
Disciplines concernées :
·
Education musicale (Yves
Hulot responsable du projet) , Français (Stéphanie
Pigère), Latin (Christophe Raphel), Mathématiques
(Pierre Molinier), Histoire-Géographie (Gabrielle
Capron)
Objectifs visés :
·
permettre aux différentes
disciplines autres que la musique de proposer aux élèves des
activités ayant un rapport avec la musique et la danse,
permettre de transmettre en cours de musique des éléments
culturels en liaison avec d’autres disciplines
Public concerné :
·
3 classes en Education
musicale au collège François Villon (établisssement classé
zone sensible) dont deux communes avec le Français
·
1 classe de 5° en
mathématiques au collège Jacques Prévert
·
1 classe d’histoire et un
classe de Latin au collège Edgar Varese
Supports utilisés :
·
Musique :
o
photographies d’instruments de
l’antiquité,
o
extraits du film « La dolce
Vita » de Fellini,
o
extraits d’un documentaire sur
les jeux olympiques d’Athènes
o
extraits d’un documentaire sur
le chant diphonique
o
écoutes d’enregistrements de
musique antique et du Moyen-âge,
o
photographies de manuscrits
musicaux du Moyen-âge,
o
schémas décrivant l’appareil
vocal, et l’appareil auditif
·
Français :
o
manuscrit de la chanson « Non es meraville s’eu chant »
de Bernart de Ventadorn, --
o
copie du texte du manuscrit, de sa transcription en occitan,
et traduction française
·
Mathématiques : texte
de cours et d’exercice élaboré par le professeur
·
Latin : texte, planche
présentant des instruments de musique romains
Bilan :
·
pédagogique : les
professeurs des disciplines autres que la musique ont montré
un vif intérêt pour le projet. Du côté des élèves, selon les
cas, les témoignages montrent un intérêt assez large pour la
recherche de mots anciens dans le cas de la chanson en cours
de français. En mathématiques, quelques élèves ont manifesté
leur intérêt pour l’étude de la « musique-mathématique ». En
latin, c’est l’initiative d’un élève désireux de faire un
exposé sur la place de la musique dans la Rome antique que
l’on peut souligner.
·
organisationnel : les
échanges entre professeurs ont eu lieu par mél, quelques
réunions en binômes (musique et autre discipline) et une
réunion de l’équipe complète ont été effectuées. Cette
organisation, souple et peu contraignante, a semble-t-il été
appréciée. Chacun reste maître de l’organisation de son
cours, chacun peut travailler ou non de manière
synchronisée avec le professeur de musique. Même si la
localisation des enseignants sur trois établissements
limitent de fait les échanges physiques, le frein majeur à
l’utilisation des supports proposés résident
essentiellement, au regard des témoignages, dans deux
facteurs : le faible rythme de travail des élèves, la
densité des programmes respectifs.
·
Didactique : La
question est donc bien de proposer des supports en lien avec
la musique aux activités existantes - l’étude des fractions,
l’acquisition d’un vocabulaire…- Compte tenu de l’extrême
rareté des supports ayant un rapport avec la musique dans
les manuels de Français, d’Histoire, ou de Mathématiques, un
CD-ROM de données a été conçu pour proposer un maximum de
supports exploitables dans les différentes disciplines
(images, textes, sons). Cette rareté qui confine à
l’inexistence, témoigne bien de l’absence de visibilité de
cette discipline dans les enseignements généraux.
Yves Hulot, professeur de musique TZR aux collèges Villon et
Prévert, anciennement affecté au collège Varese, formateur
à l’IUFM de l’université de Cergy.
