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BILAN D'ETAPE - jUIN
2008
« Réfléchir et agir avec la langue », une expérimentation
adossée à une recherche INRP (2004-2008)
• Depuis septembre 2004,
le collège Rouault est un des terrains d’observation et
d’expérimentation de la recherche INRP intitulée « De l’école au
collège, enseigner/apprendre une langue étrangère en 6e ».
Cette recherche, qui interroge les liens didactiques entre
français et langue étrangère en 6e, a permis
d’identifier des obstacles conceptuels communs, à l’origine
d’une partie des difficultés rencontrées par les élèves en
langue étrangère et en français, mais aussi en mathématiques.
• En septembre 2005,
des enseignants de différentes disciplines ont accepté d’entrer
dans un protocole expérimental portant sur les obstacles
identifiés par la recherche.
• Depuis septembre 2007,
ce protocole est en expérimentation art. 34.
… visant des objectifs
conceptuels transdisciplinaires
Ce
dispositif expérimental, adossé à la recherche INRP, vise à
mettre en cohérence, dès la classe de 6e, trois
disciplines habituellement cloisonnées au collège, l’anglais, le
français et les mathématiques.
Il
propose des stratégies d’enseignement innovantes destinées à
améliorer les compétences discursives des élèves en anglais
(compréhension et construction d’énoncés nouveaux ou
personnels), maîtrise de l’écrit en français (orthographe,
textes littéraires), maîtrise du langage mathématique et passage
à l’abstraction en mathématiques.
Il
apporte des réponses pratiques aux questions soulevées par la
recherche, questions qui peuvent être regroupées sous deux
axes :
• Quels
contenus conceptuels transdisciplinaires peuvent faciliter
le franchissement d’obstacles spécifiques auxquels se
heurtent les enseignants d’anglais, de français et de
mathématiques ?
• Quelles approches communes, quelle organisation
pédagogique peuvent favoriser les transferts de
connaissances et de démarches d’une discipline à l’autre ?
Un dispositif accompagné par
une équipe mixte de chercheurs et d’enseignants de l’INRP
officiellement validé
par le
Conseil d’administration
Le
dispositif expérimental est suivi de très près par l’équipe de
chercheurs INRP qui élabore et propose aux enseignants les
contenus innovants ainsi que les outils pour l’analyse et
l’évaluation du projet. Les enseignants de la classe rencontrent
régulièrement l’équipe de recherche INRP et sont associés à tous
les stades de la recherche (des HSE leur ont été allouées par
l’INRP à cet effet jusqu’en juin 2008).
Partenaires officiels
- Institut national de
recherche pédagogique - Lyon
- Laboratoire ICAR adis
langues (CNRS-ENS-Lyon 2)
- Collège Vendôme - Lyon
- Mission "innovation et
expérimentation" de l’académie de Paris
Officiellement validé par le CA du collège Rouault, le
dispositif de recherche concerne chaque année une classe de 6e
non triée qui regroupe un grand nombre d’élèves en difficulté.
En effet, le collège est classé « Ambition-réussite » et hormis
deux classes prioritairement réservées aux élèves ayant un bon
dossier d’entrée en 6e (classe bilangue et classe
football), les trois classes restantes se répartissent les
autres élèves.
Quelques indicateurs du
rayonnement du dispositif au sein de l’établissement
- reconduction de l’action
(3e année consécutive),
- extension à la classe de
5e grâce aux moyens alloués par la mission
innovation et expérimentation : suivi d’un groupe d’anciens
élèves de 6e dans le cadre de l’Atelier ARB,
- ajout d’une nouvelle
discipline (les mathématiques),
- élargissement de l’équipe
enseignante en cours d’année (intégration d’un nouveau
collègue de mathématiques) : 1 collègue de français, 1
collègue d’anglais, 2 collègues de maths,
- présence active,
volontaire et assidue d’une assistante pédagogique, étudiante
en FLE, qui a découvert le projet grâce à la demi-journée de
stage organisée au collège par l’équipe d’enseignants (dans le
cadre du RAR).
Informations
générales
• Responsable de
l’action : Line Audin
• Trois disciplines
concernées : anglais - français – mathématiques
• Enseignants impliqués :
M. Agoumi (professeur de
mathématiques), Mme Audin L. (coordonnateur et professeur
d’anglais), M. Clair (professeur de mathématiques), Mme
Devillers M.-P. (professeur de français).
• Classes et nombre
d’élèves :
- 1 classe de 6e :
24 élèves
- 1 atelier en 5e :
11 élèves de deux classes de 5e différentes, ayant
participé au projet l’année précédente.
Profil de la classe de 6e
projet (24 élèves) : quelques caractéristiques
• des lacunes
indiscutables en français
Les évaluations de français
de 6e soulignent la faiblesse de la classe en
« production » et en « transformation » de
l’écrit (respectivement 34,5% et 30,4% de réussite, contre 47,1%
et à 39,1% pour la moyenne de l’établissement) et en (re)connaissance
des mots (36% contre 43,4% pour l’établissement).
Incapacité totale pour
certains à écrire, même pour copier une leçon, quelle que soit
la discipline.
• absence
d’autonomie dans l’organisation personnelle du travail
Pas de matériel, grande
difficulté à ordonner ses affaires scolaires, à organiser son
travail, à le présenter proprement, non compréhension des
consignes de classe, incapacité à se concentrer sur une tâche.
• disparités
socio-culturelles
Suivi psychologique de
certains élèves depuis le début du cycle 3, voire du CP,
conflits fréquents en classe et en dehors, manque de tolérance
entre eux, problèmes d’hygiène, de suivi médical…
Une
organisation pédagogique atypique
• Une classe, une équipe de trois professeurs de trois
disciplines différentes (anglais, français, mathématiques)
La classe de 6e bénéficie d’une séance hebdomadaire
d’une heure conjointement animée par deux enseignants, le
professeur d’anglais, responsable de la recherche, accompagnée
en alternance du professeur de français ou de mathématiques.
