Lycée professionnel Suzanne Valadon

Organiser une strucure de remédiation pour des élèves en lycée professionnel

7, rue Flocon, 75018 PARIS

Tel : 01.53.09.22.19 - fax : 01.42.64.86.75

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Personnes contact 

-Evelyne Lacoux ( CPE )tel : 01.53.09.22.15 ou 16

-Jean-Jacques Varnier ( documentaliste )   tel : 01.53.09.22.40

 
Bilan d'étape de l'action (juin 2005)

                 BILAN DE LA CLASSE DE 2G , CLASSE DE REMEDIATION  ANNEE SCOLAIRE 2004/2005

 

Faire le bilan d’une année de travail est toujours un exercice périlleux ; l’équipe peut être tentée de s’auto-flageller, si elle a le sentiment de ne pas avoir réalisé tous les objectifs qu’elle s’était fixés en début d’année ; le risque inverse, c’est le manque de lucidité et l’auto-satisfaction. Nous espérons que la réflexion qui a été menée pour bâtir ce bilan nous permettra d’être plus efficace en 2005/2006, pour le plus grand profit des élèves qui nous seront confiés.

 

      I-Les structures de fonctionnement de la classe de remédiation :

La classe de remédiation fonctionne avec des structures et des règles particulières ( recrutement-intégration des élèves , emploi du temps, nombre d’élèves…) qui restent identiques ; cependant, certains outils ont évolué ou ont été modifiés.

 

            1-La concertation :

 

L’heure de concertation hebdomadaire a pu être maintenue ; elle est vitale : c’est la respiration de l’équipe, elle permet de passer régulièrement en revue les problèmes des élèves et d’essayer d’y apporter des réponses au plus vite. C’est un lieu d’écoute et d’échange où l’on peut  évacuer ses angoisses professionnelles, ses doutes et bien naturellement ses déceptions , et il faut bien dire que cette année nous en avons connu quelques unes.

Précisons que la Conseillère d’orientation qui suit l’établissement a régulièrement participé à nos concertations.

 

            2-le groupe de pilotage :

 

Avec la pratique quotidienne, le groupe de pilotage a progressivement perdu son rôle  : à l’origine, mis en place pour remplacer le professeur principal-ce qui dans la phase de construction du projet était vital  pour répondre à la multiplicité des outils et des structures à élaborer -, il nous est apparu peu à peu qu’une seule personne plus disponible pouvait centraliser les tâches et les responsabilités du fonctionnement pratique de la classe :organisation du travail de l’équipe, suivi des élèves, coordination générale du projet.

 

            3-Le suivi des élèves :

Il est assuré par un tuteur, référent de tous les élèves de la classe, qui assure le suivi selon des règles qui n’ont pas changé : fiches de suivi hebdomadaire dont une copie est transmise aux professeurs des classes d’origine. Les fiches de suivi permettent, lors de la concertation hebdomadaire de l’équipe, de faire rapidement le point sur le travail et le comportement de chaque élève.

 

Comme nous l’avions évoqué dans la partie perspectives du bilan 2003/2004, nous avons

instauré une sorte de suivi de nos anciens élèves de remédiation, cette année en terminale BEP. Nous avons demandé à leurs professeurs de bien vouloir remplir, à la fin de chaque semestre, un dossier d’évaluation de leur travail et de leurs résultats. Cela  nous a permis d’intervenir parfois auprès de ces élèves à des moments où ils avaient besoin d’être remobilisés ; de plus nous avons là un indicateur essentiel pour l’évaluation du projet sur deux ans, soit le cycle complet de la préparation au BEP.

Cette évaluation est faite dans la partie 5 de ce bilan. 

 

            4-Les conseils de classe :

Les conseils sont trimestriels, les élèves y sont présents chacun à leur tour : ils y entendent les appréciations portées sur leur travail et leur comportement et peuvent naturellement faire part de leurs difficultés, de leurs doutes, de leurs espoirs, de leurs doléances.

Les bulletins ne sont pas normalisés, de façon à privilégier une évaluation plus personnalisée, plus nuancée, ne prenant pas la note chiffrée comme la référence absolue. Certains professeurs de l’équipe ne notent pas mais apprécient, d’autres notent avec des lettres ; dans tous les cas, chaque élève s’étant vu définir des objectifs personnalisés, la note chiffrée n’a pas nécessairement de sens pour apprécier la qualité du travail et les progrès accomplis.

           

        5-Les heures de Français Langue Etrangère :

Vu le profil de nos élèves, beaucoup sont non francophones, nous avions expressément demandé trois heures de FLE pour la classe de remédiation ; nous avons obtenu satisfaction et avons donc pu intégrer ces heures dans l’emploi du temps de la classe. L’importance de cet enseignement sera précisé plus loin.

 

        6-Le dossier d’intégration :

Il n’a pas été modifié depuis son élaboration en 2004 ; cependant, et à juste titre, des propositions ont été faites pour lui donner davantage de souplesse dans certaines matières, notamment dans les disciplines professionnelles où il est important de tenir compte des paliers d’apprentissage de connaissances nouvelles ( en informatique particulièrement ) en fonction de la période de l’année à laquelle les élèves sont intégrés en classe de remédiation.

 

       7-Le dossier-bilan du travail de l’année :

La « matrice » de ce dossier, c’est le dossier d’intégration, avec ses critères d’évaluation par discipline ; à l’intérieur de chaque discipline, il convient de moduler en fonction du profil de chaque élève, des objectifs qui ont été fixés à chacun, des compétences acquises et des compétences attendues.

La réflexion que nous menons actuellement sur ce sujet, devrait nous permettre de bâtir pour la rentrée de septembre un « mini-dossier » que chaque élève pourra remettre à son professeur   principal de terminale BEP. Ce mini-dossier précisera le parcours effectué en classe de remédiation : acquis, difficultés, niveau atteint par rapport aux exigences d’une classe de terminale BEP, et ceci pour chaque matière.

 

     8-La communication avec les autres équipes :

Il semble toujours y avoir un manque de fluidité dans les relations avec les équipes des autres classes de seconde BEP. On a parfois l’impression qu’ on se décharge des élèves à problèmes sans envisager les possibilités de retour, ce qui demeure pourtant l‘objectif premier de la remédiation. Le problème n’est pas nouveau et la classe de remédiation n’ayant jamais fait l’unanimité, il n’est pas surprenant que nous soyons tantôt confrontés à l’incompréhension, tantôt à l’indifférence. Dans le chapitre « perspectives », nous nous efforcerons de proposer quelques idées propres à faire avancer la communication interne.

 

II. Le fonctionnement de la classe en 2004/2005 : histoire d’une année.

  1. Le choix des élèves, profil, durée de leur présence en 2G :

D’octobre 2004 à mai 2005, neuf élèves ont fréquenté la classe de 2G. Ils ont intégré cette structure pour des raisons très différentes.

-         H. est restée d’octobre à mai. Cette élève d’origine tunisienne a intégré la structure pour un problème de langue. En effet elle maîtrisait très mal la langue française. Le fait d’être très présente à tous les cours, de suivre les cours de FLE ont eu pour conséquence qu’H. a fait des progrès extraordinaires, même si elle n’a pas encore atteint le niveau d’une seconde BEP.

-         Sh. est resté d’octobre à mai. Cet élève d’origine chinoise avait lui aussi de gros problèmes de langue. Il fut très vite repéré par l’équipe éducative de sa classe d’origine. Il semblait motivé, prenait en note tout le vocabulaire nouveau. Malheureusement il n’a pas progressé comme nous le souhaitions à cause de ses absences. En effet Sh. travaille parallèlement à l’école.

-         S. est resté lui aussi d’octobre à mai. Cet élève ouzbek, avec beaucoup de connaissances culturelles, a été dirigé vers la structure pour améliorer sa maîtrise de la langue. Mais S. n’a pas réussi à trouver sa place au lycée, se trouvant différent des élèves qui le fréquentent. Petit à petit il s’est absenté trouvant toujours des excuses pour se « défiler ». Nous avons appris en fin d’année qu’il était réfugié politique en attente de papiers et qu’il devait pour subvenir à ses besoins travailler. Il n’a pas voulu solliciter l’aide du fonds social lycéen.

-         M. est resté d’octobre à mai. Cet élève a très vite été remarqué pour sa fragilité psychologique. Il se faisait taquiner par les autres élèves de sa classe. Il est un peu « lent » dans le travail. Et avec son accord, l’équipe pédagogique a proposé son intégration en 2G.

-         A. a été intégrée à l’issue du premier trimestre, en décembre mais nous ne l’avons pas vu tout de suite. En effet le problème de cette élève est le décrochage scolaire. D’ailleurs déjà au collège, elle était très absentéiste. Nous l’avons accueillie en 2G pour lui laisser une dernière chance.

-         D. a été accueilli de novembre à mi-mars. Il a été repéré comme élève « perturbateur ». Il gênait le bon fonctionnement de sa classe d’origine. De plus quelques problèmes de compréhension avaient été dépistés. Dan avait des problèmes de « décalage horaire », arrivant dans l’après-midi mais incapable de se lever le matin. Il a été donc très difficile d’avoir un travail suivi. Il n’a pas réintégré sa classe d’origine à la demande de l’équipe de la classe d’origine. D’après elle, le retour de Dan perturberait le précaire équilibre de la classe.

-         Y. a lui aussi été accueilli de novembre à fin mars. Et comme D. , il était « perturbateur ». Il a fait d’énormes efforts de comportement même s’il arrivait parfois en retard en cours.

-         L. est arrivée début février à la demande de l’équipe pédagogique qui avait décelé assez tardivement des problèmes de compréhension, de lenteur. Elle est arrivée contre son grè et les premières semaines n’ont pas été évidentes pour elle. Elle refusait de jouer le jeu, de s’intégrer, pensant que nous allions changer d’avis. Nous avons persisté et elle s’est intégrée même si régulièrement elle nous demandait de regagner sa classe. Malgré cet apparent refus, L. est une élève très assidue.

