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I Lycée professionnel E.Satie, création d'un club philo

Lycée Professionnel Erik Satie 2-4 rue Durouchoux 75014 PARIS

 

Téléphone : 01 56 53 52 30 - Fax : 01 56 53 52 49

Mél :  ce.0752846l@ac-paris.fr

site:  lyc-erik-satie.scola.ac-partis.fr

Coordonnées d'une personne contact : Melle Pérache (CPE)

Classe(s) concernée(s) : Terminale BEP Comptabilité et Seconde BEP

 

Faire découvrir la philosophie ( notions, philosophes ) grâce à un professeur de philosophie extérieur au lycée, via un « club philo », permettant aux élèves de débattre de sujets les intéressant. 

Dispositif : Club ouvert à tous les élèves du lycée, pratiqué par des élèves de Seconde et Terminale BEP Tertaire.

Le projet a été de créer un « Club Philo » à l’image des Cafés Philo, au sein d’un lycée professionnel spécialisé dans le Tertiaire  ( filières Comptabilité, Secrétariat et Services ).

 

Nouvellement nommée dans l’établissement, j’ai pris le temps d’observer les choses.

 

J’ai projeté de mettre en place ce club suite à des constats très simples :

 

-         1er constat ou postulat : je pars tout d’abord d’une évidence : nos lycéens, parce que ce sont des élèves et donc des jeunes gens en formation, ont un potentiel intellectuel qu’il convient d’essayer de développer au maximum. De plus, il s’agit ici d’élèves en lycée professionnel, qui n’ont pas toujours bonne presse en terme d’image intellectuelle et qui n’ont peut-être pas non plus une bonne image d’eux-mêmes dans ce domaine. L’histoire, ici, nous prouvera, qu’effectivement, peu d’entre eux se sont investis dans ce club, notamment par « flemme intellectuelle » justement, ce qui vient donc donner du crédit à cette image largement répandue qu’ont les publics des lycées professionnels. Pour autant, l’histoire nous prouve surtout qu’il y a précisément, comme dans tout public d’élèves, une partie d’entre eux ( même s’ils ne sont pas toujours très nombreux ) qui lisent, s’intéressent, veulent discuter, argumenter, s’interrogent et ont envie d’échanger. L’important est donc, selon moi, sans tomber dans le discours démagogique ou la vision angélique, de sortir de ce cliché selon lequel les élèves de filières professionnelles ne seraient pas enclins à la réflexion et à l’exercice intellectuel d’une part ; et de ne pas omettre, d’autre part, que l’une des principales missions de notre service public est, à défaut d’y parvenir totalement, d’essayer au moins de proposer aux élèves des cadres et des structures qui leur permettent le meilleur épanouissement possible.

-         2ème constat : la Philosophie n’est pas enseignée en lycée professionnel. D’où la possibilité, si le désir est là bien sûr, de faire et  d’imaginer quelque chose dans ce domaine.

-         3ème constat : nos élèves, pris dans leur quotidien, n’avaient donc pas de lieu ni de temps dévolu à ce type d’activité, ou n’avaient semble-t-il pas pris le temps de trouver ce type de lieu, ni à l’extérieur ni à l’intérieur du lycée : le Club Philo pouvait donc être ce temps et ce lieu.

 

Le club, gratuit, a été ouvert à tout lycéen qui souhaitait écouter, réfléchir et débattre.

L’idée n’est donc pas venue d’eux mais de moi ; mon but était d’être pragmatique : lancer ce club, le leur proposer et voir ce que ça allait donner.

 

Chaque séance a duré 1H30, le mardi soir après les cours, de 17H à 18H30, et s’est déroulée dans l’enceinte du CDI.

Il y a eu au total 8 séances. La 1ère a eu lieu le 19 Février, la dernière s’est tenue le 27 Mai 2008.

 

Seuls trois élèves ont finalement participé à ce club. Ce qui fait très peu au regard du nombre mais beaucoup quant à l’impact que cela a eu sur eux.

Les thèmes ont été choisi au fur et à mesure que se déroulaient les séances, essentiellement sur la proposition des élèves eux-mêmes.

Ce club a été animé par une Professeure de Philosophie, extérieure au lycée, qui avait déjà animé dans un autre lycée professionnel, à la demande des élèves cette fois-là, ce type de club.

Outre le contenu des séances qui apparemment a passionné les participants, le contact humain établi entre cette dame et eux a fait que ceux-ci ont demandé à ce que le club se tienne toutes les semaines et non pas toutes les quinzaines comme cela avait été initialement prévu.

 

Je retire de cette expérience innovante dans l’établissement de nombreux enseignements :

 

- Initier ce genre d’action en milieu scolaire nécessite un investissement permanent : je ne crois pas que l’on puisse se contenter de lancer une action et en faire le bilan en fin d’année ; pour ma part, j’ai systématiquement rencontré l’animatrice du club avant chaque séance ; je l’ai rappelée le lendemain pour qu’elle me fasse un « topo » et me donne ses propres impressions et ai vu régulièrement les élèves pour simplement discuter avec eux de ce qu’ils retiraient du club. Un suivi régulier me paraissait une nécessité, au vu essentiellement de la jeunesse du projet , projet qu’il fallait donc suivre de près dans les prémices de son développement. L’idée était donc d’être présente sans l’être trop… laisser cet espace et ce temps aux élèves et leur professeure, tout en veillant discrètement au bon déroulement des choses.