Un « atelier ARB » est assuré pour un groupe d’élèves de 5e
avec une orientation mathématique : une heure quinzaine
conjointement animée par deux ou trois enseignants, le
professeur d’anglais, responsable de la recherche, accompagné
d’un ou des professeurs de mathématiques du projet. Ce groupe
d’élèves de5e a encadré les élèves de 6e lors de
séquences projet.
• Le groupe classe,
garantie de la réussite
Contrairement aux idées
reçues, ce dispositif souligne et confirme l’importance de
maintenir le groupe classe pour aborder des contenus
conceptuels et des démarches mentales communes. C’est même une
condition indispensable à la réussite de l’action.
Pourquoi maintenir le
groupe classe dans un tel projet ?
- le projet offre des
savoirs nouveaux et un langage partagés entre les différents
enseignants de la classe et les élèves auxquels ils
s’adressent tout au long de l’année,
- les outils conceptuels et
les démarches réflexives sont transférés naturellement aux
activités disciplinaires (cours de langue, de français, de
mathématiques),
- le projet participe à la
cohésion du groupe : diminution des conflits (entre élèves,
entre enseignants et élèves) et de leur gravité (sur la base
d’une comparaison avec deux autres classes de 6e de même
profil de départ).
• Ce n’est pas à l’extérieur de la classe que ces
élèves assimilent et mémorisent.
Partant
de ce constat, le cahier du projet reste en classe, il n’y a pas
de devoirs à la maison : la démarche mentale s’acquiert en
classe grâce aux activités mises en œuvre pendant les séances
projet et au réinvestissement systématique des concepts en cours
d’anglais, de français et de mathématiques.
Tous les élèves, et
particulièrement ceux en grande difficulté, entrent très
facilement dans la démarche méthodologique proposée :
va-et-vient entre activités individuelles (ou de groupe) et
débat grammatical collectif guidé par l’enseignant (motivation,
plaisir et participation active de la plupart).
Des
contenus d’enseignement transdisciplinaires…
Les
contenus abordés au cours de ces séances sont élaborés par
l’équipe de recherche INRP. Leur spécificité tient au fait qu’il
s’agit de notions et concepts transversaux, indispensables aux
trois disciplines impliquées, le français, la langue étrangère
et les mathématiques, mais indépendants des programmes de
chacune.
… pourtant indispensables aux
disciplines
Parmi les concepts issus de
la recherche et exploités pendant les séances, citons le « Monde
Intermédiaire » pour aborder la distinction langue-réalité et le
« ARB », un outil pour effectuer le va-et-vient entre langue et
réalité. Tous les concepts sont toujours associés à des
objectifs disciplinaires répondant aux exigences des programmes.
|
Concepts |
quelques exemples
d’objectifs disciplinaires associés |
|
Monde Intermédiaire
|
- critères
d’identification du mot noyau en français et en anglais
- la notion de groupe :
le groupe nominal et les noms composés
- dessin, écriture
mathématique et réalité en mathématiques |
|
la notion de relateur et
les valeurs de localisation, identité, appartenance |
- le signe égal en
mathématiques
- « être » et l’attribut
du sujet (être Julie, être las, être là, …)
- be et la
localisation : les prépositions de lieu (be on the
desk)
- les déterminants et
leur valeur (be a doctor, be my doctor) |
|
« ARB » |
- identification des
éléments essentiels d’un énoncé
- les différents types de
phrases
- repérage du sujet
grammatical
- pronoms personnels
sujets et compléments
- les marqueurs de temps
(présent, passé) |
• Impact du dispositif sur les processus
d’apprentissage
- Développement des capacités d’abstraction grâce
à l’appropriation progressive de démarches logiques
- Prise de conscience de la
plupart des élèves du « travail qui se fait dans la tête », qui
ne se voit pas, mais qui est un préalable aux activités qui se
voient (prises de parole, écrits, dessins, …).
-
Développement
de la capacité à évaluer leur propre progression lors des bilans
personnels de fin de séance :
tous
les élèves acceptent de s’évaluer. Ils arrivent à exprimer de
plus en plus clairement ce qu’ils ont appris (ou ce qu’ils n’ont
pas compris).
•
Impact du dispositif sur les acquis (les connaissances et
leur mise en œuvre)
Des effets positifs
Sur le plan méthodologique, les élèves sont plus
autonomes face aux travaux écrits individuels :
- contrôles en classe :
tous
les élèves acceptent maintenant de faire les contrôles écrits
(aucune copie blanche), ils les lisent en entier et respectent
mieux les consignes qui les accompagnent. Ils utilisent toujours
tout le temps qui leur est accordé.
Qu’est-ce que le projet
« Réfléchir et agir avec la langue » t’apporte dans ta façon
de réfléchir, de travailler en classe, dans ton attitude en
général ?
Quelques réponses au bilan
de fin de premier trimestre.
• Je pense que je comprends
les choses plus vite.
• Ça me permet de mieux
retenir les choses. Maintenant grâce à ça mon attitude a
changé. Je comprends mieux les choses, j’apprends mieux, je
prends du temps pour réfléchir. J’arrive à m’exprimer en ARB.
• Grâce au projet, je
réfléchis plus et je travaille plus sérieusement.
• Depuis que j’ai connu le
monde de la réalité et de la langue et le ARB, je fais des
phrases bien et ça m’aide.
• J’aime la façon de
travailler avec le ARB.
• C’est d’avoir une
attitude plus calme qu’en primaire. C’est ma façon de repérer
les sujets et les verbes. C’est de mieux comprendre les leçons
et de travailler. C’est de mieux réfléchir dans notre tête et
s’organiser. C’est d’être fort en français.
• Le projet « Réfléchir et
agir avec la langue » m’apporte beaucoup de choses dans les
autres matières. J’aime le projet « Réfléchir et agir avec la
langue ».
• À parler oralement car
avant j’étais timide et maintenant je parle plus.