-         Z. est arrivée très tardivement, à la mi-mars. Des problèmes de langue sont apparus plus clairement au fil des mois. Après quelques hésitations, ses professeurs nous ont demandé de l’accueillir. Elle a intégré la classe assez déçue. Z. est une élève très assidue.

 

  1. Regard des élèves sur leur passage en classe de remédiation.

Cette année nous souhaitions connaître l’avis des élèves sur leur passage en 2G. Très souvent ils nous en parlent de façon informelle, mais cette année nous voulions formaliser cet acte, le systématiser. Nous leur avons donc soumis un questionnaire (ci-joint). Ils ont pu répondre anonymement. Ils l’ont rempli sérieusement, sincèrement, trop heureux qu’on leur demande leur avis.

 

Sur sept élèves dans la classe au moment de répondre au questionnaire, quatre étaient présents ce jour-là. A. , Sh. et S. étaient absents.

 

A la première question (Comment êtes-vous « arrivé » en classe de remédiation ?), tous les élèves ont répondu qu’un de leurs professeurs le leur avait conseillé soit en tout début d’année, soit après un conseil de classe.

 

A la deuxième question (Comment avez-vous ressenti cette intégration ?), trois ont dit qu’ils n’étaient pas trop contents et un content.

 

A la troisième question sur ce qu’ils avaient vécu lors de leur passage en 2G, deux trouvent que la durée était trop longue (ce sont celles qui ne voulaient pas venir), deux trouvent que la durée était adaptée (problème de langue ou psychologique). A propos des cours, deux trouvent les cours sans  vie, sauf certains, car il n’y a pas d’ambiance de classe, c’est trop calme. Les autres avouent mieux comprendre. En ce qui concerne les relations entre élèves et professeurs, ils indiquent qu’elles sont satisfaisantes car il y a du temps pour instaurer de vraies relations et les professeurs sont plus à l’écoute. Les relations entre élèves sont plutôt très bonnes à part quelques petits « accrochages » ponctuels.

 

A la quatrième question sur les différences dans le travail entre la classe d’origine et la classe de remédiation, ils notent que les professeurs ont plus de temps pour leur expliquer et que les documents proposés sont plus adaptés à leur niveau.

 

Les questions suivantes concernaient les cours de FLE, sur les élèves présents deux y étaient inscrits. Une a suivi très régulièrement les cours, l’autre à peine 50%. Pour l’élève assidue, elle a constaté avoir fait des progrès, fait corroboré par le professeur de FLE.

 

Enfin la dernière question portait sur un bilan général sur la classe de remédiation, tous ont fait un bilan positif de leur passage dans cette structure.

 

  1. Image de la classe.

Chaque année le travail sur l’image de la classe est à refaire. En effet, les élèves et les professeurs arrivant ne connaissent pas cette classe.  La présentation que l’on peut faire de la structure en début d’année est primordiale. Il faut tout de suite donner une image positive. Le passage en classe de remédiation ne doit plus être vécu comme une sanction mais comme une seconde chance. Il est essentiel que les équipes éducatives et d’encadrement ne brandissent plus cette menace du passage en classe de remédiation en cas de problème avec un ou des élèves. Par ailleurs, nous avons remarqué que la classe était de mieux en mieux perçue. Chacune des parties trouvant des avantages à son existence.

Pour les enseignants, le fait de soustraire des élèves qui gênent ou qui sont un frein à la progression a été perçu positivement.

Pour les élèves, ils ont majoritairement bien accepté leur intégration. Pour les quelques réticents, ils se sont vite rendus compte de l’aide qu’on pouvait leur apporter.

Pour les autres élèves, progressivement les railleries se sont estompées. La classe n’est plus affichée comme classe « poubelle ».

 

  1. Les stages en entreprise :

Les élèves de seconde professionnelle doivent obligatoirement effectuer un stage d’un mois en entreprise pour que leur BEP soit validé, la règle est aussi valable pour les élèves en remédiation. Cette année encore, ils ont pu bénéficier d’une demi-journée de formation à la recherche de stages, assurée par Monsieur Savin. Les élèves ont pris très vite conscience qu’une recherche de stage se préparait et répondait à un certain nombre de contraintes. Ils ont tous trouvé un stage soit avec l’aide de leur professeur de secrétariat, soit seul.

 

  1. L’accompagnement du projet.

Comme l’année dernière, Madame Fauconnier, intervenante IUFM, a pu, dans le cadre du plan de formation de l’établissement, assurer le suivi du projet. Quatre demi-journées de regroupement nous ont permis de faire régulièrement à partir de janvier le point. Il est essentiel à l’équipe de faire ce point sur nos pratiques, sur ce que nous vivons en classe de remédiation, mais aussi sur l’avancement et l’évaluation du projet. Nous avons demandé la reconduction de cet accompagnement pour 2005/2006.

Par ailleurs nous avons dans le cadre de notre rattachement à la cellule Innovalo, eu la visite de Monsieur Müller. Lors de sa présence nous avons réfléchi sur notre fonctionnement, nos pratiques et notre image. De plus certains d’entre nous ont eu l’occasion, lors de rencontres organisées, d’échanger  avec des collègues de lycée, collège, écoles élémentaires et maternelles. Nous avons aussi participé à un stage sur l’écriture des pratiques professionnelles.

 

 

   III-Evaluation du parcours des élèves

     1-Bilan chiffré brut :

 

Nous avons accueilli 9 élèves : 7 passeront en terminale BEP ( 4 en comptabilité, 3 en secrétariat ), un est démissionnaire, une autre a été réorientée vers un autre établissement beaucoup plus proche de son foyer ( le conseil de discipline devant lequel elle avait été convoquée, ayant judicieusement préféré cette solution plutôt que de l’exclure définitivement).

 

     2-Les outils d’évaluation :

Dossiers d’intégration, fiches de suivi, bulletins trimestriels, bilan annuel individuel, compte-rendus des concertations, temps de formation et de régulation avec l’intervenante IUFM, Madame Fauconnier, entretiens avec les élèves.

 

    3-Bilan des parcours individuels :

Nous le présenterons sous forme de remarques successives correspondant à des situations de vie précises  qui peuvent impliquer tour à tour les mêmes élèves.

Tout comme l’année dernière, nous avons reçu davantage d’élèves en difficultés scolaires que d’élèves perturbateurs ou transgresseurs.

 

1ère remarque :

Parmi les six élèves en difficultés scolaires, trois étaient des non-francophones récemment arrivés en France ; deux autres étaient handicapées par leur lenteur et leur manque d’autonomie et le sixième est probablement celui qui nous a posé le plus de problèmes, problèmes de conscience et problèmes professionnels.

Il nous semble important d’évoquer sa situation. M. est un jeune de 19 ans, suivi par un pédopsychiatre ; il vit de longues périodes de léthargie. Il a donc fallu lui fixer des objectifs limités en fonction de sa maladie. C’est un garçon intelligent qui a conscience de ses problèmes et qui sait ne pouvoir s’en sortir qu’en suivant son traitement ; c’est d’ailleurs pour se rapprocher de son thérapeute qu’ il retournera vivre chez son père à la rentrée prochaine. Il sera donc affecté dans un autre LP et nous avons rencontré les parents de façon à préparer le mieux possible ce changement d’établissement qui peut s’avérer délicat. Nous savons qu’un passage en terminale BEP n’est certainement pas la meilleure solution, ses lacunes sont trop importantes en enseignement professionnel, mais c’est la seule car il n’existe aucune possibilité d’accueil dans le système éducatif, actuellement, pour un jeune majeur dans sa situation. Nous pensons tout de même que son passage en remédiation lui aura permis de ne pas subir le regard moqueur et les quolibets d’élèves plus jeunes et encore parfois terriblement impitoyables ; il aura aussi appris à ne pas perdre espoir en ses capacités ; mais pour les enseignants que nous sommes, il est difficile d’admettre qu’il n’existe pas de solutions d’accueil personnalisé.

 

2ème remarque :

Comme il y a deux ans, nous avons de nouveau été confrontés à l’absentéisme. Cet absentéisme a touché cinq élèves sur les neuf que nous avons accueillis, à la fois des élèves en difficulté scolaire et des élèves perturbateurs . On est face à deux sortes d’absentéisme bien distincts : l’un est lié au fait que l’élève travaille le soir par nécessité et  le poids de la fatigue est si grand qu’il  n’a plus la force d’aller en cours ; ce fut le cas de S. et de Sh..

L’autre absentéisme, c’est celui qui tourne autour du malaise scolaire : non choix de l’orientation, difficultés à se déterminer par rapport à un projet personnel et professionnel, et la fuite comme réponse.

Les rencontres équipe/élèves, proviseur/élèves, proviseur/parents ou foyer/équipe, les contacts avec  la COP, la réunion d’une commission éducative, quelques avertissements distribués pour tenter d’enrayer cette dérive, rien n’a pu stopper le processus, ce qui a conduit, en fin d’année, deux de ces élèves ( S. et Sh. ) en commission éducative et une autre  ( A.) en conseil de discipline. Cet absentéisme récurrent a lourdement pesé sur le bon fonctionnement de la classe et le moral de l’équipe.

 

3ème remarque :

Heureusement, nous sommes fiers de quelques réussites, et particulièrement de celle de H. dont les progrès en Français et les très bons résultats ont été signalés par ailleurs.

 Deux autres élèves, L. et Z. ont su profiter de leur passage en remédiation (  10 semaines pour l’une, 7 pour l’autre) pour acquérir l’autonomie et la confiance en elles-mêmes qui  leur manquaient. Pour toutes les deux, la remédiation a été positive : elle les a aidées à mieux cerner leurs difficultés et à prendre conscience de leurs qualités.

 

4ème remarque :

Nous nous sommes aussi beaucoup interrogés sur la nécessité de la réintégration en classe d’origine. Doit-on systématiquement réintégrer les élèves ? Dans leur classe d’origine ou dans une autre classe ? Au bout de combien de temps ? Sinon, peut-on ne pas réintégrer et pourquoi et dans quels cas ?

