premières évaluations du dispositif et des acquis des élèves
(juin 2008)
dossier initial (2007)
Premières évaluations du dispositif et des acquis des élèves
(juin 2008)
Depuis la mise en place du projet
d’établissement 2006/2009 existent, au collège E. Michelet,
les classes couleurs.
Elles s’inscrivent dans le cadre :
-
de l’axe 1
du projet académique, qui vise à favoriser la continuité et
la réussite des parcours scolaires et
-
de l’axe 2
du projet d’établissement qui permet d’ouvrir le collège sur
l’extérieur.
Le principe:
Chaque classe de sixième, et dans
la continuité chaque classe de cinquième, dispose d’un
projet pluridisciplinaire.
Ces projets sont construits sur
deux années. Les thématiques sont variables et sont
susceptibles de changer d’une année à l’autre.
Pour les années 2007-2008 et
2008-2009, les classes couleurs correspondaient aux sixième
et cinquième
-
scientifiques :SVT-Mathématiques, SVT-Physique
-
sportives :
EPS
-
culturelles : Français-histoire, français-arts plastiques
-
images et
médias : Français-anglais
-
Lecture et
histoire : Français-histoire
-
Bilangue :
Allemand-anglais
L’organisation
Deux enseignants en sixième et
deux enseignants en cinquième animent à raison d’une heure
par semaine chacun les projets. Le temps de travail est
annualisé, afin de permettre au maximum les sorties, les
rencontres culturelles, les échanges avec le premier degré.
Les élèves et les professeurs sont donc, le plus souvent
possible, disponible une demi-journée par semaine pour ces
projets. Ces heures sont prises actuellement sur la DHG.
Le choix des familles
Chaque année une présentation des
projets est faite aux parents de CM2, et chaque élève reçoit
un document explicatif. Les familles classent par ordre de
priorité les six choix. Au moment de la constitution des
classes de sixième il est, en général, accordé l’un des deux
premiers vœux.
Il est souvent important
d’expliquer aux familles qu’il ne s’agit pas d’une option,
qui prédéterminerait une orientation, mais d’un projet.
Le soutien Académique
Les classes couleurs ont été
retenue en tant qu’innovation pédagogique par l’Académie de
Paris et qualifiées de projet d’excellence par l’Inspection.
Afin de rendre compte du travail effectué et d’engager une
évaluation de ce projet, deux questionnaires ont été
élaborés avec M Muller, de la mission académique
« innovation et expérimentation » : le premier à destination
des professeurs, et le second à destination des élèves de
sixième, cinquième et quatrième.
Bilan du questionnaire professeur sur les classes couleurs
Les équipes des douze classes
couleurs ont répondu au questionnaire :
Classes images et médias,
scientifiques, sportives, bilangues, culturelles, lecture et
histoire
Quatre questions portaient sur le
principe général des classes couleurs et trois sur le projet
spécifique de chacune.
L’implication des professeurs,
dans la réalisation des projets et le suivi des élèves, dans
ce contexte particulier est indéniable. Néanmoins le travail
d’analyse et surtout la mise en regard avec le socle commun
ne sont pas aussi évidents. Si les professeurs ont complété
le questionnaire, ils l’ont, dans l’ensemble, perçu comme
une demande administrative plus que comme un acte de
réflexion pédagogique.
Dans la mesure où les
questionnaires ne portent que sur six projets il n’est pas
toujours possible de faire émerger des réponses communes,
néanmoins il apparaît des points de convergence entre
plusieurs d’entre eux.
Première partie : Le principe
des classes couleurs
Permettent-elles la
constitution d’un groupe classe ?
La constitution du groupe classe
doit se mettre en place dès la sixième et être fortement
porté par le professeur principal. Il est donc indispensable
de le choisir au sein de l’équipe qui anime le projet. En
classe de cinquième il est parfois trop tard pour revenir
sur des dissensions entre élèves qui seraient apparues en
sixième et qui freinent le travail collectif.
Puisqu’il y a nécessité d’un
travail en commun du fait de l’activité proposée, de la
réalisation d’une production, émerge le principe d’échange
et de solidarité entre les élèves. La cohésion passe
notamment par une entraide entre les élèves, chaque élève
doit trouver sa place au sein du groupe. Certains
professeurs notent l’émergence d’une responsabilité
individuelle dans la réussite collective.
Il leur faut cependant être
vigilants pour qu’il n’y ait pas confusion entre émulation
et compétition.
Capacités développées chez les
élèves
Si chaque équipe met l’accent sur
les points spécifiques des projets : se dépenser (classe
sportive), lire, maîtriser les TICE, les élèves développent
également des savoir-faire que l’on met, cependant, plus
difficilement en évidence dans le cadre des enseignements
traditionnels. Toutefois les professeurs constatent des
progrès dans la concentration, la prise d’initiative,
l’expression orale et l’autonomie.
