| Collège Georges COURTELINE | AUTOBIOGRAPHIES ET PORTRAITS PHOTOGRAPHIQUES AU COLLEGE | |
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48, av. du docteur Arnold Netter, 75012 PARIS tél/ 01 49 07 42 55 personnes contact : Christiane Gayerie (lettres) Jean-Marie Bourguignon (lettres) |
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Autobiographie et autoportraits photographiques (2004-2005)
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Voir dans le même registre au Collège Mallarmé (17ème) "Pays, paysages, visages", exposition au Louvre, 2005. |
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ABCD’art (2005-2006)
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ABCD’art
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Livre réalisé dans le cadre projet mené dans une classe APAC avec une intervenante artistique photographe et en partenariat avec la MEP. Le dispositif mis en place s’inscrit dans le cadre de la politique définie par le projet d’Etablissement : il s’agit de redonner confiance en eux aux élèves de 3ème les moins motivés de l’Etablissement.
Objectifs : améliorer l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et de l’institution scolaire. Le projet a été mené trois heures par semaine, pendant deux mois et a permis la réalisation d’un livre dans le cadre du concours : « Faites des Livres ».
Les personnesLa classe de 3ème1 du Collège Georges Courteline, Paris 12ème : 29 élèves, 18 filles et 11 garçons. C’est une classe hétérogène, une des deux plus faibles du collège : 5 élèves seulement y font du latin, aucun n’y fait du grec. Les jeunes, souvent introvertis, ont une image négative d’eux-mêmes et de l’institution.
Certains se déprécient, n’osent pas parler : « Je pensais que les choses que j’avais à dire, n’avaient pas grand intérêt » « …raconter certaines choses que je ne disais pas avant car je ne me voyais pas grand intérêt ». D’autres se sentent en échec scolaire. Dans ce « bon collège », il est assez difficile d’être un élève « moyen » ou « faible ». L’un d’eux se croit stupide. A la question de Proust : « Ton vœu le plus cher ? » La réponse est : « Être intelligent ». Telle autre un peu dépressive : « Je me croyais noire, sans entrain, incapable, avec des envies de suicide… » La plupart se croient laids A la question : « Qui n’aime pas être pris en photo ? » Tous lèvent la main. Réaction banale toutefois pour des adolescents. Le professeur de français : Christiane Gayerie-Bescond. L’intervenante artistique : Hanna Zaworonko-Olejniczak Et Chantal, la charmante secrétaire, qui dit « oui » à tout et dépanne ceux qui ont besoin d’une photocopie ou d’un sourire.
Le moment et la duréeLes élèves ont travaillé pendant deux mois et demi, durant 3 heures. Un cours de français a lieu tous les jeudis matins, de 9h30 à 11h30 en salle C12. A côté, en C11, se trouve la salle de technologie, libre jusqu’à 10 heures. Pour mener le projet les élèves qui ne sont pas latinistes viennent à 8 heures 30. Les latinistes arrivent à 9 heures 30. « Je n’ai pas aimé les jeudis, quand nous, les latinistes, on arrivait une heure après les autres et qu’on devait prendre le train en marche ». « Je n’ai pas aimé n’avoir eu que deux heures le jeudi au lieu de trois à cause du LATIN !!!!!!! » Nous avons travaillé aussi trois mercredis après-midi et deux samedis toute la journée.
Les lieuxLes ateliers d’écriture fonctionnent en salle de français. L’atelier de photographie se déroule en salle de technologie jusqu’à 10 heures. Après Hanna se débrouille entre le couloir et la salle de français.
Le matérielLes ordinateurs de la salle de français sont inutilisables. Ceux de la salle de technologie sont réservés à la technologie. Nos collègues nous en autoriseront l’accès cependant les deux derniers mercredis. Une imprimante fonctionne peut-être mais n’est raccordée à rien. Il y a une photocopieuse dans le couloir de l’administration. Nous disposons d’une armoire avec 30 dictionnaires et de papier, d’un tableau et de craies, d’un appareil photo numérique gagné l’an dernier, de Patafix, de colle, de ruban adhésif et de ciseaux, de transparents, d’un petit budget grâce à Innovalo, de lumière du jour à partir de 9 heures ou 9 heures 30 selon le mois et le temps, d’une année d’expérience dans le projet, d’une bonne dose de créativité, d’une motivation inaltérable et de l’inoxydable envie de réussir. L’idée est de créer un univers culturel le plus riche possible : nous mettons donc à la disposition des élèves une grande quantité de romans, de livres d’art et de photos, de revues artistiques que nous apportons de chez nous. Nous en achetons quelques autres avec les fonds du collège. Les ordinateurs portables, les logiciels de photo, l’appareil numérique professionnel, le scanner, l’imprimante et le miroir souple avec lesquels nous avons travaillé sont à nous.
Le concours Nous décidons de participer au concours « Faites des livres »
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Date et lieu |
Activités |
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13/10 au collège |
Présentation de l’équipe et du projet aux élèves |
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19/10 Louvre
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L’autoportrait dans la peinture flamande et française : Dürer, Rembrandt, Poussin,« J’ai beaucoup aimé les sorties, la visite au Louvre, les peintures »
Pour le 4/11 : Choisir une photo de soi, la photocopier, la colorier, la découper, la modifier(forme, couleurs, etc.), ajouter des accessoires, etc. puis l’encadrer d’une ligne, d’un trait, etc. Puis décrire le tableau à la manière d’une œuvre d’art. Compétences attendues : · Produire un discours descriptif · Utiliser le vocabulaire spécifique de l’analyse de tableau. Pour le 8/11 :Présenter le compte-rendu de la visite du Louvre sous forme de tableau à double entrée.Compétences attendues : · Sélectionner l’essentiel · Classer dans un tableau - Restituer sous forme de notes. |
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8/11 |
L’autobiographie : notion, histoire du genre.Corpus de courts textes de préfaces : de Montaigne, Les Essais, Rousseau, Les Confessions, Chateaubriand, les Mémoires d’Outre-Tombe.Question : A quoi cela sert-il d’écrire une autobiographie ? Première approche de la diversité du genre.Puis : visée, portée. Avec de la grammaire de texte et de l’orthographe. Ce cours se poursuivra en dehors des heures d’atelier. |
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10/
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Atelier d’écriture : Le professeur de français distribue un texte support, à chaque élève, le lit à voix haute. Parfois, c’est seulement une lecture, effectuée deux ou trois fois, et ce, pour éviter la simple copie. Ceux qui veulent ensuite la parole, la prennent. Le texte est relu. Une consigne d’écriture est donnée. Les élèves doivent écrire très vite, seuls, sans communiquer du tout. Pause silencieuse de quelques secondes. Le professeur demande : « Qui veut lire ? » Tout le monde écoute la lecture du camarade dans un grand silence. Le professeur cherche une piste, un fil, un parti-pris et propose une piste pour aller plus loin, pour enrichir ou au contraire pour simplifier. Tout le monde lit, sauf de rares refus pour des raisons d’intimité facilement compréhensibles ou un sentiment de ratage trop important. Chaque élève se remet à écrire. Ceux qui le désirent relisent ensuite leur texte.
