| Lycée Paul Valéry | « Un gouvernement d’élèves en classe de seconde générale » | |
| 38 bd Soult, 75012 PARIS | Tél. : 01 44 75 67 70, Fax : 01 46 28 71 11, mèl : ce.0750679F@ac-paris.fr | téléchargement de la fiche de présentation |
| Personnes contacts : | Edwige Chiche, Jean-Luc Marie, Jacques Tenier | téléchargement du bilan d'étape (juin 2004) |
|
- Problématique - Zoom |
| BILAN D'ETAPE (juin 2004) |
Problématique
• Contexte de l’établissement
• Constat : rédigé en juin 2003, faisant suite à une série de réflexions sur le plan local
- des élèves de 2nde démotivés ayant perdu le sens de leur présence en classe
- des activités n’aboutissant pas à des apprentissages par manque d’implication
- des incivilités, grossièretés ou refus de travail régulier
- des problèmes d’organisation, télescopages de travaux par manque de coordination justifiant des choix désastreux et prématurés
• Objectifs
- objectifs généraux :
· rendre chaque élève responsable de ses apprentissages
· permettre à chaque élève de faire l’expérience de ses capacités
· substituer au système « sanctions - récompenses » une institution « judiciaire » en auto discipline
- objectifs transdisciplinaires :
· harmoniser le travail à la maison pour le rendre possible sans surcharge
· ressentir sa responsabilité individuelle devant « la loi » collective
- objectifs d’apprentissages disciplinaires :
· donner du sens à chaque discipline dans un objectif d’apprentissage global
- objectifs d’orientation :
· restaurer l’image de soi dans la construction du projet scolaire du lycéen
· obtenir en fin d’année la réussite d’un choix positif
nombre et fonction des adultes impliqués : trois professeurs, Histoire-Géo, Français, Maths
nombre et qualité des élèves concernés : 32 élèves de seconde générale
contenu concret de l’action : Le gouvernement
• Sa définition:
o Il est composé de 7 membres, en général.
o Le groupe d’élèves au gouvernement reste le même pendant une période qui va d’une “petite vacance” à l’autre.
o Il est désigné par les professeurs (le professeur principal ou autre)
o Un roulement doit se faire pendant l’année de telle sorte que chaque élève de la classe ait participé au moins une fois au gouvernement.
• Répartition des rôles:
o Chaque élève au gouvernement se voit attribué une fonction clairement définie, qui n’appartient qu’à lui, et dont il ne changera pas pendant la durée de son mandat.
§ Il y a le président: son rôle consiste à préparer et animer les réunions, établir l’ordre du jour et faire respecter l’ordre de parole,
§ le secrétaire, porte-parole([1]): c’est lui qui rédige et communique le compte-rendu des délibérations, s’adresse aux personnes concernées par une décision,
§ les ministres: le gouvernement des élèves décide à sa première réunion quels sont les postes ministériels qu’il va assurer; par exemple :
Ø un ministre de la justice (pour traiter des conflits),
Ø un ministre du travail ou un ministre de l’éducation (pour répartir le travail scolaire, en liaison avec les professeurs),
Ø un ministre du tourisme (pour proposer et préparer une sortie de classe),
Ø un ministre de l’intérieur (pour observer et signaler les transgressions à la loi - le règlement intérieur du Lycée ou bien un texte de loi qui aura été préparé par le gouvernement et approuvé par la classe), …
Les différents gouvernements successifs proposeront d’autres postes ministériels, selon les envies de chacun (ministre des beaux arts, ou ministre des finances, …)
• Ses pouvoirs:
o Les décisions prises par le gouvernement sont exécutables sous certaines conditions:
§ le règlement intérieur du lycée est respecté
§ une telle décision n’entraîne ni privilège ni brimade
§ les adultes responsables de la classe peuvent s’y opposer, après négociation.
o Les professeurs s’engagent à consulter le gouvernement des élèves pour toute décision importante concernant la vie de la classe, dans un délai suffisant pour lui permettre de se réunir.
• Mode de fonctionnement:
o Le conseil des ministres décide de la fréquence et du jour de ses réunions, en présence d’un professeur et éventuellement des délégués de la classe. Chaque réunion donne lieu à un compte-rendu rédigé dans un cahier réservé à cet usage et que tout le monde peut consulter
o Il peut aussi décider de réunir la classe ou de rencontrer les professeurs si les circonstances l’exigent.
o L’un des membres du gouvernement est chargé de la tenue d’un “livre blanc” dans lequel chacun peut s’exprimer librement. Le “livre blanc” est disponible en permanence au CDI.
