 2004-2005.

 Il établit un dialogue vertical entre enseignés et enseignants, horizontal entre élèves tour à tout tuteurs et tutorés et un véritable travail d'équipe pour les enseignants de la classe.

 

II. ORGANISATION DE L'ACTION: deux formes de tutorat reliées entre elles.

Le tutorat à Flaubert s’est mis en place en Septembre 2001,  sous deux formes différentes :

1/ Un tutorat horizontal, élève-élève :

- Dans certains cours (mathématiques et français) à l’occasion de corrigés, d’appren­tissages particuliers, de travaux en groupes, les « bons » élèves de la classe expliquant aux élèves ayant plus de difficultés.

-A l’extérieur des cours, des duos d’élèves se sont créés (à leur initiative et avec notre accord). Ces duos se retrouvent chaque semaine à heure fixe, (pendant une heure de permanence et/ou l'heure méridienne), sous la surveillance une adulte, au CDI et dans la petite salle de permanence. Ils travaillent les points du cours faisant difficulté et  créent ainsi une véritable coopérative de techniques d’apprentissages : les élèves échangent leurs méthodes, leurs savoir-faire en utilisant un vocabulaire qui leur est propre

2/ Un tutorat vertical, professeur-élève :

 Sept, puis huit professeurs de l’équipe ont accepté d’être les adultes référents (tuteurs) d’un groupe de trois ou quatre élèves. Les rencontres se font sur rendez-vous avec un élève du groupe ou du groupe entier.

Nos réunions de concertation ont permis de mettre en évidence la diversité des approches du rôle d’un tuteur adulte :

·        aide à la méthodologie

·        soutien psychologique

·        soutien scolaire

D’emblée cette variété dans les démarches nous a semblé source de richesse : ne pas nous enfermer dans un cadre fixé a priori, mais favoriser la diversité liée à la personnalité de chaque membre de l’équipe. Notre volonté est de laisser chaque enseignant impliqué dans cette action libre d’utiliser ou non les différentes  grilles d’évaluation que les uns et les autres ont élaborées. Il est important pour des enseignants de garder une certaine autonomie dans ses pratiques.

 

3/ Des réunions régulières entre professeurs

Un déjeuner convivial rassemble l’équipe pédagogique, la principale-adjointe, une CPE (et notre accompagnateur) pour une mise en commun des pratiques, des difficultés, des questions d’organisation, la réflexion sur des cas d’élèves et sur l’ensemble de l’action. Nous y élaborons et analysons des  fiches-navettes entre tuteurs-élèves et tuteurs-enseignants, etc.)

Nous procédons à la constitution et à l'analyse de fiches d’aide à l’auto évaluation et de fiches de suivi.

Nous y organisons le tutorat élèves-élèves ( mise en place des équipes) à l’intérieur du cours (selon les disciplines) et à l’extérieur des cours.

Ces moments d’échanges ont beaucoup contribué au plaisir de travailler ensemble et c’est certainement là que s’est soudée l’équipe.

 

4/  Les élèves acteurs de leur organisation :

Les heures de Vie de classe leur permettent de s’exprimer librement avec leur professeur principal sur les difficultés diverses et sur les réorganisations de certains duos.

Un panneau dans la salle du professeur principal a permis un affichage des duos. Les élèves pouvaient ainsi le mettre à jour régulièrement en y inscrivant les horaires et les matières travaillées

 

III- PRESENTATION DE L' ACTION : travailler, s’intégrer, se respecter

 

à Permettre à un élève de parler de lui-même, de ses difficultés scolaires ou autres, de son comportement à un enseignant disponible.

à Permettre à l’élève de reprendre confiance en lui, de mieux se connaître, de mieux s’intégrer à la classe, de retrouver un plaisir à apprendre et de mieux réussir.

à Élaborer et transmettre des méthodes de travail personnalisées.

à Mettre l’élève en situation d’auto évaluation pour l’impliquer activement dans les processus d’apprentissage et le rendre plus autonome.

à Organiser une aide mutuelle entre pairs.

à Créer une « coopérative » de techniques d’apprentissages ( méthodes et savoir-faire).

à Mettre en place d’une vraie dynamique de classe fondée sur la solidarité, le respect mutuel et le goût du travail.

