Développement d’un ensemble optionnel cinéma en CAP Arts
graphiques
PERSONNE-CONTACT/ ANIMATRICE DE L’ACTION :
Nom : DAIEN
Didier
Mèl :
florines@infonie.fr

BILAN D'ETAPE (juin 2009)
Le contexte de l’expérimentation
L’expérimentation a
concerné deux niveaux : la 2nde CAP DECG
1 et la terminale DECG 1. Cette dernière classe a déjà bénéficié en
2007/2008 de 2 heures d’enseignement « cinéma ».
Dès l’accord pour
l’expérimentation, un travail préparatoire a été accompli durant le
mois de juin 2008. Des objectifs de travail ont été établis entre
l’enseignant de lettres Histoire, à l’initiative de l’action, et les
deux enseignantes d’arts appliqués qui se sont portés volontaires.
À la rentrée
septembre, une série d’obstacles se présente et retarde
l’enseignement.
Une des deux
enseignantes, après avoir été admise à l’agrégation, est affectée
sur un autre établissement, une TZR, nommée à la mi-septembre sur le
poste vacant, se retrouve donc intégrée au projet pour la classe de
terminale sans préparation.
Le service de la
vie scolaire constate, quelques jours avant la rentrée, la
disparition de l’enveloppe contenant les lettres de motivation
reçues pour participer à l’ensemble optionnel. L’affectation des
élèves dans la classe de seconde se fait donc à la dernière minute,
le jour de la rentrée, une moitié seulement de l’effectif envisagée
confirmant oralement sa motivation.
Quant à l’emploi du
temps, il tarde aussi à se mettre en place car les plages horaires
communes n’ont pas été prévues dans les emplois du temps initiaux.
Après avoir
surmonté ces premiers obstacles les heures d’enseignement débutent
dans les deux classes le 26 septembre.
La classe de seconde
Pour effectuer un
état des lieux, un temps a d’abord été consacré en demi-groupe à
l’approche des représentations des élèves sur le cinéma.
Il en est ressorti
qu’avant d’être un domaine artistique, c’est surtout une pratique
culturelle considérée comme essentiellement distractive, que la
fréquentation des salles est très épisodique et que ses liens avec
les arts graphiques paraissent très lointains; par ailleurs, un
groupe d’élèves a exprimé des interrogations sur le fait d’être
évalué sur un enseignement non choisi et le refus d’être filmé.
Après cette prise
d’informations, l’enseignement a été construit autour de trois
phases :
-
L’observation et l’analyse
-
L’exploration et l’expérimentation
-
La phase de réalisation
-
Observation et analyse
Séquence 1 Premiers outils pour l’analyse filmique.
En classe entière, une première séance autour d’extraits
contemporains a d’abord cherché à rendre les élèves capables de
regarder et de décrire, en utilisant un vocabulaire précis pour
amorcer l’analyse filmique.
Menée en parallèle avec une séquence de français autour du texte
descriptif, elle s’est appuyée sur des extraits choisis d’Edward aux
mains d’argent de Tim Burton et de Tokyo Eyes de Jean Pierre
Limosin;
L’observation a progressé en partant des émotions perçues par le
spectateur. Après verbalisation, le commentaire des extraits a
cherché à donner un sens aux notions de plan, cadre, champ,
composition, point de vue, raccord et montage.
Au cours de cette première activité, l’hétérogénéité de
l’attention du groupe et l’embarras pour construire une description
ont été constatés.
Une seconde séance en demi groupe a repris la même
démarche en l’appliquant aux premières minutes de l’Aurore, film
muet de F. Murnau. Le questionnement des élèves a été élargi à la
composition rigoureuse de chaque plan, à la mise en place de la
narration et aux moyens utilisés pour y parvenir.
Au terme de ces deux séquences, le fait de regarder un
film pour en connaître les règles et pour mieux y prendre du plaisir
tout comme le fait d’être un spectateur actif qui raisonne sur ce
qu'on lui montre a semblé rencontrer un peu moins d’opposition.
Ce travail s’est ensuite poursuivi par la projection de
l’Aurore en salle.
À son issue, une séance en classe centrée sur la réception critique
a témoigné, par la vivacité des échanges, qu’un intérêt différent
pour le cinéma était en train de poindre.