Atelier 1 : Inventaire à partir de la démarche d’Arman sur les poubelles de ses amis et de Perec, Penser, classer : les objets de ma chambre, écriture rapide. Atelier 2 : le questionnaire de Proust, tout seul, pour soi, en silence et à son rythme. Atelier 3 : à partir de Perec, Infraordinaire : ma rue Atelier photo : Ils se prennent en photo les uns les autres, par petits groupes de 4 avec l’appareil numérique professionnel d’Hanna et un appareil numérique compact, parfois les appareils des élèves. Prises de vues à raison d’une heure par groupes de 4 élèves après une courte explication du fonctionnement de l’appareil : zoom et lumière. Les élèves se photographient mutuellement, d’autres regardent les magasines, les revues, des images sélectionnées par Hanna dans des revues. Discussion : est-ce qu’on préfère photographier ou être photographié ? Que faire pour que le modèle soit moins gêné, soit naturel |
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17/11
ME |
Atelier d’écriture 4 : à partir de Roland Barthes, Barthes, J’aime.. puis Je n ‘aime pas….
« Non mais je peux pas le croire ! Je croyais que tout le monde aimait les grecs ! » (Il s’agit du sandwich !) « C’est pas vrai ! Une fille comme elle qu’aime pas le Hip Hop !? Comment c’est possible ? » Atelier photo : idem. Prises de vue, portraits. Réalisation d’un trombinoscope par les élèves.
Visite commentée de l’exposition Klasen Rencontre fortuite de l’artiste ! |
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1/12
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Distribution de la bibliographie sur l’autobiographie. Commentaire sur les livres. Consignes : choisir des livres qu’on aime et en lire le plus possible. Certains sont dans la classe, à disposition des élèves. Presque tous sont au CDI. Travail d’autocorrection des textes précédents ; consigne travailler les jeux de langage, la mise en page, l’insertion d’images Etude du texte de Jorge Semprun, extrait de La mort qu’il faut. Atelier d’écriture 5 : écrire un texte d’autobiographie, réelle ou fictive, à la manière de Semprun,. (Je peut être un autre) Atelier photo : Remise aux élèves de CD avec leurs photos. Présentation de toutes les photos tirées, première confrontation avec leur image.
« Ce sont les premières photos de moi, seule » Analyse des photos. Distribution des transparents. Poursuite du travail par 4. Lecture des textes, : « j’aime, je n’aime pas ». Quel type d’image avec ce texte ? Pourquoi ? Lecture des revues
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Lecture des textes rédigés par les élèves. Travail de réécriture.
Atelier d’écriture 6 : A partir des textes proposés, rechercher des mots images, des néologismes. Atelier photo. Présentation des agrandissements de photos en noir et blanc, et en couleurs choisis par Hanna qui dit, devant toute la classe:« j’aime bien cette surprise ». Remise des CD. Décision : ils veulent tous des photos de profil, avec les cheveux en l’air. Hanna prend plus de temps avec les élèves timides ou en difficulté. |
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Panique ! Nous découvrons que le sujet du Concours « Faites des livres » est un inventaire, dictionnaire, etc.(alors que nous sommes partis sur l’autobiographie) et que la date de remise des livres doit s’effectuer le 8 février !!!. Avec les élèves, nous décidons de modifier notre perspective de travail et de nous engager quand même, sachant qu’il faudra travailler en plus, le mercredi et sûrement le samedi. |
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Mercredi
14
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Quelques-uns, qui ont fait le choix de procéder à des installations et de les photographier pour se dire, parler d’eux, qui souhaitent faire leur autoportrait avec ses objets viennent ce mercredi après-midi. A 16heures 45, il faut vite ranger avant le départ de la dame de service. Installation d’objets apportés par les élèves en salle de français. Séance de photos, organisation spontanée de groupes de travail, entraide, solidarité.
Prises de vue, graphisme sur photos, sur transparent, dessin.
Je pense que « les heures supplémentaires étaient parfois chiantes, mais j’ai beaucoup aimé l’ambiance des mercredis après-midi » Ils recherchent, échangent des idées, des méthodes de travail. M. Heuclin, Principal, s’adressant aux élèves : « Je ne suis pas près d’oublier les mercredis à 17heures : je vous voyais sortir en riant et en chantant ». Travail sur le choix des photos. Découpage de textes. Ecriture sur les feuilles transparentes.
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15/12 Cinémathèque française, Bercy |
Remise aux élèves de CD gravés par Hanna et comportant les 400 photos faites la veille. Elles doivent circuler entre tous les enfants d’ici la fin des vacancesVisite guidée de l’exposition Renoir/Renoir, |
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Mercredi 4/1,
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Deuxième séance d’installation d’objets apportés par les élèves en salle de français. Écriture, réécriture, découpage, correction, frappe de textes, recherche, calligraphie, dessin.
Séance de photos. Travail sur Word et Photoshop . Graphisme sur photos. . « J’ai aimé les mercredis d’écriture, les prises de photo, tourner le zoom, ajuster le cadrage, écrire au porte-plume, changer d’encre toutes les trois secondes, regarder les installations, mon installation, choisir les objets que je voulais pour mes photos, relooker mon image avec des stylos, changer de point de vue au fur et à mesure du temps »
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5/1 |
Atelier d’écriture n°7 : mon nom c’est… : jeu d’écriture à partir des mots que suggère chacune des syllabes de mon prénom.
Toute la classe contribue à donner des idées parfois très drôles. .Écriture poétique d’un court texte à partir de ces mots. « Ce que j’ai aimé dans l’atelier, c’est ce que j’ai dit sur le monde et sur mon nom ! »
Atelier d’écriture n° 8 : Noter les noms qui serviraient à décrire mon paysage idéal, celui que je préfère et qui me touche. Ecriture poétique à partir d’un texte de Borgès : mon visage est un paysage. « Pour notre paysage, ce n’est pas de notre faute si on aime tous la plage, les palmiers, le soleil, le sable chaud » (et la mer bleu turquoise qu’on a bien du trouver 13 fois !)
Atelier photo : Sélection d’images, lecture de textes par groupes de deux. : quelle image, quel cadrage, pour quel texte ? Recherche d’expression graphique et plastique. |
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Vendredi 5/1 |
Préparation par Hanna des photos de prises de vue faites par les élèves la veille, classement par élèves, préparation de la mise en page, scannage des travaux.Préparation de trois ordinateurs pour travailler simultanément avec tous les éléments. |
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Samedi 6/1, 10h/17h chez Hanna
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Les élèves viennent par groupes de deux ou trois toutes les heures. Récriture de chaque texte.
Mise en page manuelle par les élèves, et après, exécution par Hanna sur X- Press, avec chaque élève concerné à ses côtés. Prise de vue, collages, graphismes, dessins, choix des polices, photos, scannage, lecture à voix haute de leur texte. Confrontation des travaux entre les élèves. Recherche d’ idées dans les livres, revues, magasines, dictionnaires.
