« 80%
d’une génération au niveau du bac » est le slogan
emblématique lancé en 1985 par Jean-Pierre Chevènement
lorsqu’il était ministre de l’Education Nationale. Formalisée
par Lionel Jospin dans sa loi d’orientation sur l’éducation en
1989, la démocratisation scolaire va être le fer de lance des
années 80/90.
C’est en annonçant
l’ouverture et la possibilité d’avancer dans les études, que
cette politique scolaire a suscité de nombreux espoirs de
promotion sociale et professionnelle dans les milieux
populaires.
En conséquence, les enfants
de cette génération se sont lancés sur la route des études
longues se sentant portés par cette vague de démocratisation.
Néanmoins, on peut se
demander si cet objectif d’amener 80% d’une classe d’âge au
baccalauréat a été réalisé dans de bonnes conditions de
scolarité.
En effet, c’est un « pari
osé » que se lance l’Education Nationale. Ce type d’objectif
entraîne nécessairement un bouleversement et une mutation
pédagogique et organisationnelle. La manière d’accueillir les
élèves, le suivi, les moyens donnés doivent être repensés pour
que l’école demeure un lieu d’égalité.
En menant cette
recherche sur plusieurs années, Beaud a pu ainsi mesurer les
effets (contrastés) de cette politique et va tout au long de
cette étude tenter de répondre à la question « « 80% au
bac » : mirage ou réelle promotion ? ».
Les promesses
de la démocratisation de l’accès au savoir ont-elles été
tenues ? Cette politique scolaire a-t-elle été réellement une
ascension pour les jeunes issus de milieux défavorisés ?
Par ailleurs, il va aborder
la question de l’écart plus ou moins important entre la vie,
la culture du quartier et les exigences intellectuelles
demandées par la culture scolaire.
Pour tenter de répondre à
ce questionnement, au fil de l’enquête, Beaud nous plonge dans
l’intimité, la vie quotidienne des adolescents. La touche de
réalisme apportée par une relation humaine constante permet de
mieux appréhender désirs et craintes de ces enfants face à
cette démocratisation.
Comment ces «enfants de la
démocratisation » vivent-ils et interprètent-ils les
situations et activités scolaires ? Comment travaillent ces
adolescents qui, il y a quelques années, n’avaient pas accès à
un enseignement général long et au baccalauréat ? Comment
font-ils face aux exigences des formes scolaires spécifiques
du secondaire et du supérieur ?
1. / L’école démocratique de masse :
1.1. /
Espoir…
L’école démocratique de
masse est originaire du parcours et de l’histoire du système
éducatif français qui a connu des transformations de grande
ampleur allant toujours vers plus d’égalité et plus
d’ouverture.
Avec l’impulsion du plan
Langevin Wallon, qui pour plus d'unité voulait permettre
l’accès à tous à la même école, l’institution s’est ouverte.
Elle s’est ensuite transformée en école démocratique en allant
vers l’ouverture du secondaire.
L’ouverture du système
éducatif, la mise en place du collège unique (loi Haby de
1975), et par conséquent l’accueil de tous les élèves dans les
mêmes classes ont donc permis une massification des effectifs,
une hausse générale du niveau moyen de formation et l’égalité
des chances d’accès à l’université.
La démocratisation revêt un
caractère uniforme, c'est-à-dire qu’elle profite à tous les
milieux sociaux. Le niveau de formation s’est élevé quelque
soit l’origine sociale des élèves.
C’est en poursuivant cette
impulsion donnée que va s’inscrire la politique scolaire des
80% au baccalauréat.
La démocratisation scolaire
a donc permis à un certain nombre d’élèves de poursuivre les
études et de s’aventurer sur un parcours long. Ainsi les
barrières de l’accès au supérieur se sont brisées laissant le
passage à un flux d’élèves nouveaux.
De ce fait, est né pour ces
fils d’ouvriers immigrés un espoir d’échapper à leur destin
social.
Une grande attente est placée dans l’école pour échapper à sa
condition sociale.
En continuant sur la voie
générale ces enfants ont alors pu se permettre de repenser
leur avenir et leur futur parcours de vie.
Une attente est née chez
les élèves de la démocratisation mais aussi chez les familles
de ces dits élèves.
En effet, Beaud nous parle
de « la
représentation des « 80% au bac » par les familles
populaires ».
