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Descriptif de l’action
Origine de l’action.
Le CVL m’a fait part ( fin novembre) du
souhait des élèves de Baccalauréat professionnel de bénéficier
de séances d’initiation à la philosophie.
Cette demande s’accompagnait d’une
interrogation sur les raisons de son inexistence dans les
enseignements de ces formations.
L’équipe de direction souhaite répondre
favorablement à cette demande qui manifeste une curiosité
intellectuelle, un désir de réflexion et une attente de
valorisation.
Cette demande et la suite qui lui sera
donnée s’intègre naturellement dans notre projet
d’établissement à l’intersection des trois axes « Parcours
scolaires », « Actions culturelles » et « Vie lycéenne »
Les équipes pédagogiques de terminales,
le conseil pédagogique, la commission permanente se sont
déclarés favorables à cette demande et à notre volonté d’y
donner suite. Le projet sera soumis au vote du CA du 6 mars
2007.
En répondant à une demande exprimée par ces
élèves de lycée professionnel du bâtiment, ce projet répond
d’abord à une attente de valorisation. Nous espérons pouvoir
nous en servir de levier pour leur apporter un enrichissement
personnel et un approfondissement de leur formation civique.
Objectifs.
En abordant les thèmes répondant à leurs
interrogations de jeunes lycéens et les thèmes prolongeant
certains aspects de leur formation professionnelle :
- Induire une exigence de réflexion et
d’approfondissement dans l’élaboration d’une pensée.
- Sensibiliser les lycéens à la démarche
philosophique.
- Proposer une initiation à la lecture de
textes philosophiques.
- Montrer que toute pratique, et notamment la
pratique professionnelle correspondant à leur formation, peut
s’ouvrir sur le questionnement philosophique.
Public concerné :
Classes de terminales Bac Pro (
Techniques du Bâtiment et Aménagement-Finition) et classe de
terminale Brevet des Métiers d’Art ( Décor Surface et volume)
soit un total de 30 élèves.
Recherche de partenaires.
Nous avons retenu deux types de partenaires :
des conférenciers et un professeur de Philosophie.
M. ODON VALET est d’accord pour venir
bénévolement donner deux conférences sur le thème des
religions, de la laïcité et de la tolérance.
Mme POUMEROLIE, professeur de philosophie en
classe préparatoire à Maurice RAVEL et enseignante en milieu
carcéral, est d’accord pour animer une séance pédagogique
bimensuelle.
Nous sommes encore à la recherche
d’autres conférenciers.
Calendrier prévisionnel de mise en
œuvre.
Avril – Mai 2007 :
Vérification de l’attente exprimée par les élèves et
élaboration du contenu.
Durant cette phase, Mme Poumérolie se propose
d’animer 5 séances de 1,5h.
Juin 2007 :
Bilan et programmation éventuelle pour 2007-2008
2007-2008 :
Déroulement de l’action et conférences. Bilan intermédiaire en
février 2008.
Méthodologie.
La méthodologie retenue repose sur 3 axes
- Participation facultative des élèves.
- Activité de sensibilisation et d’initiation à
la réflexion philosophique sans que celle-ci ne soit
transformée en un enseignement programmatique.
- Activité reposant sur la lecture guidée de
textes philosophiques et l’échange entre le professeur et les
élèves.
Dans la mesure du possible, à l’issue d’un
thème, une conférence sera proposée aux élèves.
Coût de l’action.
Les conférenciers interviendront bénévolement.
Le professeur de philosophie sera rémunéré en
HSE taux PLP :
Période de avril - juin 2007 : 4 HSE / séance
soit 20 HSE
2007-2008 : si validation du projet :
16 séances soit 64 HSE
Caractère expérimental, innovant ou
dérogatoire.
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Ce projet n’est pas à proprement parler innovant : des
expérimentations ont eu lieu dans d’autres LP.
Néanmoins, à Hector Guimard, ce
projet me semble innovant dans la mesure où des élèves d’un LP
« sensible » du bâtiment souhaitent « faire de la
philosophie » et expriment ce vœu par l’intermédiaire du CVL.
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Il est expérimental dans la mesure où rien ne nous garantit la
durabilité de cet appétit : à nous de leur ouvrir les portes
de cette réflexion, de les y guider, en tenant compte de leur
spécificité de lycéens professionnels.