En fait, nous nous sommes imposés quelques règles plus ou moins implicites : sauf exception, nous gardons toute l’année les élèves en difficulté de langue française, le travail d’apprentissage du français ne pouvant être efficace que sur la durée.

Pour les autres, perturbateurs ou transgresseurs ou absentéistes ( ? ), la règle est plus nuancée ; le principe qui prévaut est le suivant : si le contrat passé à l’entrée en classe de remédiation est respecté, la réintégration va de soi et la décision est prise par l’équipe en concertation. Cette règle implique que nous soyons beaucoup plus rigoureux que nous ne l’avons été cette année en terme de contrat ; il faut revenir aux contrats explicites et écrits.

Respectant cette règle, nous avons donc réintégré deux élèves : Y. avait rempli son contrat oral, son attitude en classe était redevenue tout à fait correcte, son travail était bon ; sa tendance à être un absentéiste du matin nous avait conduits à retarder sa réintégration d’une semaine.

 D., quant à lui, fut réintégré bien que n’ayant pas respecté les termes du contrat : vivant seul avec son père, lequel voyageait souvent pour son travail, il était livré à lui-même, et n’ayant pas de repères à la maison, il supportait mal que nous cherchions à lui en imposer à l’école. Nous avons fini par le réintégrer parce que nous avions conscience que la remédiation ne lui apportait plus rien. Il souhaitait retrouver sa classe d’origine, contrairement à la majorité des élèves qui se sentent sécurisés dans la structure de remédiation , qui apprécient la façon différente de travailler et la qualité des rapports humains. Donc D. fut réintégré, mais dans une autre classe que sa classe d’origine, ce que nous ne voulions pas . Après une reprise correcte, D. a recommencé à être très absent, puis il a démissionné.

Y. n’était ni pour ni contre son retour dans sa classe d’origine ; il savait cependant qu’il risquait de retomber dans les travers qui l’avaient conduit en remédiation et peut-être n’avons-nous pas suffisamment approfondi le sujet avec lui. Il fut donc réintégré fin mars, il n’y avait plus de raisons objectives de le garder, mais nous savions que les risques étaient importants. Y. a progressivement manqué ; le suivi post-remédiation a pratiquement été impossible à mettre en place ( tout comme pour D. )…Depuis les vacances de printemps, on ne l’a pas revu au lycée. Il est cependant à son stage ; nous espérons le revoir en septembre « armé » de bonnes intentions.

Il est certain que l’an prochain nous serons encore plus vigilants avant de réintégrer nos élèves dans leur classe  d’origine. Mais notre structure n’a que 8 places et nous sommes tenus d’accueillir tous les élèves en difficulté.

 

L’équipe a donc vécu cette année de façon plutôt négative : nous avons été conscients des limites de notre action, notamment lorsqu’il s’agit d’absentéisme.

 

IV. Les perspectives.

Il y a peu de nouveautés car un certain équilibre semble avoir été trouvé tant au niveau de l’emploi du temps (notamment l’intégration de 3 heures de FLE hebdomadaires) qu’au niveau du suivi des élèves (centralisé dans un même lieu avec la même personne).

-         Néanmoins nous devons approfondir notre travail par objectifs. Nous disposons du dossier d’intégration et dans certaines matières d’une série de tests. Ces outils nous permettront d’évaluer et de lister avec les élèves ce qu’ils sont capables de faire par rapport à ce qu’ils devraient savoir faire. Ainsi ensemble nous pourrons établir les objectifs à atteindre.

-         D’ailleurs il nous semble important, lors de l’intégration, d’élaborer ensemble (élève, professeur principal de la classe d’origine et équipe de la classe de 2G) un contrat d’objectifs qui sera signé chez le proviseur en présence des parents. Ce contrat prendra en compte des aspects d’ordre pédagogique mais aussi des mentions telles que la ponctualité, l’assiduité, le matériel scolaire, la tenue des classeurs…

-         A la fin du trimestre, lors d’un conseil, seront présents l’équipe pédagogique de 2G, l’élève, ses parents, le professeur principal de sa classe d’origine et le proviseur. On quantifiera les progrès et on commentera ensemble.

-         En cours et en fin d’année, l’équipe fera le point sur ce qui a été fait et sur ce qui reste à améliorer l’année suivante. Elle transmettra le bilan à la nouvelle équipe pédagogique de l’élève.

-         Toujours dans le but d’un meilleur suivi après la réintégration, nous pensons qu’il serait positif qu’un membre de l’équipe de 2G participe au conseil de classe de la classe d’origine afin de donner un autre éclairage sur l’élève, de leur transmettre « oralement » le bilan de son passage en classe de 2G

 

Un autre axe doit être travaillé : la communication. Dès le mois de juin, nous devons     informer les parents d’élèves rentrant de l’existence de notre structure. De même lors de la rentrée de septembre, chaque classe de seconde doit recevoir cette information. De plus, après quelques années nous devons « sonder » nos collègues et les autres personnels sur notre structure (le questionnaire reste à élaborer). Pour continuer, il faut s’assurer de l’adhésion de nos collègues et du bien-fondé de notre action.

 

V-Evaluation du projet : suivi de nos élèves-2003/2005 :

Nous avions décidé à la fin de l’année dernière d’assurer le suivi de nos anciens élèves sur la totalité du cursus BEP, d’élaborer une évaluation qui nous permette d’affiner notre réflexion sur l’après-remédiation.

     

                 1-les outils d’évaluation :

Nous avons demandé à nos collègues qui accueillaient en 2004/2005 nos anciens élèves de remédiation de bien vouloir remplir un document d’évaluation semestrielle individuelle.

En mai, quelques semaines avant le BEP, nous avons proposé à ces anciens élèves un entretien oral, en cas d’impossibilité nous leur proposions de répondre au questionnaire par écrit. Nous leur demandions de préciser comment ils avaient vécu leur passage en remédiation et en quoi ce moment différent dans leur scolarité avait pu les aider en terminale BEP.

         

                  2-Que sont –ils devenus en 2004/2005 ? :

Nous avions accueilli en 2C, en 2003/2004, 7 élèves. Ils sont d'abord tous passés en terminale BEP, 5 en comptabilité et 2 en secrétariat. Ils ne sont que 5 à avoir passé l’examen en juin, deux ont quitté l’établissement en cours d’année.

 M. est parti en décembre 2004 ; il a signé un contrat de travail dans un studio d’enregistrement où il suit une formation aux métiers du son ; c’était son rêve et il avait d’ailleurs fait son stage de fin d’année de seconde BEP dans un studio d’enregistrement de musique.

Ma. n’ a pas réussi à tenir jusqu’à la fin de l’année ; elle a « craqué » en mars et n’est plus revenue ; elle ne s’est pas présentée à  l’examen et nous ne sommes pas parvenus à la joindre pour envisager avec elle une suite à donner à sa scolarité et éventuellement lui proposer d’autres possibilités d’orientations. A la lecture des remarques faites par ses professeurs de terminale, on se rend compte que ses difficultés en français, elle est anglophone, ont continué de la handicaper au point de la décourager et de la conduire peu à peu à lâcher prise.

 

Les cinq autres se sont présentés à l’examen, mais après des parcours de terminale bien variés.

 

N., à la fois pour des raisons familiales et pour avoir choisi de suivre les décrocheurs de la classe, a pratiquement abandonné en mars ( tournant fatidique de l’année scolaire ) . C’est d’autant plus regrettable que son passage en remédiation en 2003/2004 ( presque 4 mois ) l’avait stabilisé au niveau du comportement ; ses enseignants lui reconnaissaient volontiers des capacités bien au-dessus de la moyenne, capacités qui auraient dû lui permettre d’envisager une poursuite d’études post-BEP.

F. avait des bases solides, une facilité certaine en informatique et en secrétariat, mais progressivement son investissement s’est amenuisé et de trop nombreuses absences à des cours essentiels l’ont amené à un niveau insuffisant dans l’optique de la réussite au BEP.

Mi. présente un peu le même profil fantaisiste, avec un côté plus perturbateur, ce qui l’avait conduit en classe de remédiation l’année précédente. Peu motivé, il a beaucoup « séché », mais quand il était présent il montrait qu’il avait tout pour réussir. De nombreux professeurs remarquent qu’ « il s’est beaucoup amélioré depuis l’année dernière », que son premier trimestre « était plutôt pas mal » ; lui aussi a « craqué » vers mars.

S. avait été intégré en remédiation pratiquement au début de l’année 2003/2004, son niveau en français étant vraiment très faible ; il était arrivé depuis peu en France. En terminale, même s’il a beaucoup amélioré son français, le handicap demeure, principalement à l’écrit. Des problèmes de santé en début d’année n’ont pas contribué à un démarrage efficace ; on lui a parfois reproché un certain manque d’investissement dans certaines disciplines, il est vrai que ses difficultés à l’écrit l’ont parfois conduit à ne pas se présenter aux contrôles. Pourtant, plusieurs professeurs ont régulièrement mentionné sa bonne volonté. Cependant, ce garçon ne manque pas de ressources et il avait depuis un certain temps envisagé une nouvelle orientation : il va préparer le CAP Restaurant en apprentissage ; il est accepté dans deux CFA et aura donc le luxe de choisir.

Mir. était dans une situation assez identique à celle de S. , elle avait passé six mois en remédiation pour les mêmes raisons. Malheureusement ses  difficultés en français écrit ont continué à être un sérieux handicap, surtout pour un BEP Secrétariat ; mais un échec à l’examen ne serait pas catastrophique, elle est assurée de pouvoir redoubler dans l’établissement. Elève sérieuse et travailleuse, elle a la confiance de tous ses professeurs.

 

                 3-Quel regard portent-ils sur le temps passé en remédiation ?:

  Quatre élèves ont répondu au questionnaire proposé ( 2 par écrit, 2 par entretien oral ). On retrouve dans les réponses les deux profils d’élèves qui fréquentent la classe de remédiation : les perturbateurs/transgresseurs et les élèves en difficulté d’apprentissage, particulièrement en français.

