Accueil    Les équipes    les thèmes    Les videos     Les reportages  On a lu pour vous   
I Lycée NOTRE-DAME, une classe européenne en BEP vente


BILAN D'ETAPE - juin 2008

Rappel de l’action

 

La section européenne vente repose sur l’enseignement de la vente en espagnol, accompagné par trois heures de langue et civilisation espagnoles. Ces cours sont assurés en partie par un binôme d’enseignant de vente et d’espagnol. Une période de 5 semaines en entreprises commerciales en Espagne consolide l’apprentissage au lycée pour les élèves.

 

Le projet a débuté il y a 7 ans par la création d’une classe européenne en BEP vente action marchande avec une montée pédagogique en Baccalauréat Professionnel Commerce deux ans après. Cette action s’inscrit dans une volonté d’ouverture sur l’Europe du projet d’établissement. Les compétences internes de l’équipe et les formations existant en anglais dans l’académie, nous ont amené à choisir l’espagnol.

 

Le groupe d’expérimentation s’est réuni à plusieurs reprises sur l’année 2007/2008. Une séance de travail avec les élèves ayant participé au stage de juin 2007 en Espagne a été animée par notre accompagnateur, le 15 janvier 2008. Les témoignages des élèves ont été recueillis très librement ; il avait été convenu que les professeurs de la classe ne participeraient pas à cet entretien de groupe, pour respecter la méthodologie de collecte de l’information.

 

Axes de travail

 

Depuis 2006  trois axes se sont imposés comme points forts de notre expérimentation.

Le premier porte sur le travail en binôme qui est au cœur de l’expérimentation, le second concerne l’interculturel, et le troisième est centré sur l’impact d’une telle initiative sur les élèves en terme de maturité et de changement de comportement.

 

1- LE TRAVAIL EN BINÔME

 

Description de la pratique de travail en binôme

 

Modalités

Dans le cadre de la section européenne, trois heures de langue vivante sont assurées par le professeur d’espagnol. Sur les deux heures de discipline non linguistique de vente, l’une est assurée en binôme par le professeur d’espagnol et le professeur de vente de la classe. Ainsi pendant l’année 2007/2008, trois enseignants de vente ont travaillé en binôme avec le professeur d’espagnol.

 

Occupation de l’espace :

L’arrivée dans la salle de cours se fait le plus souvent à deux. Notre occupation de l’espace varie selon la classe, en fonction du niveau du groupe et de son expérience de l’animation en binôme. Ces attitudes sont la plupart du temps spontanées et ne font pas l’objet de stratégie consciente. En occupant l’espace de telle ou telle manière, nous sommes soit en situation d’observation, soit en situation d’échange avec les élèves ou avec notre binôme.

 

La prise de parole :

Elle se fait de plus en plus fluide entre nous au fur et à mesure de notre collaboration, lorsque nous avons appris à nous connaître, et à connaître le groupe avec lequel nous travaillons.

 

« Je pense que les cours en binôme sont vraiment bien car j’ai confiance en elles. Je sens qu’elles s’entendent bien et sont complémentaires »

Elève de Terminale BEP VAM 

 

Le respect de l’autre et l’écoute mutuelle entre les professeurs incitent les élèves par mimétisme, à adopter les mêmes comportements. Ainsi, ils progressent dans l’écoute des autres, ils font preuve de plus de respect dans la prise de parole et profitent davantage des apports du cours. Une telle attitude accroît l’efficacité pédagogique de la séquence.

 

«  Lorsqu’un élève me pose une question alors que l’autre professeur explique une notion, je lui demande de se taire et d’écouter. Je lui montre que moi aussi, je respecte la parole de l’autre, et que les règles sont identiques pour tout le monde. »

Professeur d’espagnol

 

Dynamique de cours

 

Le cours est dialogué. Ce n’est jamais un cours magistral.  Un échange à plusieurs voix s’instaure rapidement. Dans cette situation de communication chacun peut faire une remarque, rebondir sur ce qui vient d’être dit, confirmer ou infirmer quelque chose.

 

Les enseignants sont là aussi pour aider les élèves en cas de besoin pour expliciter des notions ou reformuler des idées. Cette démarche maïeutique s’avère très fructueuse.