Ce projet ne nécessite pas l’obtention d’une
dérogation. Il se situe dans le cadre de l’autonomie
pédagogique des EPLE. Il est
néanmoins nécessaire qu’il obtienne un avis favorable de
l’autorité de tutelle pour pouvoir obtenir les HSE permettant
d’indemniser l’enseignant.
Premiers elements d’analyse de l’action
Bilan de la phase de lancement (avril-juin
2007)
Evaluation
Le dossier d’expérimentation précisait les
critères à prendre en compte pour l’évaluation de cette phase
de lancement.
Critères quantitatifs.
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Nombre d’inscrits : 15 sur 40 élèves de 1ère et
Terminale Bac Pro
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Nombres de présents réguliers : 10
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Fréquentation des conférences : Les conférences n’ont pas eu
lieu. M. Odon VALET n’ayant pu se libérer. Il nous a promis sa
participation pour l’année prochaine.
Critères qualitatifs.
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Voir ci-dessous le compte rendu
d’activité et d’analyse de Mme POUMEROLIE.
Retour du CVL : à l’issue de l’atelier les
élèves de terminale du CVL ont manifesté leur satisfaction
d’avoir vu leur demande aboutir.
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Lien avec les enseignements.
Le petit nombre de séances n’a pas permis
d’établir les liens permettant une jonction avec les
enseignements du programme. Toutefois les échanges de la
dernière séance ont permis aux élèves d’identifier
l’exploitation possible de cette réflexion dans la réalisation
de leur PPCP conduit sur l’architecture de GAUDI.
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Auto évaluation : La période de fin d’année ne
nous a pas permis d’organiser une séance d’auto évaluation
par les élèves.
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Le CA est favorable à la reconduction de cette expérimentation
dans le cadre de notre projet d’établissement.. Les
professeurs de lettres souhaitant accompagner ce projet ( M.
CHAIBI, M. LEBRAY, Mme HAMMAS, Mme GREMAUD ont demandé les
classes de terminales dans leurs vœux de services.
Compte tenu de ces éléments portant sur la
phase de lancement, nous reconduisons le projet l’an prochain
sur le rythme d’une séance par quinzaine.
Nous sollicitons une aide académique pour la
prise en charge de la rétribution de l’enseignante en HSE.
COMPTE RENDU DE L’EXPERIENCE:« ATELIER DE
PHILOSOPHIE » par MADAME POUMEROULIE (avril –juin 2007)
Il ne s’agit pas d’un cours, il n’y a ni
programme imposé ni rapport avec le baccalauréat ; cependant
ce n’est pas simplement un lieu de libre expression, mais un
lieu pour commencer à philosopher commencer cette activité de
penser, de parler à propos des expériences, des pratiques et
des savoirs de chacun présent au monde. Souligner les
exigences de cette activité de penser fut notre premier
souci : ce n’est pas sans s’exercer qu’on rompt avec les
habitudes de penser car nous pensons déjà et ne prétendons pas
inaugurer cette activité.
Première séance le 27 03 07
Lors de la première rencontre nous proposons de
revenir aux commencements pour découvrir ce dont nous parlons,
ce que nous faisons : philosopher. D’où la figure de Socrate
le 27 03 07.
Nous partons de ce que l’on croit savoir de la
philosophie, et du croisement des points de vue nous dégageons
l’importance du QUESTIONNEMENT : s’interroger, s’étonner,
mener l’enquête tel Socrate dans l’apologie de Socrate écrite
par Platon. Nous présentons la démarche, la singularité de
Socrate, ses relations méthodiques avec ses interlocuteurs. La
question qu’est ce que est première soit de quoi parle-t-on ?
Nous retardons la définition de la philosophie. Quel désir
nous motive ? Désir de savoir, de vérité dans l’ordre des
idées et pour conduire sa vie. On ne peut vivre sans examiner.
Examiner c’est aussi s’examiner pour prendre conscience des
idées reçues, des préjugés, des opinions, des croyances, des
connaissances par ouï-dire qui constituent d’abord nos
pensées. Que faire ? Philosopher c’est-à-dire mettre ses
pensées à l’épreuve du doute, de l’autre, de son esprit
critique. Nous insérons quelques lectures de fragments
philosophiques. Cette première séance permet de découvrir que
penser n’est pas seulement « penser à », « penser que » et
doit donc s’apprendre, s’exercer. Pour finir nous consultons
les dictionnaires et découvrons l’étymologie du mot
philosophie qui retient l’attention des élèves. Il nous reste
à choisir la notion de la deuxième séance, les élèves
choisissent « l’amour ».