Les deux séances suivantes en demi groupe ont été
consacrées à un premier travail d’évaluation
(annexe 1)
et à sa correction en utilisant le logiciel Lignes de Temps.
Séquence 2 : L’histoire du pré-cinéma et les débuts du cinéma.
Cette séance s’est effectuée par la visite guidée en classe entière
de l’exposition permanente « Passion cinéma » de la Cinémathèque
Française avec la tâche, pour chaque élève, d’effectuer un
compte-rendu portant sur un aspect de la naissance du cinéma en
l’illustrant par un croquis.
-
Exploration et expérimentation.
Séquence 3 : les paramètres de la prise de vue.
Avec
comme objectif de s’exercer à la réalité du cadrage, une première
tâche pratique a été lancée (annexe 2) ; sur 3 séances consécutives,
elle s’est déroulée en demi groupe à l’intérieur desquels 3 équipes
de travail ont été organisées.
Présentée comme un projet de repérage, avec des appareils photos de
l’établissement, autour de la place d’Italie, la tache a consisté
d’abord à réaliser des prises de vue incluant 3 motifs : 1 feu de
signalisation, 1 personnage dans le plan et le mouvement de la
circulation.
Pour chaque photo,
l’enjeu fixé a été de faire ressentir au spectateur l’existence d’un
point de vue.
Cet exercice,
analysé ensuite en classe, a servi à illustrer principalement
l’importance du choix du cadre et de la focale en introduisant des
éléments techniques sommaires.
La motivation des
élèves pour cette proposition s’est assez vite émoussée. La rigueur
nécessaire pour construire un cadre porteur de sens s’est heurtée à
la pratique usuelle des appareils numériques.
Ensuite, en s’appuyant sur les repérages photographiques, avec un
caméscope, un premier plan fixe type vue Lumière a été tourné en
incluant un personnage dans le champ. Cet exercice purement
documentaire a été immédiatement suivi par le tournage d’une seconde
vue Lumière plus fictionnelle car un second personnage entrait dans
le champ en accomplissant un geste signifiant.
Ce
travail, en petites unités, conduit pour faire découvrir les
attitudes nécessaires sur un tournage et amorcer la question de la
mise en scène a relancé la motivation et fait aussi apparaître des
habiletés et des capacités d’organisation.
Pour prolonger ce travail et amorcer la seconde séquence
d’exploration et d’expérimentation une tâche à effectuer en semi
autonomie dans le cours d’arts appliqués a été distribuée.
Sur la base des groupes constitués pour le tournage, dans le jardin
public voisin, 4 prises de vues photographiques correspondant à des
cadrages pertinents devaient raconter une scène de rencontre avec
les contraintes suivantes.
- Un personnage attend, un second personnage arrive et lui remet un
objet.
Le rendu de cet exercice était à faire sur un support numérique, un
texte bref descriptif de l’action accompagnant chaque photographie.
-
Observation et analyse
Séquence 4 : Analyse de séquences
Après
la projection du Pickpocket de R. Bresson en salle à la veille des
vacances de Noel, l’étude du film s’est organisée à la rentrée
janvier sur 2 séances en demi groupe autour d’une question déduite
par la lecture méthodique du carton d’ouverture.
Comment le
réalisateur filme le rapprochement de Michel et de Jeanne ?
C’est
donc en recherchant et en regardant à nouveau les séquences où
Michel et Jeanne sont en présence l’un de l’autre que s’est effectué
ce travail.
Pour la première
séquence une analyse plan par plan très détaillée a été menée. Sous
la conduite de l’enseignant, les élèves ont été amenés à produire
des interprétations à partir des choix de mise en scène observés.
Pour la seconde
séquence, ils ont été sollicités pour produire une description et
des interprétations sur la base des groupes constitués pour les
séances pratiques.
Cette activité a été une étape importante du travail de
l’année. D’abord, décontenancé par l’austérité du jeu des acteurs,
l’observation précise des cadres a mis à nu le parti pris esthétique
du réalisateur et permis de construire collectivement des
significations.
L’analogie avec les autres arts visuels, particulièrement la
peinture, a été remarquée.
Ce travail d’analyse et son évaluation (annexe 3) vont exercer une
influence déterminante dans la préparation des exercices de
création.