• saisir le sens de la démarche
Gouverner, c'est motivant !
S'il existe bien un motif récurrent dans l'appréciation que les élèves (et les professeurs) font de leur aptitude au travail, c'est bien la motivation.
La motivation dépend de facteurs divers qu'il est hors de propos d'analyser ici, mais il est unanimement reconnu que, quels que soient les critères pour ou selon lesquels on agit pour accomplir une tâche, la reconnaissance du groupe comme quelqu'un de compétent et de performant, est le moteur des individus (et ainsi du groupe, pour peu que les responsabilités soient équipollentes).
Or nous sommes dans un système scolaire destiné à sélectionner des élites et tout est fait pour qu'au bout du programme un certain nombre d'individus dirigent une société reproductible. Ceux‑ci sont programmés dans un enseignement programmé qui suppose une motivation individuelle forte, généralement fournie et confortée par leur milieu.
Motivation que la plupart de nos élèves n'ont pas: ne rêvent‑ils pas d'échapper à leur grisaille sociale par le biais de la Star Académie (y compris et pourrait‑on dire surtout pour les «meilleurs» d'entre eux), Académie pour les humbles, les éternels laissés pour compte, qui ne voient pas ce que ce type de «réussite» comporte de bassesse, de fragilité.
Peu motivés, nos élèves ont accumulé une grande variété de mécanismes de blocage que l'on dit émotifs et anxiogènes : ils sont faibles.
Ces blocages peuvent être en partie résolus par leur socialisation, leur absorption par le groupe de la classe. La perspective de solutions collectives peut résoudre les problèmes de conscience de soi.
Trop souvent, la pédagogie, même le plus humaniste, omet de s'intéresser aux processus de groupe et à la relation des élèves avec l'institution qui détient ce pouvoir lointain et menaçant, souvent humiliant, contre lequel ils ne peuvent que se révolter.
D'où l'idée d'introduire une dimension de prise de responsabilité par rapport à certaines tâches scolaires dévolues à l'institution, en créant un gouvernement de la classe où chacun a sa place.
On peut provoquer l'examen et la critique de l'institution parce qu'elle est proche et propre: les participants doivent atteindre une maturation et une autonomie qui les rendent eux‑mêmes acteurs d'un pouvoir.
On peut rendre nos élèves actifs et responsables aptes à réaliser la cogestion de leur groupe‑classe.
L'exercice du gouvernement doit permettre une prise en charge des processus cognitifs dans le groupe et par le groupe: l'essentiel est que s'élabore en chaque élève la dimension du politique, la conscience de son individu solidaire des autres membres de sa classe. On doit pouvoir mieux gérer la vie émotionnelle de chacun au sein du groupe. Même s'il faut admettre que la situation de débat au sein du gouvernement réactive désirs et anxiétés, la prise de décision et l'exécution de projets fait évoluer les élèves vers une coopération rationnelle, fraternelle et motivante.
Le questionnaire d’évaluation ci-dessous a été conçu par le groupe d’élèves en place au gouvernement de fin d’année. Seule la taille et la mise en page ont été changées pour des raisons de place dans le présent document.
I- Vie Scolaire
a) Le gouvernement de la classe a permis une meilleure communication entre les élèves
Je pense que oui ; Pas spécialement ;Je ne suis pas du tout d’accord
b) Le gouvernement de la classe a permis de régler des conflits entre élèves
C’est vrai ; Peut-être, je ne sais pas ; C’est faux
c) Le gouvernement de la classe a permis de redistribuer le rôle des délégués
Je suis d’accord ; Je ne sais pas ; Je ne suis pas d’accord
II- Relations avec les professeurs
a) Le gouvernement de la classe a permis une meilleure communication avec les professeurs
Je suis d’accord ; Certaines fois, peut-être ; Je ne suis pas d’accord
b) Le gouvernement de la classe a permis de régler un (ou plusieurs) conflit(s) avec un (ou plusieurs) professeur(s)
C’est vrai ; Je n’en ai pas entendu parler ; C’est faux
c) Le gouvernement de la classe a créé un rapport nouveau avec les professeurs
Je suis d’accord ; Sans opinion ; Je ne suis pas d’accord
III- A-t-on appris quelque chose ?