• Maintenant, dans ma façon
de réfléchir je me sens plus confiante dans ma tête et dans ma
façon de travailler en classe et à la maison.
Sur le plan des savoir/savoir-faire généraux, on
constate des améliorations nettes en expression orale (précision
du lexique, organisation de l’argumentation), en compréhension
orale (meilleure écoute, attitude plus positive face aux erreurs
d’autrui, repérage de l’essentiel d’un message), dans
l’ensemble, une meilleure communication en classe dans les trois
disciplines :
- des progrès nets en compréhension écrite
(identification des éléments essentiels pour saisir le sens
précis d’un énoncé, d’un texte littéraire, d’un problème de
mathématiques).
Ce qu’il reste à améliorer
L’expression écrite, quelle que soit la
discipline, semble progresser plus lentement. Cependant, on note
que certains élèves sont passés du refus total d’écrire à la
production de petits textes cohérents en français, de phrases
simples mais pertinentes par rapport au contexte en anglais.
Indicateurs retenus pour
l’évaluation des acquis
•
Évaluation quantitative : devoir commun d’anglais en 6e,
comparaison des scores au concours du Big Challenge,
évaluations INRP en septembre et en juin, ….
La
passation et l’analyse des résultats sont en cours. On peut
d’ores et déjà faire état de quelques résultats.
Un
impact indiscutable sur les résultats des élèves en anglais
Un
exemple : le devoir commun de 6e
La classe de 6e projet atteint un
score général légèrement supérieur à la classe bilangue
(11,7/20 pour la classe projet contre 11/20 pour l’autre). La
meilleure moyenne générale de classe est de 12,1/20 pour la
section football.
La classe projet a le meilleur score en
compréhension orale (12,7/20) et en compréhension écrite
(14,2/20).
L’expression écrite libre est inférieure à la
moyenne (9,7/20), mais elle est faible pour l’ensemble des 6e
(10,8 pour la classe bilangue et 12/20 pour la section
football).
•
Évaluation qualitative : suivi individuel d’élèves, entretiens,
fiches d’évaluation personnelle, bilans personnels réguliers …
Évaluation des travaux illustrant les concepts et fournissant
des indications utiles sur le degré d’appropriation des concepts
par l’élève : fiches de travail collées dans le cahier projet,
dessins et textes personnels à partir du ARB, investissement
personnel dans la création collective du « jeu de l’Être » (cf.
des exemples sur le site dans « Le coin des élèves »).
Dis si le projet t’aide
Quelques réponses au bilan
de fin de premier trimestre
pour l’anglais »
Ethan :
Grâce au ARB pour moi l’anglais c’est vraiment
facile. Je peux faire toutes les phrases du monde en anglais.
Omayma :
Ça me permet de savoir de quoi je parle. Ça
m’aide à faire mes devoirs et mes contrôles.
Akram : Le ARB sert en anglais à repérer le sujet et le verbe dans une
phrase. Pour savoir où se trouve le mot essentiel on dit :
« En anglais dans un GN le mot qui nous permet de remonter à
la réalité, se trouve toujours en dernier.
Morgane : Quand je ne peux
pas faire une phrase je m’aide du ARB.
Victor : Pour l’anglais, le
ARB me permet de trouver le sujet et le sens de la phrase.
Linda : En anglais, pendant
les devoirs et les devoirs maison, cela m’aide pour savoir de
qui de quoi je parle et le mot essentiel ou groupe de mots
dans les phrases.
pour le français »
Ethan :
Dans un texte quand j’ai du mal à comprendre
des phrases, je me repère au ARB et alors je comprends tout.
Doriane : La règle, « en français dans un groupe nominal, le mot
essentiel, celui qui permet de remonter à la réalité, est
toujours placé en premier » m’aide pour tout ce que je fais en
français.
Victor : Le
ARB me permet de bien construire mes phrases, à savoir le
sujet, le verbe et l’action.
Linda : En français, dans
la classe quand on fait des exercices ou des devoirs à la
maison, par exemple : retrouver des verbes, enfin le relateur,
il permet de relier l’élément I et II.
pour les
mathématiques »
Dina :
En
mathématiques, dans le monde intermédiaire, c’est un dessin.
Helton : En mathématiques,
c’est plus difficile avec le monde intermédiaire, le carré,
les figures.
Impact du dispositif
sur
les stratégies d’enseignement en 6e
Le réinvestissement
des contenus innovants par les enseignants dans leur cours est
très important. Les outils et concepts sont constamment
exploités en cours, de façon spontanée lors des échanges avec
les élèves pendant les activités. Ils peuvent aussi faire
l’objet d’un traitement disciplinaire spécifique : grille de
lecture, fiche d’auto-correction en rédaction, organisation
différente des contrôles écrits, …
Quelques
exemples d’exploitation
•En cours d’anglais,
utilisation du « ARB » pour :
- comprendre un conte (écrit)
et une pièce de théâtre (oral) autour du « Blanche-Neige »,
- susciter (et corriger)
l’expression orale,
- susciter l’expression
écrite guidée,
- réviser les pronoms
personnels sujets ,
- introduire les compléments
en situation (élucidation du dialogue),
- introduire l’expression du
passé,
- faciliter l’utilisation des
différents auxiliaires,
- organiser les mots dans les
groupes fonctionnels et l’ordre de ces groupes dans la phrase.
• En cours de français,
utilisation du « ARB » pour :
- s’entraîner à l’auto-correction
orthographique : accord sujet – verbe, …
• En cours de
mathématiques, utilisation des concepts pour :
- faciliter
l’introduction de notions géométriques (carré, droite, segment,
longueur, …),
- travailler sur
la valeur d’égalité en mathématiques à propos des tables de
multiplication,
- aider les élèves à
comprendre les énoncés des exercices et à les résoudre,
- apprendre à observer, à
décrire et à comprendre une situation mathématique.