Le slogan est réinterprété comme le droit à la poursuite
d’études dans la voie générale. C’est une chance enfin donnée
de voir leurs enfants traités, à l’école, sur un pied
d’égalité.
L’aspiration des jeunes et
de leurs familles à de longues études rencontre des intérêts
tant économiques que professionnels. C’est pour eux une
formidable promotion : l’enseignement général n’est plus
uniquement ouvert qu’à une seule partie de la population.
Cependant l’ouverture de
l’enseignement ne veut pas signifier la fin de la sélection.
C’est un déplacement de la sélection qui s’opère. Celle-ci,
qui était d’abord sociale, se retrouve dans l’école elle-même.
Bourdieu avec Les
héritiers a démontré que cette sélection existe toujours
dans le monde scolaire, et que celle-ci se réalise dorénavant
en son sein.
En effet, cette ouverture à
tous rend ce système plus juste mais le conduit aussi à
sélectionner lui- même les élèves. L’enseignement secondaire
n’étant plus réservé qu’à une seule partie de la population,
il est ouvert à tous et tous y sont progressivement
sélectionnés.
Si la démocratisation au
sens quantitatif a réussi, la démocratisation qualitative
connaît encore des difficultés de réalisation.
1.2. / …et désillusions
C’est
ainsi que la
sélection, opérant dans l’école, a apporté son lot de
désenchantements.
Cette élévation générale du
niveau de formation et de certification des nouvelles
générations n’a pas fait disparaître les inégalités sociales
face au savoir et à la formation.
Cette école démocratique,
qui est ouverte à tous et qui s’efforce d’égaliser l’accès aux
études, crée aussi des inégalités. En accroissant son emprise,
elle détermine directement les carrières des élèves au cours
d’une scolarité plus longue : elle sanctionne et hiérarchise
les élèves puisque toute une classe d’âge est invitée à
prendre part à la même compétition scolaire. D’où un
changement de nature pour le système scolaire qui engendre des
crises.
Les inégalités demeurent
considérables et se construisent aujourd’hui pour une large
part au travers des processus d’orientation tout au long de
l’enseignement secondaire. Ceux-ci conduisent certes, de plus
en plus fréquemment à un niveau baccalauréat mais selon des
filières et des voies de formations très hiérarchisées. Ce qui
entraîne des possibilités de poursuite d’étude post
secondaires mais aussi un rendement inégal sur le marché du
travail.
2. / Le secondaire
C’est dans le contexte de
l’école démocratique que je viens d‘expliquer que Beaud
entreprend son enquête.
Il commence son travail de
terrain par l’étude des années collège.
Le collège semble être une
période sans heurt ni remise en question pour ces enfants de
Granvelle.
Le collège, lieu de prime
adolescence, ne rompt pas les habitudes des élèves. C’est un
prolongement direct de leur quartier et un cocon socialement
homogène.
Le collège offre un cadre
rassurant qui développe une sociabilité forte.
Les élèves se sentent
protégés du fait qu’ils se retrouvent entre eux dans un
collège de type « familial » où les professeurs sont plus ou
moins proches d’eux.
Beaud prend le collège pour
point de départ de son enquête pour bien nous signifier le
contexte dans lequel sont immergés ces adolescents.
Fils d’ouvriers immigrés,
ils font partis de la deuxième génération. Ainsi, c’est dans
ce rapport assez complexe qu’ils vivent leurs scolarités.
Entre la crainte de devenir
ouvrier de l’usine de la région, les sollicitations du
quartier, le désir de combler les attentes de leurs parents,
il faut qu’ils trouvent leur place d’élève et une place pour
leur travail scolaire.
L’année de la troisième
amène la question de l’orientation qui correspond à la
première mise en question pour ces enfants.
Beaud nous rend compte du
choix à la fois réfléchi et incertain de ces adolescents,
confrontés à l’enseignement professionnel ou au lycée général.
Le groupe de pairs et le
discours des enseignants exercent une pression sur leurs
choix.
L’abaissement de la
barrière à l’entrée du lycée général va soudainement permettre
à ces enfants de s’ouvrir à un champ de possibilités plus
vaste et à s’autoriser des espoirs scolaires qui n’étaient pas
jusque là envisagés par eux et leurs familles.
De plus, le chômage de
masse frappe les jeunes diplômés, d’où une tentation de faire
des études les plus longues possibles en évitant à tout prix
le passage au lycée professionnel. Celui-ci qui semble
s’effondrer car sans avenir à une époque où la valeur sociale
des ouvriers s’écroule.
