Accueil    Les équipes    les thèmes    Les videos     Les reportages  On a lu pour vous   
I Ecole ROMAINVILLE B, Aménagement des temps scolaires (ATS)
expérimentationn - a r t. 3 4 -

Aménagement du Temps Scolaire :

 mise en place de 7 ateliers bleus sportifs

mise en place de 4 ateliers bleus culturels et scientifiques

mise en place d’interventions de la Responsable de la BCD

 

Le dossier initial "expérimentation"

Au terme d'une année de suivi (juin 2007)

Historique de l’Aménagement du Temps Scolaire  (1986-2007)

A. ÉLÉMENTS DÉCLENCHEURS DE LA MISE EN PLACE DE L’ATS.

1. Environnement socioculturel

2. Constats de l’équipe.

B. FINALITÉS : RÉPONSE AUX TROIS PROBLÈMES DIAGNOSTIQUÉS.

1. L’agressivité.

2. Lutte contre l’échec scolaire.

3. L’hétérogénéité.

C. DISPOSITIF.

1. Cycle d’activités.

2. Les horaires.

D. PARTENAIRES ET ÉVOLUTION DU DISPOSITIF.

E. ÉVALUATION.

 Eviter le morcellement des activités (et des aides) pour les élèves les plus jeunes.

 Intensifier la liaison entre enseignants et intervenants extérieurs.


BILAN D'ETAPE - juin 2008

Bilan d’étape 2007-2008

Aménagement du Temps Scolaire

 

1 Mise en cohérence des activités sportives spécifiques à l’ATS

 

Dans le cadre de la reconduction annuelle des ateliers bleus sportifs (DJS) et des ateliers bleus culturels et scientifiques (DASCO), les équipes pédagogiques des 2 écoles élémentaires Romainville ont reconsidéré le choix des activités sportives pratiquées sur le temps scolaire.

 

L’équipe pédagogique de l’école Romainville A a souhaité remplacer l’activité Roller par un atelier Danse expression corporelle, considérant que cette dernière permet des liens et prolongements en classe plus intéressants.

 

L’équipe pédagogique de l’école Romainville B a pris en compte les constats avancés par l’équipe de l’école Romainville A, ce qui l’a amenée à modifier l’enchaînement des activités sportives selon les niveaux de classe pour l’école B uniquement.

 

Depuis 2 années scolaires, l’ordre était le suivant :

CP       3ème Trimestre Roller

CE1     1er  Semestre Roller

            3ème  Trimestre BF

CE2     1er Semestre BF

            3ème Trimestre Escalade

CM1    1er Semestre Escalade

            3ème Trimestre Escrime

CM2    1er Semestre Escrime.

 

Les points de discussion

-          L’activité Expression corporelle peut être menée par le PVP ou par le PE, dans n’importe quel espace, ce qui n’est pas le cas de l’activité Roller, qui est de plus difficile à mettre en œuvre en classe entière.

 

-          Comme la Danse et l’expression corporelle, l’activité Roller permet de mettre en place des activités en lien ou en prolongement en classe : travail sur des textes, des photos, sur la sécurité, travail sur l’histoire des rollers et des engins roulant, production d’écrit à partir du guide/ notice d’emploi des rollers, travail sur le mouvement en collaboration avec le PVP Arts visuels. Le PVP EPS a mis à disposition des enseignants un dossier donnant des pistes de travail en classe en lien avec l’activité Roller.

 

-          Les sports de glisse figurent dans les IO. Ils revêtent un réel intérêt pour les élèves, en particulier sur le plan de la prise de risques. Ils sont difficiles à mettre en œuvre par un enseignant non formé.

 

-          Il est constaté que, en cycle 2, le temps d’équipement, par des élèves pas assez autonomes, est trop long et empiète sur le temps d’activité lui-même. De ce point de vue, l’activité Roller correspondrait mieux à des CE2 et CM1. Ce choix permettrait en outre de faire pratiquer les sports associés au roller (hockey…), ce qui n’est pas envisageable avec des élèves plus jeunes. L’école dispose déjà de crosses.

 

-          L’activité Escalade actuellement proposée aux CE2 et CM1 reviendrait alors aux CP et CE1. Ce choix répondrait à une des préoccupations de l’intervenant en escalade : le mur d’escalade dans le préau, de par sa taille, offre des possibilités limitées pour les élèves les plus grands. L’activité dans ces conditions conviendrait mieux aux élèves les plus jeunes de l’école. En revanche, il convient de tenir compte du fait que les 2 écoles Romainville disposent d’un mur  d’escalade extérieur de grande dimension, adapté aux élèves de cycle 3.  Il n’est pas utilisable à l’heure actuelle. Mais s’il était remis en état, le choix serait à reconsidérer. 