Valorisation
Le
jeu de l’Être
Un jeu
logico-mathématico-linguistique (conçu et réalisé par L. Audin
et J.-F. Clair avec la collaboration de L. Agoumi et les
élèves de l’atelier ARB de 5e) : version papier finalisée pour
la 6e, en cours de réalisation pour la classe de 5e,
version informatique en projet pour l’année 2008-09.
Enseigner les langues autrement
Un site pour les
enseignants, les élèves et les chercheurs, destiné à diffuser
les résultats de l’expérimentation (conçu et entretenu par
Line Audin) :
http://eurouault.lautre.net/spip
L’équipe
diffuse les résultats de l’expérimentation au fur et à mesure de
leur production :
- au
niveau local, Réseau Ambition Réussite
(animation par l’équipe
d’enseignants)
30 novembre 2007,
Paris, stage Réseau Ambition Réussite, Paris 19e :
Anglais, français, … mathématiques, une approche
transdisciplinaire est-elle possible dès le cycle trois?
- au
niveau académique
(animation par l’équipe
d’enseignants)
06 février 2008, forum
Inno-Expé, Paris : présentation de l’expérimentation conduite au
collège Rouault.
- au
niveau national
16 mai
2008,
Lyon, 4e journée d’études autour de la recherche INRP (organisée
et animée par l’équipe d’enseignants) :
Outils
conceptuels didactiques pour l’apprentissage de la langue
étrangère, du français et des mathématiques en 6e :
aspects théoriques et mise en œuvre pédagogique.
27 octobre 2007
(communication de L.
Audin), La
Londe-les-Maures, 7e Université d’Automne du SNUipp : Des
concepts linguistiques aux outils pédagogiques : le cas du « ARB »
pour l’enseignement des langues.
- au
niveau universitaire
(communication de L. Audin)
17 janvier 2008,
colloqueACEDLE, Strasbourg : recherches en didactique des
langues, Univ. Marc Bloch :
Obstacles cognitifs et convergence didactique en début
d’apprentissage d’une langue étrangère : un dispositif
expérimental en 6e à la croisée des disciplines.
La classe projet
intéresse la presse :
articles, interviews
autour de l’expérimentation
7 mars 2008 : Interview de
Audrey Guiller paru Ouest France : L’apprentissage
d’une LE.
Décembre 2007 : « Quand
pratique et théorie font bon ménage », Entrées libres, n°24,
disponible en ligne : http://eurouault.lautre.net/spip/IMG/pdf/avis-recherche.pdf
Novembre 2007 : « De la
linguistique à la pédagogie », Interview pour (fenêtres
sur.cours), n°304, 12 nov. 2007, pp16-17.
Novembre 2007 : « Bon en
langues et maths grâce à la grammaire » :
le Monde
de l’Éducation,
n°363, p66-67
La classe projet, un
laboratoire in vivo, intéresse les responsables
institutionnels :
les élèves reçoivent …
le coordonnateur de la
mission "Innovation et Expérimentation" de Paris,
un inspecteur et une
directrice d’école britanniques,
des inspecteurs de l’Agence
pour l’enseignement français à l’étranger,
un chercheur de
l’Université de Paris 7…
Perspectives pour
2008-09
• Reconduction
d’une
expérimentation en 6e
et en 5e dans le cadre du renouvellement du
partenariat avec l’INRP sur un nouveau projet de recherche :
« Anglais, français, …mathématiques : comment faciliter la
cohérence des apprentissages le plus tôt possible ? Des outils
conceptuels transversaux au service des disciplines à l’école et
au collège »

extrait
du Fenêtres
sur Cour, spécial nov. 2007

 
PROGRAMME PROVISOIRE
Cette quatrième journée d’études
s’adresse à tous ceux (enseignants, formateurs et
inspecteurs du primaire et du
secondaire, étudiants, chercheurs, …) qui s’intéressent à
la didactique des langues
étrangères, du français et des mathématiques en milieu
scolaire, au niveau primaire et
secondaire.
Organisée par l’équipe de recherche
INRP-ICAR «
De l’école au
collège : Enseigner / Apprendre une langue étrangère en 6e
» (coord. L. Audin),
cette
rencontre marquera l’aboutissement de quatre ans de travaux
autour du projet
initial. Elle permettra de présenter les principaux résultats
de la recherche et ses
prolongements à venir dans leur dimension pluridisciplinaire.
Cette
année, c’est Danielle Bailly, professeur émérite de
linguistique (UFR d’études
anglophones, Université Denis Diderot, Paris 7) qui ouvrira la
journée. Fondatrice du
GEPED
(Groupe d’Études en Psycholinguistique et Didactique), ses
nombreux
ouvrages et articles de psycholinguistique et de didactique
sont des références pour
tous.
Sa contribution apportera un éclairage théorique précieux sur
les liens passés,
actuels, …à venir
entre linguistique énonciative et didactique des langues.
Compte-rendu et bilan de quatre ans de recherche et de trois
ans d’expérimentation en 6e.
•
Recherche et expérimentation en classe, quels résultats, à
quelles conditions ?
• Des
concepts communs, une démarche unique pour faciliter
l’apprentissage de la
langue
étrangère, du français, du langage mathématique : présentation
des contenus
conceptuels transversaux et justification des choix opérés.
•
Comment s’articulent les trois disciplines, anglais, français
et mathématiques dans
le
cadre expérimental ? Présentation du dispositif innovant et de
ses effets sur
l’enseignement et l’apprentissage.
Travaux de la matinée
Linguistique, didactique, pédagogie, des liens à (ré)inventer
9h30 :
Accueil des
participants
9h45 :
Ouverture des
travaux
10h-10h45 :
Conférence plénière de Danielle Bailly
Est-il
indispensable pour l'apprentissage de faire découvrir aux
élèves, derrière les mots de la communication, la stabilité
des notions logiques ?