« Je n’ai pas aimé bloquer mon samedi après-midi pour travailler et me faire chaque seconde critiquer « insulter ». Mais après tout ce travail, j’espère que le livre sera assez bien pour nous faire remporter le concours » « J’ai aimé les pâtes à la sauce tomate d’Hanna, mais j’aurais bien aimé en avoir plus, parce que je n’avais pas déjeuné le matin »
Réécriture des textes. Travail mené en parallèle avec les activités de la classe dans le cadre de la préparation au brevet blanc (orthographe, grammaire)Atelier photo : Sélection d’images, lecture de textes par groupes de deux. : quelle image, quel cadrage pour quel texte ? Recherche d’expression graphique et plastiqueSéance de projection de films organisée et présentée par Ghyslaine Badezet « portraits/autoportrait/autofiguration » Remise d’un dossier aux élèves. Discussion. |
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12/1 13/1 MEP
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Mercredi 18/1
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Troisième séance d’installation d’objets apportés par les élèves en salle de français.« Je suis très fière de mon installation. »« Je me suis éclatée en faisant mon installation. J’ai voulu tout apporter de la maison ».« Ça me faisait tout drôle de voir mes objets à l’école, on n’a jamais fait ça ».Séance de prise de vue. Travail sur Word et le logiciel de retouche. Graphisme sur photos.Découpage de textes, correction, écriture ( travail sur Word ). Transmissionde textes par internet. Tentative de résolution d’incompatibilité des logiciels de traitement de texte.« Les textes m’ont gonflé à la fin et j’ai détesté les taper tous sur l’ordinateur ». Réécriture des textes. Travail mené en parallèle avec les activités de la classe dans le cadre de la préparation au brevet blanc (orthographe, grammaire)
Atelier photo : Sélection d’images, lecture de textes par groupes de deux, travail sur le traitement d’image, quelle image, quel cadrage pour quel texte ?Recherche d’expression graphique et plastique, calligrammes, choix de polices. .
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19
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Vendredi 20/1 |
Préparation par Hanna des photos de prises de vue faites par les élèves la veille, classement par élèves, préparation pour X-Press, scannage des travaux. Préparation de trois ordinateurs pour travailler simultanément avec tous les éléments. |
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chez
Hanna
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Les élèves viennent par groupes de deux ou trois toutes les heures. Récriture de chaque texte sur Word. Il faut récrire des textes qui avaient été envoyés en rtf ou d’un MAC et que l’on n’a pas pu lire ou qu’ils n’ont pas su envoyer..
« J’ai pas aimé venir en plus le samedi, mais je l’avoue, on n’avait pas trop le choix » Mise en page sur X-Press par les élèves. Collages, graphismes, choix de polices, photos, prises de vue, montage texte-photo, scanner.
« J’ai bien aimé les samedis, et les petits gâteaux d’Hanna » |
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Mercredi 25/1 |
Installation d’objets apportés par les élèves en salle de français. Séance de photos. Travail sur Word et Photoshop. Graphisme sur photos.
Découpage de textes, correction, écriture ( travail sur Word ).Transmission de textes par internet.« Quand j’pense qu’y en a qui sont restés à se faire suer devant la télé…Les pauvres ! » Atelier photo : Finalisation sur X-Press.Atelier 9 : recherche de mots, définitions fantaisistes, néologismes, proverbes, aphorismes. Présentation du livre tiré et relié aux élèves |
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26/1 21/
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► Une analyse de l’action en rose La photographie Ils ont joué, osé se voir en se photographiant. « Ce que j’ai appris ? M’éclater avec l’appareil photo ! m’éclater tout court ». Ils ont fait la queue, s’impatientaient pour être avec Hanna. Certains intervenaient en pleine séance de photographie sous un prétexte, pour une question « urgente » pour être là, pour faire des photos, pour participer aux séances. Ils ont dit qu’ils étaient pressés, qu’ils avaient du travail, mais ils ne partaient pas, restaient jusqu’au bout de la séance le mercredi ou le samedi. Certains sont venus à toutes les séances supplémentaires. Ils se sont entraidés, ont fait preuve de bienveillance et ont collaboré les uns avec les autres ». « Il y avait une super ambiance entre nous et avec Hanna et Madame Gayerie » Ils ont pris le risque de se montrer, de se révéler, de « me regarder autrement que dans le miroir ». Le moment de présentation des photos agrandies par Hanna a été magique : un grand silence devant la beauté des photos et des visages. Puis : «- Ouah ! t’es belle ! - Arrête, j’suis moche. - T’es folle ou quoi ! » Mais surtout des sourires de satisfaction, un moment de bonheur. « Cela m’a appris à faire de belles photos » Ils ont appris à s’accepter en se photographiant mais sont allés plus loin que les apparences. « Ce que ça m’a appris ? Que l’on doit s’assumer malgré nos défauts et que c’est la confiance en soi qui rend les gens beaux !»
Ils ont cherché des objets, des accessoires et créé des Vanités. Ils ont accepté de se tromper, pris le temps d’essayer, de recommencer. L’intervention de l’adulte a été importante. « -J’ai pas d’idée. -Pose les objets, jette-les, lance-toi, vas-y !….Qu’est-ce que tu en dis ? -C’est beau. »
Ils ont cherché des idées chez eux, dans leur famille, dans leurs propres ressources. Certains avaient un projet précis, défini.
Ils ont consulté les livres, les magasines, les revues. Ils en ont parlé. Ils ont découvert des photographes connus ou moins connus (Depardon, Man Ray, Cartier-Bresson, , etc.), des artistes (Alechinsky, Arman, Boltanski, Cocteau, Dürer, Klasen, Klimt, Rembrandt, Renoir, Vigé-Lebrun, Warhol, etc.). « Ce que j’ai appris dans l’atelier c’est à me perfectionner grâce à des artistes comme Klasen, Wharol…) »
« On a appris à chercher plus loin dans notre créativité, pour s’améliorer et montrer notre œuvre ». .
L’écriture Ils ont travaillé à partir de fragments de textes d’auteurs, ont produit de l’écrit, l’ont lu, ont écouté les autres, ont réagi, proposé. C’est un moment très fort où l’on a le sentiment d’appartenir à un corps, à un cercle privilégié. Paradoxalement, on y apprend la différence. « J’ai découvert les autres ». « J’ai découvert de nouvelles qualités à mes amis ».
Ils sont intervenus sur leurs textes pour les développer, les réduire, en modifier le rythme, le point de vue, les lieux. « Cela m’a aidé à pouvoir parler de mes origines : c’est la première fois que je faisais un texte où je pouvais vraiment chercher au fond de moi ce que j’aime. » Ils ont joué sur les types de discours (narration, description, paroles rapportées), les champs sémantiques, l’assonance, l’allitération, les images, le genre, la tonalité. « Nos premiers textes étaient très semblables mais je trouve qu’après les avoir retravaillés nous avons réussi à créer des textes qui nous ressemblent, des textes rien qu’à nous. » « J’ai appris à mieux écrire ». Ce bilan est évaluable puisque plusieurs élèves ont obtenu pour la première fois la moyenne en expression écrite à l’épreuve de français du Brevet blanc.
Ils ont pu s’inventer, mentir : « Je est un autre »: ils ont pendant un moment écrit un peu du roman de leur vie. « J’ai appris que je pouvais me surpasser, comme je pouvais me restreindre. J’ai aimé écrire, j’ai appris que j’étais capable de faire des textes profonds. J’ai appris à bosser le français quatre heures de suite, dès le matin »
Ils ont joué avec les mots, la langue. Un vent de liberté et de bonne humeur souffle sur la classe. « J’ai adoré le moment où on cherchait des définitions ».