 

- Un « Club Philo », parce qu’il donne la parole aux élèves et qu’il leur permet de réfléchir sur des sujets qui les touchent, trouve nécessairement du succès ; quelque soit le public scolaire, ce genre d’action trouvera toujours, je pense, un public.

 

- Développer le potentiel intellectuel et humain de nos élèves était le 1er but recherché : c’est une réussite totale, si l’on se réfère aux témoignages croisés de leur professeure et des élèves participants. Ce club de réflexion et de discussion a permis à nos élèves de s’élever, semble-t-il…

 

- Le deuxième objectif découlait du précédent : forger un esprit critique, citoyen, via la pratique du débat ( capacité à écouter l’autre, réflexion personnelle et de groupe, prise de parole, capacité à convaincre , etc…). Là aussi, c’est un succès indiscutable.

 

- Le troisième but était de proposer une activité qui crée du lien, un autre type de lien, entre les lycéens eux-mêmes d’une part et entre les lycéens et les personnels d’éducation d’autre part, tous corps confondus. Il aurait fallu qu’un nombre plus élevé d’élèves participe au club pour voir si cela modifiait les choses dans ces domaines. Quoiqu’il en soit, cela aura au moins permis à quelques lycéens de faire connaissance et l’expérience mérite selon moi d’être reconduite pour voir les développements possibles.

 

- Un autre but était que les élèves s’approprient un peu plus le lycée et en fassent un espace vivant, lieu de pratique de citoyenneté. Même constat : plus de participants aurait sans doute permis au lycée d’être un lieu de vie moins anomique.

 

Certains impacts sur le fonctionnement du lycée étaient également attendus :

 

-         Que le CDI, au-delà de son fonctionnement habituel, permette aux élèves de se réunir pour réfléchir et débattre ensemble; étoffer également le rayon « Philosophie » de nouveaux ouvrages. Objectifs atteints.

-         Qu’une réflexion naisse au sein de la Salle des Professeurs sur l’intérêt ou non de créer dans l’emploi du temps de la semaine, à l’intérieur des journées et non après les cours, un temps dévolu aux activités péri-éducatives. Envisager donc une autre structuration du temps scolaire et ce à l’échelle du lycée tout entier. Le « Club Philo » aurait pu aussi servir à cela mais cela n’a pas eu lieu :  trois élèves, c’est au final un très petit effectif mais l’on sait pourquoi si peu d’élèves se sont investis dans ce club : ce sont des lycéens, à l’emploi du temps bien fourni, et qui ont, comme tous les adolescents de cet âge, une vie en dehors du lycée ; le club se tenant après les cours, il y avait de fortes chances pour que peu d’entre eux soient motivés pour rester après 17H; bon nombre d’élèves m’ont dit que, si cela avait eu lieu dans le courant de la journée, sur le temps de la pause méridienne par exemple, ils seraient volontiers venus. Il est donc certain que si ce club avait pu se tenir sur un autre temps, il aurait eu un tout autre aspect : le nombre de participants aurait très certainement modifié le cours des séances, leur contenu, leur ton… Pas systématiquement nécessairement en bien d’ailleurs : un trop grand nombre de participants aurait peut-être rendu la tenue des débats plus difficile; un nombre relativement restreint de participants est donc peut-être une bonne chose, un bon format à retenir… on peut juste regretter que seuls 3 élèves aient, pour le coup, su ou pu profiter de ce club. Au final, le club n’a donc pas pris une ampleur suffisante pour que cela engendre un début de réflexion en Salle des Professeurs sur la nécessité de revoir l’organisation du temps scolaire.

 

 

Quelques enseignements à retirer pour finir :

 

-         Le fait de passer, essentiellement, par les délégués de classe, pour informer de la création de ce club, n’a pas été suffisant pour donner l’envie aux jeunes de s’y intéresser ; on s’est aperçu que, d’une part, l’information n’avait pas toujours été donnée, et que les délégués n’avaient pas auprès de leur camarades, d’autre part, les arguments nécessaires pour leur donner l’envie de s’y intéresser. Rien ne vaut donc, apparemment, notamment lorsqu’il s’agit de faire la promotion d’une activité qui sort de l’ordinaire, la discussion directe, le passage de l’information de personne à personne.

-         Il ressort de tout cela qu’un effort de communication ou une recherche de nouveaux modes de communication reste souhaitable.

-         Il ressort également de tout ceci qu’un soutien, soit en Salle des Professeurs et/ou du Chef d’établissement, favorise nécessairement le développement de ce type d’activités péri-éducatives. La simple gestion du quotidien n’offre pas toujours, cependant, aux uns comme aux autres, la possibilité de consacrer du temps à ce genre d’actions, pourtant si importantes dans la respiration des établissements.

 

 

Melle Pérache ( CPE au Lycée Erik Satie en 2007/2008)

 

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