Séquence 5 : Amoureux de Charlotte Garson
La lecture à la maison du livre a été suivie d’une évaluation simple
(annexe 4) en demi groupe. Sa correction a été effectuée par la
projection d’extraits choisis illustrant le moment de la rencontre
amoureuse qui sont commentés par l’auteur.
Pour chaque
extrait, le travail effectué au cours de la séquence précédente a
été réinvesti.
A l’écoute des
commentaires de plus en plus pertinents des élèves, à ce moment de
l’année, les notions de
plan, cadre, champ, composition, point de vue, raccord et montage se
rapportent à des réalités précises.
-
Exploration et expérimentation.
Séquence 6 : Création autour de la scène de rencontre.
Les prises de vue présentées par chaque groupe ( annexe 5) ont été
collectivement du point de vue de la pertinence de leur cadrage par
rapport aux émotions recherchées. Des propositions de recadrage ont
été formulées. Cet exercice de mise en commun d’un travail pratique
a fait naître dans les deux groupes des échanges très intéressants
qui ont permis d’argumenter sur la dimension éthique du cadrage.
Après sélection
des exercices retenus pour les tournages par l’intervenant, deux
équipes de tournage
dans chaque groupe ont été constituées.
Parallèlement aux taches effectuées dans le cours d’arts appliqués
sur ces prises de vue, il a été demandé à chaque élève de réaliser
un scénarimage (croquis + texte explicatif de chaque plan retenu).
-
La phase de réalisation
Séquence 7 Le tournage et le montage
8 heures ont été consacrées à l’exercice de tournage, soit 2 heures
pour tourner 5 plans.
Sur la base de 2 groupes de 12 élèves, il a été organisé 4 équipes
de tournage correspondant aux choix de scénarimages.
Chaque groupe a donc tourné, dans un premier temps, 4 plans
correspondant à leur scénarimage.
Après visionnage en classe des rushes, il a été demandé ensuite
d’imaginer un plan révélateur d’un sentiment qui pourrait établir un
lien avec les plans tournés par le groupe parallèle.
Dans chaque demi groupe le nouveau plan a ensuite été tourné.
Cette organisation a été choisie pour insister sur le travail de
composition du plan, afin de capitaliser dans la pratique tout ce
qui avait été précédemment développé dans l’analyse.
Cette insistance sur la problématique de la mise en scène
cinématographique, bien que formulée et justifiée dans le contrat
passé au moment des séances pratiques, n’a été véritablement
comprise qu’au moment du montage.
Une séance de 2 heures par groupe a ensuite été consacrée au
montage. Les fonctionnalités du logiciel ont été développées à
travers le montage des 5 plans.
Ensuite, en utilisant la vidéo projection, l’intervenant a présenté
des propositions de raccord entre les 2 séquences. Chaque hypothèse
a été montrée et un choix a été effectué.
Cette première expérience concrète du travail en équipe a permis de
mesurer la complexité pour un élève à effectuer des choix précis et
adaptés (placement de la caméra, la valeur du cadre…), à exécuter
des gestes avec soin, à justifier un choix, à se conformer à une
méthode de travail, à synthétiser l’ensemble des taches, à
communiquer etc.
Cet inventaire n’est pas fortuit, il énumère les capacités
nécessaires dans la réalisation de nombre de taches
professionnelles.
-
La restitution du travail
Le 15 juin, dans une salle de la Cinémathèque, le travail des élèves
a été présenté pour répondre à la demande de la Région. Cette séance
s’est déroulée au cœur de la période de stage et n’a pu être
préparée. Cependant, questionnés par la responsable du département
pédagogique, les élèves ont restitué en partie les étapes du travail
effectué.
En septembre 2009, une autre présentation du travail sera organisée
au lycée.
-
Conclusion provisoire
A ce jour, l’expérimentation, effectuée cette année dans la classe
de 2 D1 n’est que la réalisation partielle du programme de travail
prévu.
Dans les faits,
si des objectifs et des contenus de formation peuvent être
rapportés, hormis des problématiques classiques d’évaluation des
acquis, l’effet du travail sur les élèves et l’impact sur
l’établissement de cette action n’ont pu être mesurés.