Les premiers n’avaient pas le choix, ils ont donc intégré le groupe par décision-sanction de leurs professeurs ; aux seconds, il a été conseillé de rejoindre la classe. Quelle que soit la raison, ils portent tous un regard positif sur leur passage en remédiation : ça n’a pas été vécu comme un traumatisme, plutôt comme une seconde chance, ce qui n’était pas le cas en 2002/2003. Ils ont aussi apprécié le petit effectif ( pas plus de 8 élèves ) , la bonne ambiance dans le groupe, les relations avec les professeurs, ils ont le sentiment de ne pas avoir perdu leur temps. S. regrette même qu’il n’y ait pas de classe de remédiation en terminale BEP.

Pour les transgresseurs, le niveau des exercices est parfois apparu comme un peu facile dans certaines matières. C’est surtout dans le domaine du comportement qu’ils ont le sentiment d’avoir appris, ainsi, N. déclare : « …ça m’a valu les encouragements au 2ème trimestre, alors qu’avant j’étais abonné aux avertissements et puis j’ai appris à être calme et à ne plus déranger. ». Ca n’a malheureusement pas suffi pour que tous fassent une bonne terminale et F. le dit : « …en terminale, j’étais perdu et je ne sais pourquoi. ».

S. et Mir. expliquent  que  le  travail en petit  groupe  leur a permis de travailler plus efficacement le français,  « c’était presque des cours particuliers…la prof passait plus de temps avec nous, ce n’était pas la même façon d’expliquer.»,se rappelle S. Ce n’était certes pas suffisant pour être au niveau en français pour le BEP, mais ils ont apprécié cette « reprise à la base », comme le dit S. en souriant ; ils n’ont pas perdu l’espoir de réussir et de poursuivre leurs études, quitte à changer de cap.

 

 Cette analyse nous autorise deux remarques :

 Premièrement, nous ne pouvons prétendre assurer à tous les élèves que nous recevons en remédiation la réussite au BEP et la poursuite en bac professionnel. A chacun, nous pouvons proposer des objectifs personnalisés, notre rôle étant alors de les aider à les réaliser, même si cela doit passer par des changements d’orientation.

 Deuxièmement, cette réflexion nous conforte dans la primauté que nous devons accorder à une évaluation qualitative, prenant aussi en compte l’avant-remédiation , de façon à optimiser le retour en classe d’origine et le passage en classe terminale.

 

 

 

CONCLUSION :

Nous avons tenté cette année d’envisager la période de remédiation comme un moment plus au moins long dans un cycle d’études de deux ou trois ans ; cette approche plus globale doit nous amener à réfléchir sur nos pratiques pédagogiques et donc à multiplier nos modes d’évaluation, peut-être à les modifier.

Une des conclusions des bilans effectués avec nos élèves ou avec nos anciens élèves, c’est que si ceux-ci évaluent positivement leur passage en remédiation, ils se sentent un peu perdus, voir désorientés, quand ils rejoignent leurs classes d’origine ou une classe terminale, pour ceux qui ont passé l’année complète en remédiation ; ce désarroi, ils le manifestent par l’absentéisme, le manque d’intérêt  pour les cours, la démission.

 

C’est sur la réintégration qu’il nous faut porter notre réflexion ; il n’est pas normal que nos anciens élèves abandonnent tout ou partie de leurs engagements, lorsqu’ils retrouvent leurs classes d’origine ; il n’est pas normal qu’ils soient à peine tolérés quand ils sont réintégrés ; dans leur classe d’origine ; les préjugés les concernant demeurent, comme si la remédiation ne pouvait pas les avoir aidés. Il s’agit là encore des relations qu’il faut approfondir avec les autres équipes de seconde.

 

Nous avons aussi nos responsabilités propres , notamment dans le suivi post-remédiation. Il nous appartiendra donc, l’année prochaine, de mener la réflexion, d’engager un dialogue plus productif avec les autres équipes ; il nous faudra être plus exigeant dans la phase d’intégration. Il y a là un vrai travail de fond absolument nécessaire si nous voulons réellement que la classe de remédiation  réalise les objectifs qu’à l’origine nous lui avions fixés.

 

 

REGARDS CROISES : Quelques moments de l’année pris sur le vif.

 

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FRANÇAIS  HISTOIRE GEOGRAPHIE

 

Pour que vous vous rendiez compte des élèves que nous recevons en classe de remédiation, je vais vous raconter un événement survenu dans cette classe et vous dresser le portrait d’une de nos élèves. Je pense que ces deux textes vous montreront la diversité de notre public et la difficulté à la gérer.

 

TEXTE 1 :

C’était un jeudi après-midi vers 16 heures, j’étais en classe avec mes élèves. Ces élèves sont pour la plupart des primo arrivants ou des élèves ayant des problèmes de comportement. Je le sais et pourtant, ce jour-là je fus surprise, étonnée de la réaction de l’un d’eux.

Nous étions en train de travailler sur la lettre. L’exercice consistait à remettre dans l’ordre une lettre dans le désordre. Je passais de table en table pour vérifier l’avancée du travail, je m’asseyais quand l’un d’eux éprouvait des difficultés. Tout se passait bien. Tout était tranquille. Je ressentais une certaine quiétude. J’étais sereine, paisible. Je continuais ma « ronde » quand je vis M. en difficulté ou plutôt avec le regard vide, fixant sa feuille. Je me suis approchée. Je lui ai demandé si tout se passait bien, s’il avait compris l’exercice. Il me dit que non. Alors je me suis installée à côté de lui. J’ai lu avec lui la consigne, je lui ai donné des exemples, j’ai essayé de reformuler. En vain. Il me dit : « Je ne comprends rien ». Je lui ai répondu : « Mais si tu peux y arriver, regarde… ». Puis il s’est levé, a pris la feuille, l’a déchirée en criant : « Vous me prenez pour un fou, je vous dis que j’ai rien compris !». J’ai voulu le calmer, le rassurer mais rien n’y faisait. Il se dirigeait maintenant vers la porte. Je l’appelai. Il dit : « Vous pensez me faire peur ? 

-         Mais non, lui répondis-je, je ne suis pas là pour cela »

Il continua sa route et claqua la porte avec une grande violence. Je suis restée là, sans rien faire, sans rien dire. Je ne sais pas combien de temps cela a duré. Les autres élèves avaient l’air dans la même incompréhension que moi. Jamais M. n’avait réagi de la sorte. Il n’était pas dans la classe à cause de son mauvais comportement.

Après je me suis posée de nombreuses questions : comment aurais-je dû m’y prendre ? Aurais-je dû prévoir sa réaction ? Jusqu’où peut-on aider ? Doit-on renoncer ? Et quand ?

 

TEXTE 2 :

Elle arrive en cours et toute la salle s’illumine. Ses vêtements traditionnels fabriqués par sa maman sont d’un rose tendre. Ils lui ressemblent. Elle dit : « Bonjour, vous allez bien ? » et ses yeux pétillent de bonheur. Elle est toujours heureuse, contente d’être là. Elle s’installe, sort ses affaires. Ses petites mains sont encore toutes potelées comme celles des bébés. Elle attrape un stylo, elle écrit, elle hésite, écrit comme elle entend. Mais elle fait des efforts. Elle s’accroche. Depuis qu’elle est entrée dans cette classe, elle a fait d’énormes progrès. Je suis fière d’elle.

 

                                        Véronique Bourguignon, professeur de Lettres-Histoire

 

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 Classe de remédiation 2G- Année 2004-2005

 

Comment résumer une année dans cette classe ? Désolée, cela m’est impossible. De manière générale, aucune heure de cours ne se ressemble, mais là, c’est un doux euphémisme ! Alors parler de quoi ? Peut-être de l’heure où je suis sortie de ma salle sonnée, éreintée, passablement morte de rire, mais plutôt satisfaite du résultat.

 Le thème du cours était une introduction aux maladies infectieuses, avant d’approfondir les maladies sexuellement transmissibles. Vous imaginez les prérequis : puberté, anatomie des organes génitaux, et   toutes les digressions imaginables… Je sais, je suis sensée les éviter, mais quand vous avez A., D., Y., S. et H. pour tout effectif, la seule perspective d’évoquer un tel sujet suscite des angoisses de tout poil, et néanmoins fort justifiées. J’appréhendais donc un peu (encore un euphémisme), mais armée de mes moules en plâtre et de mes transparents, il était hors de question que je me dégonfle.

 J’ai pas mal utilisé les moules, mais pas du tout les transparents. Je n’ai pas abordé un début de quelque chose à propos des agents des maladies infectieuses. Non, évidemment…

Dès que j’ai eu annoncé le sujet, A. (vous vous en doutiez) a passé immédiatement la cinquième,  grillant au passage sa boîte à vitesse. Elle m’a assaillie de questions, de remarques, d’anecdotes en tout genre. Elle gesticulait, rebondissait d’une réponse sur une autre question, encore plus barge, si c’est possible, mais avec une candeur et un émerveillement extraordinaire. La sainte vierge serait apparue dans la salle que cela n’aurait pas été pire, quoique incongru, compte tenu du sujet.

Les garçons, dont je craignais les remarques graveleuses, ont été d’abord scotchés par le vocabulaire fort imagé de la miss, et du coup, à ma grande surprise, littéralement saisis et intimidés. C’est à peine s’ils n’étaient pas choqués, et quand on connaît les loustics, ça calme... Ils regardaient A. avec des yeux ronds, à la limite de la compassion, puis me fixaient, effarés, se demandant comment j’allais réagir. J’avais la sensation de jongler avec une dizaine de patates chaudes.

 J’ai commencé par apaiser un peu la soif de connaissance de la miss. Il était possible alors de la faire rétrograder en seconde, et là, c’est devenu intéressant, car H., avec son calme olympien et son sens aigu du pragmatisme, a commencé à me dire « Madame, cela veut dire quoi ch…… ? ». La tentation de parler de petit mammifère terrestre était grande, mais elle avait bien saisi que le contexte n’était pas vraiment en relation avec les matous… A. la délurée et H. qui arrive voilée à la porte du lycée… Un vrai grand écart, et un joli sujet qui aurait pu inspirer La Fontaine, non ?