 

 « Je trouve que c’est intéressant d’avoir dans le même cours le point de vue d’un professeur de langue, et d’un professeur de vente. C’est un bon compromis. »

Elève de BEP VAM terminale

 

«  Les cours en binôme sont plus intéressants car le cours est plus actif, il y a plusieurs points de vue qui se partagent entre professeurs et nous pouvons donner notre avis. »

Elève de Bac Pro Commerce 1ère année

 

 

«  Les cours en binôme sont bien car il y a un meilleur encadrement. Aucun groupe n’est laissé à part. Puis, c’est important d’avoir deux professeurs à qui s’adresser. Je suis pour, c’est la première année que je connais ça et j’aime beaucoup. »

Elève de Bac Pro Commerce 1ère année

 

 

Le niveau d’espagnol du professeur de vente influence les modalités de l’échange oral.

Si le professeur de vente parle espagnol, le cours se fait la plupart du temps en langue espagnole. Si le professeur ne parle pas la langue, il s’adresse aux élèves en français  et les élèves répondent soit en français, soit en espagnol. Nous avons rencontré cette situation en 2007/2008 pour les BEP VAM alors que le professeur de vente ne parlait pas du tout espagnol. Les élèves étaient un peu perturbés par ce fonctionnement franco-espagnol en début d’année,  mais ils ont intégré cette modalité de fonctionnement et s’y sont bien adaptés.

 

Déroulement de séance

 

La séance démarre par un questionnement sur les connaissances acquises à la séance précédente. C’est un bon moyen, pour les élèves et les professeurs, d’évaluer  les acquis. C’est l’opportunité pour le professeur de vente de se réapproprier le cours puisqu’il n’a pas participé  à la deuxième heure  hebdomadaire. L’interrogation est faite par l’un ou l’autre des professeurs, soit sur les notions, soit sur le lexique.

 

En classes de BEP, la deuxième partie du cours est constituée d’activités en relation avec la thématique abordée. En classes de BAC, cette deuxième partie est consacrée soit à l’étude de documents en relation avec le monde du travail français et espagnol, soit aux simulations de vente (1ère année).

 

La dernière partie du cours permet le travail de reformulations par les élèves et la prise de note du lexique de la séance.

 

Intérêt pour les élèves des séances en binômes

 

La réaction des élèves est toujours très positive et ils ne sont pas surpris lorsqu’ils découvrent qu’un binôme de professeurs anime la classe. Ils n’en semblent pas perturbés.

Ils ressentent peu à peu cette double écoute et cette double attention comme une richesse. Ils sont sensibles à la plus grande disponibilité des professeurs permise par le travail en binôme.

 

 

Le travail préparatoire

 

C’est une des conditions fondamentales de la réussite du travail en binôme. Cette année il a été renforcé que ce soit en BEP ou en BAC PRO. Comme les années passées, nous nous sommes concertées, lors des journées pédagogiques de juillet et de septembre, sur ce qui nous semblaient être des progressions logiques.

 

Un binôme a changé par rapport à l’an dernier. En seconde professionnelle de BEP VAM, le professeur de vente ne parle pas espagnol. nous nous sommes donc réunis au minimum une fois par semaine afin de réajuster les cours, de traduire les cours et les notions afin d’en faciliter la compréhension par le professeur de vente. Cela nous a demandé un très gros investissement de préparation.

 

En BAC, nous nous sommes concertées davantage que l’année précédente sur la préparation des cours, nous avons fait l’effort de nous rencontrer plus souvent au cours de cette année et les élèves l’ont senti.  Notre travail préparatoire a porté sur :

-         le travail linguistique et lexical des élèves,

-         le choix des thèmes d’études et des compétences,

-         la maîtrise des savoirs que les élèves devaient acquérir obligatoirement en vue du stage en Espagne et de leur examen,

-         l’organisation des stages en Espagne  d’un point de vue du partenariat d’entreprises et des modalités du séjour.

 


 

Analyse de l’animation des cours en binôme

 

Variété des expériences

Multiples, les expériences se nourrissent du parcours culturel et social de chaque professeur. Cette variété enrichit les échanges des professeurs entre eux et avec la classe. Les raisons de l’intérêt pour l’Espagne sont variées :

-         études en Espagne,

-         double nationalité,

-         période de vie en Espagne ou

-         simple passion pour le pays. 

Ces motivations multiples enrichissent le projet et contribuent à son succès malgré des niveaux de langues très inégaux allant  de débutant à bilingue.

