| Ecole maternelle SOUZY | Citoyenneté et maitrise de la langue à l'école maternelle | |||||||
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Ecole
maternelle 4/12 Cité Souzy 75011 PARIS
Téléphone :
01 40 09 98 28
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personne contact : |
Danièle PERRUCHON - daniele.perruchon@voila.fr | |||||||
Citoyenneté et maîtrise de la langue
Nom et adresse complète de l’école ou l’établissement :
- Ecole maternelle 4/12 Cité Souzy 75011 PARIS
- Code d’identification : 75Esouzy
ZEP : non
Téléphone : 01 40 09 98 28
Fax : 01 40 09 12 05
Mél de l’école : ce.07514 09z@ac-paris.fr
Adresse du site de l’école :
Coordonnées d’une personne contact :
Danièle PERRUCHON
Mél : daniele.perruchon@voilà.fr
Classes concernées : 2 classes de petite section ; 1 classe de petite/moyenne section ; 1 classe de moyenne section ; 2 classes de moyenne/grande section et 1 classe de grande section ; Total: 7 classes.
Date de l’écrit : 27 mai 2005
Liens Web de l’écrit :
Axe national concerné et éventuellement axe académique :
« Vivre ensemble – éducation à la citoyenneté »
Typesd’actions |
Objet |
Dominante |
Dispositif |
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- Prise d’informations - Observation par les élèves des règles des jeux et des règles de vie. - Mise en commun, analyse des observations, propositions. - Débat et mise en pratique des propositions. - Evaluation de la compréhension et du respect des règles à travers leur rédaction et leur mise en œuvre.
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- Respect de la loi, de la règle, de l’autre.
- Maîtrise de la langue
- Attitude, argumentation dans le débat.
- Autoréflexion au sein du groupe. |
‑Vivre ensemble, au travers des jeux mathématiques, des jeux E.P.S.
‑Elaboration et aménagements de règles de vie collective. |
‑Mise en place sur l’ensemble de l’école de la petite à la grande section ‑Travail individuel - en petits groupes (6/8 élèves) - collectif en vue de synthèses - en groupes hétérogènes suivant l’âge et la maturité langagière (échanges interclasses)
- Réunions avec les parents. |
DESCRIPTIF DE L’ACTION :
Le projet a démarré sur un double constat : tout d’abord un manque de cohérence éducative entre les adultes intervenant auprès des enfants : les enseignants, les agents de service, les animateurs et les parents, ensuite une difficulté des enfants à respecter les règles de la vie en collectivité.
Deux grands axes de réflexion se sont dégagés au cours des deux années de travail. La première année il était important de montrer aux enfants qu’il existait des lois minimales non négociables auxquelles tout individu doit se plier. La seconde, nous avons construit avec eux des règles modulables, appliquées à des domaines disciplinaires variés.
1ère année : la loi non négociable
Des actions ont été engagées auprès des parents, des enfants et de l’équipe éducative, dans le but de mener une réflexion sur la nécessité de la règle et du respect de l’autre.
Nous avons voulu distinguer les lois fondamentales et non négociables : « ne pas faire mal ou se faire mal » et « ne pas se moquer », des règles de vie modulables.
Lors du premier conseil d’école, l’équipe a soumis aux parents le nouveau règlement intérieur. Cela a permis de réaffirmer la nécessité des règles à l’école maternelle et d’associer les parents à cette réflexion.
Dans chaque classe un travail de réflexion a été mené sur la distinction entre la loi et la règle pour aboutir à la rédaction d’un règlement de classe puis d’un règlement de cour.
Dans chaque section, des représentations des règles de cour ( photos prises par les enfants, dessins, codages.) ont été élaborées et choisies par les enfants ; leur vote a permis de retenir les illustrations les plus pertinentes et compréhensibles de la petite à la grande section et de les afficher dans la cour.
Ces actions ont été auto évaluées par les enfants puis discutées et évaluées avec l’enseignant sous la forme d’un « passeport de citoyen » remis aux parents.