 

 

 

 

La programmation pour 2008-2009 sera la suivante:

CP       3ème Trimestre Escalade

CE1     1er  Semestre Escalade

            3ème  Trimestre BF

CE2     1er Semestre BF

            3ème Trimestre Roller

CM1    1er Semestre Roller

            3ème Trimestre Escrime

CM2    1er Semestre Escrime.

 

Conséquence : les élèves en CE1 en 2007-2008 feront à nouveau l’activité Roller quand ils seront en CM1 et ils n’auront pas bénéficié de l’activité Escalade. En compensation, le PVP EPS propose de favoriser ces élèves de CE1 à participer à un atelier périscolaire Escalade en 2008-2009.

 

2 Mise en place de séances en classe entière avec autoévaluation et élaboration de grilles d’évaluation

Elles sont mises en place en fin de cycle.

Durant le cycle, les élèves pratiquent habituellement l’activité  en demi groupe classe.

Les séances en classe entière sont donc l’occasion pour les élèves de rencontrer leurs camarades et de se confronter à eux qu’ils n’ont jamais vu pratiquer.

 

Elles permettent aux enseignants de participer à l’évaluation, de mieux connaître l’activité et en comprendre les enjeux, de développer un lien avec les intervenants, et de le faire aux yeux des élèves.

Il est convenu de poursuivre cette modalité dans les mêmes conditions.

 

3 Travail écrit et oral sur la présentation des activités à d’autres classes

D’un commun avis, ce travail est intéressant sur le plan de l’activité sportive ainsi que sur les plans de l’apprentissage, du travail en commun et de l’expression orale (une des actions du projet d’école).

Il permet aux élèves comme aux enseignants de faire le bilan de l’activité, de mettre en évidence les points essentiels : matériel, règles, sécurité, apprentissages en jeu.

Il est l’occasion d’une rencontre interclasses inter niveaux que les élèves prennent en charge : présentation, formulation, démonstration…

Il est convenu de reconduire cette modalité dans les mêmes conditions.

 

Réflexion sur les compétences transversales développées dans les ateliers, en particulier celles relatives à l’éducation civique et à la sécurité, et dans les autres situations de l’école

En 2007-2008, l’évaluation des compétences en jeu dans les activités de l’ATS ont été intégrées dans le livret trimestriel principal, sous une forme similaire à celle des évaluations des activités des PVP : une à deux lignes par activité.

Cette évaluation concerne principalement les compétences motrices spécifiques à l’activité sportive pratiquée.

 

Or, dans le cadre des ateliers sportifs, les élèves développent des compétences transversales, en particulier sur le plan de l’attitude et du respect.

 

Il est convenu de faire porter l’évaluation sur 4 points en 2008-2009 : les compétences motrices (spécifiques à l’activité sportive pratiquée), le respect des règles du sport pratiqué, le respect des règles de sécurité, le respect de l’autre.

 

Mise en place d’un cahier de liaison entre enseignants et intervenants

Les concertations entre enseignants et intervenants, les séances en classe entière, les évaluations établies en commun ont permis d’établir un lien. Un cahier de liaison n’apporterait rien de plus et serait donc inutile.

Il est convenu de ne pas retenir cette modalité.

 

 


BILAN D'ETAPE- juin 2007

L’école B du 59 rue de Romainville est une école d’application qui compte neuf classes

(six classes banales et trois classes avec PEMF). Elle fait partie d’un groupe scolaire de deux écoles élémentaires et de deux écoles maternelles. Les postes du RASED sont affectés à l’ensemble du groupe scolaire.

Lors de la mise en place de l’ATS, en 1986, l’école comptait en plus une classe de perfectionnement et s’inscrivait dans un groupe scolaire de deux élémentaires et d’une maternelle.

Le personnel Éducation nationale attaché à ces différents postes est resté majoritairement en place durant de nombreuses années, jusqu’à la rentrée 2005-2006 où, pour diverses raisons, le personnel a été en grande partie renouvelé, y compris le poste de direction. Professeurs de la ville de Paris (EPS, ÉA) travaillent également sur cette école depuis longtemps, de même qu’une bibliothécaire (centre Paris lecture).
 