Résumé
de la communication
En
commentant la raison d'être du titre de cet exposé, on tentera
d'abord d'argumenter
la
pertinence d'un "détour" réflexif permettant aux élèves de
mieux maîtriser les
enjeux
scolaires d'ordre pragmatique (ex. apporter des réponses
adaptées à une
situation-problème en surmontant les obstacles, traiter
efficacement de la référence)
ainsi
que les moyens symboliques (ex. les signes de la langue, munis
de leurs
propriétés, valeurs et relations, qui en éclairent la
compréhension et l'utilisation
correcte) au service de ces enjeux. On illustrera ce point par
un exemple pris dans
chacune des trois disciplines (anglais, français,
mathématiques).
On
situera ensuite cette approche au sein d'un courant
spécifique, qui marque la
modernité didactique, en retraçant son histoire et les étapes
de son évolution, et,
complémentairement, en évoquant les courants "cousins" -
français, européens,
anglo-saxons -, preuve d'une certaine unité de pensée
(cognitiviste, "constructiviste")
sous-jacente à toutes ces recherches pédagogiques.
Le
troisième point sera constitué par l'analyse plus précise et
systématique des
"positivités du aRb",
à la lumière notamment des différents textes et rapports de
recherche INRP rédigés par Line Audin et son équipe depuis une
décennie.
On
terminera ce bref survol par une évocation des thèmes
saillants issus d'une
observation pluri-disciplinaire directe et récente de "classes
aRb",
afin que soit
abordée, en toute authenticité, la question du lien entre
principes théoriques et
application pratique à l'école même, dans la réalité
"tout-venant" des classes, et ce,
avec
une particulière attention portée à l'aide offerte par cette
approche aux élèves en
difficulté.
10h45-11h :
discussion
11h00-11h15 :
pause
11h15-12h00 : Conférence plénière de Line audin
12h00-12h30 : discussion générale
Travaux de l’après-midi
Des
concepts théoriques aux outils pour la classe
14h-16h : Ateliers disciplinaires (anglais/langues étrangères,
français,mathématiques)
Trois
ateliers disciplinaires fonctionneront en parallèle : les
questions du matin seront
abordées sous l’angle pédagogique (objectifs disciplinaires,
mises en oeuvre, ...). Les
illustrations, les exemples de réinvestissement dans la
classe, les choix des thèmes
traités seront, dans la mesure du possible, adaptés aux
demandes des participants.
Ces
ateliers seront animés par les enseignants de collège,
impliqués dans les projets
pédagogiques expérimentaux :
•
Atelier d’anglais/langues étrangères sous la responsabilité de
Line Audin (collège
Rouault, Paris) et de Michel Moulin (collège Vendôme, Lyon)
•
Atelier de français sous la responsabilité de Colette
Maurellet (collège Nocard, St
Maurice) avec la collaboration de Marie-Pierre Devillers
(collège Rouault, Paris) et
Florence Demangeon (collège Vendôme, Lyon)
•
Atelier de mathématiques sous la responsabilité de
Jean-François Clair (collège
Rouault, Paris) avec la collaboration de L’Hachimi Agoumi
(collège Rouault, Paris)
et de
Nathalie Saunois-Charbonneau (collège Vendôme, Lyon)
16h10-17h : Enseigner
autrement, à quelles conditions, pour quoi faire ?
Discussion plénière avec les intervenants sur l’ensemble des
questions abordées au
cours de cette
journée.
q
Descriptif de l’action : « Réfléchir et agir
avec la langue »
Depuis septembre 2004, le collège Rouault est
un des terrains d’observation et d’expérimentation de la
recherche INRP intitulée « De l’école au collège,
enseigner/apprendre une langue étrangère en 6e ».
Cette recherche qui interroge les liens
didactiques entre français et langue étrangère en 6e,
a permis la mise en lumière d’obstacles conceptuels, à
l’origine d’une partie des difficultés rencontrées par les
élèves en langue étrangère et en français, mais aussi en
mathématiques.
En septembre 2005, avec l’aval de la direction
du collège, une équipe pluridisciplinaire d’enseignants de 6e
a accepté d’entrer dans le protocole d’expérimentation portant
sur les obstacles identifiés en classe de 6e,
élaboré par l’équipe des chercheurs INRP.
q
Objectifs
Le dispositif répond aux objectifs suivants :
•Comment articuler et mettre en cohérence, dès
la classe de 6e, trois disciplines habituellement
très cloisonnées au collège, le français, la langue étrangère
(LE) et les mathématiques ?
• Quels contenus transversaux, quelles
approches communes, quels dispositifs institutionnels peuvent
faciliter les apprentissages disciplinaires tout en favorisant
les transferts de connaissances et de démarches d’une
discipline à l’autre ?
q
Un dispositif expérimental
Le dispositif expérimental existe depuis
septembre 2005 et il est officiellement validé chaque année
par le Conseil d’administration du collège. Il concerne une
classe de 6e non triée (deux classes en
2005) de 22 à 25 élèves.
La classe bénéficie d’une séance
hebdomadaire d’une heure conjointement animée par deux
enseignants, le professeur d’anglais, responsable de la
recherche, accompagné en alternance du professeur de français
ou de mathématiques (cf. le point 2 du document joint).
En 2007, en plus du dispositif en 6e,
il est prévu d’assurer un suivi pour un groupe d’élèves de 5e
et une initiation en CM2.
q
Des contenus innovants
Les contenus abordés au cours de ces
séances sont élaborés par l’équipe de recherche INRP. Leur
spécificité tient au fait qu’il s’agit de contenus non
disciplinaires, de notions et concepts transversaux,
nécessaires aux trois disciplines impliquées, le français, la
langue étrangère et les mathématiques (cf. le point 3.2 du
document joint).
q
L’impact du dispositif est envisagé sous deux
aspects étroitement liés
• les processus d’apprentissage
- Quels effets ces contenus d’enseignement ont-ils
sur le plan cognitif (capacités d’abstraction, opérations
mentales mises en œuvre, …) ?