Ils ont pu confronter leur production avec les expériences des artistes, photographes, peintres, plasticiens et romanciers dont les ouvrages ont constamment été à la disposition des élèves. Ils ont pu emprunter, confronter, piller. Ils ont tapé leurs écrits et joué sur la mise en page, la police, la taille les couleurs. « Pour faire un livre, il n’y a pas que l’objet lui-même, mais derrière il y a des heures et des heures de travail. » « J’ai appris à mieux me servir de mon ordinateur ». « J’ai appris qu’un livre ne se faisait pas en claquant des doigts ».
Ils ont « bougé » - Le Louvre, la MEP 2 fois, la Cinémathèque de Bercy - et ont été initiés à l’histoire de la photographie et à son lien avec l’autoportrait : grâce à la séance de projection et au dossier pédagogique concocté par la MEP. « Nous avons fait des sorties très agréables et sympathiques ». « J’ai aimé toutes ces sorties aux musées, les expositions, avoir pu découvrir des artistes, en revoir ».
Ils ont beaucoup échangé sous le regard des autres, se sont prêtés des objets, ont sollicité l’aide et l’avis de leurs camarades et profité de leurs compétences dans une atmosphère de gaieté, de respect et de tolérance. « J’ai beaucoup aimé l’atmosphère entre les élèves, la prof et la photographe ». « Durant ce projet, tout le monde s’est bien amusé, on s’est entraidé, il y avait une très bonne ambiance dans la classe ». On n’a pas vu le temps passer, ni le mercredi, ni le jeudi, ni le samedi , sauf : « J’ai trouvé le temps long, parfois j’avais pas d’idée ».
Chacun est allé au bout de son travail, acceptant de chercher au plus près de ce qu’il voulait dire. « Ce livre fait ressortir nos personnalités, ce qu’on aime ou pas, il permet aux autres de mieux nous connaître ».
La collaboration, l’échange, la coordination, entre les deux adultes. étaient constantes et la confiance totale. « J’ai trouvé qu’il y avait une bonne méthode pour travailler et qu’on était plus intéressés à ce qu’on faisait en travaillant ». Ce projet a fait l’objet d’une évaluation de chaque élève. La fiche a été jointe au bulletin scolaire du 2ème trimestre.
Le livre a obtenu le 3ème prix ex aequo et obtient le prix des éditeurs, c’est à dire un tirage à 1000 exemplaires par les Editions Larousse. « Ce projet était génial ». « On a eu beaucoup de chances ». « Merci encore pour ce projet que tout le monde n’a pas la chance de faire ».
► Une analyse de l’action en noir
« J’ai eu envie de dire ce que je n’aimais pas vraiment : la drogue, les toxicomanes, le cancer, la mort, la peur, le viol, les maltraitances, les femmes soumises et battues, la jalousie ou les appels au massacre ». « J’aurais voulu exprimer ma haine et ma révolte…Tant de souffrance pudique qui ne s’échappe pas sous l’encre de la plume ». « J’aurais tant aimé faire de beaux montages et graphismes, mais la fainéantise…la paresse, ce vilain défaut qui nous vole à tous notre capacité d’expression ». « Je trouve qu’on m’a un peu trop guidé dans les textes ». « J’aurais aimé pouvoir dire ce que j’avais sur le cœur, mais je n’ai pas pu ». « Je n’ai pas aimé me faire gueuler dessus ». « Les heures supplémentaires étaient parfois chiantes ». « Parfois on savait pas trop quoi faire ». « Je regrette que nous n’ayons pas pu faire le montage de la mise en page de notre livre ». « J’aurais voulu dire tellement de choses, mais pour les dire il aurait fallu aussi plus de temps… » « Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour faire le livre ». « J’aurais voulu faire plus de photos, sortir ».
En effet nous avons manqué de temps parce que le délai de remise du livre était beaucoup trop court d’autant plus que la date limite de remise de l’ouvrage n’a été communiquée qu’un mois à l’avance. En outre nous travaillions sur l’autobiographie, travail qui nécessite de la confiance et du temps. Il nous a fallu interrompre ce mouvement pour travailler sur tout autre chose. Les élèves, toujours pressés, ne pouvaient trouver leur rythme et cette précipitation a été contre-productive. Ce projet n’a pas respecté le rythme des élèves qui n’ont pas eu le temps d’acquérir un autre esprit face au travail en s’appropriant d’autres savoir-faire et d’autres savoir-être. Les élèves en difficulté n’ont pas eu pas le temps de trouver le goût du travail en y éprouvant du plaisir. De ce fait, les résultats scolaires de nombre d’entre eux n’ont pas progressé, comme l’atteste le conseil de classe du 2ème trimestre. Par ailleurs le thème du concours ne faisait pas sens pour eux et les élèves ne voyaient pas toujours où on allait. Cela peut expliquer aussi en partie un investissement inégal de leur part.
« Dans ce projet, j’aurais voulu m’investir plus mais je ne l’ai pas fait ».
. Enfin comment travailler dans des conditions normales sans ordinateurs disponibles au collège !
L’un de nos collègues est venu trois fois tenter de les réparer, en vain, et ce sans qu’aucune heure de maintenance ne lui soit payée.
Les élèves tapaient des textes chez eux, nous les envoyaient par mail, sans utiliser les pièces jointes, parfois ils ne savaient pas le faire ; ils les envoyaient d’un Mac ou avec un format qu’on ne pouvait pas ouvrir. Ils devaient demander l’aide de leurs parents qui parfois envoyaient les documents à partir de leur lieu de travail. Cela a gêné les élèves parce qu’ils ne voulaient pas montrer leurs textes à leurs parents. Certains se sont trouvés ainsi dans l’impossibilité d’écrire ce qu’ils voulaient ou d’aller plus loin. Il a fallu. recommencer souvent à taper des textes. Nous avons dû travailler avec les 2 ordinateurs portables des adultes pour 29 élèves et utiliser le matériel personnel d’Hanna !
Finissons sur la parole des élèves : « Je n’ai pas aimé les photos de moi(…) j’ai regretté qu’Hanna ait mis une grande photo de moi où l’on voit mon visage ». « Je regrette de ne pas avoir été plus présent pour travailler mes textes et mes photos. Je pense que j’aurais voulu faire beaucoup mieux. Le projet m’a appris que lorsqu’on a un travail qui nous plaît (c’est le cas ici), on s’investit au maximum pour donner le maximum pour faire quelque chose qui nous plaît vraiment. Si j’avais sû je me serais donné à fond dans ce projet. Je regrette vraiment. Quand je vois des travaux qui me plaisent, je me dis que j’aurais pu en faire autant. »
Epilogue : « J’ai appris à me connaître, c’est déjà une bonne chose, maintenant il faut que je m’accepte : un autre livre s’impose ».