Pour y remédier et être en capacité de présenter à l’issue de
l’expérimentation en juin 2010, des éléments précis sur ces deux
aspects, il paraît d’abord nécessaire d’inventorier les contraintes
qui ont produit cette situation puis de prendre en compte de
nouveaux besoins.
La validation par le comité régional de la RIF d’un projet lycée,
innovation éducative a garanti le financement du partenariat avec la
Cinémathèque Française pour la période 2008 2009. L’expérimentation
étant envisagée sur 2 ans au minimum, la recherche du financement
pour l’année suivante reste toujours une tâche à la charge du
coordonnateur et du proviseur. Couteuse en temps, elle a asséché une
partie de l’énergie nécessaire à l’animation du projet. Une solution
provisoire est envisagée pour 2008 2009, sous réserve de son
approbation par le conseil d’administration.
En juin 2008, un collectif d’enseignants, en liaison avec le
partenaire culturel, se constitue pour préparer l’expérimentation.
Informés des objectifs proposés par le coordonnateur, les
enseignants concernés se mettent au travail; des modalités
d’organisation sont élaborées et validées par la direction. Un
calendrier prévisionnel est construit avec le partenaire; des
documents de travail commencent à circuler. Bref, les conditions
sont mises en place avec un certain enthousiasme pour travailler de
manière active au projet. La dynamique est lancée.
Un enchaînement étonnant d’aléas va, dès la rentrée septembre,
entraver la démarche de ces acteurs.
D’abord, à sa grande surprise, en septembre, le chef d’établissement
ne dispose plus des heures prévues et se trouve placé dans une
situation délicate. Des heures non financées sont inscrites à
l’emploi du temps tandis que les services du rectorat informent de
l’impossibilité de les attribuer à l’établissement. A force de
persévérance, une solution locale, provisoire et bancale, va être
échafaudée juste avant les congés de la Toussaint. Avant même de
débuter, ce travail est marqué par une irrégularité administrative.
Une semaine après la rentrée, l’affectation d’une enseignante TZR
sur le service de la collègue qui a contribué à la définition du
travail et qui souhaite conserver son poste est un second facteur
d’affaiblissement. Sa conséquence directe est la révision des
objectifs envisagés, la collègue ne s’estimant ni volontaire, ni
compétente pour s’investir dans ce travail.
La création d’un climat innovatif et la volonté de s’engager dans un
style de travail adapté à cette démarche
sortent amoindries
de cet épisode.
D’autres facteurs déjà cités vont fragiliser l’installation de
l’expérimentation et produiront des conséquences sur les intentions
initiales. Le calendrier envisagé est réaménagé. L’équipe
d’animation du travail, réduite à deux enseignants,
l’institutionnalisation de la concertation est abandonnée au profit
d’une simple coordination, les autres enseignants sollicités pour
intégrer le travail, observant médusés la fragilisation en cours.
Echaudé par ces déconvenues et absorbé par les taches
administratives, le chef d’établissement a poursuivi son
accompagnement du travail en insistant sur les limites à prendre en
compte.
L’énumération de ces contraintes ne vise pas à esquiver les
responsabilités mais à pointer un élément essentiel dans cette
situation : la reconnaissance. Sans la confondre avec la visibilité,
elle est un élément majeur d’abord, auprès des publics destinataires
de l’action. Elle fonctionne aussi comme une légitimation auprès des
collègues. Enfin, elle est un passeport pour traverser les
difficultés inhérentes à l’expérimentation.
Pour un accompagnement extérieur de ce travail par la MAIE.
En dépit de ces contraintes, la dynamique du travail engagé autorise
un certain nombre de constats subjectifs.
L’atmosphère de la classe est décrite, tout au long de l’année par
l’ensemble des professeurs, comme très positive. La progression des
élèves dans le domaine professionnel est jugée satisfaisante. Les
comportements classiques observables à ce niveau par la vie scolaire
– absentéisme, retard – sont en régression. Le développement de
l’autonomie, pour une partie du groupe et pour des taches
particulières semble engagé.
Toutefois, à l’issue de l’année, trois élèves sont engagés dans une
réorientation. Par des entretiens individuels spontanés, il
paraitrait que l’ensemble optionnel cinéma n’intervienne pas dans
leur décision mais ne représente pas non plus un argument pour aller
au terme du cycle.