a) Le gouvernement de la classe a permis aux élèves d’être plus responsables
Je pense que oui ; Je ne sais pas ; Je pense que non
b) Le gouv. de la classe a permis aux élèves d’avoir une meilleure idée du gouv. de la république
Oui ; Je ne sais pas, peut-être ; Non
c) Le gouvernement de la classe a appris aux élèves à comprendre la « citoyenneté » et à respecter les autres
Je suis d’accord ; Peut-être ; Je ne suis pas d’accord
IV- Appréciation personnelle
a) En tant que membre du gouvernement, j’ai trouvé que c’était une charge supplémentaire
Je suis d’accord ; Quelques fois ; Je ne suis pas d’accord
b) Le gouvernement de la classe a été très utile
C’est vrai ; Certaines fois, peut-être ; C’est faux
c) La classe aurait pu faire les mêmes sorties sans cette organisation
Je pense que oui ; Je ne sais pas ; Je pense que non
V- Quelles conclusions en tirer ?
a) Cette expérience de gouvernement d’une classe devrait être poursuivie l’an prochain
Ce serait intéressant ; Sans opinion ; Ce serait inutile
b) Ce projet pourrait être généralisé
Oui, si tous les profs sont d’accord ;Peut-être, s’il y a des profs volontaires ; Je ne pense pas
Éventuellement :
J’ai un commentaire personnel à rajouter à mes réponses, une nuance aux opinions exprimées ci-dessus, ou une opinion ne rentrant pas dans le cadre prévu :
.....................................................................................................................................................................................................
Mes nom et prénom, si je ne souhaite pas conserver l’anonymat : ................................................................................
• À propos du questionnaire, son élaboration, son contenu
1) Entièrement conçu par les élèves, il y a, bien entendu, quelques éléments contestables. On peut d’ailleurs noter que les deux élèves du dernier gouvernement qui s’y sont le plus impliqué étaient aussi les plus critiques à l’égard du dispositif : leur motivation exprimée était de prouver la justesse de leur sentiment négatif. L’un d’eux allait même jusqu’à parler de « dictature des professeurs », sous-entendant que le gouvernement des élèves ne pouvait faire que ce que les professeurs avaient décidé. Remarquable contradiction : en étant au gouvernement, et, précisément, dans l’élaboration de cette évaluation, il n’avait pas conscience d’être en train d’exercer ses libertés, d’action, de décision, d’opinion. Ce genre de contradiction, décalage entre la représentation mentale du dispositif et la réalité de sa mise en œuvre par les élèves eux-mêmes, constitue un premier élément de réflexion, important pour comprendre l’analyse des résultats de l’évaluation.
2) Quant à la forme du questionnaire, les élèves n’ont pas retenu la proposition principale du professeur accompagnateur, à savoir répartir les réponses à chaque question sur 4 degrés plutôt que 3. Malgré le rappel de l’effet pervers du nombre impair, c’est-à-dire se réfugier dans le « marais » central, ils ont poursuivi dans leur idée de 3 degrés. Mais, avec des énoncés variables, le degré central peut, tour à tour, être interprété comme un « plutôt oui » ou un « plutôt non ».
3) Le choix des rubriques, les cinq grands titres sont plutôt influencés par les commentaires du professeur, mais c’est bien la seule chose. Le nombres de propositions, leurs réponses possibles, le libellé de chaque item sont complètement issus du travail d’élaboration des élèves. Cela n’a pas empêché, au moment choisi pour le remplir avec la classe entière, que certains continuent à le considérer comme émanant du professeur. Représentation réflexe sans doute.
4) Le dépouillement n’a pas pu être effectué par les élèves, par manque de délai en fin d’année. Il a été rempli quelques jours seulement avant le dernier conseil de classe et la fin des cours. Nous le regrettons : les fins d’année sont de plus en plus abruptes et ne permettent pas, bien souvent, des temps d’exploitation qui seraient nécessaires.