Les activités proposées dans l’année en classe d’éducation
musicale, en dehors des activités de pratiques
instrumentales et vocales, tournent autour d’un axe
scientifique et d’un axe historique
I L’axe scientifique
Ont été abordés aux cours de l’année de cinquième les
thématiques suivantes :
·
La physique acoustique du
son au travers du chant diphonique de mongolie. L’étude
d’un documentaire réalisé par le CNRS sur cette technique
particulière montre le fonctionnement d’une technique vocale
particulière qui met en évidence la nature physique du son
vocal, empilement de sons harmoniques sur un son
fondamental. Elle fait beaucoup rire les elèves en général
qui perçoivent pour beaucoup seulement le son fondamental et
moins facilement la mélodie qui s’y superpose. Passé le
moment de découverte ils sont très dubitatifs sur le
fonctionnement. Ils sont invités à essayer en prononçant les
voyelles a, é, i, o, ou, et en divisant le palais en deux
cavités mobiles avec le bout de la langue. Certains
parviennent ainsi à faire entendre très distinctement des
sons harmoniques. L’explication physico-mathématique
nécessite d’aborder la question des fractions comme ½, 2/3,
3/ 4 etc…Le travail en classe de Mathématiques sur cette
question peut rendre plus efficace l’acquisition de ce
phénomène. Le lien avec Pythagore est fait au
travers de l’égalité symbolique –tétractys-
1+2+3+4=10 qui donne justement les premiers harmoniques d’un
son et constitue la base de la construction des échelles
sonores chez les Grecs anciens mais aussi pendant toute la
période médiévale et renaissante. On regrettera que la
question de la physique acoustique ait disparu des
programmes du secondaire.
·
La physiologie de la voix
au travers d’exercices systématiques avant le chant, et
par une recherche à faire chez soi sur l’appareil vocal. Le
documentaire du CNRS déjà cité montre également le
fonctionnement de la mâchoire, du pharynx et du voile du
palais dans la production du timbre vocal.
·
La physiologie de l’oreille
au travers d’une recherche à faire chez soi, d’un cours
résumant le principe général et pointant les troubles
auditifs, en particulier les acouphènes qu’une part non
négligeable d’élèves témoignent percevoir. On déplorera que
cette question, comme la précédente, soit absente des cours
de SVT du secondaire alors que les troubles de l’appareil
auditifs sont considérés par une part croissante de la
profession des ORL comme un problème de santé publique.
II. L’axe historique
Deux périodes sont abordées : l’antiquité et le moyen-âge.
Idéalement, pour correspondre avec les programmes d’histoire
de 5°, l’antiquité devrait être abordée en 6° au profit de
la renaissance. Cependant, je préfère m’attarder sur cette
période en 5°, d’autant plus que les outils mathématiques
permettent à cet âge de comprendre au moins le
fonctionnement des rapports et leur utilisation dans la
construction des échelles de sons, laissant les calculs plus
complexes en 4°. Car cette période est fondamentale pour
la compréhension de la musique occidentale dans toutes ses
dimensions. Une fois bien installées les bases, le travail
sur le Moyen-âge et la renaissance s’en trouvent facilité.
·
L’antiquité : elle est
abordée au moyen d’une planche représentant les instruments
dans les différentes civilisations antiques. Elle est
prolongée par une étude de photographies d’instruments
projetées sur écran. Ce travail de reconnaissance permet
d’approfondir la question des familles instrumentales et de
commencer à aborder la question du rapport entre la musique
et la mythologie, la musique et la société, d’un point de
vue civil, philosophique ou religieux. Un travail plus
approfondi est effectué :
o
sur les hébreux :
représentation de Jubal dans un manuscrit médiéval,
écoute d’un alleluiah , d’un psaume pour parler de
l’importance du Roi David. Description de la musique
dans le Temple (importance des symboles chiffrés : 24 chefs
de chant, 288 chanteurs, 120 trompettes tous multiples de 12
qui symbolisent les 12 tribus d’Israël).
o
sur les grecs :
§
travail de recherche sur les
figures d’Apollon et de Dionysos,
§
représentation de la
conception de la double nature de la musique chez les grecs
(mousikè, terme que l’on retrouvera dans le cours de
latin sur les origines grecques de la musique romaine) au
travers d’une représentation d’Ulysse face aux
sirènes sur un vase (l’une ayant un tambourin dionysiaque,
l’autre une lyre apollinienne) ou bien d’un athénien partagé
entre Apollon qui joue de la kithara et de Marsyas qui joue
d’un aulos double (instrument à anche).
§
Travail sur les intervalles
d’octave, de quinte et de quarte issus de la tétractys
(constructions, écoute, jeu au piano, chant). Les élèves
voient l’importance de la musique pour Platon dans la
« République » pour former le citoyen d’Athènes. Et on fait
coup double en faisant entendre que l’hymne de la République
française commence par une quarte pour aller à la quinte et
culminer à l’octave !
§
Distribution d’un texte pour
une lecture des histoires concernant les figures de Pan, de
syrinx, d’Arion (aspect salvateur de la musique) et Amphion
(lien avec l’architecture).