 

Les raisons du bon fonctionnement

 

Le succès du travail en binôme nous semble principalement dû aux causes suivantes :

-         La motivation et l’enthousiasme des professeurs pour la section et pour le travail en binôme,

-         La capacité à se remettre en question et à réinterroger ses capacités pédagogiques,

-         L’acceptation du regard d’un autre collègue et les modifications de la dynamique de

-         La confiance en l’autre qui est un élément facilitateur important,

-         Le fait de pouvoir opérer des  remédiations avec les élèves,

-         La richesse des échanges entre  personnalités différentes,

-         La fécondité des échanges entre professeures de leur formations différentes.

 

« Les autres points positifs sont une pédagogie et une rigueur identiques »

L.HAZE, professeur de vente

 

 Les freins au fonctionnement

 

Nous avons identifié plusieurs freins, limitant le profit que l’on peut tirer de ce dispositif  :

-         L’heure de cours en binôme,  placée en fin de journée en réduit les bénéfices,

-         La fonction de professeur principal, qui légitime son autorité, prime parfois sur l’apport pédagogique, ce professeur qui ne parle pas espagnol, consacre une part de son énergie à gérer la classe, à lutter contre le bruit et la fatigue des élèves en fin de journée,

-         L’absence d’une analyse suffisante de  ses propres pratiques,

-         Une préparation insuffisante par manque de temps, d’organisation ou d’envie,

-         Les décalages dans l’ancienneté d’enseignement peut générer un certain mal être pour le plus jeune membre du binôme

-         Comme une heure de cours seulement sur les deux heures est animée en binôme, un des deux professeurs peut se sentir en décalage.

 

 

« Dans cette configuration, j’ai  l’impression qu’un professeur porte l’autre. Je pense que de « perdre » une heure me déconnecte souvent du cours. »

L.FABRE, professeur de vente

 

 

Par delà ces freins il importe de souligner que les apports du travail en binôme sont tout à fait positifs, et que les élèves apprécient beaucoup cette pratique pédagogique.

 

 

 

2- L’INTERCULTUREL

 

Description de la démarche

 

Projet

Notre lycée pratique l’ouverture à tous, nous accueillons des élèves de toutes confessions mais nous demandons à chacun de se montrer respectueux  envers les autres.

 

La classe européenne donne l’opportunité à des élèves, parfois en échec, de travailler différemment dans le cadre des cours en binôme et en partant en stage en Espagne, plutôt que de faire toutes les périodes de formation en entreprise (PFE) en France. Nos cours et notre projet se basent sur  la découverte des réalités européennes et plus spécialement espagnoles, par l’ouverture à d’autres cultures, des modes de vie et des habitudes différentes.

 

Prise de conscience 

 

Les trois groupes d’élèves qui sont partis en Espagne nous ont permis de comprendre la nécessité d’avoir une démarche de sensibilisation  aux différences de culture entre la France et l’Espagne,  avant le stage en Espagne,

 

Pour l’année 2008,  il nous a semblé évident que le séjour se révélerait plus enrichissant si nous préparions les élèves à modifier leur regard avant de partir. Cette préparation a porté sur la découverte des différences et des similitudes entre nos deux cultures en respectant une  certaine objectivité sans avoir à préférer l’une ou l’autre.

 

Objectifs 

 

Au gré des cinq semaines passées en Espagne, les élèves vont vivre des situations professionnelles et personnelles variées. Notre projet pédagogique porte avant tout sur la mobilité  professionnelle des élèves. Nous avons à tout moment mis en valeur  la découverte des différentes manières  de travailler.

 

Par ailleurs dans la vie quotidienne, les élèves  sont appelés à rencontrer de nombreuses personnes issues de milieux socioculturels différents. Avec ces interlocuteurs, ils vont avoir à échanger des idées, à comparer leur vécu,  il importe donc qu’ils adoptent une attitude d’ouverture  et évitent de voir le monde avec des œillères.

 

Lors d’un séjour, seuls dans une ville qu’ils ne connaissent pas, ils vont être confrontés à  des modes de vie et des cultures différentes. Il importe qu’ils n’aient pas la sensation qu’on les méprise, nous avons travaillé en classe et en Espagne autour de trois objectifs. Tout cela a été fait :

 

-         pour que les élèves vivent le mieux possible la découverte des différences culturelles,

-         pour les préparer à accepter une autre culture dans sa diversité, découvrir un pays, une région, une ville, ses paysages, son soleil mais surtout pour vivre à l’Espagnol, avec ses horaires, ses habitudes, sa nourriture,

-         pour les préparer à accepter le regard des autres, ce qui ne va pas de soi dans un pays où l’on se sent étranger.