2ème année : la pédagogie de la règle
La deuxième année, nous avons engagé une réflexion sur l’application et la modulation de la règle dans plusieurs disciplines : jeux collectifs en EPS et jeux mathématiques, avec des échanges entre enfants des différentes sections.
Parallèlement, en grande section, a été menée une action de prévention/nutrition/santé, mettant en lumière les temps de repas partagés à l’école dans le respect des autres et le respect de soi à travers la connaissance de son corps.
Les enfants ont été consultés sur l’organisation des récréations : aménagement du temps et choix des jeux.
Ces actions ont eu pour effets d’amener des changements concrets dans les comportements des enfants et un questionnement individuel chez les adultes, discuté et retravaillé au sein de l’équipe.
ANALYSE:
La moitié de l’équipe a été renouvelée cette année (départs en retraite ou mutation). La constitution d’une nouvelle équipe implique la volonté individuelle des nouvelles enseignantes de s’intégrer et un travail d’accueil de la part des « anciennes ».
Selon les sensibilités, l’équipe peut être perçue comme un poids ou une force. Pour mettre en place un travail sur la citoyenneté avec les élèves il est indispensable que l’équipe enseignante soit cohérente et, pour cela que chacun des membres accepte de débattre au sein du groupe. La cohérence éducative est à la fois garante de notre action et construite par notre action et réflexion.
Avec notre accompagnatrice, nous nous sommes réunies autour d’une table. En vingt minutes, chacune devait raconter un moment fort de sa pratique en liaison avec le projet, ce texte devant être lu à voix haute au reste du groupe, puis discuté. Ensuite, pour rendre compte de notre action, nous avons choisi de juxtaposer des écritures individuelles (les prénoms des enfants ont été changés) et d’en faire une analyse collective rédigée par l’équipe.
De cette analyse nous avons dégagé quatre pistes de réflexion :
1. Comment la règle se construit chez les enfants.
2. Quelle place et quel rôle pour l’adulte ?
3. Questionnements et tâtonnements dans la pratique de l’enseignant.
4. L’équipe est forte et permet d’avancer.
1) Comment la règle se construit chez les enfants
Accepter la différence avec succès ou : de la nécessité d'adapter la règle... Sylvie, petite section.
Arthur est un enfant malentendant non appareillé qui fréquente
régulièrement depuis le début de l'année scolaire une petite section où l'on
s'efforce de travailler le " vivre ensemble" , le respect de l'autre à travers
l'apprentissage de la règle dans le cadre du projet d'école.
Cet enfant rencontre des difficultés dans ce domaine, ce qui se manifeste souvent par un comportement agressif envers ses pairs. Le texte suivant décrit un moment de motricité où il va s'agir précisément pour l’ensemble du groupe de respecter une consigne mais aussi d’accepter de moduler la règle pour Arthur.
Ce matin là, l'ambiance est électrique... Arthur crie, se roule par terre, impossible à maîtriser dans ses moments de crise. Je suis contrainte de me rendre disponible pour lui donc plus pour les autres enfants, qui se retrouvent en position de fonctionner en autonomie dans la classe, alors qu'ils n'en sont pas encore capables.
Le niveau sonore augmente régulièrement. J’entends des cris, des réprobations. Je soupçonne derrière moi quelques gestes agressifs, ennuyée de ne pas pouvoir intervenir car Arthur me mobilise complètement...trop à mon goût.
J'ai l'impression que la matinée démarre mal. Je propose aux enfants d'aller en salle de sport, ce qui se fait dans un grand chahut. Les enfants sont agités, peu disponibles. J'essaie d'attirer leur attention en présentant un jeu dont il va falloir respecter la consigne et sensé les mobiliser tous en même temps: « au signal sonore, ramasser le plus possible de petits objets disséminés dans la salle ». Quelques enfants et Arthur se précipitent sur le matériel dès leur entrée dans la pièce, la consigne n'a pas été entendue ..... C’est alors qu'Arthur prend pour cible certains enfants, lesquels répondent immédiatement à l'agresseur, se regroupant pour lui lancer des projectiles et le molester prestement.