 J’ai donc fait des traductions très softs, très scientifiques, très froides mais sans rien éluder. Je ne sais pas trop comment je m’en suis sortie, mais elles ont fini par discuter en étant plus ou moins d’accord sur les termes employés. Les garçons ont alors commencé à revenir dans la discussion, et cela a été un flot ininterrompu de questions sur la sexualité, l’anatomie, les MST. Tout dans le désordre, bien en vrac, mais ils ont tout dit, et avec un soulagement qui faisait écho au mien. Ils avaient la sensation de tenir un sacré sujet, et ils n’avaient manifestement pas envie de le lâcher. Bon, on n’a pas écrit une ligne, cette heure là, mais la mayonnaise avait pris. Ils n’ont jamais été aussi attentifs, aussi respectueux les uns des autres qu’à ce cours. Aussi différents voire incompatibles qu’ils puissent être, ils étaient une classe.

J’ai fini à deux de tension, assoiffée, avec un cours inédit à synthétiser pour la séance suivante, mais finalement revigorée. C’est ça la 2G.

 

                              Cécile Comminges, professeur de VSP

 

 

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 DES CONSEILS BIEN MAITRISES

 

Retrouver deux élèves de classe de remédiation en commission éducative et une autre en conseil de discipline relevait pour moi du déshonneur. Comment nous, équipe pédagogique de la 2G, la classe de remédiation, avions nous pu en arriver là ? Ces décisions, c’est nous qui les avions prises, après de longs débats animés tenus lors de notre demi-journée de suivi de projet, en présence de notre intervenante IUFM, Madame Fauconnier.

C’était le constat d’échec d’une année ; nous avions échoué parce que nous n’avions pas été capables de remédier aux difficultés de trois des élèves qui nous avaient été confiés.

Comment en était-on arrivé à une telle situation ? Essayons d’y voir un peu plus clair !

 

S. et Sh. sont deux élèves non francophones qui disposent de suffisamment de capacités intellectuelles pour atteindre rapidement un niveau correct en français ; mais à mi-année, ils ont « séché » de plus en plus, au point d’être devenus quasiment invisibles au mois de mai. Travail au noir, problèmes de papier, difficultés à se stabiliser et à envisager un projet de vie dans un pays d’accueil pas toujours très accueillant…Nous avons eu la sagesse de leur éviter le conseil de discipline, la commission éducative leur donnant le répit qui leur permettra de repartir en septembre avec davantage de certitude.

Pour A., le conseil de discipline était inévitable ; elle avait déjà été convoquée en décembre devant la commission éducative. L’intégration en remédiation avait alors été pour elle la dernière planche de salut ; grande absentéiste, elle arrivait d’un collège voisin qu’elle avait très peu fréquenté l’année précédente en classe de 3ème. De fait son passage en 2G fut d’abord une réussite ; jusqu’à la fin février, de 90% d’absence elle était passée à 70-80% de présence, c’était quasi miraculeux ! Las ! Elle rechuta après les vacances d’hiver ; et à partir du printemps, ces passages au lycée furent plus que rares, une heure de temps en temps…. Nous avions échoué, mais je crois que nous n’avions pas toutes les clés pour espérer réussir à la stabiliser. Le conseil de discipline devenait donc inévitable, bien que nous eussions essayé d’en retarder l’échéance. On ne pouvait décemment ne pas réagir, il fallait « marquer le coup », provoquer le choc salutaire, le face à face brutal avec la réalité…, c’est ce que pensaient aussi les éducatrices de son foyer, éducatrices très peu fiables par ailleurs.

 

Jeudi 2 juin !  Commissions éducatives ( appelées aussi commissions de suivi ou commissions de discipline) et conseil de discipline. Je suis présent puisque j’assume le suivi pédagogique des élèves de la classe de remédiation.

Les deux commissions éducatives jouent leur rôle ; les deux élèves sont présents ( l’un avec sa mère qui ne parle pas du tout le français ) et expliquent leurs difficultés à vivre, à choisir, à se situer dans une société dont les valeurs et la culture ne sont pas les leurs. La commission  est attentive à leurs explications et propose des engagements fermes ( obligation de présence en cours, suivi pédagogique ) qui leur offrent une chance supplémentaire de poursuivre leur scolarité dans l’établissement. Qu’en restera-t-il en septembre ? Nous avons pensé que le temps pourrait les aider à choisir les bonnes décisions pour leur avenir. Cela aussi, c’est la remédiation : refuser les sanctions définitives, accorder le petit sursis qui peut s’avérer décisif.

 

Ensuite, vint le conseil de discipline et celui-ci fut ce que cette instance devrait toujours être, une instance éducative, ce qui est loin d’être toujours le cas. A. ne sera pas exclue définitivement ; son dossier scolaire sera transmis  dans le LP le plus proche de son foyer ( 10 minutes de trajet au lieu de 50 minutes ), et s’il n’est pas sûr que cette décision soit suffisante pour lui donner l’envie de se prendre en charge et de cesser de se considérer comme une toute petite fille, au moins aura-t-elle encore un peu de temps pour  réfléchir.

Pour moi, c’était un dur moment de passé : pour la première fois, nos principes de remédiation se trouvaient confrontés à la réalité de sanctions définitives qui excluent, alors que notre rôle est d’intégrer et d’imaginer des solutions alternatives aux difficultés de nos élèves. Nous avons donc essayé de proposer des solutions qui soient essentiellement éducatives, tout en réaffirmant l’obligation  pour tous les élèves de respecter les règles de vie d’un établissement scolaire.      

 

                                                 Jean-Jacques Varnier, documentaliste

 

 

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Classe de Remédiation (2G) – Année scolaire 2004/2005

 

Pour la deuxième année consécutive, j’effectue les cours de Maths pour les élèves intègrant la classe de remédiation, au lycée Suzanne Valadon à Paris.

J’ai remarqué qu’il n’est pas facile de gérer l’arrivée de nouveaux élèves en cours d’année, bien qu’à chaque fois nous en ayons quelques uns qui passent l’année entière dans la classe. Ces nouveaux élèves ont eu d’une part un autre professeur avant moi et d’autre part, présentent souvent de grosses difficultés en mathématiques.

Je prends le cas de L. qui est arrivée dans mon cours pour la première fois le 7 février 2005 ; cette élève plutôt sérieuse et calme avait un manque de confiance total quant à ses capacités en mathématiques… je n’arrivais pas à la faire passer au tableau, à lui faire dire des réponses, bref elle s’avouait déjà vaincue, sentiment que beaucoup d’élèves de BEP entretiennent par rapport aux mathématiques.

Petit à petit, timidement, et grâce à une motivation exemplaire de sa camarade H., L. se rend compte que dans cette classe, elle va pouvoir oser et ne peut finalement qu’admettre ses lacunes, parmi un petit effectif d’élèves eux aussi en difficultés. C’est H. qui a été le moteur de tout cela, même si je sais que très peu d’élèves ont eu une progression aussi importante. Je ne peux nier que son attitude face aux erreurs et aux incompréhensions a eu une influence sur les quelques autres. Ne sachant pas à l’avance la réponse, étant pratiquement sûre de se tromper, elle ose aller au tableau pour essayer, dit-elle, pour sans doute montrer aux autres et à elle-même qu’elle aura fait les efforts quoi qu’il arrive. Ainsi je me souviens d’un cours sur les équations du premier degré à une inconnue (chapître on le sait abstrait de premier abord) où j’avais proposé aux élèves de jouer le professeur et d’inventer des exercices pour mettre en faute les camarades. Chacun devait inventer une équation à résoudre, qu’ils peuvent résoudre eux-mêmes mais qui peut si possible poser difficulté aux autres. La tache n’est évidemment pas facile, certains comme H., par exemple, restant bloquée au tableau ne sachant quoi inventer ! Il est vrai que ce travail actif de la part des élèves n’est pas souvent utilisé durant leur scolarité. Pourtant l’enthousiasme est là et chacun veut trouver son équation que personne ne pourra résoudre !

C’est ce genre de pratique que j’ai pu plus facilement appliquer dans cette classe à effectif très réduit ; et c’est dans ce sens que je compte développer ma pédagogie pour cette classe, même si je sais qu’il leur faut acquérir aussi les notions du programme et que seuls à inventer les exercices ils risquent d’être en retard !

 

Mon expérience de deux ans aux côtés de ces élèves, certes très différents les uns des autres, me fait penser que l’on peut encore, au moins du point de vue des mathématiques, leur redonner une relative confiance.

 

                  Sylvain Ropert – Professeur de Mathématiques

 

 

 

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ANNEXES : questionnaires proposés aux élèves de 2G et aux anciens élèves de 2C ( classe de remédiation en 2003/2004 ), actuellement en terminale BEP.

                                                                                 

QUESTIONNAIRE/ Classe de « Remédiation »

 

  1. Comment êtes-vous « arrivé » en classe de remédiation ? (Est-ce un professeur qui vous l’a conseillé ? Est-ce vous qui en avez fait la demande ? …)

 

 

 

  1. Comment avez-vous ressenti cette intégration ?

 

 

 

  1. Comment avez-vous vécu votre passage dans la classe ?

 

-         La durée :

 

 

-         Les cours :

 

 

 

-         Les relations avec les professeurs et les autres élèves :

 

 

 

 

  1. Voyez-vous (ou avez-vous vu) des différences dans le travail entre votre classe d’origine et la classe de remédiation ?

 

 

 

 

  1. Avez-vous suivi régulièrement les cours de FLE ?

 

 

  1. Si oui, cela vous a-t-il été bénéfique au niveau de votre connaissance du Français ?

 

 

 

  1. Si non, expliquez pourquoi ?

 

 

 

 

  1. Quel bilan faites-vous de cette expérience en classe de remédiation ?

 

-Positif ?