Au delà de ces constats, l’équipe n’a pas élaboré les outils utiles
pour réfléchir à la richesse de son travail.
Pour rompre avec cette subjectivité et produire un discours
construit sur la mobilisation des élèves, pour analyser leurs acquis
et l’émergence des talents individuels, pour développer la
pertinence des dispositifs du binôme enseignant, un accompagnement
extérieur de ce travail par la MAIE paraît désormais judicieux.
En effet, en dépit de la volonté du coordonnateur, la multiplicité
des taches que ce travail impose n’a permis, ni l’usage de la
démarche préconisée par la mission, ni la conception d’outils
nécessaires à ces taches d’observation, d’analyse et d’évaluation.
Cet accompagnement pourrait aussi avoir la vertu de dépersonnaliser
le travail et de l’intégrer dans un nouvel enjeu.
A la rentrée 2010, le recrutement des CAP DECG sera fermé au profit
de l’ouverture de la structure imaginée par l’équipe de direction
actuelle soit, 2 classes de baccalauréat professionnel en 3 ans.
Selon les textes, les nouvelles modalités d'organisation de cette
classe offrent aux enseignants davantage de souplesse
organisationnelle, « permettant aux établissements d'exercer
pleinement leur autonomie et apportent aux élèves des réponses
adaptées à leurs besoins ».
Parmi les principales évolutions « Un bloc horaire de 152 h est
dédié aux enseignements généraux qui contribuent à la
professionnalisation des élèves ».
L’expérimentation pourrait, en poursuivant les objectifs déjà fixés,
avoir à définir pour une des 2 classes les contenus de formation et
les dispositifs pédagogiques à développer sur ce bloc horaire, sur 3
ans. Pour pouvoir intégrer l’ensemble des expériences pédagogiques
de l’établissement, la FCIL multimédia notamment, ce bloc horaire
s’intitulerait « Arts visuels numériques ».
La demande d’accompagnement vise donc ces deux objectifs, d’une
part, l’aide à l’évaluation du projet et de son impact sur le lycée
pour promouvoir son évolution dans le cadre de la future structure
pédagogique
Descriptif de l’action, public concerné, problèmes, attentes.
L’ouverture d’un ensemble optionnel cinéma, pour une seconde et
une terminale CAP Dessinateur d’Exécution Communication Graphique
à la rentrée 2008, s’inscrit dans la logique du CAP rénové DECG
qui suggère pour les enseignements professionnels d’Arts appliqués
et cultures artistiques un approfondissement par des ensembles
optionnels.
Pour un
nombre important de ces élèves, des débouchés professionnels se
présentent désormais en infographie, technique de création de
dessins à l'aide de l'outil informatique. L'infographiste étant
actuellement défini, selon la société d’encouragement aux métiers
d’art, comme « un illustrateur, spécialiste de l'image numérique
fixe ou animée dont le rôle est de mettre une image ou un texte en
valeur ou en mouvement ».
Le jeune qui se destine à ces métiers doit, donc, développer des
compétences précises pour s’adapter à divers supports techniques,
et sujets d’expression graphique, il doit également posséder une
ouverture d’esprit et une curiosité intellectuelles dans
différents domaines : publicité, exposition, histoire de l’art,
technologies nouvelles, design, mode, cinéma.... Il doit aussi
atteindre un niveau d’enseignement général satisfaisant afin de
pouvoir rédiger, analyser, dialoguer, argumenter, avoir une
capacité d’écoute et de remise en question vis-à-vis de ses
productions.
L’orientation d’un ensemble
optionnel vers l’art cinématographique, non seulement correspond à
des intentions professionnelles et artistiques, mais est
l’opportunité d’une collaboration entre des enseignants de
l’enseignement général et professionnel, propice au développement
des compétences transversales.
Ce choix - inscrit dans le
projet d’établissement - vise à l’enrichissement de la formation
culturelle générale, à l’élévation du niveau des compétences
techniques en poursuivant des expérimentations menées depuis 4 ans
à travers des projets construits ou dans des démarches
interdisciplinaires.