§
travail d’écoute sur un
stasimon de l’Oreste d’Euripide avec deux versions
différentes montrant la difficulté d’un travail de
restitution musicale. Le papyrus de cette œuvre est projeté,
complété par un extrait d’un documentaire réalisé au moment
des jeux olympiques d’Athènes sur la manière dont les jeux
se déroulaient dans l’antiquité. On y voit l’utilisation des
instruments pendant l’entraînement, on entend une mention à
Apollon et Dionysos et l’on y explique comment fonctionne
l’écriture de la musique.
§
Réinvestissement des
connaissances sur la double nature de la musique à travers
l’analyse d’extraits du film « La dolce vita » de
Fellini. Où l’on fait remarquer que le personnage de Sylvia
qui représente tout pour Marcello prend tour à tour les
allures d’un bacchante quand elle danse la nuit dans les
thermes de Caracalla sur « Caracas », joué au saxophone
(instrument à anche), piétinant les étoiles de la piste qui
ont la forme du sceau de Salomon, ou d’une initiatrice
spirituelle quand, à l’aurore, elle paraît baptiser le
chroniqueur mondain dans la fontaine de Trévi au son de la
harpe. Le compositeur, Nino Rotta ayant pris soin
d’utiliser le même thème, celui du film chanté en classe, en
l’arrangeant pour illustrer les différentes séquences.
·
Le Moyen-âge :
o
abordé à travers l’étude d’une
planche de photographies de 7 manuscrits montrant
l’évolution de l’écriture musicale (planche couleur
plastifiée, reprise à la fin de l’heure…) au moyen-âge.
L’une d’entre elle était la reproduction du manuscrit de
Ventadorn étudié en Français. Certains élèves ont réagi
en disant « On l’a déjà vu en français ». Le travail a
consisté à remarquer les différences dans les modes
d’écritures de la musique : neumes en campo aperto, portée à
quatre et cinq lignes en couleur, neumes de différents
styles. Dans un second temps, les élèves abordent les
notions de musique religieuse médiévale (avec la structure
triple du Kyrie eleyson) et profanes (canso, jeu, virelai).
o
La canso de Bernart de
Ventadorn « Non es Meravelha » (adaptation personnelle du
rythme) est apprise.
o
Les élèves apprennent ensuite
(à partir d’une recherche sur le chant grégorien) à
appréhender la construction de la musique médiévale :
réinvestissement des notions acquises à travers Pythagore
(projection des manuscrits de Gaffurio Franchino, de
Boèce).
o
L’étude d’une planche
représentant les instruments de musique médiévale est
proposée aux élèves pour conduire à un travail de
reconnaissance sur des photographies projetées, et déboucher
sur l’écoute.
o
Idéalement l’étude de
photographies concernant le Roi David (spécialement
celles où la construction graphique fait appel aux
proportions issues de la tétractys), les 7 arts
libéraux (où la musique côtoie, dans le quadrivium,
l’astronomie, l’arithmétique et la géométrie), la conception
de la musique selon Boèce (musique du monde, musique
humaine et musique instrumentale représentées dans la cité
de Dieu de St Augustin) devraient pouvoir prendre
place dans un cours d’histoire tant elles illustrent bien la
conception et la place de la musique au moyen-âge.
En dehors de ces deux axes, des incursions dans les Arts
plastiques sont évidemment envisageables. Nous avons
travaillé, dans d’autres classes de 5° antérieurement, sur
le poème « Liberté » de Paul Eluard , mis en musique par
Francis Poulenc pour double chœur à la fin de sa cantate
« Figure humaine » et représenté par Fernand Léger. La
structure du poème utilise encore les nombres 3 et 4 en
particulier : 21 strophes (3x7) de 4 vers (3 de 7 pieds le
dernier de 4 qui attend les trois autres de Liberté)
J’ai proposé à Stéphanie Pigère du collège François Villon
plusieurs documents. Ceux qu’elle a pu retenir concernaient
la chanson du troubadour Bernart de Ventadorn (à partir d’un
extrait de manuscrit de la B.N figurant dans l’ouvrage
« terre des troubadours » de G. Zuchetto aux Editions de
Paris. Les autres concernaient le jeu de « Robin et Marion »
d’Adam de la halle dans une version en ancien français, un
texte et son interprétation parlée en occitan de la vida du
troubadour Peire Vidal, un texte tiré de Pantagruel de
Rabelais où figurait des références à Pythagore et à la
Tétractys. Voici ce qu’elle a pu initier.