- Quels effets ont-ils sur les acquis des élèves
(savoirs/savoir-faire généraux, méthodologiques et
disciplinaires) ?
• les
stratégies d’enseignement en cycle 3 et en 6e
-
Quel réinvestissement des contenus
innovants par les enseignants sur le plan disciplinaire ?
- Quel type d’articulation entre ces nouveaux
savoirs et les programmes disciplinaires actuels ?
q
Quelques indicateurs retenus pour l’évaluation
• Évaluation quantitative : devoirs communs
d’anglais en 6e, comparaison des scores au concours
du Big Challenge et aux évaluations INRP en septembre et
en juin, … (cf. point 3.3 du document joint).
• Évaluation qualitative : suivi individuel
d’élèves, entretiens, fiches d’évaluation personnelle,
comparaison des résultats avec le collège lyonnais impliqué dans
l’expérimentation, …
• Production d’outils didactiques innovants
transférables et immédiatement utilisables en classe.
q
Valorisation
Publications, communications en direction des
enseignants (niveau établissement, bassin, académie, national),
des formateurs, des universitaires et organisation d’une journée
d’études en mai 2008 (cf. point 4 du document joint).
q
Accompagnement de l’expérimentation
Le dispositif expérimental est suivi de très près
par l’équipe de chercheurs INRP qui élabore et soumet aux
enseignants les contenus et les outils permettant le recueil des
données pour l’analyse et l’évaluation.
Les enseignants de la classe rencontrent
plusieurs fois dans l’année l’équipe de recherche INRP. Leurs
apports pédagogiques alimentent les travaux de recherche (des
HSE leur ont été allouées par l’INRP à cet effet jusqu’en juin
2007).
q
Moyens nécessaires pour 2007-08
• 3 heures prof pour le
fonctionnement de la classe de 6e et le suivi en 5e.
• 108 HSE pour les réunions de
concertation interne : préparation des séances (matériel,
fiches, …) et analyse de leur déroulement, suivi des élèves,
impact sur la classe.
• Une aide logistique (personne
compétente en TICE) en vue de fabriquer un support informatique
destiné à favoriser l’activité autonome des élèves sur les
contenus des séances.
PROJET INITIAL
Réfléchir et agir avec la langue
Un projet pédagogique anglais / français / mathématiques
1- Un projet qui s’inscrit dans le cadre d’une recherche
pédagogique nationale pilotée par l’INRP
1.1- Titre de la recherche
« De l’école au collège,
enseigner/apprendre une langue étrangère en 6e ».
Cette recherche qui interroge
les liens didactiques entre français et langue étrangère en 6e,
a permis la mise en lumière d’obstacles conceptuels à l’origine
d’une partie des difficultés rencontrées par les élèves en
langue étrangère, en français, mais aussi en mathématiques.
1.2- Objectifs de la recherche
Comment articuler ces trois disciplines
traditionnellement cloisonnées
et rendre plus cohérents et plus visibles les liens qui les
unissent ? Quels contenus transversaux, quelles approches
communes, quels dispositifs institutionnels peuvent faciliter
les apprentissages disciplinaires tout en favorisant les
transferts de connaissances et de démarches d’une discipline à
l’autre ?
• À partir de la mise en lumière d’obstacles communs,
des contenus d’enseignement innovants ont été élaborés :
en prise sur les programmes de français et d’anglais du collège,
ils sont destinés à munir les élèves de repères stables pour
aborder n’importe quel système linguistique et pour passer d’un
système linguistique à un autre (français / anglais).
•
Ces contenus sont
expérimentés en classes de 6e et 5e dans le cadre
d’un dispositif pédagogique innovant.
1.3- Le collège G. Rouault, partenaire
officiel de l’INRP et du CNRS, lieu d’accueil des équipes de
recherche et centre de l’expérimentation
Deux collèges volontairement contrastés ont été retenus pour participer
à l’expérimentation : le collège Georges Rouault, classé
« Ambition réussite » et un collège de centre ville à Lyon, le
collège Vendôme.
Le collège Georges Rouault joue un rôle essentiel pour la recherche :
- sur le plan matériel, il
héberge officiellement l’équipe de recherche et met à sa
disposition un lieu de réunion équipé ;
- depuis 2004, toutes les
classes de 6e sont impliquées dans la recherche pour
le recueil de données. En 2005-06 deux classes de 6e, la 6e1
et la 6e3, soit 44 élèves ont bénéficié d’un
dispositif pédagogique particulier ;
- depuis 2004, plusieurs
enseignants du collège ont accepté de se joindre à l’équipe et
collaborent de façon plus ou moins étroite au projet.
Le partenariat du collège avec l’INRP et le CNRS a été officialisé par
la signature d’une convention qui est reconduite tacitement pour
toute la durée de la recherche.
2- « Réfléchir et agir avec la langue » version 2007-2008 : un
projet nécessitant une organisation pédagogique différente
Le dispositif expérimental mis en place au collège Rouault depuis
septembre 2005 sur une classe de 6e est
officiellement validé chaque année par un vote au Conseil
d’administration du collège.
Le projet pédagogique que nous présentons pour l’année 07-08
s’inscrit dans la continuité de l’action conduite en 6e
l’année dernière.
2.1- Une équipe d’enseignants associés ayant une longue
expérience des obstacles rencontrés par les élèves de 6e
L’équipe pédagogique est constituée de
professeurs d’anglais et de français et d’un professeur de
mathématiques de 6e, tous volontaires pour participer
aux différentes phases de la recherche : élaboration, mise en
œuvre, analyse et évaluation de séquences.
2.2- Responsable et coordonnateur
Line Audin, professeur agrégé d’anglais au collège Rouault,
associé à l’INRP-UMR ICAR (équipe langues étrangères de R.
Bouchard).
2.3- Reconduction du dispositif actuel sur une classe de 6e
• Classes et nombre d’élèves concernés : 1
classe entière de 6e (nombre d’élèves non encore
déterminé).