Dans la mesure où les élèves sont
souvent en sortie le travail porte aussi sur le savoir être
(ponctualité, assiduité, bonne tenue).
Impact sur la vie de
l’établissement
Les enseignants mettent l’accent
sur leur propre travail en équipe, en interdisciplinarité.
Il existe au sein de
l’établissement une réelle culture de projets. Ainsi lors
de la « Semaine de l’Europe », les équipes ont immédiatement
fait des propositions d’actions culturelles. Les
documentalistes sont désormais reconnues comme des
partenaires indispensables et incontournables. Le CDI est un
lieu d’échange et d’exposition permettant la mise en valeur
du travail de chacun.
Il est à signaler que de nombreux
élèves de la classe sportive sont inscrits à l’association
sportive.
Les professeurs font peu de
remarque quant à l’impact sur la vie scolaire (ponctualité,
comportement) au sein de l’établissement mais ils mettent en
avant des attitudes positives lors des sorties. Le lien avec
les parents est aussi très peu évoqué si ce n’est leur
présence souhaité et valorisante au moment des
représentations.
La liaison CM2/6eme
Certains projets permettent
d’inclure un travail avec une classe du premier degré.
Ce peut être une action commune
sur le long terme avec de nombreuses rencontres et des
activité pédagogiques communes (travail sur la mythologie)
ou une simple présentation devant des élèves du primaire
voire de maternelle (lecture d’un texte). Le collège
accueille de temps en temps les élèves de ces classes
primaires.
Les enseignants ne font pas
référence à la présentation des projets faite aux familles
des élèves de CM2 ni à l’impact sur l’image du collège.
Pourtant cet aspect est primordial et demande à être
renforcé notamment dans le contexte de suppression de la
carte scolaire.
Seconde partie : la
classe couleur que vous animez
Réalisation des objectifs
initialement fixés
Les présentations des projets
indiquent souvent des actions spécifiques et précises comme
la sensibilisation aux questions de santé publique,
l’inscription à la bibliothèque, la réalisation d’un
spectacle ou d’une production. Le constat, positif, est
celui de la réalisation, au bout de deux années, de ces
objectifs.
Réussites et difficultés
Les réponses sont ici beaucoup
moins précises et portent plus sur des généralités. Il est
moins fait référence cette fois à des savoir faire qu’à des
savoirs être : curiosité des élèves, motivation, acceptation
des règles, coopération. Quant aux échecs évoqués par les
enseignants, ils sont peu nombreux et sont liés aux
difficultés scolaires voire sociales : niveau scolaire,
niveau de vocabulaire, hétérogénéité, manque de confiance,
d’autonomie.
Mise en œuvre du socle commun
Il est très net que les
professeurs, pour la plupart d’entre eux, ne maîtrisent pas
la notion de socle, de pilier et ont donc du mal à y faire
référence. Il s’agit plus d’une énumération de compétences
qu’une approche structurée. Néanmoins les enseignants qui
ont participés à des formations sur ce thème mentionnent les
piliers six (les compétences sociales et civiques) et sept
(l’autonomie et l’initiative). La maîtrise des TICE est
aussi fréquemment évoquée.
Conclusion
Les classes couleurs ont permis
d’instaurer, au sein de l’établissement, la culture du
travail pluridisciplinaire autour de projets. Non seulement
les classes de sixième et cinquième en bénéficient
automatiquement mais il est fréquent de voir des
propositions des professeurs pour les autres niveaux.
En ce qui concerne les contenus,
au-delà de la mise en œuvre de savoir-faire, il s’agit pour
beaucoup de développer des savoir-être. Les projets couleurs
permettent véritablement la validation des compétences des
piliers six et sept du socle commun.
Espace de communication privilégié
entre enseignants et élèves mais aussi entre élèves, ces
classes sont un véritable outil d’échange avec le premier
degré et permettent une valorisation aux yeux des parents
d’un travail fourni par leurs enfants.
Une inquiétude demeure quant à la
pérennité de ce travail. Les 24 heures prises sur la DHG
correspondent au projet actuel de l’établissement mais la
baisse des effectifs du collège et donc corrélativement de
la dotation risque de les voir disparaître.
Ce projet, reconnu d’excellence,
par l’Inspection et soutenu au titre de l’innovation par
l’Académie est nécessaire au bon fonctionnement du collège
Michelet. Il complète les dispositifs d’aide et de réussite.
Il ne doit donc pas y avoir concurrence entre ces deux
actions en terme de moyen.
Bilan du questionnaire élève sur les classes couleurs
Quatre classes de sixième, quatre
classes de cinquième et cinq classes de quatrième ont
répondu au questionnaire.
Les trois questions portaient
sur :
- ce qu’ils avaient aimé dans leur
classe couleur,
- ce qu’ils y avaient appris
- des conseils à donner aux
équipes pour améliorer le dispositif.