Il hurle de colère. J'y vais alors de mon refrain « les enfants nous arrêtons le jeu et nous allons parler de ce qui vient de se passer ». Certains enfants dénoncent tout de suite Arthur comme l'agresseur qui « a commencé à les attaquer ».
D'autres vont dénoncer ceux qui ont agressé Arthur. Je rappelle alors que le matériel de sport sert à jouer ensemble et en aucun cas ne doit servir de projectile. J'interroge les enfants : « tous les enfants ont-ils respecté la consigne? »
Les non respectueux sont cités dont Arthur. J'interviens à nouveau pour repréciser qu'il lui est difficile de comprendre la consigne dès la première fois, puisqu'il me faut la lui mimer et qu'il faudra répéter plusieurs fois le jeu pour qu'il ait bien intégré la règle. Je propose alors : « on pourrait tous accepter de laisser du temps à Arthur pour se familiariser avec tous les nouveaux jeux que nous apprendrons, même si sa façon de participer nous dérange un peu ».
Bien sûr, ce n'est pas la première fois que je tiens ce discours, j'ai l'impression de rabâcher.
La séance reprend, tous participent, sans trop se gêner, acceptant mieux les attitudes fantaisistes d'Arthur qui semble un peu calmé. Depuis cette mise au point les enfants acceptent mieux qu'Arthur fonctionne différemment d'eux et qu'il nécessite beaucoup d'attention de notre part à tous: enfants et adulte. C'est la condition de sa socialisation.
2) Quelle place et quel rôle pour l’adulte ?
La maîtresse politiquement incorrecte : Sophie, petite et moyenne section
J’observe un « quart d’heure philo » dans une demi classe de
grande section. (Certains affirment que l’on peut faire de la philo dès cinq
ans, d’autres pas…)
Le thème est lancé par la maîtresse : la violence. Le silence s’installe.
Une petite fille demande la parole : « Ben faut pas taper ».
Silence morne.
Un autre enfant : « Faut pas faire la bagarre dans la cour de récréation. »
Bâillements, regards vagues, frottements de pieds.
« C’est pas bien de taper les copains ».
L’ennui gagne.
Juste avant l’enlisement définitif, la maîtresse prend la parole : « Moi j’adore la bagarre. »
Regards interloqués des enfants.
« Oui, quand je rentre chez moi le soir, avec mes enfants, on fait la bagarre ; on s’amuse très très bien ».
Les yeux s’allument, les sourires s’épanouissent : « Ben moi aussi avec mon papa on fait la bagarre, et mon papa… »
Pour le coup, les enfants s’arrachent la parole, ils ont des expériences concrètes à faire partager, y compris d’ailleurs, des « bagarres pour s’amuser » qui ont mal fini.
Petit à petit, de cet échange, se dessine l’idée qu’on peut se bagarrer pour jouer, à certaines conditions et puis on parle des règles du jeu, et puis …
Après le « quart d’heure philo », il y avait au programme de la journée : Jeux d’opposition.
3) Questionnements et tâtonnements dans la pratique de l’enseignant :
Une interprétation discutable : Dominique, moyenne et grande section
Dans un premier temps des groupes d’enfants ont été mis dans la
situation de créer un jeu mathématique, de le mettre en pratique puis d’énoncer
la règle au reste de la classe. Ensuite, l’adulte l’a écrite sous leur dictée
afin de pouvoir la transmettre à une autre classe. Maintenant la situation est
nouvelle : toute la classe est dans la situation d’écoute.