• Dépouillement, tentative d’analyse des réponses
Voici un tableau des résultats complets :
Domaine |
Item |
Oui, … |
Je ne sais pas,… |
Non, pas d’accord |
|
Vie Scolaire |
a) communication entre les élèves |
5 |
19 |
6 |
|
b) régler des conflits entre élèves |
0 |
22 |
8 |
|
|
c) redistribuer le rôle des délégués |
14 |
6 |
10 |
|
|
|
||||
|
Relations avec les professeurs |
a) communication avec les professeurs |
11 |
13 |
6 |
|
b) conflit avec un professeur |
10 |
13 |
7 |
|
|
c) rapport nouveau avec les professeurs |
10 |
11 |
9 |
|
|
|
||||
|
A-t-on appris quelque chose ? |
a) être plus responsables |
17 |
2 |
11 |
|
b) fonctionnement d’un gouvernement |
11 |
9 |
10 |
|
|
c) comprendre la « citoyenneté » et… |
3 |
13 |
14 |
|
|
|
||||
|
Appréciation personnelle |
a) charge supplémentaire |
12 |
12 |
6 |
|
b) très utile |
5 |
19 |
6 |
|
|
c) les mêmes …sans cette organisation |
12 |
8 |
10 |
|
|
|
||||
|
Quelles conclusions en tirer ? |
a) devrait être poursuivie |
14 |
12 |
4 |
|
b) pourrait être généralisé |
5 |
16 |
9 |
|

1) Rubrique « Vie scolaire »
La communication et les conflits entre élèves semblent, à leurs yeux, restés massivement à l’écart des compétences du gouvernement. En amont de ce constat, on peut formuler une hypothèse et relever une contradiction. L’hypothèse : dans une classe sans conflit majeur entre élèves, la résolution de ces problèmes n’est évidemment pas observable, et l’effet éventuel du gouvernement reste invisible ; 3 élèves sur 4 disent « je ne sais pas ». Mais la lecture du résultat sur la communication est en contradiction avec ce qui a été ressenti par l’ensemble des professeurs : tous s’accordent pour trouver que la classe est passée du stade du débat brouillon avec interventions individuelles intempestives, à un stade raisonné, aux interventions ordonnées à l’écoute de la parole de l’autre. Cette évolution n’a, apparemment, pas été perçue de l’intérieur par les élèves, ou alors elle n’est pas attribuée à l’action gouvernementale.
Inversement, une majorité d’élèves reconnaissent une évolution dans les attributions des délégués, et, même si 1 élèves sur 3 pense quand même que le dispositif n’y a rien changé, nous pensons que cela peut justifier pour la suite, une relation institutionnelle plus resserrée entre les délégués élus et le gouvernement désigné.
2) Relations avec les professeurs.
La lecture des réponses dans ce domaine montre que 1 élèves sur 3 a pu constater une amélioration de la relation profs/élèves.
Mais si on aborde la communication, on peut trouver le libellé de la réponse intermédiaire (« peut-être ») plutôt biaisé, invitant à une bascule dans le camp des opinions favorables : cela porte à plus de 2 élèves sur 3 ceux qui ont une opinion favorable, soit franchement d’accord, soit avec un doute positif.
Quant au nouveau rapport profs/élèves, le moins que l’on puisse dire est que les élèves sont très partagés sur ce sujet. Pourtant, là encore, il faut nuancer : par exemple, en cochant la case « pas d’accord », une élève a jugé nécessaire de préciser qu’il y avait quand même eu un rapport nouveau, mais seulement avec les profs repérés comme initiateurs du dispositif, pas avec tous les professeurs ; la question était donc mal posée, englobant l’ensemble des professeurs dans un seul groupe au lieu de différentier leur implication dans le dispositif.
3) Apprentissages.
Ce qui frappe sous cette rubrique, c’est la reconnaissance par plus de la moitié des élèves de l’apprentissage de la responsabilité, alors que celle de la citoyenneté est rejetée (mais dans une proportion moins forte). On peut donc admettre que l’un de nos objectifs est atteint de manière satisfaisante (et cette reconnaissance de l’acquisition du sens de la responsabilité correspond bien au sentiment de progrès ressenti par les professeurs pour le comportement global dans la classe). Et il faudra sans doute revenir l’an prochain sur la notion de citoyenneté, en essayant de lever un possible malentendu sur le terme et sa représentation dans l’esprit des élèves.
4) Appréciation personnelle
Les élèves semblent ici dubitatifs. Ils semblent trouver que cela leur à donné une charge supplémentaire, ce n’est pas surprenant, mais ce n’est pas franchement massif. Ils ne se prononcent pas vraiment sur l’utilité, se réfugiant majoritairement dans le « peut-être » et sont partagés sur le fait que les activités réalisées avec un gouvernement auraient pu être faites sans.
5) Conclusions, suite à donner
Une large majorité d’élèves nous encourage à continuer : seuls quatre élèves de la classe sont réellement opposés à la poursuite du dispositif ; mais ils sont plus dubitatifs sur une éventuelle généralisation : très raisonnablement, ils pensent en majorité que ce n’est envisageable qu’avec des profs volontaires.