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Autobiographie et autoportraits photographiques (2005-2006)
I Le projet
Le point de départ
Les élèves de 3ème 1 du Collège Courteline travaillent en cours de français sur l’aubiographie, le récit de vie ou l’autofiction. Dans le cadre du cours ils ont travaillé en lecture écriture sur et à partir du texte de Perec W ou le souvenir d’enfance et sur le spectacle Le dernier Caravansérail du Théâtre du Soleil, mis en scène par Ariane Mnouchkine qu’ils sont allés voir. Ils ont, entre autres activités, écrit sur le thème du départ en se mettant à la place d’un de leurs parents ou grands parents dont ils ont raconté le périple. Certains jeunes, d’origine exclusivement française depuis plusieurs générations, ont été, pour écrire une histoire, interviewer les jeunes gens de la classe d’accueil. Les élèves ont produit des textes très forts, d’une grande sensibilité, et authenticité. Ensuite ils sont allés au Louvre et ont suivi une séance de cours sur l’autoportrait (Dürer, Rembrandt, Poussin, Mignard, Desporte, La Tour, Vigée-Lebrun, Delacroix. Ils ont ensuite fabriqué et décrit un autoportrait à la manière d’une œuvre d’art. Là aussi ils ont produit un travail de qualité.
Comment valoriser ce travail et aller plus loin avec ces élèves ?
La rencontre
Hanna Zaworonko-Olejniczak mène depuis de nombreuses années un travail autour de l’image de soi avec des élèves en difficulté, des jeunes en insertion et a réalisé avec eux plusieurs ouvrages. Elle a également réalisé un photo-roman, Fugue au Père-Lachaise, avec un CM2 de l’école Vitruve, dans le XXème.
Tout naturellement il nous est venu à l’idée de conjuguer nos expériences et de proposer aux élèves un travail interdisciplinaire en français et en photographie avec les outils informatiques et numériques.
Les modalités
Le thème : autobiographie, automythobiographie, autofiction, égographie. Le lieu de travail : le Collège Courteline, salle de français et de technologie qui sont mitoyennes. Salle de la classe d’accueil qui est juste en dessous. Le moment : une fois par semaine, de 8h30 à 10h30, jusqu’en mai, soit 40 heures prises pour moitié sur l’heure de vie de classe et pour moitié sur l’heure de français de 3ème 1. Organisation du travail par petits groupes, en atelier de photo, de photomontage, de lecture, de recherche et d’écriture entre les deux salles mitoyennes, où les élèves sont en activité, seuls, à l’ordinateur ou à la photo. Les moyens : toutes les salles sont équipées d’ordinateurs, ceux de la salle de français ont un logiciel de photo ; la salle d’informatique a un scanner. Une aide pour l’achat de matériel est demandée au Foyer socio-éducatif du collège. Une autre est sollicitée du Rectorat pour le paiement de l’intervenante. Public : une classe de troisième, la plus faible du collège, dans laquelle les jeunes, souvent introvertis ou dissipés ont une image négative d’eux-mêmes et de l’institution. Ils se perçoivent en échec scolaire assez majoritairement. La classe d’accueil, dont les élèves quittent le collège fin février.
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La démarche
Objectifs généraux
La photo : Jouer, oser, se voir, s’accepter en se photographiant dans diverses positions, en exprimant différentes émotions, en bougeant, en prenant des poses. Prendre le risque du ridicule. Montrer des parties de son corps, des objets, des accessoires. Créer des Vanités Se révéler à soi-même et aux autres, prendre le risque de séduire ou de choquer ; aller plus loin que son apparence et tenter de résorber ses inquiétudes en devenant une œuvre d’art. Paraître ainsi mieux qu’on ne pense et préserver, par le filtre et l’ombre, son mystère. Mais aussi explorer dans le miroir où l’on voit l’inverse de ce qu’on est , les images que les autres ont de soi. Echanger sous le regard des autres et apprendre la différence, le respect et la tolérance. Explorer les traces photographiques de son histoire familiale, de son pays, de celui des migrants et de l’Histoire. Revisiter les lieux des ses origines réels ou fictifs. Voyager par l’image à travers les photos de paysages et de voyages d’Hanna. Tricher, truquer, découper, coller d’autres photos pour se mettre à la place d’un autre. Aborder la notion de droit d’auteur, réfléchi, contre-jour, mise au point, zoom, temps d’exposition, s’incruster, réflexe, contraste, grain de vies, miroirs
La lecture et l’oral : En 3ème 1 :les élèves présentent oralement, le ( ou les romans) qu’ils ont lu après l’avoir librement choisi dans la bibliographie ci-jointe et lisent, à leurs camarades, une page de leur choix. Ils questionnent, réagissent, comprennent ou réprouvent ce que leurs camarades ont éprouvé, ce que les auteurs-narrateurs ou les personnages fictifs pensent, ressentent ou vivent. Ils écoutent les récits de vie des jeunes étrangers qui viennent d’arriver. Cette polyphonie, cette intrusion de la littérature par le vivant et le langage, cette vie surgie de langages difficiles à comprendre, est une expérience de l’altérité, une ouverture à la différence et une éducation à tolérance. C’est aussi grandir, découvrir le métier de photographe, les métiers du livre, le monde du travail par l’histoire de leurs parents ou grands-parents, et la visite de l’Ecole Estienne, ce qui est important en classe de troisième. Cette démarche est parallèle à l’éducabilité du projet menée en heure de vie de classe avec, entre autres, Jade. En classe d’accueil : les élèves lisent les écrits de leurs camarades de classe banale, se renseignent, cherchent du vocabulaire pour compléter, préciser les récits les concernant.
L’écriture : En 3ème 1 : intervenir de nouveau sur les textes déjà produits en modifiant le narrateur, le point de vue, les lieux, en jouant sur les types de discours(narration, description, paroles rapportées), le genre( journal intime, carnet de voyage, mémoires, témoignage, lettre, interview, fait-divers, scénario, etc.) et la tonalité. Travailler sur l’hypertexte en convoquant les écrits des auteurs de la bibliographie mentionnée mais aussi les œuvres de Perec, Modiano, Grumberg, Sophie Calle, etc. et qui sont à la disposition de tous dans la classe. Amplifier, « fictionnaliser » le quotidien. Ou bien au contraire simplifier, tailler, réduire. Convoquer les expériences des artistes, photographes, peintres, plasticiens dont les ouvrages sont à leur disposition. Emprunter, confronter, piller. Intervenir sur ces écrits en jouant sur la mise en page, la graphie. Faire de sa vie un roman. Inventer le roman de sa vie. De son autoportrait photographique, écrire une autofiction. S’inventer, mentir : « Je est un autre ». En classe d’accueil les élèves interviennent sur les récits consignés, cherchent du vocabulaire, modifient, ajoutent et proposent leurs propres phrases
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L’objet livreFabrication des pages du livre : · Mise en page · thématique de composition · choix des caractères · choix du papier · projet de couverture Il s’agit d’amener les jeunes à découvrir la valeur de l’objet livre (le travail bien fait, la réflexion, le travail d’équipe, le soin,) Visite de l’Ecole Estienne du BTS Edition et rencontre avec les élèves. Visite d’une exposition de bibliophilie à la BHVP
Objectifs spécifiquesPhotographieApprendre les bases de la photographie : · cadrage · angle · lumière, éclairage, température de la lumière · réglage : mise au point, focale, temps d’exposition. Explorer des logiciels de mise en page de photo : Power point, Photoshop éléments. FrançaisS’en tenir aux objectifs qui sont strictement ceux du programmes de 3ème qu’il n’est pas utile ici de recopier. Utiliser Word, travailler et récrire sur traitement de texte, conserver et enregistrer retravailler à partir de disquettes. LivreSavoir reconnaître et utiliser Savoir faire
EvaluationLes travaux oraux et écrits font l’objet d’une évaluation critériée. La réalisation d’un livre dans le cadre du concours proposé par le CRDP : fabriquer un livre. La conversion de ce livre en CDRom. La réalisation d’une exposition par les élèves des pages de livre réalisées.