Vendredi après-midi, en arrivant dans le préau, les enfants savent déjà ce qu’ils viennent y faire : mettre en application une règle de jeu élaborée par une autre section de grands. Ils sont installés sur le banc, côte à côte, et certains assis sur le sol. Je leur fais face. Je lis la règle :
Le jeu de la balle assise :
Il faut :
- La moitié des enfants avec une balle
- L’autre moitié sans balle
- L’enfant qui a une balle ne doit pas bouger, il doit lancer la balle sur un enfant
- Quand un enfant est touché par la balle, il s’asseoit par terre où il a été touché
- Un enfant peut donner la balle quand il n’en veut plus à un enfant qui est assis, pour le délivrer
- Quand il a délivré un enfant avec le ballon, l’enfant qui était prisonnier devient chasseur.
Je m’interromps quelquefois pour leur demander s’ils ont compris. Ensuite, je leur demande ce qu’il faut faire en premier ; ils savent : « Partager la classe en deux. » Certains se lèvent d’autres pas.
Je leur demande si la classe est partagée en deux car seuls ceux qui se sont levés, c’est à dire huit d’entre eux, ont fait deux groupes. « Et les autres ? » Tous se lèvent, deux groupes se constituent, non équivalents. Je leur demande ce qu’ils font lorsque dans d’autres situations, il faut partager la classe en trois groupes : « Ils se comptent ». Trouvant que la classe s’agite car tout le monde n’est pas mobilisé dans la recherche d’une solution, je leur redemande de se mettre par deux. Puis on se rappelle la suite de la règle : « l’un a une balle, l’autre non ». Immédiatement l’un des deux va chercher une balle et chaque couple s’installe dans le préau en se faisant face à des distances différentes. Suite de la règle : « Celui qui lance ne bouge pas ». Les enfants s’impatientent.
- « Je n’y arrive pas! Il est trop loin! »
- « C’est trop facile ! Il est trop près ! »
- « C’est nul ! » dit une petite fille qui retourne s’asseoir, boudeuse.
- « Est-ce qu’à votre avis, il faut jouer comme ça ? »
- « Non ! »
- « Qu’est-ce qui ne va pas ? Quelles sont les questions que vous vous posez ? »
Je les écris. Je me pose moi aussi des questions. On reprend la règle. Pendant ce temps la boudeuse dit à ceux qui sont autour d’elle que le jeu est nul. Je réfléchis et essaie de me représenter le jeu d’une autre manière. On relit. Je leur dis que l’on s’est mis deux par deux pour partager la classe, mais qu’après ce n’est plus nécessaire, qu’on peut jouer avec n’importe qui. Le jeu reprend. A la fin la boudeuse ne boude plus, elle transpire.
Je leur demande si le jeu leur a plu. La prochaine fois je leur demanderai quelles précisions il faut apporter à la règle reçue pour pouvoir jouer (par exemple : ne pas se mettre par deux…).
Incertitudes et doutes : Valérie, petite section.
Notre projet d'école « langage et citoyenneté » nous a amenées
cette année à travailler sur le temps de récréation, ses jeux, ses règles.
Le texte qui suit évoque un questionnement quant à la place parfois stigmatisée de l'enfant en difficulté au sein du groupe.Cet enfant, Léon dans le texte, qui même lorsque ce n'est pas de son fait, est désigné par les autres presque systématiquement comme celui qui ne sait pas, ne comprend pas, comme celui qui n'est pas dans la règle.
Nous étions mardi je crois, je n'en suis plus tout à fait sûre.
J'avais projeté de prendre les enfants par petits groupes de quatre pour qu'ils me racontent avec leurs propres mots un album que je leur avais lu plusieurs fois et qui s'intitule « Dans la cour de l'école ».
J'étais curieuse d'entendre la restitution qu'ils pouvaient m'en faire, plus à l'aise dans le recueil de corpus que les première fois, cet exercice étant nouveau pour moi.
Je me suis donc installée dans le coin cuisine un peu à l'écart avec quatre enfants.
Les autres élèves étaient installés en ateliers; Rolande l'ASEM qui travaille avec nous prenait un petit groupe d'enfants en graphisme.
Je leur demande donc de me raconter l'histoire avec le support des illustrations.
Je ne me souviens plus du nom des élèves présents mais je me souviens que Awa était présente.
C'est une petite africaine qui parle peu, et ne s'exprime pas très bien en français.