Objectifs visés:
·
Aborder le moyen-âge à travers
les notions de troubadour, de poésie courtoise et de
fin’amor.
·
Amorcer, en comparant les
versions originale et en français moderne, une (modeste)
réflexion sur l’évolution de la langue (vocabulaire +
syntaxe)
·
Travailler sur les réseaux
lexicaux (champs lexicaux, famille de mots, antonymes et
synonymes) afin de faire émerger les caractéristiques, en
termes de contenus, de la littérature courtoise.
Niveau concerné: 2 classes de cinquième de collège,
d’un niveau plutôt faible.
Documents utilisés :
·
détail du
manuscrit de Bernart de Ventadorn, « non es meraville
seu chant »
·
3 « versions » du texte de la chanson: la version
originale en ancien-français, la transcription en occitan et
la traduction en français moderne
Cadre de travail: Les documents-supports ont été
proposés aux classes dans le cadre d’une séquence sur le
Moyen-Age. Cette séquence était la dernière de l’année
scolaire.
Nombre d’heures: 3h.
Descriptif du déroulement de l’action:
Séance 1: Cette première séance de travail était
aussi la première de ma séquence. Il s’agissait d’une séance
consacrée à le lecture de l’image. J’ai distribué aux élèves
la photocopie du manuscrit de B. de Ventadorn, mais sans
leur fournir les références du document. Leur première
réaction fut celle d’une méfiance (« on ne comprend pas ce
qui est écrit », « on n’arrive pas à lire »). Ils ont été
priés de ne pas tenter de déchiffrer, mais de regarder le
document dans sa globalité.
Activité 1 : Distinguer les différents éléments qui
composent ce document et tenter de les nommer (légender le
document avec un système de flèches). Ont été mis en avant
les éléments suivants: texte, notes, portée, lettrines
-enluminures. Le document a été défini alors comme étant une
chanson et le mot « manuscrit » est prononcé spontanément
par un élève. Les références du document sont alors données.
Activité 2: Essayer de relever, dans le manuscrit,
des mots familiers (soit parce qu’ils sont identiques en
français moderne, soit parce qu’ils ressemblent à des mots
du français moderne).
Ont ainsi été relevés: « que », « car », « en », « par »,
« nul », « un enfant », « la », « de », demant », « force »,
« quan », « guerre » ... Ont aussi été relevés, « par
erreur », les mots « mon » (ligne 1), alors qu’il s’agissait
en réalité de « demondan1dan » (demandant), « feu »,
alors qu’il s’agissait de « seu », (si je)... Toutes les
erreurs ont été rectifiées au fur et à mesure.
Le relevé du mot « chantador » m’a permis de montrer que le
suffIxe « -or » a évolué en « -eur » ( on a relevé ensuite
« meillor » et « flor » qui suivent le même principe).
A ce stade est distribué le 2ème document
comportant les 3 versions de la chanson. Dans la version
en langue originale, seule la première strophe a
véritablement été lue. Un travail de comparaison entre le
manuscrit et le texte restitué de cette première strophe a
été mené: plaisir de faire coïncider un mot « obscur » du
manuscrit (« meraville ») avec sa transcription plus
« lisible ».
Activité 3: Comparer le texte original et la version
moderne (seulement la première strophe).
On a constaté une longueur plus importante en français
moderne. En revanche, la distinction vers/ prose n’est pas
apparue spontanément! Certains élèves ayant du mal à
comprendre ce qu’était un vers, j’ai, après l’avoir
expliqué, demandé à ce qu’ils tracent une barre oblique,
dans la version moderne en prose, à l’endroit où le retour à
la ligne aurait dû être marqué. L’intérêt de ce travail, non
prévu au départ, est qu’il a permis de montrer que :
·
l’ordre des mots n’était pas
le même (« et force et poder i’ai mes » => « j’y ai mis mon
corps et mon coeur »)
·
certains mots n’étaient pas
utilisés en ancien français (le pronom sujet « je » et le
déterminant possessif « mon »).
Pour la séance 3, les élèves ont eu à préparer un
questionnaire portant sur la version en français moderne.
Séance 2 : Etude de la langue: rappel sur la
formation des mots dérivés et exercices sur les préfixes et
les suffixes.