-Négatif ?

 

QUESTIONNAIRE/ Classe de « Remédiation » Pour les élèves de Terminales

 

1.Comment êtes-vous « arrivé » en classe de remédiation ? (Est-ce un professeur qui vous l’a conseillé ? Est-ce vous qui en avez fait la demande ? …)

 

 

2.Comment avez-vous ressenti cette intégration ?

 

 

 

3.Comment avez-vous vécu votre passage dans la classe ?

 

-         La durée :

 

 

-         Les cours :

 

 

-         Les relations avec les professeurs et les autres élèves :

 

 

 

 

4.Voyez-vous (ou avez-vous vu) des différences dans le travail entre votre classe d’origine et la classe de remédiation ?

 

 

 

5.Avez-vous suivi régulièrement les cours de FLE ?

 

 

     6-Si oui, cela vous a-t-il été bénéfique au niveau de votre connaissance du Français ?

 

 

     7-Si non, expliquez pourquoi ?

 

 

 

    8.Quel bilan faites-vous de cette expérience en classe de remédiation ?

 

          -Positif ?

          -Négatif ?

 

     9.Votre passage en classe de remédiation vous a-t-il aidé à mieux suivre en Terminale ? Sinon, pourquoi avez-vous décroché ?

 

 

 

 

 

Actualités de l'action (oct. 2004)

Le projet de classe de remédiation a été mis en place au Lycée Professionnel Suzanne Valadon, en septembre 2002. Il s’agit d’un Lycée Professionnel. tertiaire de trois cents élèves environ, préparant aux B.E.P. Métiers du Secrétariat et de la Comptabilité et aux baccalauréats Comptabilité et Secrétariat. Etablissement atypique dans la mesure où sa gestion est assurée par la mairie de Paris, il recrute sur le nord et l’est  parisien des élèves souvent en difficultés ( sociale ou / et scolaire ).

 

Origine du projet : à quels problèmes avons-nous tenté d’apporter des solutions ?

En 2001/2002, une réflexion a été conduite sur le fonctionnement interne de l’établissement  et sur l’absentéisme. Cet état des lieux ( sorte d’audit ) nous a conduits à mettre en place en septembre 2002 une structure de remédiation assez proche dans l’esprit des classes relais, mais avec des spécificités propres à notre situation. La structure était et reste destinée aux élèves de seconde professionnelle et fut créée sans moyens supplémentaires !

Le projet s’inscrit dans une démarche de remédiation à des problèmes liés au comportement et aux difficultés scolaires. La structure s’adresse à des élèves perturbateurs ( transgresseurs, apathiques…) et / ou en difficultés scolaires ( difficultés notamment dans la connaissance de la langue française : nous disons de certains élèves qu’ils sont en détresse linguistique).L’objectif est double : apprentissage et socialisation, c’est pourquoi nous essayons de relancer ces élèves en les « transportant » momentanément dans une classe différente, pour un temps plus ou moins long.

 

Dans la mise en œuvre du projet, nous avons toujours cherché à privilégier la souplesse et la prise en compte des spécificités individuelles.

L’équipe pédagogique s’est constituée sur la base du volontariat, elle est pour 2004/2005 composée de huit professeurs, de la CPE  et du documentaliste. La classe n’a pas de professeur principal, mais un groupe de pilotage de quatre personnes chargées de la coordination de l’équipe, de l’intégration des élèves dans la structure, du suivi et du tutorat, de la réintégration dans la classe d’origine. Nous disposons d’une heure de concertation par semaine.

L’équipe prend en charge un groupe de six à huit élèves pour une durée variable : de six semaines à l’année entière ; tout comme le nombre, la durée est modulable. Ce qui caractérise le fonctionnement de la classe c’est la souplesse, souplesse qui permet aussi de moduler l’emploi du temps pour des séquences d’apprentissages intensifiés.

L’entrée dans la structure est liée à l’élaboration d’un dossier d’intégration rempli par les enseignants de la classe d’origine et les CPE. Le dossier est un outil d’évaluation qui permet de visualiser la situation de l’élève : résultats scolaires, investissement personnel, comportement, difficultés personnelles. Le professeur principal de la classe d’origine propose l’intégration ; la demande est étudiée ensuite  par l’équipe de la classe de remédiation. L’élève et sa famille sont informés de la décision par le chef d’établissement. L’élève s’engage sur un contrat d’objectifs ; ces objectifs fixent l’ensemble des règles de vie à respecter, ils définissent aussi le cadre matériel du travail scolaire.

L’emploi du temps est resserré sur les matières principales : Français, Maths, Anglais, disciplines professionnelles. Resserrer les heures est possible dans la mesure où travailler avec un groupe restreint rend possible un travail individualisé plus intensif. La dotation de six heures FLE ( octobre 2004 ) va nous permettre de renforcer le soutien apporté à nos élèves « en détresse linguistique ».

Le suivi individualisé des élèves, pièce essentielle du dispositif, est assuré par un tuteur, membre de l’équipe, qui remet à chaque élève une fiche hebdomadaire de suivi ; celle-ci permet de valider, heure après heure,  la présence et la qualité du travail fourni . Nous avons aussi décidé d’assurer à partir de cette année le suivi post-remédiation jusqu’à la fin du cycle BEP.

La réintégration de l’élève est décidée par l’ensemble de l’équipe et s’appuie sur les progrès constatés, sur le respect des objectifs fixés à l’entrée dans la structure.

 

Les moyens mis en œuvre sont limités puisque le projet fonctionne à moyens constants, lesquels ( DHG) ont encore diminué cette année. Des HSE , octroyées par la cellule innovations, et des heures péri-éducatives ont permis à l’équipe d’assurer les concertations hebdomadaires et le travail d’accompagnement du projet.

 

L’évaluation de l’action :

Les fiches de suivi hebdomadaire et les dossiers d’intégration  sont les deux outils qui ont permis une évaluation plus rigoureuse et plus complète du travail des élèves : présence régulière, comportement, bilan de compétences de l’élève à son entrée dans la structure, bilans réguliers et notamment en fin de trimestre et ce, jusqu’au retour dans la classe d’origine. Pour le élèves maintenus toute l’année dans la structure, il a été élaboré un dossier de compétences par discipline destiné aux professeurs qui les accueillaient à la rentrée en terminale BEP. Ce dossier mentionnait les difficultés, les progrès, les objectifs atteints ou non atteints.

Pour l’évaluation de notre action, nous avons été accompagnés par une intervenante IUFM, Madame Fauconnier, dans le cadre du plan de formation de l’établissement. Elle nous a aidés dans notre réflexion sur les réajustements qu’il a fallu apporter au projet initial, les remodelages de certains dispositifs  Sa présence, depuis deux ans nous a permis d’avoir le recul nécessaire à une plus juste estimation de notre travail. Nous espérons poursuivre cette collaboration.

 Dans le cadre de notre rattachement à la cellule innovations, en 2004/2005, Madame Najman  nous apportera son expérience et ses compétences, notamment dans le champ de la pédagogie par objectifs.

 

Cette année, il nous faudra affiner et individualiser nos outils d’évaluation, assurer le suivi sur la totalité du cursus BEP et intégrer davantage à notre action la notion d’objectifs à atteindre.

 

BILAN DE LA STRUCTURE DE REMEDIATION ANNEE SCOLAIRE 2003/2004

Faire le bilan d’une année de fonctionnement pour un projet pédagogique nécessite que l’on évalue le travail accompli en fonction des objectifs que l’on s’était fixés. En septembre 2003, nos objectifs étaient : apprentissage et socialisation ; ils n’ont pas varié, même si la gestion des situations particulières nous a amenés à moduler. Ainsi, nous sommes passés d’une structure dont la vocation première était de « recadrer » des élèves transgresseurs, à une structure d’élèves en très graves difficultés scolaires, plus particulièrement dans le domaine de la connaissance de la langue française. Le groupe-classe est donc resté relativement uni du fait d’un recrutement durable.

Faire le bilan, c’est aussi préciser que nous faisons partie de la cellule innovation et qu’à ce titre, nous aurons la possibilité d’échanger avec d’autres projets et que ce n’est pas rien que de pouvoir enrichir ses pratiques de l’expérience des autres.

 

   I-organisation de la classe en 2003/2004 :

        1-structures de fonctionnement :

Un certain nombre d’outils permettant un fonctionnement plus efficace ont été mis en place en septembre 2003.

                  1-1-l’heure de concertation hebdomadaire : le mardi de 13h à 14h ; essentielle au bon fonctionnement de l’équipe, elle a permis de faire le point régulièrement sur la situation des élèves et donc d’affiner leur suivi et leur évaluation.

                 1-2-la mise en place d’un groupe de pilotage : vu la charge de travail qu’impliquait la fonction de professeur principal, il nous a semblé que l’équipe serait plus efficace si nous répartissions les responsabilités entre plusieurs personnes :

                                     -1 responsable de l’animation de l’équipe,

                                     -1 responsable du suivi des élèves,

                                     -1 responsable chargé de l’entrée des élèves dans la classe et de la communication avec les équipes des classes d’origine,

                                     -1 responsable du suivi des élèves réintégrant leur classe d’origine.

Cette nouvelle organisation nous a permis de mieux quadriller les différents axes du projet.

 

                  1-3-le suivi des élèves a été plus efficace puisque centralisé dans un même lieu avec la même personne. Venir chaque semaine chercher sa fiche de suivi et la rapporter implique une démarche qui ritualise un acte responsable de l’élève ; c’est une sorte de contrat passé avec un membre de l’équipe. C’est déjà l’assurance que l’on appartient à un groupe-classe, même s’il est différent par ses règles de fonctionnement, ses exigences, mais aussi ses rythmes particuliers.

 

                  1-4-les conseils de classe ont été tenus chaque trimestre comme dans les autres classes, avec envoi de bulletins trimestriels. Cependant nous avons été contraints de moduler : pour certains élèves ayant passé le trimestre à cheval sur les deux classes, le conseil s’est effectué dans la classe d’origine, tout en prenant en compte les informations fournies par l’équipe de remédiation. Certains professeurs enseignant dans les deux classes ont facilité les synthèses.