 

 

Après avoir traversé la frontière et lorsqu’ils vont à la rencontre des espagnols, les élèves doivent se montrer abordables s’ils veulent pouvoir échanger ou partager leur vécu.

Nous leur rappelons que dans l’échange ce qui est important c’est aussi ce qu’ils apporteront  à l’entreprise, aux gens qu’ils rencontreront.

En vente, ils aiment dire que le vendeur doit faire preuve d’empathie pour essayer de comprendre son client, nous leur rappelons que dans leur démarche d’ouverture, ils vont devoir se mettre à la place de l’autre et s’efforcer de le comprendre.

 

 

Analyse sur le  travail  interculturel

 

Cette partie sera développée  en 2008/2009. Elle abordera les idées reçues et les préjugés des élèves avant le départ, l’évolution de la perception des différences au retour. L’élaboration et la mise en pratique du travail préparatoire à cette approche interculturelle.

 

 

 

3       - L’IMPACT SUR LES ELEVES

 

Nous avons commencé à mieux cerner l’impact du dispositif sur les élèves et nous continueront à l’étudier l’an prochain. De toute évidence l’élément marquant de l’évolution des élèves est leur stage en Espagne. A ce jour, trois séjours se sont écoulés et un quatrième est en cours et nous pouvons souligner les points suivants.

 

 

Grâce à l’expérience des élèves déjà partis, qui sont les témoins de la vie  en Espagne et des pratiques spécifiques des entreprises espagnoles, les élèves de première année, devant partir à leur tour, sont beaucoup plus impliqués dans leur apprentissage scolaire. Ils sont conscients des nombreuses répercussions positives d’une  bonne préparation au stage et à l’ensemble du  séjour.

 

 

 

Pendant l’année de terminale de BAC PRO 

 

Effets positifs sur la dynamique du groupe

Les élèves revenus d’Espagne, pour lesquels la période de formation en entreprise  a été très positive, sont plus soudés et solidaires. La défiance initiale des élèves à l’égard du professeur s’estompe. L’accompagnement et l’originalité de la situation leur fait gagner en confiance et en respect pour l’équipe enseignante. Un climat de collaboration s’installe et a un les résultats s’améliorent. Le groupe gagne en cohésion.

 

Motivation

Le plaisir d’être partis et le fait d’avoir surmonté leurs craintes est un moteur pour la poursuite de leurs études, avec une plus grande confiance.

 

Certification 

L’excellent taux de réussite à la mention complémentaire et la qualité des mentions au baccalauréat sont des arguments convaincants pour les élèves des classes suivantes.

Les progrès linguistiques notables, d’autonomie et l’amélioration des compétences professionnelles remarquées par les tuteurs en entreprise, les professeurs et les examinateurs lors des examens oraux du baccalauréat sont une reconnaissance des efforts accomplis.

 

Clichés

Les idées préconçues et les clichés d’avant le stage sont bousculées par le vécu de la réalité. Le regard des espagnols posé sur les élèves français, les amènent à changer leur regard sur eux-mêmes et sur les autres.

 

 

 

Réunion avec les élèves

 

Cette année un bilan plus précis a été fait en janvier avec les élèves par Hervé Keradec, notre accompagnateur. Les élèves ont pu exprimer leur ressenti sur leur expérience en Espagne du mois de juin 2007 et faire une série de constatations sur leur séjour. Cette réunion nous a servi de bilan et nous a apporté des éléments d’évaluation de l’ensemble du projet, plusieurs points saillants sont à souligner.

 

Le fait que les questions pratiques (transports, logement) aient été gérées par l’établissement est un soulagement pour les élèves.

 

 

La première semaine d’installation et d’adaptation a été primordiale car ils ont pu ainsi prendre leurs marques en vue de la cohabitation et de leur vie future dans une ville qu’ils ne connaissent pas encore.

 

 

« La semaine de battement a fait du bien. On a eu le temps de s’amuser un petit peu, on a bien pris nos marques et ensuite on a commencé le stage. Ces 4 jours nous ont permis de voir comment on fonctionnait tous et d’avoir un rythme qui se met en place. »

Une élève du groupe

 

 

La différence des horaires  avec la France a été l’une des premières difficultés à surmonter. Le rythme espagnol est tout à fait décalé pour eux et gérer la vie quotidienne a été difficile dans un premier temps.