Fort de ces résultats et de l’expérience acquise cette année, nous pensons pouvoir nous embarquer pour une deuxième année.
L’équipe initiale est maintenue, et l’écho favorable de certains professeurs fait qu’elle devrait s’étoffer d’un professeur de SES et un, voire deux, professeurs de langues vivantes : nous approcherions ainsi de la situation idéale d’une équipe pédagogique entière impliquée dans le dispositif.
Nous devrions donner aux
délégués élus un rôle plus proche des gouvernements. Ils seraient alors membres
permanents, jouant ainsi un rôle quasi présidentiel ; ainsi impliqués et à cause
de leurs fonctions statutaires, cela impliquera une liaison plus forte avec
l’équipe pédagogique : l’augmentation du nombre de profs directement concernés
trouve ainsi sa justification.
Zoom sur une décision de gouvernement :
« Voyage à Caen : visite du mémorial et du Lycée expérimental d’Hérouville »
• Montage :
Les équipes d’élèves qui se sont succédé au gouvernement de la classe ont monté un projet de voyage :
- Visite du Mémorial de la 2ème guerre mondiale à Caen
- Rencontre avec le CLE d’Hérouville-Saint-Clair (dans la banlieue de Caen)
Ce projet s’est inscrit dans le cadre des décisions prises par les « Ministres » qui se sont succédé aux postes du tourisme et des finances.
Il a bénéficié d’un financement particulier par la région : le financement demandé concernait
- Le trajet de Paris à Caen, déplacements locaux et retour (d’abord prévu en train, il a été demandé à une compagnie de transport par autocar, après étude de coût et demande de devis effectuée par un ministre des finances)
- Le ticket d’entrée du groupe au mémorial (après avoir renoncé à l’option guide accompagnateur, pour réduire le coût)
À l’exception du dossier de financement à la région, ce sont les élèves du gouvernement qui ont effectué les démarches, notamment comparer les devis de la SNCF et d’un transporteur routier, réserver un jour de visite au mémorial, etc.
• Déroulement :
Le projet a été réparti sur trois gouvernements. Un premier a étudié l’idée, le second a cherché les solutions pour le réaliser (voir les délibérations en annexe) et le troisième l’a mené à son terme. Les gouvernements ont donc pu prendre tous les rendez-vous et réservations nécessaires ; après avoir obtenu l’assurance du financement par la région, et pris connaissance de son montant, une faible participation de 3€ a été demandée aux familles ; le ministre des finances s’est chargé de recueillir les cotisations et de porter la somme à l’agent comptable du Lycée.
ã En annexe, le document d’information conçu et rédigé par le groupe des élèves du troisième gouvernement ayant travaillé sur le projet, mais le quatrième depuis le début de l’année, à la date du voyage
La journée s’est passé sans problème particulier, ayant pu être définie dans les meilleures conditions qui soient grâce au soutien financier de la Région Île-de-France.
Le secrétaire-porte parole du gouvernement a, au retour, communiqué un compte-rendu, à la fois objectif et lucide de ce voyage ; laissons lui la parole :
Aller
Aller en car, sympathique, avec des élèves fatigués, dans une ambiance calme et détendue, des rires francs et non exagérés. Une brève pause inutile ne fit que casser le rythme du voyage.
Visite du mémorial
Visite intéressante, bonne organisation, films très intéressants, captivants, à part le manque de guide qui nous aurait été très bénéfique.
Déjeuner-pique nique agréable, places « chères » dans une salle commune, mais dehors, le vent de la mer est revitalisant.
Le Lycée Expérimental d’Hérouville
Arrivée au Lycée d’Hérouville ; retard de la part du CLE, pour, au final, une déception générale de la classe, car non-visite de l’établissement ; malgré tout, un accueil très sympathique, mais un manque de personnel responsable (seulement un adulte et quatre élèves de première). Discours dans l’ensemble ennuyeux (Historique dans lequel les mêmes sujets reviennent).
La présence des quatre élèves de première était complètement facultative (ils ne donnaient pas l’impression d’être dans un CLE). Nous rappelons que l’objectif était de visiter et rencontrer ce Lycée pour son fonctionnement proche de notre gouvernement de classe, mais cela n’a pas été abordé dans ce long monologue.