Description de l’expérimentation

 

Objectif 1 :

Développer les compétences physiques, sportives et scientifiques des élèves.

Objectif 2 :

Développer les compétences des élèves relatives à l’utilisation d’une BCD et la connaissance du Livre.

 

Public :

Ecole en ZEP – 207 élèves – 9 classes

 

Le projet d’Aménagement du Temps Scolaire a été mis en place en 1986, avec une alternance des activités physiques et intellectuelles et un aménagement horaire (8h30/12h, 13h30/16h, périscolaire 16h/18h) qui devait permettre aux élèves de mieux s’investir dans les apprentissages.

 

Programmation d’ateliers sportifs, culturels et scientifiques sur le temps scolaire :

-         enseignement de 4 sports : roller, boxe française, escalade, escrime (progression sur les 5 niveaux élémentaires)

-         enseignement culturel : mime (CE1)

-         enseignement scientifique : construction de cerfs volants, météo, ballon, espace (CE1, CM1, CM2).

Programmation d’activités menées en BCD.

 

Développement de compétences transversales relatives aux principes de vie collective, au respect des personnes, à l’hygiène et à la santé.

Les ateliers et les activités en BCD fonctionnant en ½ groupe classe, l’enseignant organise les activités en classe en donnant la priorité à la prise en compte des élèves en difficulté.

 

Dispositif non traditionnel, cet A.T.S. nécessite un financement des interventions (animateurs et matériel) pris en charge par la DJS, la DASCO Ville de Paris et la CAS 10/19.

 

 

En 2005/2006, l’équipe pédagogique a été renouvelée dans la proportion de 7 sur 11. Un tiers des enseignants n’adhèrent pas à l’action ou souhaiteraient la modifier (mettre en place davantage d’ateliers culturels).

 

Aide sur le plan financier uniquement, soutien des familles.

 

 

Pour permettre une expérimentation, sont nécessaires :

-         une adhésion des membres de l’équipe pédagogique,

-         une personne de l’équipe pour gérer le dispositif,

-         un financement (DJS, DASCO, CAS)

 

Une souplesse quant à la demande et à l’attribution d’ateliers sportifs, culturels et scientifiques serait souhaitable afin de répondre précisément aux besoins identifiés des élèves des différents niveaux.

 

 


 

Dispositif prévisionnel d’évaluation

 

Effets :

n       Développement des compétences des élèves sur les plans sportif, culturel, scientifique.

n       Amélioration des compétences des élèves en difficulté sur l’ensemble de leur scolarité élémentaire.

n       Développement de l’attitude citoyenne des élèves (éducation à la responsabilité, à la coopération, à la solidarité).

 

 

Modalités d’observation : action présentée et évaluée annuellement dans le cadre du projet d’école.

n       Evaluations internes (livrets).

n       Evaluations ministérielles (CE2, 6ème, CP, CE1) et comparaison avec les résultats de circonscription, académiques et REP 16.

n       Observations des professeurs du collège de secteur.

 

 

Méthodologie proposée pour l’année 2006-2007

 

La présente fiche est destinée à préciser les conditions du suivi, de l’accompagnement et de l’évaluation de l’expérimentation.

 

Entre le Rectorat de Paris, et son représentant :  Mme MENSA, IEN ICC 19A

et

L’Ecole  élémentaire, B 59 Romainville – 75019 Paris

Contact : Madame CAPELLO, directrice d’école

 

Concernant l’action : Aménagement du temps scolaire

 

 A la suite des évaluations déjà conduites les mois et /ou années précédentes et en appui des constats et préconisation faits, pour rappel :

-  rechercher davantage de cohérence pour les activités proposées par niveau de classe

- intensifier la liaison entre enseignants et intervenants extérieurs (positionnement par rapport aux compétences de chacun), notamment pour les ateliers ayant lieu sur le temps scolaire

- Eviter le morcellement des activités (et des aides) pour les élèves les plus jeunes.

 

L’équipe de l’école pourra approfondir cette année plus particulièrement certains points :

 

-          Faire porter l’analyse plus particulièrement sur l’état des lieux, en s’appuyant sur la « mémoire » de l’action, en requestionnant les choix du dispositif en fonction des données récentes (profils des élèves, évolutions du quartier, renouvellement des personnels, actualités de la recherche)

-          Approfondir un axe du dispositif, comme par exemple, la place et le rôle de l’enseignement de l’EPS dans le dispositif spécifique de l’école.