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Moyens demandés
Coût global : 350 euros de matériel 72 heures de l’intervenante( 40 heures sur site, plus travail de mise en page, de préparation à la publication), soit 2469 euros. |
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Le ministère souhaite réaffirmer la nécessité de la présence du livre pour les jeunes à l’École, en rappelant son rôle sous ses formes les plus variées, dans les apprentissages comme dans la création, et la force du lien qui les associe aux priorités éducatives. Dans ce cadre, au titre de la mission confiée à Madame Hélène Waysbord, Inspectrice générale honoraire de l'Éducation nationale, par le ministre de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la deuxième édition du concours « Faites des livres » sera conduite par le CNDP. Ce concours s’adresse aux élèves des collèges et lycées professionnels ; la présente note en définit les modalités.
RÈGLEMENT ORGANISATION DU CONCOURS Destinataires. Ce concours s’adresse aux élèves sous la responsabilité des équipes pédagogiques volontaires dans les établissements d’enseignement publics et privés sous contrat de France métropolitaine, des départements et territoires d’outre-mer. Il concerne toutes les classes de collèges et de lycées professionnels. Sujet proposé et modalités de réalisation. Le thème du concours « Faites des livres ! » est une occasion de sensibiliser les élèves aux aspects matériels et techniques, qui participent aussi de la construction du sens. Il s’agit d’amener les jeunes à découvrir la valeur de « l’objet livre » dans une perspective dynamique : entre savoir et savoir-faire, du projet d’écriture à la réalisation technique, de la découverte d’un patrimoine à la création collective. Les participants au concours sont invités à réaliser, de manière collective, un livre par classe ou par groupe d’élèves. Ce livre, qu’ils aimeraient lire, regarder, partager avec d’autres, tiendra compte des projets de la classe ou du groupe et témoignera d’un parcours privilégiant la création plutôt que la reproduction. Il est proposé pour l’édition 2004-2005 du concours concernant les collèges et lycées professionnels de travailler avec l’image, sous toutes ses formes, y compris photographiques ou cinématographiques jusqu’aux productions virtuelles de l’informatique. Ce peut être l’occasion de réfléchir aux relations privilégiées qu’entretiennent texte et image. Citations et emprunts. Les images comme les textes seront de préférence des créations originales des jeunes. Les citations ou les emprunts mentionneront très précisément la source, les auteurs, et seront utilisés et présentés sous la responsabilité des enseignants ou porteurs de projet. Ceux-ci veilleront à la justesse de la citation, au droit à l’image, mais aussi, par exemple, aux autorisations nécessaires lorsque sont présentés des documents de famille. Il s’agit également de responsabiliser les porteurs du projet à la transmission des bases et des règles de la notion de droit d’auteur. Les textes comme les images seront ainsi accompagnés de la mention de leur(s) auteur(s), titre(s), date(s), technique(s) utilisée(s), support(s) et format(s) d’origine. Les techniques et matériaux sont libres. Les matières, les couleurs, les techniques photographiques, les techniques de reproduction, de collage, d’insertion, d’intervention sur l’image ou le texte, la composition, les techniques de mise en page, de mise en forme typographique, de composition, le pliage, le façonnage, etc. sont libres. L’ouvrage produit pourra s’appuyer aussi bien sur les ressources de l’artisanat que sur les techniques et ressources informatiques et de reproduction mises à disposition du groupe. Cela, dans le respect des bases précitées, sous la responsabilité des personnes-ressources associées. Format et nombre de pages. Le format sera conçu à l’intérieur d’un cadre A4, donc inférieur ou égal à 21cm x 29,7cm (format plié)... – carré, rectangulaire debout ou à l’italienne…– Cet ouvrage sera composé de 12 pages minimum. Le sujet du livre est libre. Toute latitude est laissée pour le contenu et son genre (fiction longue ou courte, texte de théâtre ou de poésie, documentaire, roman-photo, essai, herbier, abécédaire, dictionnaire imaginaire, album, etc.). Pistes d’exploitation. Toutes les disciplines sont susceptibles d’être concernées, la réalisation d’un livre n’étant pas l’apanage des lettres ou des arts. Aussi toutes les passerelles interdisciplinaires seront-elles bienvenues, et on exploitera avec profit l’ensemble des dispositifs transversaux : itinéraires de découverte, classes à PAC ou projets pluridisciplinaires à caractère professionnel, par exemple. On veillera également à faire appel, autant que de besoin, aux ressources disponibles dans et hors l’établissement : CDI, bibliothèques publiques, médiathèques, réseau des écrivains et artistes en résidences, etc. Déclaration de candidature sur Internet Dès l’annonce de ce concours, les classes ou les groupes de jeunes qui souhaitent y participer font acte de candidature auprès du Centre national de documentation pédagogique, opérateur du concours, à l’attention de Madame Hélène Waysbord, en adressant une fiche mentionnant : - le nom et les coordonnées de l’établissement, son académie d’origine ; - le nom du ou des enseignants de la classe engagée et les disciplines concernées ou le nom du responsable du projet s’il s’agit d’un groupe d’élèves ; - le niveau de cette classe ou l’âge du groupe ; - le nombre de jeunes de cette classe ou du groupe. Calendrier Les réalisations (livres et fiches d’identification) sont à adresser dans un emballage adapté dûment affranchi avant le 15 avril 2005 (le cachet de la poste faisant foi) au rectorat de l’académie de rattachement pour les collèges et lycées professionnels. Pour chacun des élèves ainsi que pour l’établissement qui y participe une trace du « livre-objet » dans sa version finale sera conservée. Les enseignants ou porteurs de projet garderont trace sous la forme qu’ils décideront ; photocopies, photographies, dossier mixte, film, etc. Organisation et composition des jurys de présélection. Il revient à chaque recteur de définir, pour son académie, la composition et l’organisation du jury de présélection. Ce jury, réuni sous la présidence du recteur ou de son représentant, pourra notamment comprendre le DAAC, des représentants des corps d’inspection (IA-IPR et IEN-ET), des enseignants, ainsi que des éditeurs, auteurs et artistes. Une grille d’orientation pour les sélections sera communiquée aux jurys concernés. Les jurys de présélection se réuniront entre le 15 avril et le 15 mai 2005. On retiendra : Pour les collèges : la production classée première. Pour les lycées professionnels : la production classée première, plus la production classée première pour les formations autour de l’édition. Des mentions pourront éventuellement compléter le palmarès. Les travaux sélectionnés (livres et fiches d’identification) par les pré-jurys académiques sont adressés au CNDP, à l’attention de: Madame Hélène Waysbord 91 rue Gabriel Péri 92120 Montrouge avant le 20 mai 2005 (date limite d’envoi des productions académiques), pour présentation au jury national. Un jury national placé sous le haut patronage du ministre choisira les meilleures réalisations sur la base d’une présélection adressée par les académies. Les critères d’appréciation concerneront l’implication des jeunes, le sujet choisi, le parcours pédagogique, la qualité du texte avec les images, la mise en page, la présentation générale de l’objet, sa tenue, sa richesse et son originalité ainsi que la maîtrise technique mise en œuvre. Le jury national se réunira dans la dernière semaine de mai 2005. Des ouvrages récompenseront les lauréats finalistes du concours. Des représentants des classes lauréates seraient invités comme pour l’édition précédente au Salon du Livre de Paris 2006 pour la remise des prix. Trois réalisations retenues parmi les finalistes pourront être publiées dans une co-édition entre le CNDP et un éditeur privé. Conservation et propriété des travaux Une trace du « livre-objet » dans sa version finale sera laissée à chacun des jeunes associés au projet. Les enseignants ou porteurs de projet ont toute liberté de forme de cette trace (photocopies, photographies, dossier mixte, film, etc.). Aucun document ne sera retourné aux participants à l’issue du concours. Par le simple fait de concourir, tout participant accepte, sauf opposition expresse de sa part, l’utilisation ou la diffusion par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ses partenaires publics ou les médias nationaux ou locaux (presse, radio, TV) de son ouvrage à des fins non commerciales. La conservation de tous les objets livres originaux sera assurée le CNDP. La direction de l’enseignement scolaire et le CNDP feront connaître aux académies concernées le nom des classes lauréates et avertiront par courrier les lauréats retenus par le jury national.