Les enfants commencent à parler, je note ce qu'ils me disent et nous arrivons à un moment de l'histoire où des enfants sont dans la cour de l'école et jouent. Les filles jouent avec les filles et les garçons avec les garçons. À ce moment de l'histoire, nous découvrons qu’un garçon s'est trompé et se retrouve avec les filles. Et Awa qui n'avait pratiquement pas parlé jusque là s'écrie spontanément: « C'est Léon ! »
Et moi je reste sans voix, je ne réponds rien.
Awa répète: « C'est Léon ! »
Léon cet enfant qui me déstabilise depuis le début de l'année, celui qui est toujours « en dehors » ou « à côté » de la règle est associé une fois de plus et par une enfant elle-même en difficulté, à celui qui se trompe toujours…
Comment empêcher cette stigmatisation ? Suis-je armée pour cela ?
Empathie ou justice ? Gaëlle, grande section.
Former des « enfants citoyens » c'est parvenir à créer dans la
classe un climat de confiance où chacun se sent accepté dans sa différence, avec
ses imperfections et ses changements.
Le texte ci-dessous décrit un moment où un enfant exprime haut et fort la répulsion que lui inspire une camarade; l'enseignante, choquée, gronde et coupe court à tout dialogue entre les enfants.
Ce matin dans la classe, les enfants vaquent librement à leurs occupations. C'est le moment de l'accueil, moment où chacun se réapproprie la classe, où se renouent les amitiés, où reprennent les discussions, c'est le moment où les choses sont moins codifiées, où la spontanéité s'exprime.
Marion n'avait pas fait la rentrée tout de suite après les vacances de février. Elle s'était blessée en sautant sur son lit. Vilaine blessure. Lorsqu'elle est revenue, un pansement sur le visage, des bleus tout autour de l'oeil, les enfants avaient été surpris par l'ampleur de la blessure. Comme ils avaient posé des questions, nous en avions parlé.
Donc ce matin là, c'était un mardi, Marion entre dans la classe, son sac de bibliothèque à la main.
Elle cherche la fiche correspondant au livre qu'elle avait emprunté, je suis assise à côté d'elle.
Soudain, Ferdinand, assis à la table de graphisme, peut-être alerté par un autre enfant, se retourne et regarde Marion. Il lance un « Bah! » de dégoût en apercevant sa blessure. Elle avait retiré le pansement. Je ne l'avais pas remarqué.
Marion rougit aussitôt, sans rien dire et je ne peux m'empêcher de répondre à sa place.
« Enfin Ferdinand, fais attention à ce que tu dis! »
Je me lève, vais chercher Ferdinand par la main et l'entraîne sur le côté.
« Tu te rends compte qu'en disant cela, tu fais de la peine à Marion. Tu as été choqué en voyant sa blessure, je peux le comprendre, mais il faut... »
Je ne sais plus exactement ce que je lui ai dit. Il s'est mis à pleurer, vexé ou bien triste.
L'incident est clos. Ferdinand pleure, Marion est « vengée ».
Ferdinand retourne s'asseoir, sans parler à Marion.
J'aurais dû faire en sorte qu'ils se parlent, qu'ils s'expliquent... (Mais comment ?)
4) L’équipe est forte et permet d’avancer :
Commençons la journée ensemble : Catherine, moyenne et grande section.
Travailler en équipe et travailler sur la citoyenneté suppose le
respect de tous par tout un chacun et également dans ce respect la possibilité
de participer à des échanges informels tranquillement et à des réunions au sein
desquelles les points de vue peuvent s’opposer sans que cela ne soit des
conflits d’individus mais bien des débats d’idées. Ici, je « m’auto-réfléchis »
mieux car je respecte tous les individus et me sens reconnue par eux: je n’ai
pas besoin de m’affirmer. Ce qui fait qu’au jour le jour, venir travailler
c’est venir se rencontrer.
Ce vendredi matin le brouillard s’est installé sur Paris.