 

Pour cela, sera mis en place le dispositif de suivi suivant :

 

-          Suivi par l’équipe de circonscription : études de cas, aide à la formalisation écrite, interviews d’élèves….

-          Soutien au travail d’analyse et à la formalisation (HSE) par la MAIE

-          Bilan partagé de fin d’année avec l’équipe et la MAIE

 

Au terme d’une année d’expérimentation (2006-2007)

 Ce bilan écrit est une première formalisation de l'expérimentation; les travaux conduits et l'accompagnement les prochains mois permettront d'affiner voire de revenir sur certains aspects du document.

Durant l’année scolaire 2006-2007, le travail de réflexion mené par l’équipe pédagogique a porté sur 3 points :

-          l’historique du dispositif

-          « éviter le morcellement des activités (et des aides) pour les élèves les plus jeunes » (piste n°3 indiquée par l’IA)

-          « intensifier la liaison entre enseignants et intervenants extérieurs (positionnement par rapport aux compétences de chacun), notamment pour les ateliers ayant lieu sur le temps scolaire » (piste n°2 indiquée par l’IA).

 L’école B du 59 rue de Romainville est une école d’application qui compte neuf classes (six classes banales et trois classes avec PEMF). Elle fait partie d’un groupe scolaire de deux écoles élémentaires et de deux écoles maternelles. Les postes du RASED sont affectés à l’ensemble du groupe scolaire.

Lors de la mise en place de l’ATS, en 1986, l’école comptait en plus une classe de perfectionnement et s’inscrivait dans un groupe scolaire de deux élémentaires et d’une maternelle.

 Le personnel Éducation nationale attaché à ces différents postes est resté majoritairement en place durant de nombreuses années, jusqu’à la rentrée 2005-2006 où, pour diverses raisons, le personnel a été en grande partie renouvelé, y compris le poste de direction. Professeurs de la ville de Paris (EPS, ÉA) travaillent également sur cette école depuis longtemps, de même qu’une bibliothécaire (centre Paris lecture).

 L’école bénéficie d’un aménagement du temps scolaire mis en place à la rentrée 1986, à l’initiative des deux directeurs du groupe de l’époque, MM Brémesse et Fréville.

 

Historique de l’Aménagement du Temps Scolaire  (1986-2007)

 Cet historique a été rédigé par les enseignantes exerçant dans l’école depuis plus de 10 ans et ayant participé à l’élaboration et au fonctionnement du dispositif.

  

A. ÉLÉMENTS DÉCLENCHEURS DE LA MISE EN PLACE DE L’ATS.

 

1. Environnement socioculturel

En 1985. Située à la périphérie de Paris, près de la porte des Lilas, l’école reçoit des enfants très différents : enfants d’une cité d’urgence, enfants immigrés logés dans des conditions très difficiles, enfants de cadres moyens ou de professions libérales. Plus de vingt nationalités se côtoient. Avec une proportion importante d’enfants dont les deux parents travaillent ou appartenant à une famille monoparentale.

 Cette grande hétérogénéité pose le problème de l’accueil de 8 H 30 et 18 heures et surtout celui d’un enseignement profitable à tous.

 L’école de la rue de Romainville se caractérise par un contexte social et économique qui a justifié son classement en ZEP (zone d’éducation prioritaire) à la rentrée 1989-1990.

L’équipe pédagogique, dans un important travail de réflexion, d’analyse et de concertation, s’est penchée sur les difficultés rencontrées dans l’accomplissement de sa tâche et a recherché les solutions possibles.

 

2. Constats de l’équipe

 Lors des réunions d’équipes, trois points capitaux ont été mis en avant :

a)       La violence mesurée, entre autres, par la fréquence des accidents scolaires

b)      L’échec scolaire, objectivé par les dispositifs d’évaluations institutionnels, ainsi que ceux mis en place par les enseignants.

c)       L’hétérogénéité des classes nécessite des dispositifs d’organisation réfléchis et modulables.

 Dès 1985, l’équipe pédagogique a estimé que les dispositifs ministériels d’aménagement du temps de l’enfant étaient un levier positif pour faire évoluer chaque élève par rapport à chacun des trois constats effectués.

 

B. FINALITÉS : RÉPONSE AUX TROIS PROBLÈMES DIAGNOSTIQUÉS.

 -Comment imaginer qu’un jeune élève soit attentif six heures par jour, assis à sa table de travail, alors que peu d’adultes supporteraient une telle contrainte ?