En 2007, une première convention a été signée avec la Cinémathèque
Française La participation à plusieurs expériences de création
cinématographique avait déjà construit des liens réguliers avec la
Cinémathèque française. Les exigences désormais fixées par ce
partenaire dans le cadre d’une convention, par la qualité des
échanges qu’ils suscitent, a déjà permis une approche critique de
la production des images contemporaines et a favorisé l’accès à
d'autres références et à d'autres valeurs. Ces exigences ont, par
ailleurs, quantitativement contribué à la stabilisation d’élèves
en situation de rupture scolaire.
Objectifs principaux de l’ensemble optionnel cinéma
Sous la conduite de l’équipe
constituée de 3 enseignants et des intervenants, l’ouverture de
cet ensemble optionnel cinéma vise à :
Approfondir une découverte de
l’art cinématographique et sa complémentarité avec les autres arts
de l’image, par une approche à la fois pratique et critique.
Ouvrir de nouvelles
possibilités d’expression artistique personnelle au sein de
projets collectifs qui sollicitent des capacités d’innovation et
d’expérimentation et l’usage des nouvelles technologies dans la
démarche de création.
Construire des compétences sur
des applications informatiques spécifiques à l’image animée.
Encourager à fréquenter un
environnement culturel nouveau.
Développer des situations
d’échanges et de débats sur des productions ou de grandes
problématiques artistiques.
Sensibiliser aux métiers liés
au monde de l’art et de la culture.
Concourir au projet
d’établissement actuel qui considère comme une étape le
développement des pratiques culturelles et artistiques pour
évoluer vers le lycée des métiers.
Caractère « expérimental », innovant, dérogatoire de l’action.
Construction et composition de l’équipe.
La dimension expérimentale de cette action s’opère, d’abord, dans
l’intention de l’inscrire dans une légitimité institutionnelle qui
puisse renforcer la visibilité et l’efficacité de l’action.
Elle vise
ensuite à s’appuyer sur les ressources de la mission académique
pour poursuivre ce travail sur 3 années.
À cet effet,
l’équipe composée de 3 enseignants, un de Lettres Histoire et deux
d’Arts Appliqués, demande à disposer pour assurer l’enseignement
et le temps d’analyse de cette pratique et pour produire des
ressources didactiques et pédagogiques d’un contingent de 4
heures. Cette année, il a été accordé une décharge horaire de 4
heures que l’enseignant responsable a donc pu consacrer au projet
.
Objectifs spécifiques et démarche pédagogique pour
l’année 2008/2009
·
Pour la seconde CAP, sur une durée annuelle, dont 28 heures avec
intervenants, nous envisageons de lier étroitement à une pratique
créative des acquisitions théoriques précises:
1.
Une phase d’observation, d’analyse et d’apprentissage pratique.
Il s’agit, à
travers des projections dans les locaux de la cinémathèque
française et l’étude d’extraits en classe, de découvrir d’abord,
une autre manière d’être spectateur.
Cette initiation,
qui amorce l’acquisition des d'outils d'analyse de l’analyse
filmique, - les œuvres et les extraits étant replacés
systématiquement dans leur contexte historique, économique et
esthétique - est facilitée par la communauté de références entre
élèves et enseignants (films, acteurs…).
La construction progressive des
objectifs de création conduite en concertation entre les
enseignants et la Cinémathèque Française se concentre sur la
notion de plan.
Ce choix simple se justifie car cette notion fédère les éléments
fondateurs du langage des images et des sons.
Dans un premier temps, la
production de plans unitaires indépendants permet d’aborder de
façon simple les principales composantes d’un plan et la qualité
de l’image et du son.
Des exercices pratiques, type
Vues Lumière, vont être l’occasion d’une prise en main
individuelle et réfléchie de la caméra.
Ensuite, nous abordons la
production de plans liés entre eux par des éléments narratifs ce
qui permet une initiation minimale au montage et à la réalisation
à travers un travail sur :
– Le raccord (dans le
mouvement, sur le regard, sur le son, etc.) ;
– Les effets de « ponctuation »
(cut, fondu enchaîné, fondu au noir, etc.) ;
– Le montage et ses variations
rythmiques (cut, alterné, chronologique, etc.).
Deux exercices pratiques
réalisés par groupe de 6 élèves sont proposés avec, comme
contrainte, l’invention d’un espace . Pour y parvenir, les élèves
doivent effectuer :
–
Le tournage de 5 plans tournés/montés
–
Le montage de ces mêmes plans avec un logiciel simple (type I
Movie).