J’arrive à l’école, il est huit heures, presque vingt.
Du couloir, je vois la classe de Gaëlle éclairée : elle est déjà là.
« Bonjour, ça va ? »
Je reste un petit moment à discuter avec elle. Les minutes passent. Des voix au loin ; des petits certainement qui se dirigent vers leur classe, personne ne vient de notre côté.
Les élèves de ma classe n’arrivent jamais très tôt… et puis il fait gris… un temps à rester au lit !
Dominique, maîtresse de grande section elle aussi, passe, un sourire et des magazines sous le bras pour nous.
Quelques mots et elle repart vers sa classe.
Hélène et son papa arrivent dans la classe de Gaëlle, j’entre dans la mienne.
Je pose les magazines de Dominique sur une table.
Je sors la colle et les pinceaux.
La classe dort toujours… Des voix se rapprochent dans le couloir : Anne, cinq ans, trois couettes, entre dans la classe, un sac en tissu à la main.
« Je suis la première ! Catherine, elles sont où les fiches de bibliothèque ? »
Les enfants arrivent peu à peu, certains seuls, d’autres avec leurs parents.
Allées et venues, les élèves s’installent.
« Bonjour maîtresse ! »
« Bonjour Ilhan ! »
La convivialité du matin.
Alain, Lionel et Daniel entrent dans la classe, les deux derniers sont d’une autre classe, ils observent.
Huit heures trente, tout le monde est là ou presque.
Au sol, les constructions en Kapla du matin, des chemins, des enclos, des tours…
Les enfants dessinent, feuillettent des livres, discutent, jouent aux dominos…
Huit heures quarante, nous allons nous réunir, nous avons pris le temps de nous retrouver.
Ces deux années de réflexion en commun nous ont permis de clarifier un certain nombre de propositions que nous livrons à votre appréciation :
· L’adulte aide l’enfant dans l’apprentissage de la règle en bâtissant tout d’abord avec lui le respect de soi et d’autrui. Ainsi la règle n’est pas applicable stricto sensu mais modulable en fonction du contexte et des individus qui l’utilisent.
· Le dialogue entre enfants est possible et sincère grâce à la présence de l’adulte. Celui-ci soumet les questions, assure la circulation de la parole et l’écoute par tous en limitant sa propre intervention.
· Pour avancer, nous avons droit à l’erreur : c’est par le tâtonnement et le réajustement que d’une part nous progressons dans notre rôle d’accompagnement et que d’autre part, nous approfondissons avec les enfants la réflexion sur la notion de la règle et de la loi.
· L’erreur est fructueuse si elle est analysée ; pour ce faire, il est indispensable de pratiquer un dialogue ouvert et confiant, et de confronter librement les points de vue au sein de l’équipe.
| Etat de la question (mars 2004) |
Notre école accueille 186 élèves répartis en 7 classes : 2 PS, 1 PS/MS, 1MS, et 3 MS/GS. Nous sommes dans le 11ème arrondissement de Paris, quartier de l’est parisien sans grandes difficultés sociales, avec quelques enfants dont le français n’est pas la langue maternelle et en majorité des élèves issus d’un milieu plus favorisé au niveau économique.
Les principaux problèmes que nous pouvons rencontrer sont :
· Difficultés de certains élèves à accepter les contraintes liées aux apprentissages en milieu scolaire.
· comportements violents entre enfants.
· Manque de limites éducatives
· Non respect du règlement intérieur par quelques parents (retards quasi systématiques le matin) et tendance à se considérer comme des « cas particuliers » pouvant bénéficier de « traitements spéciaux ».
· Manque de cohérence entre les adultes intervenant à l’école (attentes diverses, langage, comportement, réponses apportées aux enfants).
Le personnel de l’école se compose de 9 enseignants (8 chargés de classe et la directrice), 5 ASEM (agents de service spécialisées en école maternelle), 8 animateurs d’interclasse et deux cantinières. De manière moins régulière les élèves sont amenés à rencontrer aussi les membres du RASED : une psychologue scolaire, une rééducatrice et une enseignante spécialisée, ainsi que l’équipe médico-sociale : médecin scolaire, secrétaire médicale et assistante sociale scolaire.