 -L’éducation de la motricité et le sport sont négligés : l’enseignement de l’EPS est loin d’atteindre la durée de cinq heures hebdomadaires, prévue dans les instructions officielles.

 Les activités physiques et sportives ont, dès l’origine, été identifiées comme étant un support positif de progrès. Elles participent à la construction de la personnalité de l’enfant et confortent chez lui des activités propres à assurer son épanouissement : confiance en soi, esprit critique, communication, coopération et créativité. Telles étaient les intentions déclarées des deux instances ministérielles : Éducation nationale et Jeunesse et Sport.

 En effet, les valeurs éducatives du sport et les conditions d’apprentissage moteur (effort, répétition, plaisir de réussir et d’agir ensemble) sont de même nature que les ressources nécessaires à l’enfant pour s’engager dans les apprentissages et surmonter les échecs.

 C’est pourquoi, lors de la mise en place de l’ATS, l’EPS joue un rôle important.

Pour tenir compte et répondre, aux trois problèmes évoqués (violence, échec scolaire, hétérogénéité) le groupe scolaire a mis en place un projet d’aménagement du temps scolaire en octobre 1986.

 Si la finalité de ce projet est, bien évidemment, la réussite scolaire, le choix de l’école est de proposer et de diversifier des activités physiques et sportives auxquelles les élèves n’ont pas accès normalement ; sans omettre d’élargir leur champ culturel (pratique théâtrale, poterie, photographie, ciné-club, rédaction d’un journal…).

 

1. L’agressivité

L’équipe, dès 1985, avait constaté que la durée de l’interclasse du midi, deux heures, était beaucoup trop longue. Lorsque les enseignants reprenaient les élèves à 13h30, ces derniers étaient énervés, il y avait des problèmes de bagarres à régler, beaucoup de discipline à faire, avec au final pas mal d’accidents à déplorer.

 Le projet a donc intégré la diminution du temps d’interclasse de 30 minutes, en allongeant la matinée. Ce faisant, la fin de la classe passant à 16 heures, il était possible d’offrir, de

16 heures à 18 heures, deux heures d’activités périscolaires variées.

 L’orientation choisie a été de mettre en place des activités physiques et sportives permettant de canaliser l’agressivité des élèves tout en respectant les instructions officielles quant aux horaires (« conformité avec les programmes nationaux » comme l’écrit Mme Tyvaert dans son rapport d’inspection d’école, le 1-06-1996).

 L’agressivité s’est trouvée endiguée et le nombre d’accidents a chuté très rapidement : réduction de l’ordre de deux tiers sur l’heure du déjeuner.

Le choix s’est porté sur des activités duelles (lutte, boxe française, escrime), sur l’escalade (maîtrise du risque, adaptation du déplacement à un environnement inhabituel) et sur le football.

 

2. Lutte contre l’échec scolaire

 

Par toutes ces activités, des compétences transversales ont été développées : comprendre, respecter et appliquer des règles établies ensemble, oser s’engager dans l’action, développer le sens de l’effort, apprendre à surmonter ses difficultés. Elles ont aidé tous les élèves, et plus particulièrement ceux en difficulté, à se connaître, à connaître l’autre, à prendre confiance en soi et à appréhender les apprentissages dans de bonnes conditions, avec plus d’assurance.

Il s’agissait de favoriser les apprentissages scolaires dans un contexte éducatif riche et passionnant pour les enfants.

 Par ailleurs, il est à noter que, devant respecter les horaires impartis aux diverses activités liées à l’ATS, les séances d’apprentissage dans les matières « fondamentales », ainsi limitées dans le temps, ont été menées de façon plus dynamique et efficace, allant plus vite à l’essentiel.

La majorité des enseignants en ont eu le même ressenti.

 

3. L’hétérogénéité

 L’organisation de ces pratiques sportives a permis aux enseignants, au sein de leurs classes, d’apporter de l’aide aux enfants en difficultés car le groupe classe pouvait fonctionner en ½ classe, en 2/3 classe ou 1/3 classe suivant les besoins des élèves et les compétences à mettre en place ( par exemple : production d’écrits en petits groupes, manipulations au cycle II dans le domaine des activités numériques, travail guidé et précis en géométrie…).

 Une meilleure gestion de l’ « hétérogénéité » de la classe a ainsi été possible.

Le directeur de l’école, M. Fréville, affirmait que l’une de ses tâches, lors de son arrivée dans l’école en 1983, consistait à signer des demandes de dérogation pour des familles désirant aller dans d’autres écoles, alors que quelques années plus tard, avec l’ATS qui s’y pratiquait, c’est l’inverse qui se produisait. L’ATS a donc permis de toucher toutes les catégories sociales et a ainsi évité « une fuite de l’école ».