à Remotiver certains élèves en les sortant de leur ennui et de leur passivité.

 

IV ORGANISATION DU TUTORAT(2004-2005)

De nombreuses réunions, avec notre accompagnateur, nous ont permis d'élaborer le "projet cadre" du double tutorat pour les six classes de cinquièmes accueillies à la rentrée 2004 au collège Gustave Flaubert . La mise en place technique de l'action a été possible grâce à l'appui de l'administration et à la présence aux réunions de la principale adjointe

Six professeurs volontaires de l'équipe actuelle sont nommés professeurs principaux des classes de cinquièmes. Ces professeurs organisent à l'intérieur de leur classe le tutorat horizontal et vertical. Le tutorat vertical ne concerne cette année que les élèves en difficulté de chaque classe.

Le tutorat horizontal est organisé en concertation avec les professeurs concernés de chaque équipe .

Un panneau est à la disposition des élèves dans la salle du professeur principal, où ils s'organisent en duo.

Le tutorat horizontal se passe chaque jour de 13h à 13h45 en salle de permanence sous la surveillance d'un adulte (un surveillant, un professeur..), ou sur les plages de disponibilité des élèves en fonction de leur emploi du temps. Ces séances libres ont alors lieu au CDI, ou chez les surveillants.

Une fiche navette est remplie par les élèves à chaque séance de travail. Les fiches navettes sont remises en fin de semaine au professeur principal dans une boîte aux lettres.

Une lettre d'information à destination des parents a été rédigée et distribuée dès la rentrée en septembre 2004.

 

CONCLUSION

 

 Lors de la présentation du projet élargi pour la rentrée 2004 aucune hostilité n'est apparue. Au contraire, une certaine émulation se dessine au collège Gustave Flaubert. Des élèves d’autres classes de 5e s’étonnent de ne pas bénéficier du tutorat. Les « anciens », en 4e organisent un tutorat « sauvage » sur leurs heures libres…

 En outre une professeure engagée dans l'action depuis le début va introduire le double tutorat dans une quatrième à projet artistique.

Certains professeurs n'avaient jamais eu d' expérience de travail en équipe. La pratique de ces trois années les a incité à travailler de cette manière dans leurs autres classes et ils se réjouissent d'être les initiateurs de nouvelles équipes.

 

présentation de l'action en mars 2004

I. PRESENTATION DE L’ACTION :Permettre la réussite de tous

C’est pour donner une réponse pédagogique à la question de l’hétérogénéité des  classes de Gustave Flaubert et permettre la réussite de chacun que deux professeurs ont imaginé  un double tutorat dans une classe de 5e. L’une et l’autre ont eu une expérience d’autres formes de tutorat. Il suffisait de mettre en commun leurs démarches et de constituer une équipe volontaire autour du projet. L’action a été mise en place dans une classe de cinquième en 2OO1-2002 (24 élèves), reconduite en 2002-2003 (28 élèves) et 2003-2004 (28 élèves)avec quasiment la même équipe. Ce tutorat établit un dialogue vertical entre enseignés et enseignants, horizontal  entre élèves tour à tour tuteurs et tutorés et un véritable travail d’équipe pour les enseignants de la classe.

Une certaine émulation existe maintenant au collège Gustave Flaubert. Des élèves d’autres classes de 5e souhaitent bénéficier du tutorat et des collègues enseignants expriment leur vision positive de cette action. Des « anciens » ont même organisé un tutorat « sauvage » sur leurs heures libres en classe de 4e … L’ équipe tout entière est actuellement en train de réfléchir à un élargissement du double tutorat à toutes les classes de 5e pour la rentrée prochaine. L’administration soutient pleinement l’ action et y engage des moyens.

 

II. Organisation de l’action : deux formes de tutorat reliées entre elles

1/ Un tutorat horizontal (élève-élève) :

- Dans certains cours à l’occasion de corrigés, d’appren­tissages particuliers, les « bons » élèves de la classe expliquent aux élèves ayant plus de difficultés.

- A l’extérieur des cours, sous la surveillance d’un professeur de l’équipe des duos d’élèves  se retrouvent chaque semaine à heure fixe pour travailler ensemble. Ils créent ainsi une véritable coopérative de techniques d’apprentissages : échanges de méthodes, de savoir-faire avec un vocabulaire qui leur est propre.