 

                   1-5-le dossier d’intégration des origines a été remodelé et utilisé dès septembre 2003. Sa réalisation a été notre premier chantier 2003/2004.

Il a été affiné tant dans le domaine de l’évaluation des disciplines que du comportement et de la personnalité. Cet outil n’a pas pour but de ranger les élèves dans des cases, nous voulons simplement cerner le plus précisément possible les difficultés des jeunes qui nous sont confiés.

Chaque trimestre, les rubriques évaluation par discipline de ce dossier ont été utilisés pour établir un bilan trimestriel /élèves interne à l’équipe.

 

                    1-6-la communication avec toutes les équipes pédagogiques de seconde professionnelle de l’établissement était une de nos priorités: il semble que nos messages soient mieux passés qu’en 2002/2003 ; l’information a circulé correctement notamment pour le suivi des élèves ( chaque professeur des classes d’origine recevant une copie de la fiche hebdomadaire de suivi de ses élèves ) et leur réintégration dans leur classe d’origine.

 

L’intégration des élèves n’a pas posé de problèmes insurmontables, ce qui confirme qu’après une année de rodage, la structure de remédiation a fait sa place dans l’établissement.

 

          2-fonctionnement de la classe en 2003/2004 : histoire d’une année.

   

                    2-1-prérentrée et rentrée : 

Jusqu’au début du mois d’octobre 2003, l’équipe de 2C a assuré l’accueil des élèves retardataires.

 

                    2-2-choix des élèves, profil, durée de leur présence en 2C :

D’octobre 2003 à mai 2004, neuf élèves ont fréquenté la classe de 2C :

                              -2 sont restés d’octobre 2003 à mai 2004

                              -2 de novembre 2003 à mai 2004

                              -1 de fin septembre 2003 ( d’abord en  accueil de retardataire ) à février 2004 ( date à laquelle elle ne fit plus que quelques apparitions )

                              -1 d’octobre 2003 à novembre 2003

                              -1 de novembre 2003 à avril 2004

                              -2 d’avril 2004 à mai 2004

 

La durée de présence dans la structure a été fonction de deux critères :

                              -« séjour long » : 5 élèves en difficulté linguistique, élèves du ressort d’une classe de français pour primo-arrivants. Un seul suivait les cours du CASNAV ( 6 heures par semaine ). Ces élèves n’ont pas été réintégrés dans leur classe d’origine, l’équipe du projet ayant jugé qu’une réintégration risquait d’être traumatisante et induirait peut-être des réflexes de repli ou de fuite, réflexes que nous avions pu progressivement éliminer, en leur redonnant confiance en leurs capacités intellectuelles. Nous avons privilégié la stabilité par la durée.

                               -les autres élèves ( 4 ) intégrés au cours de l’année étaient des transgresseurs. Dans deux cas, le passage en 2C s’est révélé extrêmement positif. Pour le premier, la réintégration s’est effectuée fin avril dans une autre classe que sa classe d’origine ; nous ne voulions pas prendre de risque, cette classe posant des problèmes graves de comportement. Signalons que l’élève s’est parfaitement adapté à la situation et c’est parce que nous l’en savions capable que nous avions pu prendre cette décision.

Pour le second,  intégré fin avril, le passage de cinq semaines dans la structure l’a resitué par rapport à certaines obligations de base : présence en cours, ponctualité, matériel scolaire , participation active au travail de classe. Il semble avoir particulièrement apprécié cette petite cure de jouvence.

 

La deuxième intégrée fin avril est une élève transgresseuse ( insolente, absentéiste, parfois suffisante), les cinq semaines n’ont pas suffi à la recadrer ; pourtant nous sommes persuadés qu’avec davantage de temps, nous aurions pu reconstruire quelques bases plus solides pour l’année prochaine. Ainsi, quand elle était présente, elle se pliait à la discipline et aux travaux du groupe, ce qui était loin d’être le cas dans sa classe d’origine. Positif encore, les démarches accomplies pour trouver un stage. Pour elle, le temps passé dans la structure a été trop court, l’intégration fut trop tardive. A méditer pour l’année prochaine : il nous faut préciser à nos collègues que, pour être réussie, une remédiation doit durer au moins six semaines.

 

Deux élèves ont posé des problèmes que nous n’avons pas su résoudre. Dans le premier cas, l’élève arrivée fin septembre, a d'abord intégré la classe comme retardataire ; très vite, nous avons réalisé que son niveau en français était très faible et nous avons décidé de la maintenir en 2C. Son 1er trimestre a été marqué par une succession d’absences plus ou moins justifiées par le père. Elle se réfugiait dans une attitude de fuite permanente, fuite au moment des évaluations, fuite devant les rendez-vous médicaux, sociaux, d’orientation. A partir de janvier, nous ne l’avons pratiquement plus revue. Autre échec, celui de l’élève réintégré dans sa classe d’origine au bout de sept semaines en 2C. Sa réintégration était normale et s’est inscrite dans une logique de comportement et de travail tout à fait positive. Cependant, nous avions des doutes sur son envie et ses capacités à maintenir ce cap après sa réintégration ; n’avait-il pas laissé passer l’orage pendant quelques semaines ? Il s’est avéré très rapidement que son comportement a recommencé à se dégrader : aucun travail, absences, manquements à la discipline ; il est aujourd’hui à la limite de l’exclusion. Nous avons en ce qui le concerne commis deux erreurs : d’abord, nous aurions dû lui faire signer un contrat d’objectifs contraignants ( du même type que celui signé à l’entrée en 2C ) ; ensuite, nous aurions dû être plus rigoureux dans le contrôle du suivi post-remédiation. Nous avons manqué de rigueur ; c’est un des points sur lesquels nous devrons nous pencher afin de dégager très précisément une ligne de conduite pour le suivi post-remédiation.

 

En conclusion, nous devons rappeler que le profil de nos élèves a changé : nous avons intégré cette année plus d’élèves en difficulté scolaire que d’élèves perturbateurs. Cette tendance risque de s’accentuer dans l’avenir, c’est pourquoi un certain nombre de décisions ont été prises pour répondre au mieux à ces problèmes nouveaux.

 

                      1-2-3-Les stages en entreprise :

Les élèves de seconde professionnelle doivent obligatoirement effectuer un stage d’un mois en entreprise pour que leur BEP soit validé, la règle est aussi valable pour les élèves en remédiation. Ils ont pu bénéficier, grâce à l’intervention de Monsieur Muller, responsable de la cellule innovations, d’une demi-journée de formation à la recherche de stages, assurée par Monsieur Savin. Les effets de cette formation ont été immédiatement perceptibles et les élèves ont pris conscience du fait qu’une recherche de stage se préparait et répondait à un certain nombre de contraintes. La professeure de secrétariat de l’équipe a pu prolonger le travail et le finaliser.

 

 

                    1-2- 4-L’accompagnement du projet :

Comme l’année dernière, Madame Fauconnier, intervenante IUFM, a pu, dans le cadre du plan de formation de l’établissement, assurer le suivi du projet. Cinq demi-journées de regroupement nous ont permis de faire régulièrement le point sur l’avancement du projet et surtout de réfléchir sur des réajustements concernant l’évaluation et des aménagements dans le fonctionnement de la structure.

Nous avons demandé la reconduction de cet accompagnement pour 2004/2005. En outre, notre rattachement à la cellule innovations nous permet de bénéficier de l’aide d’une personne ressource,  Nathalie Najman, qui pourra nous apporter son expérience et ses idées dans les domaines de la pédagogie par objectifs et de l’évaluation.

 

                           

II. L’évaluation des élèves

 

  1-La vie scolaire : bilan de la classe de remédiation au niveau de la Vie scolaire

 

Globalement on peut dire que le passage d’élèves dans la classe de remédiation a été positif au niveau de la vie scolaire.

Neufs élèves ont bénéficié de cette classe,  plus les élèves affectés tardivement par le Rectorat en début d’année, ce qui leur a permis d’avoir un accueil personnalisé et une mise en route facilitée.

Parmi les neufs élèves on peut tirer les grandes lignes suivantes :

            -6 succès avec scolarisation sérieuse et passage en terminale

      -2 élèves stabilisés

    1 échec .

 

                   1-1- Sauvetage d’élèves en grosses difficultés scolaires et/ou sociales

 

En effet,  cinq élèves avaient des difficultés énormes dans toutes les matières et particulièrement en français, ce qui se traduisait par un décrochage, voire de l’absentéisme. Le passage en classe de remédiation a permis de leur redonner confiance, de les motiver et pour certains élèves très renfermés de s’épanouir, de s’ouvrir et de réussir à prendre la parole.

Cela a permis à un élève dont l’assiduité n’est pas encore  parfaite d’être socialisé, ce qui n’est pas négligeable car il était livré à lui-même et presque déscolarisé lorsqu’il est entré en classe de remédiation.

Par contre une élève qui cumulait tous les handicaps (difficultés scolaires –venait d’une SEGPA-, sociales, absentéisme) a décroché en février et n’est plus scolarisée cherchant un autre projet.

 

                   1-2-Recadrage d’élèves  perturbateurs

 

4 élèves ont été placés en classe de remédiation à cause de leur comportement perturbateur. Deux d’entre eux se sont mis tout de suite au travail et n’ont posé aucun problème, le recadrage a été efficace et immédiat. Le retour dans une classe « traditionnelle » s’est passé sans difficultés.

Pour le troisième, son passage court s’est passé sans problème, mais son retour en classe d’origine n’a pas été parfait ;  il a su jouer le jeu pendant un temps donné où l’objectif était le retour en classe d’origine à condition d’avoir un comportement parfait. Par contre, son cas met l’accent sur la nécessité de renforcer le suivi de l’élève après le retour  et une plus grande collaboration équipe d’origine/équipe remédiation.