Séance3: séance de lecture (support: la traduction en
français moderne de la chanson de Ventadorn) Les élèves,
guidés par un questionnaire, ont formulé le propos de la
chanson (l’expression des sentiments amoureux du poète à la
dame ). A partir de ce même questionnaire, ils ont relevé
les mots utilisés plusieurs fois (« amour », et mots de la
même famille : »aime » « amants »; « coeur »), puis les mots
qui étaient liés à cette notion d’amour (‘joie, « douce
saveur », « gentiment », « bien »...), et enfin ceux qui y
semblaient opposés (« pleurs », « mal », « ennui »,
« peine »...). Enfin, on a étudié le portrait fait de la
dame aimée (« noble », « la plus belle et la meilleure »,
« pleine de bonté, gaie et courtoise »), on a relevé la
métaphore de la prison (« aucune clé ne peut ouvrir les
prisons dans lesquelles elle m’a mis »), et on a caractérisé
la relation établie entre le poète et la dame
(« serviteur », « je vous servirai », « on sert »,
« commandement »), à savoir une relation de soumission et
d’obéissance à la dame.
Au terme de cette séance, on a pu définir les notions
de :
·
champ lexical
·
métaphore
·
amour courtois
·
troubadour
Rapide analyse :
L’entrée dans la séquence par le biais du manuscrit a
suscité un intérêt chez les élèves (ce support était
certainement assez inhabituel pour eux et le désir de
« déchiffrer » commun aux deux classes). L’activité de
relevé-reconnaissance des mots a été apparemment appréciée
(même les plus réticents à l’oral se sont laissés prendre au
jeu...) et a dû être interrompue car les mêmes mots étaient
proposés, parfois trois ou quatre fois vers la fm, sans que
personne ne semblât s’en apercevoir... La séance de lecture
(séance 3), aurait pu être approfondie: mes objectifs, que
je trouvais raisonnablement ambitieux, l’étaient peut-être
trop pour une classe faible, et dont le rapport à l’écrit
est difficile. Ne souhaitant pas revenir une troisième fois
sur le texte de la chanson, j’ ai essayé de tout faire sur
une heure, mais cette rapidité n’était peut-être pas
judicieuse (la notion de métaphore ou la
notion de champ lexical aurait largement suffi). Cependant,
j’avais d’autant plus ce souci de « rapidité » que pour une
des deux classes, l’organisation a été difficile (voire
défaillante...): un contrôle est venu s’intercaler entre ces
séances, suivi de sa correction. Au final, une semaine s’est
écoulée sans que l’on reparle du document, semaine pendant
laquelle d’autres activités ont été menées.
Un travail d’apprentissage « par coeur » d’une partie de la
chanson aurait pu être proposé. La séance suivante a porté
sur la lecture d’un Lai de Marie de France, qui a permis
d’approfondir la notion d’amour courtois.
J’ai proposé à Christophe Raphel , professeur de latin au
collège Edgar Varese des éléments iconographiques et
bibliographiques sur la musique à Rome. Comme textes, je
lui ai proposé le traité « Dialogues de la danse » de
Lucien de Samosate, où l’on peut lire ce qu’est pour lui
l’idéal du danseur. Voici ce qu’il a pu entreprendre à
propos de la musique à Rome en classe de 5ème
latiniste.
I l’objet de l’action
l’action a pour objet de lier l’intérêt pur la musique avec
l’étude du latin dans une classe de 5ème
présumée motivée par cette option.
Le programme de latin de 5ème ne comporte pas
une entrée spécifique pour la musique, mais ce programme
insiste sur la vie et les activités quotidiennes à Rome, la
vie politique, l’histoire, la littérature concernant
plutôt les programmes de 4ème et 3ème.
Il me paraît donc possible d’aborder la musique à Rome à
travers quelques aspects : la vie quotidienne et les
loisirs, l’héritage grec, les lieux publics romains (le
théâtre, les odéons par exemple), les classes sociales.
II Les difficultés et la forme .
·
La difficulté
Elle réside dans la possibilité de synthèse de tous ces
éléments, abordés de manière disparate, et pas forcément
dans leur totalité. Les textes et les entrées qu’ils
procurent sur la civilisation sont liés à une progression
grammaticale qu’on ne peut perturber. Ajouter des textes
extérieurs pour étoffer une leçon demeure possible, mais le
temps est compté. Les 5èmes n’ont que deux
heures de latin hebdomadaires, et il arrive que celles-ci
disparaissent pour des raisons diverses (sorties scolaires,
jours fériés...). De plus, les difficultés d’analyse
grammaticale amènent à un certain piétinement, une
constante étant que la plupart des élèves peinent beaucoup
à identifier les fonctions essentielles dans la phrase, et
ne peuvent donc se familiariser avec la déclinaison, que par
contrecoup ils renâclent à mémoriser.