2/ Un tutorat vertical (professeur-élève) : sept puis huit professeurs de l’équipe ont accepté d’être tuteurs d’un groupe de trois ou quatre élèves. Les rencontres se font sur rendez-vous, avec un élève du groupe ou le groupe entier.

3/ Des réunions régulières rassemblent autour d’un déjeuner convivial l’équipe pédagogique, la principale-adjointe, une CPE et notre accompagnateur pour une mise en commun des pratiques, des difficultés, des questions d’organisation, la réflexion sur des cas d’élèves et sur l’ensemble de l’action.. Ces réunions mettent en évidence la diversité des approches du rôle d’un tuteur adulte. Notre volonté est de maintenir, de favoriser cette variété, source de richesse.

 Des réunions avec tous les élèves lors des heures de Vie de classe leur permettent de s’exprimer librement sur les difficultés diverses et sur les réorganisations de certains duos.


 

III. OBJECTIFS : travailler, s’intégrer, se respecter

à Permettre à un élève de parler de lui-même, de ses difficultés scolaires ou autres, de son comportement à un enseignant disponible.

à Permettre à l’élève de reprendre confiance en lui, de mieux se connaître, de mieux s’intégrer à la classe, de retrouver un plaisir à apprendre et de mieux réussir.

à Élaborer et transmettre des méthodes de travail personnalisées.

à Mettre l’élève en situation d’auto-évaluation pour l’impliquer activement dans les processus d’apprentissage et le rendre plus autonome.

à Organiser une aide mutuelle entre élèves.

à Créer une « coopérative » de techniques d’apprentissages ( méthodes et savoir-faire).

à Mettre en place d’une vraie dynamique de classe fondée sur la solidarité, le respect mutuel et le goût du travail.

 

IV. METHODES : de l’entretien au tutorat

à Entretiens entre élèves et enseignants sur une plage horaire plus ou moins souple.

à Concertation régulière entre les membres de l’équipe des tuteurs enseignants (avec élar­gissement à la principale-adjointe, la CPE, éventuellement à d’autres personnels, infirmière, assistante sociale etc.)

à Élaboration et analyse de fiches-navettes entre tuteurs-élèves et tuteurs-enseignants, etc.)

à Constitution et analyse de fiches d’aide à l’auto-évaluation et de fiches de suivi.

à Organisation du tutorat élèves-élèves ( mise en place des équipes, assistance) à l’intérieur du cours (selon les disciplines) et à l’extérieur des cours (pendant une heure de permanence et/ou heure méridienne)

 

V. QUELQUES REACTIONS : Différents acteurs s’expriment ou jugent

A/  Bilan des élèves :modification du comportement de certains élèves et amélioration de leurs résultats scolaires :

Les divers acteurs remarquent que certains élèves prennent confiance, lèvent la main en classe, s’impliquent davantage dans le travail, en classe comme dans le tutorat. En conseil de classe l’attitude positive de cette classe est signalée par tous. Des progrès dans les notes sont mesurés. Les élèves sont plus attentifs les uns aux autres et heureux des réussites de ceux qu’ils aident.

B/ Bilan des enseignants : plaisir d’enseigner et de travailler ensemble.

Les personnalités très diverses de l’équipe se sont soudées . Bonheur dans le travail avec cette classe particulière, dans les relations interpersonnelles avec les élèves tutorés, dans les échanges avec les membres de l’équipe. Modification dans la conception de la « posture » d’enseignant, plus grande proximité avec la classe et meilleure perception des individualités des élèves.

D/ Bilan par les parents lors du conseil de classe fin 2002 :

« Le tutorat a renforcé les liens des élèves entre eux et avec les enseignants. La très grande cohésion du groupe classe a favorisé la progression des enfants en difficulté et les meilleurs élèves en ont aussi tiré profit. L’hétérogénéité du groupe, vécue initialement comme problématique, s’est révélée être, avec les moyens mis à disposition et une équipe d’enseignants volontaires sur un projet, un élément déterminant pour chacun des élèves de cette classe à exprimer au mieux leurs capacités. »