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Il est essentiellement positif. Il a été réalisé très vite, en vingt minutes, en un seul jet avant que les jeunes n’aient vu le livre achevé.
Ce qu’ils ont surtout apprécié c’est de faire autre chose, autrement, changer de la routine du français, sortir du programme scolaire, décompresser. Ils ont aimé l’organisation du travail entre les deux salles –technologie et français-, entre le travail photographique et l’activité d’écriture, entre travail à la plume et à l’ordinateur, entre texte -imaginer des histoires - et photos - faire des photos, les travailler, écrire dessus, imaginer comment les transformer et le fait de s’organiser de manière constamment mobile, en groupes. Ils ont apprécié la nouveauté, le changement de contexte, l’utilisation des magazines –TDC-. Certains ont aimé présenter un concours et cet esprit de concurrence les a motivés. Plus généralement ils ont aimé faire un livre et ont trouvé ce travail enrichissant.
En effet ils ont appris beaucoup de choses sur leurs familles, parents ou grands parents - que je n’ai jamais connus, dit l’un d’eux-, et sur leurs origines.
Par ailleurs, chacun a appris quelque chose sur lui-même, a découvert plusieurs facettes de sa personnalité: je me suis découverte, écrit une élève ; on a appris à mieux se connaître, à montrer ce que l’on ressent, à exprimer ses idées. Dans le plaisir qu’ils ont eu à s’exprimer sans crainte, le plus librement possible, - c’est nous qui choisissons, dit un élève-, ils ont écrit des histoires comme un soulagement, ils ont pu vivre leurs rêves et leurs désirs par l’écriture et faire comprendre ce qu’ils pensent,- faire savoir qui on est, écrit l’un d’eux. Aussi ont-ils aimé s’exprimer, -écrire quelque chose qui me touche, dit un élève-, dire ce que l’on n’a jamais dit en travaillant sur un texte que l’on a fait soi-même.
Ils ont lu les textes des uns et des autres, vu leurs photos, leurs montages et ont goûté les textes des autres qui sont très intéressants. Collectivement tout le monde y a mis du sien et chacun a appris des autres , ils ont appris à se reconnaître mutuellement.
Du nécessaire esprit d’équipe est née une complicité avec les autres. Les moments d’activité, de partage ont permis de communiquer, cela a uni la classe et insufflé une dose de solidarité entre eux. On est sorti un peu du chacun pour soi, et l’activité a constitué un facteur d’unification, un moteur pour un bon fonctionnement de classe . Les élèves ont beaucoup aimé l’ambiance du groupe. Ils sont heureux que, dans le livre, toute la classe s’y retrouve.
En ce qui concerne l’activité photographique, les élèves ont aimé faire des photos avec les autres Ils ont appris avec plaisir le cadrage, le photomontage. S’ouvrir à de nouvelles méthodes de travail grâce à des activités d’une grande diversité les a enthousiasmés notamment : inventer, créer, transformer, s’exprimer par le graphisme sur les photos, rectifier le portrait, effectuer des retouches à l’ordinateur, jouer avec des photos Certains élèves ont eu plaisir à exploiter leur potentiel graphique,- l’élève qui a réalisé le titre de la couverture en est très heureux- à développer leur imaginaire, à aller plus loin, à approfondir leurs pensées. Ils ont apprécié la beauté des photos réalisées – des photos magnifiques- et le fait de travailler avec une professionnelle qui leur a fait découvrir un art très riche. Ils se sont découvert le goût de photographier.
Le personnalité d’Hanna, attentive, positive, créative, les aidant constamment à communiquer, leur apportant sans cesse attention et encouragement les a touchés . Ils ont apprécié son courage, le temps considérable passé pour eux, faut-il le rappeler bénévolement. Ils la remercient.
Les élèves ont aimé l’activité d’écriture : écrire sur moi, sur le départ, l’automythographie, écrire à partir de photos et malgré la longueur et la difficulté de la tâche, ils ont aimé chercher du vocabulaire, développer, approfondir, corriger, retravailler, améliorer les textes, apporter des détails à la manière de Perec. Ils ont été heureux de toujours faire mieux et d’aller au bout. Certains parlent du plaisir d’apprendre comment récrire, de savoir se relire seul. Ils pensent avoir appris du vocabulaire qui leur servira dans le domaine scolaire.
Les élèves pensent avoir appris beaucoup sur les métiers de photographe et d’écrivain.
Ils se disent capables de photographier en fonction de la lumière du soleil, de se servir d’un logiciel de retouche photo, d’utiliser les logiciels de traitement de texte et de travailler à l’ordinateur. Contre toute attente, ils ont été passionnés par le travail de mise en page et pensent avoir acquis une certaine connaissance de l’édition mais aussi des méthodes pour organiser leur travail. Ils ont développé leur sens de la responsabilité. Ils ont acquis confiance en soi et autonomie.
La classe de 3ème1 a le sentiment qu’un travail impressionnant a été fourni. Beaucoup de photos, de montages ont été réalisés. Ils sont heureux et fiers d’y avoir participé parce qu’ils ont réalisé un produit de qualité dont le résultat est fabuleux.
Certains élèves émettent des réserves à ce travail, notamment concernant la nécessité de sans cesse recorriger les textes, les retravailler, activité qu’ils ont trouvée pénible. Une bonne élève n’a pas aimé le travail artistique demandé qui n’avait, selon elle, aucun rapport avec le français. Un autre bon élève dit qu’on a réussi à le faire douter de lui. Un élève, très au point sur Photoshop a regretté de manquer d’autonomie parce que c’est quelqu’un qui peut aller beaucoup plus loin. Enfin un élève trouve que l’atmosphère de la classe n’a pas connu
de changement flagrant.