Donc, pour être concret, la classe concernée par la musique
avait à peine atteint la moitié du
programme théorique aux vacances de Pâques, et par
contrecoup n’avait pas abordé suffisamment de faits de
civilisation pour que les élèves fassent valablement le lien
avec la musique et ce qu’ils étudient. J’ai donc décidé de
lancer l’idée à partir de la 7ème leçon de mon
manuel, qui en comporte quinze, à un moment où les élèves
ont abordé les classes sociales à Rome, les lieux d’agrément
et de loisir, les monuments antiques.
·
la forme
Après avoir pensé à une recherche collective, que certains
n’auraient pas effectuée (il n’est pas de coutume de
travailler beaucoup pour une option) ou qui aurait dû être
faite en classe, et donc dévorer beaucoup de temps, j’ai
choisi de proposer à un élève un exposé bref, en lui
indiquant quelques outils et en fournissant un plan de
recherche, et qui est le suivant, en lui indiquant que sa
démarche sera automatiquement notée positivement, et que son
approche sera complétée par une reprise, qui sera l’occasion
d’assimiler quelques mots et éléments de civilisation.
Intro : lieux et circonstances de la musique à Rome
-
sacrée, militaire , loisirs
-
les domiciles particuliers, le
théâtre, les odéons
les instruments utilisés pour chaque type de musique ( voir
illustrations fournies)
·
à chaque usage son instrument
la musique liée à l’ art
son origine grecque
sa destination : poésie, agrément
Qui sont les musiciens ?
·
professionnels
·
esclaves
·
affranchis
Outils : les ouvrages disponibles au CDI
lui ont été indiqués, ainsi que quelques mots clefs sur
internet, le dictionnaire de l’Antiquité d’Howatson
Une planche fabriquée à partir d’un montage et
représentant quelques instruments fréquemment représentés,
dont les autres exemplaires seront remis par-lui même aux
élèves
III La mise en œuvre
·
les attentes :
Que les élèves puissent faire le lien entre divers éléments
de la vie quotidienne ;
Qu’ils mesurent l’héritage des Grecs, par anticipation avec
un cours plutôt prévu pur la fin de l’année.
Qu’ils entrevoient l’importance de l’aspect musical dans la
poésie latine, langue à la fois tonale et quantitative,
s’ils poursuivent l’étude de cette langue.
Le total ne devrait guère dépasser une heure, même si un
débordement sur un autre cours peut s’avérer nécessaire
pour au moins lister le vocabulaire.
·
La reprise sous forme de
synthèse :
Après un débat oral, des questions, elle suit le plan donné
à l’élève, souligne et développe les points abordés. Le
vocabulaire latin est précisé pour permettre quelques acquis
lexicaux.
J’ai proposé à Gabrielle Capron, professeur agrégé d’Histoire-Géographie
au collège Edgar Varese de travailler sur différentes
entrées possibles de la musique dans sa matière, que l’on
trouvera en
annexe . Son action a tourné autour d’un projet
« lecture de l’image en classe de Cinquième » associant des
collègues du collège Varese. Voici son témoignage :
Il s’agit d’un travail interdisciplinaire en
collaboration avec les collègues de Lettres, EPS, musique et
Histoire-Géographie et une association extérieure de mise en
scène « Les Petits Riens »
Sur le thème du Moyen Age au programme des classes de
Cinquième.
Nous avions choisi en début d’année plusieurs documents
patrimoniaux qui figurent aussi bien dans le manuel
d’histoire que dans le recueil de textes littéraires. Il
s’agissait à propos de ces documents :
1°) d’obtenir une lecture analytique de l’œuvre, avec
l’utilisation du vocabulaire approprié et l’enrichissement
du langage.
2°) d’obtenir une lecture synthétique, en plaçant l’œuvre
dans son contexte historique, de donner du sens à une
situation, à ce que vivent les personnages représentés.
3°) d’approfondir la lecture en trouvant les différents
moments décrits dans une œuvre, les différents espaces
concernés en mimant les scènes avec le collègue d’EPS.