-
Une phase de création
autour d’une question simple de cinéma.
La seconde phase est une approche active des notions précédentes,
mais elle met en place aussi des tâches, plus créatives, et elle
est liée en permanence à la démarche d’expérimentation.
À partir d’une problématique du
type :
Comment la perception de
l’espace peut-elle engendrer une émotion ?
L’objectif à atteindre est la
production d’un film-essai.
Pour 2 groupes de 12 élèves, il
est proposé dans un premier temps l’élaboration d’un scénario pour
une séquence brève.
Ce travail d’écriture
narrative, intégré à une séquence du cours de français, se
prolonge dans le cours d’arts appliqués par la fabrication d’un
story-board (narration dessinée) dont le seul but est de
visualiser le découpage technique.
Sous la conduite de
l’intervenant, des opérations de repérage, de prises de vues et
des sons puis, le montage, sont ensuite effectuées.
Ce travail aboutit à deux
réalisations.
-
Pour la terminale CAP, sur une durée annuelle, dont 40 heures
avec intervenants, nous envisageons 2 temps distincts.
D’une part la sensibilisation des élèves au cinéma d’animation et
leur initiation à différentes techniques ; à cet aspect du projet
sera rattaché la classe de terminale Sérigraphie.
D’autre part, la poursuite du travail sur le plan pour le seul
groupe de DECG .
C’est un genre mal connu des élèves. S’ils regardent de plus en
plus d'images animées, ils ignorent souvent comment elles sont
fabriquées, et quel travail est mis en œuvre pour produire un film
animé. De plus, s’ils connaissent les productions « grand public »
-séries télé ou films de long métrage - une large partie de la
production d'animations reste très mal connue, c'est celle des
courts métrages d'auteur.
Découvrir cet art qui navigue entre peinture, chorégraphie et
cinéma et ses règles spécifiques va guider la rencontre de la
classe qui découvrira parallèlement un programme de film
d’animation de Florence Miailhe.
Partant de leurs savoir faire, nous abordons les techniques
d'animation directe sous la caméra à travers la vision commentée
des courts-métrages de cette réalisatrice. Au cours de ces
séances, seront présentés quelques outils d'analyse puis une
démonstration de la technique peinture et sable animés directement
sous la caméra sera effectuée pour mettre en valeur comment se
créent le mouvement et le rythme.»
Suivront ensuite des séances d’atelier de création.
Par groupe de quatre, les élèves font bouger un objet ou deux
objets devant la caméra.
Le travail est suivi par l'ensemble des autres élèves.
Les petits films – 10 ou 15 secondes - sont visionnés dans la
foulée et donnent ainsi l'occasion d'aborder les principes de base
du cinéma d'animation :
- Division de la seconde de film en 25 phases
- Décomposition des mouvements
- Comment accélérer ou ralentir un mouvement
- Notion d'amorti, etc.
Cette approche rapide et ludique de la manipulation de
"personnages" – allumettes, poupées, cubes, papiers découpés,
permet de sensibiliser très vite les élèves à la "liberté" du
cinéma d'animation. Dans le même temps, les erreurs commises, les
rendus non conformes à ce qu'on avait imaginé leur donnent le
cadre dans lequel cette liberté peut s'exprimer. Ces petits films
permettent également de mener une réflexion sur ce qui "vit" à
l'image ou non, et comment faire pour y arriver.
Dans un second temps, en coordination avec des travaux
préparatoires effectués dans les cours d’éducation artistique, les
élèves expérimentent la technique peinture et sable animés pour
une très courte création.
2.
Le plan
La seconde partie du travail sur le plan est un approfondissement
des notions précédentes, mais elle permet de développer des tâches
en plus grande autonomie.
À partir d’une observation du
cinéma de notre temps, l’accent est mis sur l’emploi du plan
séquence chez les réalisateurs contemporains. Des exercices
d’entraînement à la réalisation de plan-séquence seront proposés.
À partir d’une problématique
telle que : comment la peur peut-elle être communiquée au
spectateur ? L’objectif à atteindre est la production d’un
film-essai.