• Disciplines concernées : trois disciplines
(anglais, français, mathématiques), trois enseignants, des
séquences spécifiques communes portant sur des notions
transversales.
• Modalités d’organisation : 1H élève par semaine
(donc 2H prof)
La mise en œuvre du projet exige une souplesse dans l’organisation du
temps scolaire :
- deux enseignants intervenant
en même temps (possibilité de diviser la classe, de s’occuper de
plusieurs groupes en même temps, de travailler sur les deux
langues conjointement, …),
- séance insérée entre une
heure d’anglais et une de français (possibilité de travailler
deux heures d’affilée avec les élèves sur un contenu donné : le
professeur d’anglais introduit la notion pendant le cours qui
précède ou la notion est immédiatement exploitée dans l’heure
qui suit …).
Enseignants pressentis
|
Horaire prof
|
Plage dans l’emploi du temps
|
|
Mme Devillers
(professeur de français de la classe) |
0,5 |
Intervention conjointe
de 2 enseignants
(Mme Audin + le professeur de français ou de maths) |
|
M. Clair
(professeur de maths de la classe) |
0,5 |
Mme Audin
(professeur d’anglais de la classe) |
1H |
La présence conjointe de deux enseignants de discipline
différente est essentielle dans la prise en charge de contenus
complexes, qui nécessitent à chaque fois le regard croisé d’une
double expertise.
2.4- « L’atelier ARB » en 5e
Le suivi pédagogique en 5e d’une partie des élèves de
6e ayant participé au projet l’an dernier permettra
d’évaluer les bénéfices à plus long terme sur les apprentissages
en anglais, en français et en mathématiques.
Une séance-projet hebdomadaire
d’une heure sera assurée par un
membre de l’équipe d’enseignants du projet.
• Classes et nombre d’élèves concernés : un
groupe d’élèves de 5e (12 à 15 élèves).
• Disciplines concernées : essentiellement anglais
(français, mathématiques de façon plus ponctuelle).
Liste des élèves susceptibles de bénéficier de cet atelier :
|
1 |
ALAIO |
Wistan |
|
2 |
ARENATE |
Alexandre |
|
3 |
BAH |
Amadou |
|
4 |
BASTAREAU/YILDRIM |
Jerry |
|
5 |
BATIFOULIER |
Mike |
|
6 |
CAMARA |
Fanta |
|
7 |
COMAK |
Sibel |
|
8 |
KOUMA |
Halima |
|
9 |
SAID
ABDILLAH |
Abdoul |
|
10 |
SAO |
Aïssata |
|
11 |
SEGUIN |
Alexandre |
|
12 |
SIDIBE |
Soulemane |
Sous réserve d’en obtenir les moyens horaires, on peut envisager
un dispositif plus individualisé pour des élèves en grande
difficulté provenant d’autres classes de 6e et de 5e.
2.5- Ouverture de la démarche sur le cycle 3 de l’école
primaire
Grâce au travail de coordination de Mme Devillers avec l’école
primaire des Cheminets, il serait également possible de mettre
en place, une information et une initiation à la démarche pour
les enseignants de cycle 3 de l’école primaire. Des séances
ponctuelles pourraient être conduites dans une classe de CM2.
2.6- Accompagnement de l’expérimentation
• réunions hebdomadaires de l’équipe de recherche INRP
à laquelle se joignent régulièrement les enseignants du collège
(une à deux fois par mois) :
- préparation des séquences d’enseignement (contenus
linguistiques, supports, fiches élèves, outils d’évaluation, …),
- analyse de ces séquences après expérimentation, exploitation
ultérieure des acquis pendant les cours de français et
d’anglais.
• réunions hebdomadaires de l’équipe d’enseignants Rouault
(préparation et analyse post séance)
3- Bilan et
résultats pour l’année 2006-07
Classes et nombre d’élèves concernés en 2006-07 :
1 classe de 6e (6e1) : 23 élèves
3.1- Évaluation globale du
dispositif de recherche et premières conclusions
- Élaboration d’un modèle didactique transversal expérimenté en
français, anglais et mathématiques sur des contenus innovants :
contenus, outils conceptuels, mise en œuvre de la démarche :
- Évaluation à court et moyen terme du dispositif et des
contenus entre termes d’effets sur les apprentissages.
3.2- Intérêt pédagogique et acquis
Outre l'intérêt manifesté par les élèves et les enseignants
impliqués dans le dispositif (en 6e
ZEP et non ZEP), les premières évaluations montrent
non seulement le
rôle joué par ces contenus du point de vue de la structuration
des connaissances et de leur réinvestissement (par les
enseignants et par les élèves) sur le plan disciplinaire, mais
aussi leurs effets positifs sur l’activité cognitive de tous les
élèves (en particulier ceux qui sont en grande difficulté).
L’introduction d’une nouvelle discipline dans le dispositif, les
mathématiques, a permis de renforcer la cohérence des contenus
et des notions sur lesquelles ont porté les séances
expérimentales. Ces notions transversales, à la croisée des
trois disciplines, ont fait leurs preuves en termes de
structuration des connaissances.
- Tous les élèves, et particulièrement ceux en grande
difficulté, entrent très facilement dans la démarche
méthodologique proposée : va-et-vient entre activités
individuelles ou de groupe et débat grammatical collectif guidé
par l’enseignant (motivation, plaisir et participation active de
la plupart).
- Prise de conscience de la plupart des élèves du « travail qui
se fait dans la tête », qui ne se voit pas, mais qui, dans ces
séquences en particulier, est le plus important, un préalable
aux activités observables (prise de parole, commentaires, …).
Notions transversales et démarches conceptuelles élaborées,
expérimentées et évaluées :
- appropriation de la distinction Langue/Réalité
- appropriation réussie du schéma théorique intitulé « ARB »
(par les enseignants du collège et par les élèves).