 

Les élèves ont été agréablement surpris par l’accueil réservé par les entreprises qui ont su rester à leur  disposition et leur apporter l’aide qu’ils attendaient.

 

« On sent moins en Espagne la différence de hiérarchie. Ils sont plus accueillants, ils nous mettent à l’aise. En France, c’est plus distant : le vendeur c’est le vendeur, le responsable, c’est le responsable. »  Idem

 

La plupart d’entre eux pensent avoir progressé d’un point de vue de la maîtrise de la langue, ils sont plus à l’aise et ont davantage confiance en eux, dans les relations avec la clientèle, les tuteurs et l’équipe de vente avec lesquels ils ont appris à travailler. Ils se sentent aussi plus autonomes.

 

« Au début, quand je suis arrivé, ce qui m’a plus choqué c’est l’accent. Je pensais avoir un très bon niveau et quand j’ai commencé à les entendre parler, je ne comprenais rien et je me suis demandé comment j’allais faire. Ensuite, on commence à comprendre et à avoir les accents différents et on comprend tout type de personnes. Je n’arrivais pas à tenir une conversation, mais je pouvais renseigner les clients. C’est un bon progrès au niveau de la langue. » Idem

 

A propos de notre préparation en cours, il semblerait que  le lexique du quotidien n’ait pas été assez approfondi et les simulations de vente pas assez nombreuses.

 

« On a quand même bien révisé mais il manquait encore certaines  choses. Ceux qui étaient en BEP on fait de la DNL 2 ans de plus. Ceux qui n’étaient pas en BEP VAM, ont eu plus de difficultés. » Idem

 

«  Le lexique de la vie quotidienne, c’est cela qui nous a le plus manqué. Il faut que ce soit plus quotidien. » Idem

 

Il apparaît donc que les effets sur les élèves sont multiples. Nous continuerons l’an prochain à approfondir cette dimension.

 

 

Paris, le 27 juin 2008

 


BILAN D’ETAPE –  MAI 2007

Classe européenne expérimentale

 

Mél : st.vincent.de.paul75.bobillot@wanadoo.fr

Http://www.gs-svp.com

Personne contact :Mireille SALTRON   saltron@gs-svp.com

Equipe :           Mireille Saltron – professeur de vente, chef de travaux

                        Véronique Bergaz – professeur d’espagnol

Brigitte Chibani-Mandeville - directrice

Ainsi que Laurence Fabre et Laurence Hazé qui ont apporté leur témoignage. 

Accompagnateur : Hervé Kéradec – professeur d’économie et gestion

 

Classes concernées : BEP VAM et BAC PRO Commerce

Matière : Discipline Non Linguistique Vente en espagnol

Date de l’écrit : 4 juin 2007

 

 

Rappel de la description de l’action

La section européenne vente repose sur l’enseignement de la vente en espagnol, accompagné par trois heures de langue et civilisation espagnoles. Ces cours sont assurés en partie par un binôme d’enseignant de vente et d’espagnol. Une période de cinq semaines en entreprises commerciales en Espagne consolide l’apprentissage au lycée pour les élèves.

 

Le projet a débuté voilà six ans par le démarrage de la classe européenne en BEP Vente Action Marchande avec une montée pédagogique en Baccalauréat Professionnel Commerce deux après. Cette action s’inscrit dans la volonté d’ouverture sur l’Europe du projet d’établissement. Les compétences internes de l’équipe et l’existant en anglais sur l’académie, nous ont amené à choisir l’espagnol.

 

Travail réalisé en 2006/2007

 

Le groupe d’expérimentation s’est réuni à plusieurs reprises au cours de cette année scolaire. Trois axes de réflexions se sont imposés qui constituent des points forts de l’expérimentation. Le premier porte sur le travail en binôme qui et au cœur de l’expérimentation, le second concerne l’ouverture à une autre culture des élèves, le troisième est centré sur l’impact d’une telle initiative sur les élèves en terme de maturité et de changement de comportement. C’est surtout l’interrogation sur le travail en binôme qui a fait l’objet d’un travail approfondi, les deux autres axes seront creusés par la suite.