 

C. DISPOSITIF

 1. Cycle d’activités

 À la mise en place de l’ATS, le dispositif fonctionnait sur six semaines, avec changement d’activité au moment des différentes vacances. L’objectif était d’ouvrir les élèves à un grand champ de pratiques sportives et culturelles.

 À partir de 1990, elles ont été réparties par trimestre. La critique de l’organisation précédente étant une « surconsommation » d’activités, un « zapping », sans parler de la difficulté à établir, pour les enseignants et les intervenants, un nouvel emploi du temps si fréquemment.

À la rentrée 2004-2005, le dispositif devient semestriel : d’octobre à février, puis de mars à juin, calqué sur les créneaux disponibles pour les séances de natation.

Les emplois du temps devant être révisés chaque année au moment du changement de cycle en natation, il a semblé judicieux de calquer les emplois du temps des classes sur ce même rythme. L’année est donc découpée en deux parties : 1er semestre/3ème trimestre.

  En natation, les classes de CP se familiarisent avec l’activité pendant le 3ème trimestre avant d’approfondir et de stabiliser leurs apprentissages le 1er semestre de l’année scolaire suivante en CE1. Cette logique est suivie pour la pratique des activités dans le groupe scolaire.

Ainsi, une classe commence toujours le 1er semestre par une activité dans laquelle elle s’est familiarisée le 3ème trimestre de l’année précédente.

Cette organisation permet de programmer avec précision, dès le mois de septembre, l’emploi du temps de chaque classe.

 Un bilan de cette organisation reste à faire.

Les activités proposées sont intégrées dans la programmation de l’école et correspondent aux objectifs d’apprentissage contenus dans les programmes officiels.

Les classes participent aux ateliers scientifiques (météorologie, ballon stratosphérique, cerfs-volants, robotique), artistiques (mime, théâtre, musique plurielle, cinéma), et d’éducation physique et sportive (escalade, roller, lutte, boxe française, escrime, football, natation), qui ne se substituent pas aux horaires des programmes obligatoires. Leur répartition, tout au long de l’année scolaire, vise une cohérence.

 

L’encadrement de ces ateliers scolaires est le fait d’intervenants

2. Les horaires

La réflexion sur le prolongement du temps scolaire a fait émerger le besoin d’une offre favorisant l’ouverture culturelle et la pratique sportive. L’école n’est pas le seul lieu d’apprentissage, et d’autres dispositifs sont complémentaires, surtout pour des élèves dont l’intégration sociale est difficile. Il s’agissait de permettre aux enfants de bénéficier d’un meilleur équilibre dans la vie quotidienne entre la formation scolaire et d’autres centres d’intérêt. L’idée était de proposer aux enfants une journée harmonieuse de 8 h 30 à 18 heures, avec une alternance d’activités « intellectuelles » et physiques, assurant l’entrée pour chacun dans les apprentissages et l’épanouissement de la personnalité.

Les horaires étaient donc les suivants :

De 8 h 30 à 12 heures et de 13 h30 à 16 heures, le temps d’étude passait ainsi d’une heure et demie à deux heures, ce qui permettait d’organiser à la fois une heure d’activité physique et une heure d’étude pour tous les élèves. Chaque famille pouvant bénéficier de ce système quels que soient ses moyens financiers. Ce fonctionnement a perduré jusqu’à la rentrée 2006/2007 où les horaires ont été modifiés (16 heures - 16 h 30, goûter ; 16 h 30 - 17 h 30, activité ou étude ; 17 h 30 - 18 heures, garderie gratuite) pour des raisons de sécurité et de responsabilité.

 

En effet, jusqu’en septembre 2006, les élèves étaient amenés à circuler seuls dans les deux établissements pour rejoindre leur salle d’étude ou leur lieu d’activité, principe qui était, à l’époque, au coeur même du projet d’école et du dispositif ATS. Ils tablaient sur l’éducation à l’autonomie et à la responsabilité de chaque élève.

D. PARTENAIRES ET ÉVOLUTION DU DISPOSITIF

En 1986, à la mise en place du dispositif ATS, l’accent est mis sur l’ouverture et le lien avec le quartier et ses associations. Pour encadrer les différentes activités, appel est fait aux enseignants, aux PVP, aux parents et à des intervenants extérieurs appartenant, ou non, au tissu associatif local.