(notions de temps et d’espace)
4°) d’élaborer la trame d’un récit qui lierait les scènes
étudiées et jouées par les élèves pour présenter un petit
spectacle qui serait présenté par tous les élèves de la
classe en fin d’année.
Chronologie des différentes étapes du travail
I.
Nous avons étudiés et animés des
scènes découvertes au musée de Cluny qui propose un travail
de lecture à partir d’un triptyque et de la légende de
St-Martin : cela a permis de travailler le récit et la
chronologie. Mais également les métaphores, les symboles et
le merveilleux au Moyen Age. Les élèves ont
composé un chant à partir des noms des différentes
communes qui portent le nom de St-Martin. (liste de
quelques 200 noms trouvée dans l’annuaire des postes)
avec l’aide de leur professeur de musique.
II.
Parallèlement nous avons étudié un
texte et une enluminure relatant le sacre de
l’empereur de Constantinople au IXème siècle : c’est
dans cette enluminure que sont introduites les trompettes et
la musique. Pour jouer les scènes relatées par
l’enluminure, les élèves ont dû s’intéresser au texte à
écrire et à la musique à découvrir. D’où questions aux
professeurs concernés.
III.
La cérémonie de l’adoubement
des chevaliers étudiée dans plusieurs enluminures et lues
dans les chansons de geste. L’étude nous a conduits à
présenter ce que furent les trouvères et les troubadours.
Nous avons lors d’une deuxième visite au musée de Cluny
écouté un concert de musique trouvère et découvert les
instruments de musique du Moyen Age. Les élèves ont appris
deux chants de cette période. Les chants sont introduits
dans leur spectacle final.
IV.
Deux autres visites au musée de Cluny
ont permis de familiariser les élèves avec des œuvres comme
des suites de tapisseries qui racontent des histoires (par
exemple la légende de St-Etienne), ces visites ont permis
d’étudier le geste et l’expression dans les
représentations artistiques, le langage des attitudes très
codifié des personnages représentés (tapisseries, vitraux,
chapiteaux sculptés, manuscrits, panneaux peints de
triptyque…) mais également le costume selon les
différents personnages. Chaque fois les visites se
terminaient par un concert de musique du Moyen Age.
Ainsi nous avons pu étudier « la tapisserie de la Dame au
bain » et imaginer la musique qui était jouée par l’un de
ses visiteurs.
V.
Ainsi les élèves ont pu repérer de
plus en plus facilement les instruments dans les différentes
scènes observées dans les œuvres comme dans les tapisseries
de la Dame à la Licorne ou bien le panneau du sacre de Louis
XII. Et la musique fait désormais partie des scènes
étudiées.
VI.
D’ailleurs la musique est très
présente dans pratiquement toutes les œuvres étudiées au
musée : pourquoi ne l’est-elle pas dans les manuels
d’histoire ?
Nous n’avons pas eu le temps de travailler de la même
manière sur plus de cinq œuvres dans l’année.
Mais ces œuvres sont suffisamment significatives pour
permettre un montage cohérent en cette fin d’année et de
lier les apprentissages dans les différents domaines comme
l’expression, la diction, la mémorisation de texte écrits
par les élèves, le chant.
En marge de cette expérience, aujourd’hui notre classe a eu
l’occasion d’assister à une répétition d’un opéra de
Monteverdi avec l’orchestre des Talens Lyriques : les élèves
ont apprécié l’opéra et ont su m’en parler avec plaisir lors
de leur retour en classe.
J’ai proposé à M. Molinier professeur de mathématiques au
collège Jacques Prévert à Paris de travailler sur plusieurs
axes :
·
La musique selon Pythagore,
avec un travail sur les fractions.
« Quand Monsieur Hulot m’a proposé de participer à un projet
qui impliquait plusieurs matières, j’ai tout de suite
accepté, l’idée étant très intéressante.
J’ai donc passé un certain temps à comprendre ce qu’avait
fait les pythagoriciens pour construire une gamme musicale
intéressante.
Dans un deuxième temps, j’ai essayé de préparer un travail
qui doit être accessible à des élèves de niveau cinquième,
quatrième . Plusieurs notions peuvent être utiliser, pour la
classe de cinquième ce sera les fractions , multiplication
des fractions et une initiation à la résolution d’équations
; pour la classe de quatrième les notions précédentes avec
en plus : utilisation des puissances d’un nombre et
résolution d’équations ; on peut certainement dans cette
classe utiliser la notion de inverse proportionnalité.