Objectifs :
| Développer la notion de respect de soi et des autres, de la loi et des règles. | |
| Apprendre à communiquer de façon plus efficace pour améliorer le comportement de chacun. | |
| Comprendre et accepter les contraintes liées aux apprentissages et à la vie en collectivité scolaire. | |
| Définir et préciser les rôles de chacun à l’école (équipe éducative au sens large, parents et élèves) pour une meilleure implication de tous. |
Actions :
1. Auprès des enfants :
Comportement :
| Compréhension de la loi de l’école et mise en place de règles de vie, établies et codifiées en commun de la Petite à la Grande Section. | |
| Mise en place de Conseils d’enfants permettant à des délégués choisis par leurs pairs de rendre compte au nom des autres des débats et décisions prises en classe ou au sein du Conseil. |
Quatre volets principaux à traiter sur trois années scolaires dans les champs disciplinaires suivants :
| EPS et jeux à règles. | |
| Mathématiques et règles de jeu. | |
| Sciences : Sensibilisation au respect de l’environnement, aux notions d’hygiène et de santé (alimentation, propreté, rythmes de vie, sommeil, maltraitance…) | |
| Musique : Mise en évidence de règles indispensables d’utilisation harmonieuse des instruments induisant la notion de « Chef d’orchestre ». |
2. Auprès des parents d’élèves :
| Relecture et modification du règlement intérieur de façon à ce que tous se sentent concernés. | |
| Explicitation et argumentation des propositions donc formulation différente pour une meilleure implication de tous. | |
| Lors du 1er Conseil d’école avec les représentants des parents d’élèves élus, vote du nouveau règlement. | |
| Invitation à un temps de rencontre institutionnalisé entre les intervenants de l’école et la totalité des parents d’élèves qui porterait sur la présentation argumentée et justifiée du règlement, la différence entre la loi et les règles de vie, leur mise en œuvre pédagogique dans les disciplines et les apprentissages des élèves et leur lien avec le projet d’école sur 3 années scolaires. |
3. Auprès de l’équipe éducative :
| Définir les comportements attendus et les différentes règles de vie élaborées en commun. | |
| Expliciter, argumenter et justifier ces règles, les codifier et les réajuster pour en faire des textes de référence compréhensibles par tous. | |
| Mise en cohérence des actions de tous les adultes appliquant les mêmes règles et les mêmes réponses quand les règles sont enfreintes |
4. Auprès de l’équipe enseignante :
| Utilisation des différents supports de langage comme médiation pour acquérir des notions de citoyenneté indispensables pour « vivre ensemble » en impliquant tous les acteurs de l’école : équipe éducative au sens large, parents, enfants et en définissant le rôle, les droits et les devoirs de chacun dans l’institution scolaire. | |
| Réunions régulières du Conseil des maîtres pour définir les actions à mener dans les classes, leurs évaluations communes et suivre la progression du projet. |
Modalités d’évaluation selon les critères suivants :
1. Comportement des enfants:
| Attention. | |
| Coopération. | |
| Respect de l’autre et de son travail. | |
| Respect des locaux et du matériel. | |
| Diminution du nombre de sanctions et de rappels à l’ordre. |
2. Langage :
| Qualité de l’expression. | |
| Précision du langage. | |
| Meilleure circulation de l’information. |
3. Amélioration des apprentissages :
| Acquisition d’une plus grande autonomie. | |
| Confiance en soi (se sentir reconnu). | |
| Diminution de l’échec scolaire. |
4. Attitude des parents :
| Comportement. | |
| Coopération. | |
| Diminution du nombre de rappels à l’ordre (d’après le cahier de retards mis en place à la suite de la modification du règlement intérieur). |
5. Attitude de l’équipe éducative :
| Comportement. | |
| Coopération. | |
| Niveau de langage. |