Quelques exemples d’activités dans les années 80 et 90 :

n       Initiation au jeu théâtral avec une animatrice des CEMEA pour les CE2 et CM2,

n       Tir à l’arc, dans le temps scolaire, en liaison avec l’AREA de la rue de Belleville,

n       Sorties dans les musées, au moins trois fois par an pour chaque classe avec des parents,

n       Initiation aux techniques photographiques et vidéographiques avec la MJC de la rue du

n       Borrégo (20e), puis animatrice de la ville de Paris,

n       Bibliothèque, en périscolaire, avec l’association Feu vert,

n       Anglais, sur le temps scolaire, une heure par semaine pour les classes de CM, avec une mère d’élève licenciée en anglais

 

Deux associations servent de support à cette organisation : l’OCCE et l’ASCR.

L’ASCR (Association sportive et culturelle Romainville) est affiliée à l’USEP avec un financement apporté par la DJS (pour les années 1986-1987 et 1987-1988) et un soutien administratif important.

En 1989, lors de la création des Ateliers bleus (à l’initiative du ministre M. Bergelin) le financement devient mixte : DJS et ville de Paris.

Au fil des années, la participation financière de la DJS s’est trouvée réduite pour, peu à peu, être prise en charge entièrement par la ville de Paris.

Par ailleurs, il faut souligner qu’au cours de toutes ces années, et malgré les différentes vicissitudes, l’ensemble du dispositif a fonctionné grâce aussi à un investissement important des parents, ce qui, comme le souligne Gérard Chauveau, chercheur à l’INRP, est un facteur important de réussite pour les enfants (Comment réussir en ZEP, édition RETZ, 2000).

Le choix initial de créer une association, l’ASCR, a permis de traverser les évolutions réglementaires, tout en conservant une grande partie des acquis initiaux.

 

Ainsi, les financements municipaux permettaient d’assurer une heure d’intervention dans le cadre scolaire pour deux heures dispensées sur le temps périscolaire.

À l’origine, il existait deux tarifs d’activités périscolaires. Le premier pour une ou deux activités, le second, pour trois ou quatre. L’accord se concrétisait aussi par le fait que deux activités périscolaires payantes permettaient une heure d’activité gratuite sur le temps scolaire.

Aujourd’hui le nombre d’ateliers bleu sur le temps scolaire n’est plus en lien avec le nombre d’ateliers sur le temps périscolaire.

La mission de l’ASCR est reconnue car elle a répondu au dispositif juridique mis en place en

1990 (procédure d’appel d’offre public de la ville de Paris) pour assurer les missions d’accueil et d’animation dans le prolongement du temps scolaire.

Les évolutions successives ont eu pour conséquence de donner un cadre administratif de plus en plus prégnant où l’engagement volontaire et bénévole d’animation a progressivement évolué vers plus de gestion et d’organisation.

 

E. ÉVALUATION

Malgré des demandes répétées d’un bilan du dispositif, il est regrettable que nous ayons eu peu, sinon pas, de retours lors des évaluations de 1991, 1996, 2000 et 2006.

 

Pourtant, dès les premières années, l’équipe enseignante a pu constater :

1. Un nombre d’accidents corporels chez les élèves en diminution, une régression très nette de l’agressivité dans la cour de récréation

2. Une attention des élèves en classe plus soutenue : ils sont plus disponibles parce qu’ils sont l’objet de sollicitations variées et que le type même de sollicitation est différent

3. Pour un absentéisme de deux ou trois élèves par classe avant l’ATS, on est arrivé à deux ou trois pour l’ensemble de l’école

4. Une hausse du niveau scolaire (voir le pourcentage de réussite des élèves aux évaluations de

6e). De même, les professeurs de langue notent une meilleure écoute chez les élèves issus de notre groupe scolaire. Comme le mentionne le préambule du projet d’école 2003 : « Les résultats des évaluations de CE2 et de 6e montrent que sur les années correspondant aux projets précédents (années 1994 à 2003), les scores globaux en français sont passés de 57% à

64,1% et qu’en mathématiques, ils sont passés de 56% à 66,2%. Le différentiel avec les résultats nationaux et académiques montre qu’il y a une amélioration globale. »

Par ailleurs, en 1987, les associations de parents de l’école, l’UNAAPE et la FCPE, ont réalisé

2 enquêtes, l’une en janvier, l’autre en juin. Après analyse des résultats, il en ressort une très grande satisfaction des parents et des enfants concernant la mise en place de l’ATS :

-92,5% en janvier et 94,6% en juin se déclarent pour la reconduction de ce plan.