 

LE TRAVAIL EN BINOME

 

Description de la pratique de travail en binôme

 

Mode de fonctionnement

Trois heures de langue vivante sont assurées par le professeur d’espagnol, sur les deux heures de Discipline Non Linguistique de vente, l’une est assurée en binôme : le professeur d’espagnol et le professeur de vente de la classe. Donc quatre enseignants de vente sont binômes du professeur d’espagnol.

 

Occupation de l’espace

 L’arrivée dans la salle de cours se fait à deux la plupart du temps. L’installation face aux élèves diffère selon les enseignants et les niveaux de classe. Ces attitudes sont spontanées et répondent à la perception qu’ont les enseignants des besoins de leur groupe : de l’observation à la situation d’échange.

« Je trouve les cours enrichissants car nous avons deux visions de la vente, l’une en français et l’autre en espagnol. » élève de BEP 1ère année

 

La prise de parole

Elle se fait de plus en plus fluide entre les deux professeurs au fur et à mesure de la collaboration. Cette aisance vient de la liberté et la confiance entre les deux personnes. Le cours est un dialogue à plusieurs voix, une situation de communication où chacun peut avoir quelque chose à dire et où il est très important de s’écouter. Ce respect d’écoute mutuelle est encouragé et vite constaté aussi chez les élèves.

« Lorsqu’un élève me pose une question alors que l’autre professeur explique une notion, je lui demande de se taire, en lui montrant que moi aussi je respecte la parole de l’autre et de me reposer la question un peu plus tard. L’élève se rend ainsi compte que les règles sont identiques pour tout le monde. » Professeur d’espagnol

 

Dynamique de cours

Le cours est dialogué. Ce n’est en aucun cas un cours magistral. Les élèves doivent utiliser les savoirs et savoir-faire acquis en cours de vente. Les enseignants sont en échange permanent avec les élèves qui doivent pouvoir rebondir aussi sur ce que disent leurs camarades. Les enseignants sont là pour aider les élèves en leur demandant d’expliciter ou de reformuler. « Dans ces cours, nous avons la possibilité de poser plus de questions. Les deux professeurs sont plus à notre écoute. L’une ou l’autre peut nous expliquer si nous n’avons pas compris. » élève de BEP 1ère année

Le niveau d’espagnol du professeur de vente influence les modalités d’échange oral.

« Le cours de DNL en binôme ne sont pas très utile en BAC 2 car le professeur de vente ne comprends pas forcément l’espagnol donc il intervient peu. Cependant, quand le professeur de vente comprend l’espagnol et connaît le fonctionnement de la vente en Espagne, c’est très utile. » élève de Bac 2

Le début d’une séance démarre par une interrogation des élèves sur les connaissances acquises à la séance précédente. Elle est faite par l’un ou l’autre des professeurs. Un rappel lexical bref complète cette remédiation. La seconde partie du cours est constituée d’activités en relation avec la thématique abordée de la séquence de vente. La dernière partie permet de faire reformuler les élèves et de leur faire noter le lexique de la séance.

 

 

La réaction des élèves

Elle est positive car ils ne sont pas surpris du binôme au début et n’en semblent pas perturbés. Ils ressentent cette double écoute et attention, par deux enseignants, comme une richesse ; ils perçoivent une plus grande disponibilité que dans le cours classique.

 

Le travail préparatoire

Ce travail  en équipe a été intense et étroit à la création de la filière. Les premières progressions pédagogiques, élaborées à partir des Bulletins Officiels, ont été affinées au fil des années pour mieux répondre au potentiel d’apprentissage des élèves. Les programmations annuelles sont construites à partir de celle du professeur de vente. L’harmonisation se fait en début d’année pour toute l’équipe. Les rencontres des binômes en cours d’année sont encore très aléatoires. Les rencontres préparatoires se font plus par affinité que par des réunions formelles.

 

 

Analyse de l’animation en binôme

 

a)      variété des expériences

Multiples, les expériences se nourrissent du parcours culturel et social de chaque professeur. En effet, études en Espagne, bi nationalité, vécu en Espagne ou simple passion pour le pays, les raisons de l’intérêt pour l’Espagne sont variées et enrichissent les échanges. Les niveaux de langues vont de débutant à bilingue.

 

b)      les raisons du bon fonctionnement

La raison principale est la motivation et l’enthousiasme des professeurs pour la section et le travail en binôme. La capacité à se remettre en question pour faire face à un regard sur son approche pédagogique avec un autre enseignant et la confiance en l’autre sont facilitateurs.