Deuxième séance le 03 04 07
Le groupe, une quinzaine de filles et garçons
s’amusent de leur choix : l’amour… plein de sous-entendus et
de questions : être amoureux ? le sexe ? Il faut un bref temps
d’échanges pour faire le lien avec la séance précédente, la
philosophie est amour, érotique en grec. Nous lisons ensemble
des extraits du BANQUET de Platon (Aristophane, la Parole de
Socrate). La liberté de l’atelier permet de prendre en compte
des inquiétudes, l’amour cela ne se passe pas si bien ; donc
nous analysons quelques problèmes que posent la relation à
autrui : la nature du désir, le désir possessif. Le temps de
cette séance s’épuise trop vite, cependant, nous nous
interrogeons en dernier lieu sur un oubli, l’amour de soi. Une
jeune fille se souvient d’avoir lu un texte sur le
narcissisme, retrouve ce texte de son cours de lettres, nous
le lisons et construisons –ce qui est un des buts de
l’activité philosophique– la distinction entre amour de soi et
amour-propre. Nous manquons de temps pour recueillir de
manière organisée ce dont nous avons traité, c’est sans doute
une limite de cet atelier. Prochaine séance ? Une élève
spontanée demande à traiter de la différence, sans vraiment
éclairer son choix. Je prévois que cette notion permettra de
construire un problème, élément fondamental de l’activité
philosophique. Pour des raisons de vacances et de bac blanc la
troisième séance est différée au 30 04 07.
Troisième séance le 30 04 07
Qu’est-ce que cette jeune fille avait donc en
tête en proposant cette notion : la ou les différences ? Les
différences ethniques ? les différences de couleurs ? de
coutumes ? C’est bien cela qui retient son attention. La
différence des sexes s’impose aussi. Progressivement nous
tentons l’analyse, usons de dictionnaires : la différence est
relation, elle suppose comparaison, jugement. Mais son constat
n’est pas encore la formulation d’un problème. Pourquoi donc
cette jeune fille l’appréhendait-elle comme une difficulté ?
S’agissait-il de gommer, de nier, d’uniformiser les
différences ? Progressivement un problème possible prend
forme : la différence fait problème lorsqu’elle est vécue
comme inégalité et facteur de discrimination. Nous remarquons
ensemble que nous avons franchi une étape fondamentale de
l’activité philosophique en posant un problème. Dans un cours
j’aurais choisi de travailler Rousseau, ici je leur conseille
la lecture de la préface du dictionnaire philosophique de la
langue européenne pour ouvrir leur pensée à l’altérité et à la
diversité. Nous concluons, faute de temps que la différence
signifie écart, spécificité, moindre être ou plus d’être.
Quelques conseils de lecture variée : A. JACQUARD : Eloge de
la différence, S AGACINSKI : Engagements. Sans presque hésiter
les élèves choisissent pour la troisième séance La liberté.
Quatrième séance le 15 05 07
La quatrième vit peu d’élèves (Journées d’oral
blanc du bac), donc je n’insisterai pas sur le contenu
philosophique. Les élèves présentes me proposèrent de voir
l’exposition d’œuvres plastiques faites à la suite de leur
voyage d’étude à Barcelone sur l’architecture de GAUDI. A leur
tour, les élèves m’enseignèrent. J’aurais aimé pouvoir
réfléchir avec eux sur l’art, sur ses rapports avec la
technique, ce pourrait être un projet.
Nous discutons avec Monsieur le Proviseur et
nous nous interrogeons sur les modalités suivantes :
-
Faut-il demander une prise de notes ?
-
Un compte-rendu d’une séance sur l’autre même
très bref ?
-
Faut-il nécessairement changer de notion à
chaque séance ?
-
Faut-il changer les modes d’approche ?
-
Faut-il fractionner l’atelier en 3 modules
trimestriels pour garantir le taux de fréquentation ?
-
Offrir une tribune d’expression, de réflexion
ou de questions « philosophiques » d’élèves sur le site
Internet du lycée.
Ces questions nous intéressent suffisamment
pour désirer continuer l’atelier de philosophie, sa dynamique
n’est pas figée.