FORMATION BTS IRIS EN TROIS SEMESTRES
(FIRTS)
I.
Contexte de l’action
Aux alentours des vacances de Noël, de nombreux étudiants
inscrits en première année d’Université savent d’ores et déjà
que leur choix de poursuites d’études est inadapté à leur
personnalité, soit du fait de la forme particulière du travail
demandé, où le travail personnel et autonome revêt une part
importante, soit du fait du niveau attendu, tant dans les
enseignements de spécialité que dans les disciplines
générales.
Habituellement, ces étudiants, soit abandonnent leurs études,
soit « végètent » le reste de l’année, en espérant
« redémarrer » l’année suivante dans un autre cursus, ou pire
en redoublant cette première année. Dans tous les cas, ce
choix conduit à la perte d’une année de scolarité au minimum.
Dans de nombreux cas, cela conduit même ces étudiants à
arriver sur le marché du travail dépourvu de toute formation
pratique et de tout diplôme de l’Enseignement Supérieur..
Descriptif de l’action
Cette action
se classe dans la catégorie des « préventions des risques de
décrochage ». L’action va offrir à l’étudiant une alternative
à l’abandon des études supérieures, dans une filière porteuse
et à un niveau mieux adapté.
II.
Public concerné
Les étudiants concernés sont à priori des
étudiants de première année Universitaire dans une filière à
connotation scientifique (baccalauréat d’origine S ou STI EL
ou ET). Cette sélection peut être étendue à quelques D.U.T
bien ciblés.
- Ils doivent être en situation d’échec,
et en être conscient.
- Ils doivent être prêts à remettre en
question leur projet d’études, ou à en adopter enfin un !
- Ils doivent être sérieux, et en
particulier non absentéistes.
- Ils doivent avoir un niveau correct en
enseignement général.
III.
Objectif
Proposer à ces étudiants une formation de
type BTS IRIS, en trois semestres, c'est-à-dire sans
interruption du cursus scolaire. Cet accueil se fera « au fil
de l’eau » dans les meilleures conditions possibles et avec
des chances de réussite satisfaisantes à l’examen.
IV.
Proposition
La plus grande partie des étudiants concernés tente de réussir
ce premier trimestre universitaire et n’échoue que par manque
de méthodes de travail, ou parce qu’ils ne peuvent travailler
que dans une structure rigoureusement encadrée et adaptée.
Ils ne sont pas absentéistes, font preuve de bonne volonté,
obtiennent même souvent des résultats satisfaisants dans une
ou deux disciplines.
Plutôt que de laisser ces étudiants perdre leurs acquis, il
est envisageable au contraire de les utiliser, de les
valoriser pour réintégrer une formation de type BTS, et en
particulier de type BTS IRIS.
V.
Pourquoi le BTS IRIS ?
La formation BTS IRIS est une formation scientifique. Elle est
à ce titre susceptible d’intéresser de nombreux étudiants
issus des filières bac scientifiques et de bacs STI divers.
L’enseignement de spécialité y possède la particularité de ne
réclamer aucun pré-requis. Aucune notion d’informatique n’est
réellement nécessaire.
Le référentiel de formation laisse aux équipes pédagogiques
un espace de liberté suffisant dans l’application de ce
référentiel pour envisager de récupérer le retard de formation
du premier semestre au cours de la fin de la première année.
Le « tronc commun » appelé « noyau dur » pour cette formation
est relativement restreint.
Les trois épreuves où est présente l’informatique conduisent à
13 des 23 coefficients de l’examen. Ces trois épreuves sont :
- E4 :
Etude d’un Système Informatisé.
Cette épreuve théorique balaie l’ensemble des compétences du
noyau dur. Elle est relativement complexe. Cependant, les
thèmes abordés et les questions posées sont relativement
ciblés. Une préparation intensive à l’Epreuve au cours de la
seconde année permettra de donner à l’étudiant toutes ses
chances.
- E5 :
Communication Professionnelle.
Basée sur le stage professionnel, cette épreuve ne requiert
pas de compétence informatique directe. Ce sont plutôt des
compétences liées à la vie des entreprises qui sont
attendues.
- E6 :
Epreuve de Projet.