 

c)      les freins au fonctionnement

« Je trouve que les professeurs ne sont pas toujours d’accord et que je ne comprend pas toujours tout. Il faudrait qu’elles préparent plus ensemble. » élève de BEP 1ère année.

Les difficultés à se dire les choses, ne pas réussir à lever les freins à la communication entre les enseignants. La présence passive d’un membre du binôme bloque l’autre et gâche le cours.

« En DNL, le professeur de vente ne sert à rien, la professeur d’espagnol fait son cours toute seule. » élève de BEP 2ème année.

L’absence de regard sur ses propres pratiques. Une préparation incomplète ou aléatoire quelles qu’en soient les causes, manque de temps, d’organisation ou d’envie. Les décalages dans l’ancienneté d’enseignement entraînent un décalage dans l’aisance pour l’animation et devient un risque de mal être pour l’un des deux membres du binôme.

 

Objectifs pour l’année prochaine

 

L’observation de nos pratiques amène à considérer indispensable de renforcer le travail de préparation des séquences au début de l’année – travail sur la progression, les supports, les méthodes, les attitudes à adopter -  et tout a long de son déroulement.

D’autres points de l’expérience nous semble importants à prolonger dans notre observation l’année prochaine :

-         l’évolution des élèves (attitude, comportement, motivation avant, pendant, après le stage en Espagne),

-         la période de formation en entreprise (comment on la suit, avec quoi, avec qui…)

-         l’explicitation de l’interculturel (comment faire pour tirer le meilleur profit de l’échange, comment partir d’un projet pour aller vers d’autres cultures, quels outils pour sensibiliser…). Cette dernière partie est centrale au projet donc déjà abordée, voir ci-après.

 

 

L’INTERCULTUREL

 

Une des raisons d’être principales du projet est la découverte des réalités européennes et plus spécifiquement espagnoles, par l’ouverture à des cultures plurielles, des modes de vie et des habitudes différentes. L’apprentissage de la langue se fait à des fins pratiques d’usage dans un contexte réel quotidien et professionnel. La variété des supports de la langue permet de balayer les différentes faces de la culture espagnole et ses spécificités.

De façon plus formelle, l’approche des institutions, de l’histoire et de l’actualité de l’Europe et l’Espagne, se fait dans le cadre d’un cours de culture européenne.

 

 

L’IMPACT SUR LES ELEVES

 

Le stage en Espagne et l’occasion de modification du comportement des élèves, qui se traduit par un accroissement de leur maturité.  A ce jour, deux séjours se sont écoulés, le troisième est en cours. Le constat est que les élèves revenus d’Espagne sont plus soudés et solidaires. La défiance fréquente de l’élève à l’égard du professeur s’estompe. L’accompagnement et l’originalité de la situation leur fait gagner en confiance et en respect de l’équipe enseignante. « Grâce aux simulations de vente et au vocabulaire appris pendant les cours, j’ai pu  faire mon stage dans de meilleures conditions malgré les produits que je ne connaissais pas. Un climat de collaboration s’installe et a un effet positif sur les résultats.

Les clichés ou les idées préconçues d’avant le stage sont bousculées par le constat de la réalité. Le regard des espagnols posé sur les élèves français les amènent à changer leur propre regard sur eux-mêmes et sur les autres ; d’autant que ce regard est porté par des adultes ou des adolescents dans le cadre de leur stage ou de la vie quotidienne.

« Je trouve que mon stage en Espagne était plus intéressant car ma tutrice m’a laissée faire beaucoup plus de choses qu’en France. Le fait de vendre à une clientèle étrangère m’a donné confiance en moi. » élève de Bac 2.

 

Le taux de réussite à la mention complémentaire et la qualité des mentions au baccalauréat sont des arguments convaincants pour les élèves des classes suivantes.

La perception de l’impact sur les élèves n’est pour l’instant observable que dans le cadre scolaire car l’antériorité est trop courte.

 

 Paris, le 4 juin 2007

   
   
   
   

  Innover

   Expérimenter

  Accompagner

  Évaluer

  Former

 

Mél : st.vincent.de.paul75.bobillot@wanadoo.fr

Http://www.gs-svp.com

Personne contact :Mireille SALTRON   saltron@gs-svp.com


expérimentationn - a r t. 3 4 -

 ©2008 - MAIE - coordonnateur: François Muller - chargé de mission: Frédéric Teillard - mentions légales