Les réponses des classes de
sixième et cinquième sont assez semblables. Les élèves de
quatrième se sont manifestement moins impliqués et
deviennent plus évasifs. Cela est sans doute lié à leur
sortie des classes couleurs qui ne sont effectives qu’en
sixième et cinquième.
Ce qu’ils ont aimé dans leur
classe couleur
En ce qui concerne les réponses à
cette première question les élèves de sixième et cinquième
citent des exemples concrets d’activités qu’ils ont
apprécié : faire de la gymnastique, participer au Big
Challenge, réaliser des interviews, rencontrer les petits
des écoles maternelles, présenter leur spectacle. Ils
mettent en avant les activités mises en oeuvre
spécifiquement dans les heures projets et qui s’éloignent
des activités « classiques » d’enseignement.
Les élèves de cinquième font un
peu plus référence à l’ambiance de la classe évoquant le
travail en groupe, l’amitié, mais cela reste assez marginal
Quant aux élèves de quatrième,
cette question est celle à laquelle ils répondent le plus en
insistant plus particulièrement sur l’intérêt des sorties.
Ce qu’ils y ont appris
Les réponses des élèves à cette
questions sont souvent axées sur les savoirs faire
académiques : faire de la flûte, lire, travailler sur les
aires et utiliser un tableur en mathématiques, pratiquer
l’anglais. Mais ils évoquent aussi des savoirs être : parler
devant la classe, regarder le monde, travailler avec
d’autres élèves, se respecter, surmonter sa peur avant une
représentation.
On rencontre surtout ce type de
réponses de la part d’élèves ayant participé à des
rencontres avec des intervenant extérieurs et des activités
en dehors de la classe.
Les conseils qu’ils
donneraient.
La réponse la plus fréquente porte
sur les sorties. Les élèves quelque soit leur niveau
souhaitent réaliser un plus grand nombre de sorties
exprimant, en outre, le désir de participer à leur choix.
Ils évoquent aussi leur envie de voyager.
Si les élèves de quatrième
répondent peu à cette question ils indiquent cependant le
désir de voir se poursuivre ces classes couleurs en
quatrième et troisième. A noter cependant que la seule
classe de quatrième qui reste construire sur le projet de la
cinquième (puisqu’il s’agit des élèves de bilangue qui
passent en classe européenne) trouve parfois pesant de
rester toujours avec les mêmes élèves.
Il est intéressant de noter que
les élèves donnent aussi des conseils dans le registre des
relations élèves – institution. Ils évoquent assez souvent
leur relation avec les enseignants et
leur condition de scolarité : ils
demandent ainsi des professeurs moins ou plus sévères, des
horaires moins chargés, des cartables allégés.
Conclusion
Les élèves s’investissent et
apprécient le principe de ces classes couleurs, voulant même
les étendre à d’autres niveaux de classe. S’il était
envisageable de le faire il faudrait cependant éviter de
maintenir les mêmes élèves ensemble durant quatre ans.
Le contenu des projets, dans leur
diversité, permet d’ouvrir les élèves à d’autres univers
culturels auxquels ils adhèrent, qu’ils soient artistiques
ou scientifiques, avec de réels apprentissages dont ils sont
conscients.
L’un des aspects essentiels de ces
projets porte sur l’ouverture extérieure, qu’il s’agisse de
rencontres avec les autres, intervenants ou élèves, ou de
découvertes d’univers qui leur sont peu familiers, théâtre,
cinéma. Sortir de l’établissement répond à une véritable
demande des élèves .
Il serait intéressant de se
pencher sur leur désir d’être plus impliqué dans le choix
des activités.
Les réponses à la deuxième
question peuvent laisser penser que le travail réalisé
durant les projets couleurs trouve écho dans les autres
enseignements en leur permettant de mettre en œuvre de
véritables savoirs-faire.
En ce qui concerne le savoir-être,
il est essentiellement travaillé dans le cadre des
productions, des présentations dès lors que l’on intègre la
présence d’un regard extérieur. On constate que les élèves
n’incluent pas leurs parents dans le cercle des intervenants
extérieurs même lorsqu’il y a une représentation.
Si à partir de ces questionnaires
il fallait donner une structure type du projet couleur, il
devrait :
-
Permettre
d’ouvrir sur d’autres apprentissages (théâtre, cinéma,
sports différents…).
-
Donner lieu
à une production, si possible orale, ou à la participation à
un concours ouvert au milieu scolaire.
-
Inclure des
rencontres avec des intervenants extérieurs et des élèves
d’autres niveaux scolaires (primaire, maternelle) notamment
lors de la valorisation des productions.
-
Etre
l’occasion de sorties, pensées et préparées avec les élèves.
DESCRIPTION DU PROJET