- mise en place progressive de repères simples, les mêmes quelle
que soit la langue, immédiatement réexploitables en cours de
français et d’anglais.
- appropriation des valeurs de « être », de be en
relation avec la notion d’égalité en mathématiques.
- appropriation de la notion de relateur.
3.3- Indicateurs objectifs d’évaluation pour la discipline
anglais
- comparaison des % de réussite d’une évaluation INRP entre
septembre 2006 et juin 2007 : en cours de dépouillement.
- comparaison des résultats du devoir commun de 6e
(fin mars 07) : les scores de la 6e1 (classe
expérimentale) se rapprochent de ceux de la 6e5,
classe bilangue allemand-anglais.

-
Résultats au concours du Big Challenge
mai 2007 (participation de tous les élèves de 6e) : 8
élèves de la classe projet sont au-dessus de la moyenne
nationale, contre 0 ou 2 élèves dans les 4 autres classes (dont
la classe bilangue). 14 élèves de 6e1 se situent dans
la moitié supérieure des résultats du collège.
-
Le programme d’anglais de 6e a
été couvert sans difficulté : par exemple, une partie des élèves
maîtrise le système des auxiliaires temporels et peut comprendre
et produire des phrases au passé (y compris avec des verbes
irréguliers), présent, futur.
3.4- Difficultés rencontrées
Du côté des enseignants
- Manque de temps de formation théorique et didactique pour
s’approprier les contenus linguistiques et didactiques.
Nécessité pour les enseignants de français et de langue d’une
formation théorique (stage sur site ?) et d’un accompagnement
afin qu’ils s’approprient progressivement les contenus
linguistiques et didactiques proposés.
- Manque de temps de concertation
Nécessité de dégager un temps de concertation institutionnalisé
sans lequel ce type de démarche ne peut fonctionner.
Du côté des élèves
- La première année de l’expérimentation, difficultés
relationnelles entre eux (agressivité, instabilité, manque de
concentration, …) qui ont réduit l’efficacité et l’impact du
travail de groupe pourtant essentiel
dans cette démarche heuristique.
Cette année, conscients de cet écueil,
les enseignants ont fait preuve d’une vigilance accrue et ils
ont pris davantage de précautions (recours plus fréquent au
débat collectif en classe entière, groupes réduits à deux élèves
le plus souvent, temps de l’activité de groupe raccourci, …).
- La première année
de l’expérimentation, démarrage trop rapide, sans avoir
suffisamment mesuré l’importance de leur faire partager les
enjeux du projet.
Nécessité de prendre du temps au début
pour expliquer les objectifs et les enjeux de ce travail
aux élèves, y revenir régulièrement, les impliquer dans la
démarche par une véritable réflexion personnelle sur ce qu’ils
font.
3.5- Mise au point de documents pédagogiques pour
l’enseignant et pour la formation
- fiches pédagogiques
- travaux d’élèves
- vidéo de séquences
4-
Communications et publications autour de la recherche INRP
- 11 mai 2007, Audin
L. (coord.) : 3e journée d’étude autour de la
recherche (Lycée Diderot –Paris 19e) : Anglais,
français, …mathématiques : comment faciliter la cohérence des
apprentissages le plus tôt possible ? Des outils conceptuels
transversaux au service des disciplines.
-
5 avril 2007,
conférence invitée, Audin L. :
Comment articuler français et langue
étrangère? ARB, un outil conceptuel au service de
l'apprentissage des langues, les langues à l’école primaire,
IUFM de Dijon.
- 19 janvier 2007,
Conférence universitaire
invitée, Audin L.:
Du conceptuel au didactique, des contenus et des
démarches au service de l'apprentissage des langues, journée
d’étude groupe ALDIDAC : Acquisition de compétences culturelles
et langagières dans l’enseignement/apprentissage des langues,
Univ. de Cergy-Pontoise.
- 22 novembre 2006,
conférence invitée, Audin L. : Apprendre / enseigner
une langue étrangère : un point de vue didactique sur les débuts
de l’apprentissage de l’anglais (CM2-6e), journée
sur les langues à l’école primaire, Cddp Boulogne-Billancourt.
-
6 septembre 2006,
Audin L.,
communication dans un colloque universitaire à
dimension internationale : La théorie de l’énonciation comme
aide à la structuration des connaissances et à la construction
du sens en début d’apprentissage de l’anglais, colloque
international : Recherches en acquisition et en didactique des
LE et LS, DILTEC, Paris 3.
-
12 mai 2006,
Audin L. (coord.) : 2e journée d’étude autour de la
recherche (Université D. Diderot, Paris 7) : Apprentissage du
français et de la langue étrangère : une approche didactique
transversale est-elle possible dès le cycle 3 ? Bilan d'un an
d'expérimentation anglais-français en 6e.
- 20 mai 2005,
Audin L & Richet M. (coord.), 1e
journée d’étude autour de la recherche (Université D. Diderot,
Paris 7) : La langue
étrangère du CM2 à la 6°, acquis linguistiques et structuration
des connaissances.
Publications
- Audin L. :
Quelle articulation possible entre
français et langue étrangère ?, in Résonances, mensuel de
l’École valaisanne, n°5, février 2007, pp 6-7 (disponible
en ligne :
http://www.vs.ch/Press/DS_314/DOC-2005-11-21-8562/fr/07%20Resonances%20fev.pdf)
- Audin L. (coord.), mai 2005, Enseigner l’anglais de
l’école au collège : comment aborder les principaux obstacles à
l’apprentissage, Hatier, collection Hatier-Pédagogie.
- Audin L., 2004, Apprentissage d’une langue
étrangère et français : pour une dialectique métalinguistique
pertinente dès le cycle 3, in Repères, n°29, pp 63-80.
- Audin L., janvier 2004, Quel bilan tirer de
l’introduction d’une langue vivante à l’école élémentaire ?
in l’US mag, supplément au n°597 du 31 janvier 2004
Fait à Paris le 29 juin 2007
Line Audin
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