Pour 2 groupes de 12 élèves, il
est proposé dans un premier temps l’élaboration d’un scénario pour
une séquence brève. Tout comme pour la première année, ce travail
d’écriture narrative est intégré à une séquence du cours de
français et se prolonge dans le cours d’arts appliqués par la
fabrication d’un story-board (narration dessinée) dont le
seul but est de visualiser le découpage technique.
Sous la conduite de
l’intervenant, des opérations de repérage, de prises de vues et
des sons puis, le montage, sont ensuite effectuées.
Ce travail aboutit à deux
réalisations mais dans des conditions où l’autonomie des élèves
est plus importante.
À l’issue de ces travaux,
l’élève doit avoir acquis des compétences d’ordre artistique,
culturel, technique, méthodologique et comportemental. En réalité
imbriquées, ces compétences peuvent être listées ainsi :
|
–
concevoir et fabriquer un plan
–
l’inscrire, si possible, dans un ensemble cohérent, narratif
ou non.
–
accéder à une maîtrise élémentaire des outils de production
des images et des sons et à la maîtrise élémentaire des
notions de langages cinématographique et audiovisuel
–
repérer et comprendre la nature, la place et la fonction d’un
plan à l’intérieur d’une ou plusieurs séquences |
–
réinvestir ces savoirs dans une pratique personnelle.
–
participer au travail d’équipe dans un partage équitable des
fonctions et des outils
–
enrichir sa réflexion et sa pratique à partir du débat au sein
du groupe défendre son point de vue en respectant celui des
autres
–
repérer quelques grands moments de l’histoire du cinéma et de
l’audiovisuel |
Effets, impacts de l’action.
Chaque année, un nombre croissant de nos élèves s’engage dans une
poursuite d’études dans le secteur de l’image animée, ou est en
recherche d’emploi dans ce même secteur.
Sans viser à en augmenter le nombre, pas plus que de développer une
spécialisation sur l’image animée l’objectif est de permettre aux
élèves par une découverte raisonnée du cinéma et l’acquisition de
ses notions élémentaires,
une intégration réussie dans les filières spécialisées.
Évaluation, compte rendu de l’action
Plus formative que sommative,
la situation d’évaluation, au regard de l’ensemble des compétences
attendues, permet à l’équipe (enseignants, intervenant) de dresser
un bilan des tâches proposées au cours de l’année, d’en mesurer les
résultats et de préparer la valorisation et la diffusion, dans des
espaces appropriés, des productions et des œuvres créées dans le
cadre de cet atelier.
Elle se fonderait, à l’issue de
la production, sur une épreuve orale qui permettra d’apprécier la
capacité de l’élève à :
- Exposer en faisant preuve d’une maîtrise élémentaire des notions
de langages cinématographique et audiovisuel.
- Présenter et d’argumenter ses propositions personnelles pour
chaque tâche et de rendre compte, pour chacune, de la fin du
travail.
Le candidat présenterait
oralement un dossier établi à partir du carnet de bord tenu
au cours de l’année.
Ce carnet, à la manière d’un dossier pour un projet d’art appliqué,
rassemblerait les éléments constitutifs des tâches conduites au
cours de l’année, les informations liées à leur chronologie et des
tâches de recherche conduites en autonomie.
Le candidat présenterait son dossier pendant 10 minutes. La
présentation serait suivie d’un entretien ( dix minutes maximum) au
cours de laquelle le candidat justifierait ses choix et répondrait
aux questions.
L’entretien serait conduit par un enseignant et un représentant de
la structure culturelle. Une proposition de note sur 20 serait
établie. La note définitive serait établie par le jury et une
mention serait inscrite sur le livret scolaire de l’élève.
L’ensemble des exercices sera projeté à l’occasion de journées
portes ouvertes en partenariat avec la Cinémathèque Française et
sera mis en ligne sur le site de l’établissement.
Aide pour l’action
Amorcée à travers des projets depuis 4 ans, cette action est en
recherche du cadre institutionnel qui permettra aux enseignants
d’ajuster, par un retour réfléchi sur leurs pratiques, les objectifs
déjà définis.
L’aide de la mission pourrait donc consister à permettre d’une part
de s’inscrire dans la durée et de proposer des ressources adaptées
au programme défini, d’autre part de la faire figurer officiellement
sur les fiches métiers de
l’Académie.
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