 

                   1-3-Amélioration de l’ambiance de travail des classes d’origines

 

Lorsque des élèves perturbateurs ont été soustraits aux classes d’origine, tout de suite on a pu observer une meilleure ambiance de travail au niveau des élèves, un soulagement voire un contentement des équipes pédagogiques, bref le climat du lycée s’est amélioré, les enseignants n’ayant plus de classes ou d’élèves stigmatisés sur lesquels focaliser leur attention.

Il est clair que cette fonction de la classe de remédiation a été primordiale cette année et s’est bien fait ressentir dans le climat

 

                   1-4-Tutorat

Le fait qu’il y ait eu un seul tuteur pour le suivi des élèves m’a semblé très positif et facilité du fait que c’était le Documentaliste, disponible, impliqué dans le projet, plus présent et dans un lieu clairement identifiable. Pour des élèves en difficulté cet aspect est à prendre en compte, car par le passé on a pu constater des ratés au niveau de rendez-vous manqués entre tuteurs-enseignants et élèves peu structurés.

De plus, pour le suivi des absences la coordination s’en est trouvée simplifiée.

 

                   1-5-Image de la classe

 

Nous avions pour objectif secondaire de revaloriser l’image de la classe tant auprès des élèves qu’auprès des enseignants non partie prenante de ce projet.

Il me semble que sur les deux tableaux l’objectif est atteint.

Pour les enseignants, comme je l’ai dit précédemment, le fait de soustraire des élèves qui gênent ou qui sont un frein à la progression a été perçu positivement.

Pour les élèves cela s’est très clairement vu lors des entretiens d’admission où les élèves ont majoritairement accepté l’idée d’aller en classe de remédiation et ont pris ça comme une aide et non une sanction, les quelques réticents au début ont été vite séduits et nous l’ont fait savoir. Même auprès des autres élèves, la classe n’est plus affichée comme classe « poubelle » mais est considérée comme une classe normale.

 

En résumé, cette année a plutôt été positive et le bilan honorable du point de vue des objectifs programmés.

 

 

2- Evaluation de la langue française.

 

Sur 9 élèves accueillis en 2C, 5 ont d’énormes difficultés avec la langue française. Ils ne la comprennent pas toujours (écrit voire même oral), l’écrivent très mal (phonétique, mauvais découpage des mots, phrase mal structurée). D’où des difficultés à faire le programme de 2sd BEP. Car comment apprendre quand on ne maîtrise pas la langue. En Français, nous sommes obligés de passer par un apprentissage :

-de la lecture (reconnaître les lettres, les phonèmes, lire une phrase simple puis complexe pour arriver au texte)

-des principales règles d’orthographe, de grammaire

-des temps de l’indicatif.

Il semble essentiel de travailler sur la méthodologie afin de leur faire acquérir des réflexes de travail, de construire leur pensée.

 

 

3-Les outils d’évaluation :

 

              3-1-  Le dossier d’intégration :

Avant leur arrivée en classe de remédiation, les professeurs de la classe d’origine évaluent les élèves, ainsi les professeurs de la 2C connaissent, de manière globale, les lacunes de chacun d’eux et peuvent adapter la progression pour répondre à leurs besoins.

A chaque fin de trimestre, l’équipe pédagogique de 2C remplit à nouveau cette grille afin d’évaluer les progrès de chaque élève.

Une évaluation complète est effectuée avant que l’élève ne réintègre sa classe d’origine.

Pour les élèves qui sont restés pratiquement toute l’année (4), chaque professeur fait une synthèse complète sur leur évolution. Ce bilan à destination de la future équipe pédagogique permettra de faciliter le passage en Terminale.

                

                  3-2- Les fiches de suivi hebdomadaire :

Elles permettent d’évaluer la partie présence et comportement de l’élève, le respect des règles et des objectifs fixés dès l’intégration dans la structure de remédiation.

 

                  3-3-le bilan annuel :

Le bilan annuel permet à l’équipe de faire le point sur ce qui a été fait et sur ce qui reste à améliorer l’année suivante.

 

 

III. Les perspectives

 

  1. Sur le plan pédagogique

-         Il nous semble intéressant d’ajouter à l’emploi du temps des élèves des matières sans alourdir leurs horaires :

*1 heure d’Economie Droit (5 H de Sec. + 1H de Droit au lieu de 6H de Sec.)

*1 heure d’Hist-Géo (3H de FR + 1H Hist-Géo au lieu de 4H de FR)

Cette disposition va être prise pour permettre aux élèves de ne pas prendre de retard par rapport à leur classe d’origine et de varier les supports pour les apprentissages de la langue française, par exemple.

-         De plus, les élèves bénéficieront de 3H hebdomadaires de FLE (Français Langue Etrangère).

-         Toujours pour favoriser l’apprentissage de la langue, un projet lecture devrait se mettre en place avec la participation du professeur de Français, le professeur d’Anglais et du documentaliste.

-         Il nous semble important que les entrées des élèves s’effectuent à des dates fixes (octobre, janvier et mars) afin d’avoir au sein de cette classe une base de travail commune, d’avoir une stimulation entre élèves et aussi de créer un phénomène d’entraide entre ces différents acteurs.

-         Un travail par objectif devrait être proposé aux élèves. Dès leur arrivée en classe de remédiation, une série de tests et le dossier d’intégration permettront de les évaluer et de lister ce qu’ils sont capables de faire par rapport à ce qu’ils devraient savoir faire ainsi on pourra établir les objectifs à atteindre pour une date donnée. A la fin de cette période, on les évaluera, on quantifiera leurs progrès et on les commentera ensemble, en la présence de l’élève, lors d’un entretien individuel.

-         Afin de faciliter la continuité du travail après l’intégration en classe de remédiation, les élèves devront se munir des dossiers d’enseignement professionnel de leur classe d’origine.

 

 

     2-sur le plan organisation et fonctionnement :

 

                   2-1-le suivi du projet :

Nous souhaitons que le suivi du projet continue d’être assuré par Madame Fauconnier (cinq séances de trois heures ) ; à ce titre, une demande sera faite dans le cadre du plan de formation de l’établissement.

Comme précisé plus avant, nous espérons que Nathalie Najman pourra intervenir  ponctuellement sur des thèmes précis. Nous souhaitons davantage associer la conseillère d’orientation-psychologue à nos concertations, si son emploi du temps le lui permet.

                   2-2-le suivi des élèves :

.Le suivi hebdomadaire continuera d’être assuré comme en 2003/2004 ; cependant, nous allons devoir affiner le suivi des élèves après leur retour dans leur classe d’origine. Il est souhaitable qu’ un seul membre de l’équipe prenne en charge cette responsabilité, et on pourrait envisager que la même personne gère le suivi remédiation et le suivi post-remédiation ; il y a une évidente continuité qui ne peut être que positive pour tous, élèves comme professeurs.

.Un suivi pédagogique, sous la forme d’un petit dossier d’évaluation des compétences acquises et des insuffisances dans chaque discipline, sera distribué aux professeurs qui accueilleront les anciens élèves de 2C en terminale BEP. Ce dossier devrait leur permettre de mieux apprécier le niveau   des élèves en difficulté linguistique qui ont passé l’essentiel de l’année dans la structure. Précisons que ce dossier sera aussi distribué à ces élèves.

Notre but est de tout faire pour que tous ceux qui ont fréquenté plus ou moins longuement cette classe, soient accompagnés jusqu’au bout de leur cycle de BEP.

Dans la même logique de suivi, nous nous efforcerons de les faire bénéficier des heures de Français Langue Etrangère assurées l’an prochain dans l’établissement.

 

                    2-3-redéfinir le contrat de l’élève entrant et sortant :

 Les problèmes rencontrés dans la gestion des réintégrations dans les classes d’origine doivent de nouveau nous amener à réfléchir sur le contenu des contrats d’objectifs que nous devons passer avec les entrants et les sortants du projet. Outre les habituelles mentions concernant la présence en cours, la ponctualité, la nécessité d’avoir le matériel scolaire pour pouvoir travailler, il faudrait sans doute préciser les points sur lesquels l’élève s’engage à progresser : assiduité dans le travail ( en classe comme à la maison ) , tenue des classeurs… L’évaluation du respect du contrat pourrait être prise en compte lors de l’évaluation générale faite chaque trimestre en conseil de classe.

Cette réflexion s’intégrera à une réflexion plus générale sur la nécessaire évolution des outils d’évaluation de notre projet.

 

                   2-4-faire évoluer nos outils d’évaluation :

Ce devrait être le gros chantier de l’année 2004/2005. Il conviendra d’affiner et de personnaliser le dossier d’intégration en y intégrant des objectifs individualisés.

 

                   2-5-amplifier la communication pédagogique avec les équipes de toutes les classes de seconde professionnelle et terminale BEP :

La communication avec nos collègues est nécessaire, aussi bien à l’entrée des élèves en structure de remédiation qu’à leur sortie et ce, jusqu’à la fin du cycle BEP. Ainsi, pour faciliter l’intégration des élèves, il est essentiel que l’équipe du projet dispose des informations concernant la progression par discipline ( notamment pour les matières professionnelles ) ; chaque élève pourrait avoir une sorte de dossier professionnel qui permettrait d’optimiser le changement de classe.

 

 

CONCLUSION :

 

Il semble que l’année scolaire 2003/2004 nous ait permis d’avancer dans le renforcement de notre projet de structure de remédiation : nous disposons de quelques outils d’évaluation ; la communication pédagogique avec les autres

équipes de BEP s’est améliorée, même s’il reste beaucoup à faire ; nos élèves n’ont plus cette insupportable impression d’être des laissés pour compte, la classe dispose à présent d’une image positive.

Nous savons aussi que l’année prochaine, il nous faudra  affiner et individualiser nos outils d’évaluation, assurer le suivi de nos élèves sur la totalité du cursus BEP et intégrer à notre réflexion pédagogique sur le contenu des enseignements la notion d’objectifs à atteindre. C’est à ce prix que nous pourrons aider les jeunes qui nous sont confiés à réaliser leur projet personnel et professionnel.