Epreuve majeure du BTS IRIS. La particularité est dans la
liberté de chaque équipe pédagogique de développer ses
propres thèmes. Il sera donc possible de créer des thèmes de
projet adaptés à la particularité de ces étudiants.
VI.
Evaluation du retard de formation
Le retard de
formation dépend naturellement de la date d’arrivée de ces
étudiants dans la formation. On peut envisager les cas
suivants :
- Arrivée
après les vacances de Noël : 13 semaines de formation
- Arrivée au
cours du mois de janvier : jusqu’à 17 semaines de formation
Chaque semaine
de formation compte normalement pour l’enseignement de
spécialité, 6 heures de cours et 12 heures de Travaux
Pratiques, soit 18 heures de formation.
VII.
Gérer le retard de formation
Il est déjà
arrivé à la section IRIS du lycée d’accueillir un étudiant
« tardif » après les vacances de la Toussaint. Cela s’est en
général bien passé, sans infrastructure particulière, mais
avec seulement un surinvestissement des formateurs vis-à-vis
de l’étudiant concerné. Ceci n’est pas envisageable avec un
retard de plus de 10 semaines et plusieurs étudiants.
La solution
est donc d’ouvrir une demi section spécifique pour accueillir
ces étudiants. La formation est alors assurée normalement. On
utilise tout ou partie des vacances de février et de printemps
pour rattraper le retard du premier trimestre. Dans un premier
temps, on pourra accueillir les étudiants sur les mêmes
créneaux horaires que ceux de la formation IRIS normale. On
envisagera alors obligatoirement des solutions de type
autoformation par le biais du e-learning Cette approche sera
redéveloppée dans le §III du volet « Evaluation du projet ».
L’accueil se
fera très certainement de manière échelonnée au cours des deux
premières semaines de janvier. On prévoira des documents
d’autoformation sur des chapitres non-clés du programme.
(programmation HTML, SQL …)
La formation
sera dispensée dans toute la mesure du possible sous la forme
de modules indépendants. L’absence à un des modules ne doit
pas rendre caduque la formation. Le module manqué doit pouvoir
être rattrapé plus tard ou en autoformation.
VIII.
Problème particulier du stage
Le BTS IRIS inclut, comme tout BTS, un stage en milieu
industriel. Traditionnellement, ce stage intervient au cours
des six dernières semaines de formation de première année,
soit du 20 mai à la fin juin, approximativement. Les dates ne
sont cependant pas formellement imposées par le référentiel.
Au cours de l’élaboration de la dernière version de ce
référentiel, en 2004, il avait même été envisagé de permettre
aux étudiants de choisir librement leur période de stage. Idée
abandonnée pour des raisons pratiques.
Pratiquement dans le cadre de l’action FIRTS, on peut
envisager le décalage de cette période de stage plus loin dans
le second semestre, voire en seconde année, au cours ou en
dehors des périodes scolaires.
On pourrait envisager par exemple un stage du 7 juin au 13
juillet, ce qui permettrait de récupérer trois semaines de
temps de formation.
En tout état de cause, le stage devra être effectué avant
l’inscription au BTS, soit au plus tard au mois de février de
la seconde année. Au coup par coup, en fonction des situations
particulières, des dérogations pourront être demandées à l’IPR
en charge de l’examen.
IX.
Encadrement spécifique
Pour accentuer le coté social et relationnel de la formation,
il faut envisager la création d’un test d’entrée. Celui-ci
revêtira un caractère officiel sinon solennel. Le but de ce
test est de s’assurer de la motivation du candidat. On
essaiera en particulier de détecter les points faibles et les
points forts du candidat. On essaiera également de passer avec
les candidats retenus un contrat qui pourra (devra) être
périodiquement rediscuté.
Au cours de la formation, des réunions périodiques avec un
tuteur ou référent permettront de détecter les difficultés de
chaque candidat. Le but de ce tutorat est d’éviter la
démotivation de l’étudiant.
La notion de « Conseil de Classe », quasiment caduque en face
d’étudiants atypiques sera remplacée par des « conseils de
progrès » dont le rôle sera de montrer à chaque étudiant ses
progrès et sa marge de progression, plutôt que ses carences.
On dira plutôt « il ne te reste plus que 990 mètres à faire »
plutôt que « tu n’as fait que 10 mètres ! ».
X.