Il est largement lié à l’expérience humaine et pédagogique que nous avons vécue avec ces jeunes, individuellement surtout, mais aussi collectivement. Au départ, ils manquaient grandement de confiance envers les adultes, ils ne croyaient pas qu’on allait faire un « vrai livre », ni qu’Hanna leur confierait son appareil professionnel pour faire eux-mêmes les photos mais à la fin, ils nous confiaient oralement ou sur le papier leurs problèmes personnels. Ils se sont livrés : la limite tenant au fait que les parents allaient les lire. Nombre d’entre eux étaient inhibés, introvertis, comme le montre pour nous cette question : Est-ce qu’on peut demander des conseils à d’autres membres de sa famille, à des amis ? Par ailleurs nombre de ces élèves, d’une timidité maladive, se croyant nuls ou moches se sont permis des choses : photographier les autres malgré les mains qui tremblent, dépasser leur peur d’être photographiés par leurs camarades, montrer leurs photos, les voir regardées, écrire sur l’image de soi – activité qui semblait relever, au début, de la profanation. Certains n’ont jamais eu autant de photos d’eux. Souvent ils ont franchi des limites, se sont dépassés : On m’a dit oui, il faut que je le mette mais je ne sais pas pourquoi. Un redoublant, timide, en difficulté, après un travail, illisible, plein de ratures et de taches, a tout recommencé après qu’on lui a demandé, devant tout le monde, faire de jolis caractères : son travail refait est magnifique et il a été valorisé devant la classe.
Ils se sont confiés des tâches ; à la fin, ils s’organisaient seuls, entre eux. Au collège et à la maison. Nous ignorons ce qui s’est passé, ni comment, mais en fait, ils ont lu les textes des uns et des autres , ont découvert leurs camarades. Ce travail très encadré par l’interdiction constante de proférer contre quiconque des remarques négatives ou désobligeantes a été pour les élèves une leçon d’ouverture et de tolérance.
Dans une atmosphère de calme fermement imposé, mais aussi d’écoute et de bienveillance, ils avaient toute liberté d’inventer, de mentir, d’arranger la « vérité ». Certains se trouvaient très à l’aise : je peux écrire n’importe quoi sur moi, je m’en fous de ce que les autres pensent de moi. Je sais qui je suis. Pourtant l’histoire que raconte ce garçon, authentique dans l’émotion retenue, est aussi pleine d’inventions. C’est en général une vraie approche de la fiction qui a été effectuée. Ce droit au mensonge est capital : il y a des histoires qu’on ne connaîtra jamais, trop insupportables pour être dites. Ils avaient aussi le droit de donner d’eux-mêmes l’image qu’ils voulaient.
Nous avons vu l’authenticité de leur réflexion, le sérieux de leur implication : ils demandaient le temps de réfléchir, le silence. Des masques sont tombés révélant leur souffrance, la part de fragilité ou d’ombre et d’angoisse que parfois ils dissimulaient. Ils se sont aussi posé des questions à haute voix. Parfois aussi ils interrogeaient les autres -est-ce que je suis comme çà ?- recherchant parfois leur approbation. De ce point de vue le travail avec le texte tout prêt – dont nous adressons une copie et qui a servi à l’écriture sur les photos- a joué le rôle de facilitateur et de révélateur et a enrichi leur vocabulaire.
Il y a eu beaucoup d’échanges sur l’esthétisme, le goût, le choix des mots, les parti-pris de cadrages, de lexique, de syntaxe, de style, la construction du sens.
Ils ont pris conscience de leurs différences : Pourquoi, lui, il peut faire çà et pas moi ?
Ce projet a permis de rééquilibrer la classe : les très « bons » élèves nuls en création n’avaient pas les compétences artistiques parfois ou la sensibilité de « mauvais » élèves, plus à l’aise et enthousiastes. Des aveux sont venus : Je ne vois pas d’intérêt à créer quelque chose. Moi je ne suis pas douée, je n’aime pas les arts plastiques. Pourtant, au bout de trois mois de blocage, la jeune fille qui tient ces propos a fait quelque chose de bien. En contrepartie, un élève scolairement en perdition, et qui n’avait rien fait ou presque pendant trois mois, s’y est mis les tout derniers jours.
Entre adultes l’organisation et l’écoute étaient excellentes : chaque semaine nous faisions un bilan de la séance précédente et prévoyions comment, avec qui et quels outils nous allions travailler. Nous échangions avant chaque séance nos remarques, nos questions, nos difficultés, concernant tel ou tel élève. Chacune de nous portait un regard sur le travail de l’autre et lui faisait des propositions. Nous changions ainsi de mots, de techniques de travail, de consignes, de supports. Il y avait entre nous une dynamique, un échange, une collaboration. Nous portions un regard croisé sur le travail des élèves et les deux heures d’atelier fonctionnaient en interaction : les élèves ont lu leur texte en atelier photo et ont travaillé sur leurs photos en atelier d’écriture.
Pourtant nous avons eu du mal à les remuer : mous, passifs, peu autonomes pour la plupart, ils avaient les yeux baissés et semblaient résister au mouvement que nous essayions d’impulser. Leur fixer des échéances qu’ils respectent était difficile.
Ce projet nous a demandé beaucoup de travail de corrections, de correction des corrections : du coup il reste des fautes, des imperfections. Utiliser Word, travailler et récrire sur traitement de texte, conserver et enregistrer, envoyer les textes par internet, retravailler à partir de disquettes. communiquer par e-mail leur posaient souvent problème. Obtenir qu’ils donnent un simple CD, qu’ils fassent part du choix d’une photo, l’envoient à Hanna, qu’ils envoient leur texte à l’avance ou qu’ils rendent les disquettes à temps nécessitaient une lutte constante qui nous semblait insurmontable. Il nous a fallu parfois travailler sur l’ordinateur, la nuit du lundi au mardi, pour que les textes ou les photos soient prêts pour le lendemain, simplement parce que les jeunes s’y prenaient à la dernière minute. Cette difficulté était accentuée par le fait qu’ils n’ont pas tous d’ordinateurs- ils ont mis du temps à s’entraider- et qu’ils ne maîtrisent pas tous l’outil informatique. Ajoutons que nous avons eu des soucis et perdu du temps avec l’incompatibilité des logiciels.
Nous voulions produire un objet fini et beau, et mettre tous les élèves en situation de réussite. Nous voulions mener une activité qui ait du sens, même s’ils ne le comprenaient pas au début. Ce livre est au plus près de ce qu’ils sont : ce sont leurs textes et leurs photos. Nous sommes allés en profondeur avec eux, dans le respect de la diversité et de la personnalité de chacun. Nous avons respecté leur pudeur, nous ne les avons jamais forcés, nous n’avons pas suscité leurs confidences. Nous les avons amenés à se dépasser par l’imaginaire, en créant. Le livre a été réalisé en peu de temps – trois mois- à raison de deux heures par semaine en présence des élèves.
Une fois achevé, il a été feuilleté dans un silence impressionnant. Les voir heureux de réussir, entendre leur joie devant l’objet achevé, les entendre dire qu’ils sont fiers et capables, nous a fait très plaisir. Cette dynamique de la réussite s’est traduite sur le plan scolaire puisque leurs résultats au brevet blanc étaient bons. La dynamique se poursuit : ils ont écrit des poèmes de toute beauté et leurs collages sont affichés en classe. Certains désirent aller beaucoup plus loin dans la photographie. Trois élèves veulent intégrer des sections d’arts graphiques.
Les élèves possèdent le livre en pdf. Une exposition de leur travail va être réalisée.
Christiane Gayerie, juin 2005