Le temps m’a manqué cette année pour intégrer ces notions
dans le cours. J’ai tout de même essayé de faire quelques
séances d’environ une demi-heure dans ces classes, cela a
intéressé quelques élèves, une d’elles a appelé ces séances
: musique mathématiques.
Je pense continuer ce travail l’année prochaine, améliorer
la présentation , en particulier insister davantage sur le
lien avec la fabrication d’instruments de musique : guitare
par exemple ; également prévoir des questions qui feraient
partie d’un devoir en classe. »
On trouvera en
annexe le projet pour des élèves de quatrième.
·
Un travail sur la réalisation
de représentations statistiques du marché du CD en France
(non abouti)
J’avais proposé des statistiques en « camenbert » montrant
quel pourcentage perçoit les auteurs, les interprètes les
producteurs et les éditeurs de musique et en bâtons la part
de chaque genre de musique (variété, classique…) dans les
ventes de disques et la part dans l’ensemble du catalogue
existant. L’idée était de donner un certain sens à la
présentation statistique, celui de relativiser la
rémunération des artistes, et de montrer par exemple que la
variété française qui représente plus de 40% des ventes de
CD, représente 7% des références de CD dans les catalogues
des maisons de disque. Inversement la musique classique et
le jazz représente environ 8% des ventes, mais plus de 26%
des références. D’où une différence entre la répartition des
ventes qui fonde les classements (disque d’or …) et la
répartition du catalogue. On trouvera en
annexe les représentations statistiques pour 2004.
·
Un travail plus large sur la
géométrie et la symbolique des figures et des nombres (non
abouti)
J’ai proposé des représentations tirées de l’ouvrage « l’art
des bâtisseurs romans » réalisés par les moines de l’Abbaye
de Boscodon. Elles me semblaient intéressantes pour les
références culturelles et les exercices potentiels qu’elles
suggéraient
Français

Séance 3: lecture
Support : « Non es meraville seu chant », Bernart de
Ventadorn
1) Expliquez en une phrase ce que dit la chanson :
………………..…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
2) Quels mots retrouve-t-on plusieurs fois ?
. …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
3) Quels mots du texte associez-vous au mot « amour »
(parce qu’ils évoqueraient une idée commune
4) Quels mots s’opposent à ceux que vous venez de relever?
que remarquez-vous quant à leur nombre
5) De qui parle le poète dans l’avant-dernière strophe?
Comment la présente-t-il?
6) A qui s’adresse-t-il dans la dernière strophe? Que lui
dit-il? ...
7) Quel lien unit le poète à sa dame? Quel mot de la
première strophe renvoyait déjà à cette idée

Problème qui se posait du temps de Pythagore .
Étant donné qu’une corde tendue entre deux points peut vibrer
, comme une corde de guitare, 100 fois par seconde par exemple
et que en diminuant la longueur de la corde de moitié , elle
vibre alors 2 fois plus vite ; comment partager cet
« intervalle « par des intervalles plus petit et qui soient
assez réguliers pour produire une gamme intéressante. Cela
s’appelle le tempérament c’est-à-dire le réglage des hauteurs de
sons .
Une corde qui vibre 100 fois par seconde, vibre à 100 Hertz.
(noté : 100 Hz )
Exercice : Calculer combien de fois a vibré une corde pendant 1
minute si elle vibre à 100 hertz.
Pythagore n’était pas seulement philosophe et mathématicien ,il
s’est également intéressé à la
musique.
ATTENTION : nous savons maintenant qu’une corde peut vibrer par
exemple , à 100 Hz ou 200 Hz , dans ce cas on pourrait
partager l’intervalle 200 Hz - 100 Hz = 100 Hz en 10
intervalles de même fréquence, ce qui ferait 11 notes séparés
par des intervalles de 10 Hz chacun.
A
présent, utilisons les nombres 2, 3, 4. En multipliant par le
coefficient 3/2 on obtient la note Sol, la corde vibre à
150Hz . Pour l’obtenir, il faut pincer la corde au milieu de
[BC] .
Et que : 3/2 x 9/8 x 9/8 x 256/243
x 9/8 = 2
Faites ces deux calculs en utilisant les puissances de 2 et
de 3 :