Caractère innovant
Ce type de
formation atypique et modulaire a toutes les chances de
séduire un public déçu par un début d’études supérieures raté.
Proposer une alternative à l’échec pur et simple ne pourra que
séduire tant les étudiants que les étudiants qui pourront
d’ailleurs anticiper l’échec de leurs étudiants et leur
proposer au bon moment cette solution
On devra
cependant prendre garde à recruter des étudiants à forte
motivation, ayant un niveau d’enseignement général convenable.
XI.
Les atouts de DORIAN
L’équipe pédagogique IRIS du lycée DORIAN n’est pas dénuée
d’expérience en ce domaine. Depuis plus de dix ans, elle
participe à la gestion d’une section de CFA dont les étudiants
revêtent souvent des profils voisins de ceux recherchés.
L’aspect autoformation rendu inévitable par l’alternance fait
également partie des compétences de l’équipe.
Un autre aspect important tient dans le fait que l’action est
supportée par tous les membres de l’équipe, sans exception.
I.
Impacts de l’action
A terme, on
pourrait envisager que les filières BTS puissent servir à
limiter voir supprimer le risque de décrochage scolaire, amenant
dans une version utopique 100% des étudiants à quitter le
système scolaire avec un diplôme national et reconnu.
Plus
modestement, dans la phase expérimentale, l’ouverture d’une
demi-section devrait permettre de soustraire une quinzaine
d’étudiants de l’échec.
II.
Evaluation de ces impacts
Au niveau des étudiants accueillis,
l’évaluateur est excessivement simple. Le BTS IRIS est
sanctionné par un diplôme national. L’université ne
considérerait pas comme « échouant » ces étudiants.
Au niveau de la formation, on devrait voir
naitre rapidement des documents d’auto-formation adaptés, des
solutions de e-Learning.
III.
Infrastructure nécessaire
Cette action
pour être « rentable » doit s’appuyer sur une section IRIS
dédiée. C’est de loin la meilleure solution. Cependant, on peut
envisager en phase d’expérimentation des solutions beaucoup plus
légères en fonction du nombre d’étudiants recrutés :
Cette version correspond vraiment à la phase de première
expérimentation. Les étudiants sont accueillis pendant les
phases de TP de la formation traditionnelle, en surnombre. Ils
travaillent sur des documents d’auto-formation. En fin de
journée, une heure supplémentaire leur est consacrée, permettant
les explications nécessaires à la bonne compréhension des
problèmes.
Au cours des vacances scolaires de février et de printemps, des
sessions de formation accélérée leur sont proposées, pour une
durée de 5 jours maximum au total.
La formation est financée par le biais d’HSE. On peut chiffrer
cette solution à un total de 100 HSE (40 au cours des vacances,
et 4*15 au cours des semaines de formation).
La solution ne s’applique que pour la première année. Les
étudiants intègrent la seconde année du lycée l’année suivante.
Il n’est plus possible d’accueillir les étudiants sur les
sessions normales de cours ou de TP. Ils doivent disposer d’une
salle dédiée, accessible en libre service, avec des heures de
présence d’enseignants sur des créneaux horaires bien définis.
Il me semble que 50% du temps correspond à une valeur réaliste.
Le financement se fait encore une fois par le biais d’HSE. On
peut chiffrer cette solution à un total de 160HSE (40 au cours
des vacances, et 8*15 au cours des semaines de formation).
Le problème de la seconde année se pose. 5 à 8 étudiants ne
peuvent pas être absorbés par le lycée. Il faut donc considérer
cette version comme instable, précédant juste la création d’une
vraie demi-section pérenne.
On parle ici de
la création d’une demi-section BTS IRIS dédiée FIRTS,
nécessitant la création d’un nouveau groupe. Les modalités
exactes de la création de ce groupe restent à définir. Les
horaires des enseignants en charge du groupe seront
nécessairement annualisés, avec un quota d’heures beaucoup plus
important de février à juin qu’au cours du premier semestre.
Il ne s’agit
plus d’une expérimentation mais bien de la solution en vraie
grandeur.
Ceci suppose la
création d’une section entière. Cette solution ne me paraît pas
souhaitable pour le moment. Seule une expérimentation sur une
demi-section pour une durée de plusieurs années pourra permettre
d’envisager une section complète.
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