Retour
Le retour fut très agité, et surtout dans le fond du car. Des chansons auraient été les bienvenues, à la place des brailleries et chamailleries très pénibles, qui dérangeaient le chauffeur, les élèves fatigués et les professeurs.
Conclusion
En somme, une très bonne matinée, un déjeuner agréable et une après-midi décevante.
• Retombées :
Le retour en classe a montré combien ce type d’action permettait de ressouder les liens dans la classe, ainsi que ceux avec les professeurs. Sans parler des retombées évidentes, issues de l’exploitation pédagogique de la visite au mémorial, nous avons pu entendre des réflexions spontanées exprimant, juste avant le départ en vacances de printemps, que l’atmosphère de classe était détendue, et après ce voyage, des élèves se réjouissaient de résultats qui s’étaient améliorés dans des disciplines au départ non concernées, comme l’Espagnol, par exemple.
![]()
[1] À l’usage, cette fonction est devenue « tournante » : ressentie plutôt comme une corvée, chaque « ministre » est devenu à tour de rôle secrétaire-porte parole, dans presque tous les gouvernements.
CLE = Collège-Lycée Expérimental
Commentaire des professeurs : cette opinion d’élèves est sévère et injuste. S’il est vrai que la visite des locaux a manqué, il est inexact de qualifier notre rencontre de monologue de la part du responsable qui s’est adressé à nous. Au contraire, même si son exposé était un peu long au départ, il y a eu un échange, et nos élèves ne se sont pas privés de poser beaucoup de questions, souvent très pertinentes et parfois critiques ; et les quatre élèves du CLE sont peu intervenus, mais ils n’étaient pas « facultatifs »
• Un exemple de délibération de conseil du gouvernement
Le gouvernement est réuni sans aucun absent.
Ordre du jour
1) Problème entre … et … [deux élèves de la classe] en cours de Mathématiques
2) Suite des préparatifs du voyage
Délibérations
1) Leyla, ministre de l’intérieur, est chargée d’aller voir … et … pour régler le problème.
2) Le voyage.
• date choisie : le 9 février
• étudier les horaires
• nous avons obtenu un plan des sites concernés : la gare SNCF
le lycée expérimental d’Hérouville
le mémorial de la 2ème guerre mondiale
• les contacts : lycée expérimental et office du tourisme, numéros de téléphone.
Nous avons décidé d’une répartition des rôles :
• Sabrina, ministre du tourisme : téléphoner à l’office du tourisme pour obtenir les renseignements sur les transports entre la gare, le lycée et le mémorial
• Sophie, ministre du travail : faire passer les informations sur le projet en cours à la classe
• Khadidja, ministre des finances : essayer de voir si le lycée peut financer la moitié du prix du voyage
Projet de voyage SNCF :
- coût total : 838 €
- départ de la gare St Lazare à 7 h. 12, arrivée à Caen à 8 h. 53
- retour : départ de Caen à 19 h. 55, arrivée à St Lazare à 21 h. 45
Le gouvernement est réuni sans aucun absent.
Ordre du jour
1) Problème en cours d’Histoire/Géo. Communication faite au gouvernement par Sabrina.
2) Décaler un contrôle de SES et un d’Histoire
3) Organisation d’une séance de cinéma : « L’esquive »
4) Poursuite des préparatifs du voyage à Caen
Délibérations
1)
En cours d’Histoire, un
groupe de 3 élèves devait faire un exposé, mais un membre de l’équipe était
absent. Les deux membres de l’équipe présents ont refusé de présenter l’exposé
et le professeur a décidé de mettre 0 à toute l’équipe.
Leyla, ministre de l’intérieur, est chargée de régler cette affaire.
2) Pour le décalage des contrôles, Sophie (ministre du travail) est chargée d’aller voir les professeurs en question et d’en discuter.
3) La sortie cinéma est prévue le jeudi 29 janvier ; la salle : UGC de Bercy, la 1ere séance du matin. Tous les élèves de la classe ont répondu qu’ils étaient d’accord. Le prix des places est de 4,90 € par personne. Il y aura deux accompagnateurs.
4) Il a été décidé, pour des raisons pratiques de reporter la date du voyage au mois de mars, après les congés d’hiver. ……..[illisible]……….de plusieurs devis.
Fin de la délibération à 11 h. 15
• Document élaboré pour informer les familles
Après le travail du précédent gouvernement, le choix définitif s’est porté sur un transporteur routier et la date a été reportée en Mars. Voici le texte rédigé par l’équipe suivante, et polycopié pour l’information des familles :