-85,2% et 86,5% n’ont pas été gênés par la mise en place des nouveaux horaires. Ceux qui l’ont été, ce fut essentiellement en raison de la non modification des horaires de l’école maternelle voisine.

 

En 2006, une consultation des parents est effectuée par la FCPE. Elle vise à soutenir le renouvellement de l’ATS, dans le cadre de son évaluation. Ce sont 220 parents des 2 écoles élémentaires qui apportent alors « leur soutien à l’ATS et au maintien des activités sportives et culturelles sur le temps scolaire ». Les parents d’élèves ont alors considéré que ces résultats étaient l’expression d’une approbation des familles envers l’ATS. « Cette adhésion à la vie scolaire est une richesse dont il faut tenir compte pour l’avenir ».

 

Par ailleurs, sur un plan moins comptable, il est patent que, pour les élèves du groupe

Romainville, l’école est devenue un lieu d’apprentissage, de vie et de construction de leur personnalité… et plus seulement une obligation.

 

 

 

 

Eviter le morcellement des activités (et des aides) pour les élèves les plus jeunes

(piste n°3 indiquée par l’IA)

 

 

Les ateliers bleus sur le temps scolaire et sur le temps périscolaire sont attribués et financés par la Ville de Paris.

 

Chaque année scolaire au mois de mars, la municipalité adresse aux écoles un catalogue des activités proposées : ateliers culturels et scientifiques par la DASCO, et ateliers sportifs par la DJS.

 

Depuis plusieurs années, six ateliers bleus culturels et scientifiques ont été attribués à l’école dont cinq sur le temps scolaire :

 

-          un atelier « mimes » partagé par 2 classes de CE1

-          un atelier « fabrication de cerf-volant » partagé par 2 classes de CP

-          un atelier « ballon expérimental » pour une classe de CM1

-          un atelier « météorologie » pour une classe de CM1

-          un atelier « espace » pour une classe de CM2.

 

En mars 2007, afin de réduire le nombre d’intervenants extérieurs dans les classes de cycle 2, la demande pour l’atelier « fabrication de cerf-volant » n’a pas été renouvelée. Un atelier « électricité » a été demandé pour les classes de CE2.

 

 

 

Intensifier la liaison entre enseignants et intervenants extérieurs

(positionnement par rapport aux compétences de chacun),  notamment pour les ateliers ayant lieu sur le temps scolaire (piste n°2 indiquée par l’IA)

 

 

Trois points ont été discutés concernant la liaison enseignants/ intervenants:

 

-          proposition de rencontre avec les intervenants en début d’année scolaire: chaque intervenant rencontre les enseignants avec lesquels il va collaborer durant l’année scolaire,

-          une réflexion sera menée au premier trimestre 2007/2008 par les enseignants en liaison avec les intervenants pour définir les modalités d’évaluation des apprentissages des élèves dans le cadre des ateliers sportifs, culturels et scientifiques (compétences spécifiques à l’activité, compétences transversales) et les conditions pratiques (évaluation incluse dans le livret scolaire habituel, ou bien livret spécifique concernant les ateliers sportifs qui suivrait l’élève tout au long de sa scolarité),

-          une réflexion sera menée en liaison avec les intervenants sur les modalités du changement d’activité programmé en mars.

 

 

Concernant les rencontres enseignants/ intervenants, elles se tiendraient fin septembre et auraient pour contenu :

-          comment former les groupes ½ classe ?

-          qu’attend-on des élèves ? (compétences spécifiques, compétences transversales)

-          quelle évaluation définir? (contenu et modalités)

-          quels réinvestissements mener en classe, quels prolongements ?

-          quelles modalités d’organisation pendant la période d’atelier ? (progression, organisation en classe entière, en demi groupe…)

 

 

Concernant le changement d’activité en mars, une action, définie dans le projet d’école 2006/2009, prévoit de préparer les élèves qui terminent une activité à la présenter aux élèves qui vont la débuter.

 

L’objectif est de faire travailler l’expression orale des élèves : présenter l’activité, le matériel, ce qu’ils ont appris…

 

La réflexion portera sur les modalités de ces présentations, établies en concertation avec les intervenants.

  Innover

   Expérimenter

  Accompagner

  Évaluer

  Former



 ©2008- MAIE -  coordonnateur: François Muller - chargé de mission: Frédéric Teillard - mentions légales