C’est donc en suivant la
« norme scolaire » dominante que la plupart ont formé la
première génération de lycéens de leurs familles.
Cependant le lycée génère
une incertitude profonde.
En effet, l’entrée en
seconde peut occasionner un choc pour certains élèves chez qui
l’acculturation scolaire ne pourra pas se faire.
Insuffisamment armés
scolairement et culturellement, ils se remettent plus ou moins
bien de la confrontation à des jeunes issus d’autres milieux
et à une culture scolaire plus exigeante.
Il sont dans l’incertitude
scolaire : Ont-ils bien le niveau attendu ?
Le rapport tendu entre la
culture du quartier et celle de l’école s’accroît au lycée.
Beaud nous relate le cas de
Sofiane qui a adhéré totalement aux exigences du lycée. Il
s’éloigne de son quartier au moment de son passage en seconde
et va se poser peu à peu comme observateur de celui-ci.
Puis vient le cas de Nassim.
L’entrée au lycée ne change pas ses habitudes du collège. Pour
lui, « sa vraie vie est ailleurs », elle se passe dans
son quartier.
Beaud commence à nous faire
comprendre qu’une certaine rupture avec le quartier est
nécessaire pour une réussite scolaire.
Les inégalités sociales et
les inégalités entre les quartiers creusent des écarts entre
les établissements scolaires.
La sélection entre les
établissements scolaires apparaît. La massification a changé
les règles du jeu. D’où un mouvement de ghettoïsation qui
s’est mis en place : les collèges et lycées élitistes d’un
coté et les collèges et lycées ingérables de l’autre. Les
établissements scolaires ont donc développé des stratégies
pour répondre à cette concurrence latente : mise en place de
classe vitrine, dimension élitiste de certaines formations...
.
La manière dont Beaud nous
montre les différentes façons de réagir à l’accueil des 80% au
bac est intéressante. On le constate dans la confrontation de
deux lycées.
On note ainsi d’un coté, la
présence du lycée bourgeois « du centre ville » où la manière
d’enseigner n’évolue pas vraiment pour accueillir ces nouveaux
lycéens. On sent une carence compréhension de la part de cet
établissement où règne un certain élitisme. Beaud nous cite
l’exemple de la professeur qui fait décliner à haute voix la
profession des parents ce qui est ressenti comme humiliant
pour certains.
De l’autre côté, il se
trouve le lycée dit de « périphérie » qui, de part son origine
d’accueil, se montre plus compréhensif envers les nouveaux
lycéens. Il cherche à mobiliser les élèves et les professeurs
pour un plus grand dialogue et une plus grande ouverture.
Cependant, Beaud trace
peut-être ici un portrait trop tranché et caricatural des deux
lycées.
Par ailleurs, Beaud insiste
sur la très grande différence entre les garçons et les filles.
Les filles ont un
investissement scolaire fort. Elles sont beaucoup plus
protégées de la culture du quartier que les garçons : Avoir le
bac et aller à la fac, c’est leur stratégie pour quitter le
quartier, la grande emprise de leur famille
et probablement échapper à un mariage précoce. Au cours de
leur parcours scolaire, elles prennent des habitudes de
travail et le phénomène d’acculturation se met en place.
Les garçons, eux, n’ont
vraiment pris d’habitude scolaire. Pour eux, l’école s’est
traduite par une bonne écoute en classe et une participation
active ce qui n’a pas été le cas pour le travail à la maison
et le passage à l’écrit. Ils ont du mal, en général, à entrer
dans la logique scolaire et, par conséquent, à la culture
scolaire.
3. / L’enseignement supérieur
Dans cette
partie, Beaud tente de répondre à la question : Que vont
devenir après le Bac ces lycéens demi-acculturés
scolairement ?
Il va suivre quatre lycéens
de Granvelle (Nassim, Sabri, Djamel, Ferhat) qui, après une
scolarité moyenne, ont décroché un « petit bac » (comme ils le
disent eux-mêmes). Ils décrochent ce bac passeport vers des
études supérieures.
Au moment
d’enter dans l’enseignement supérieur, la plupart tentent
d’éviter le premier cycle universitaire et font des demandes
d’admission en BTS ou IUT.
La hiérarchisation des
filières se poursuit dans l’enseignement supérieur. En effet,
le système post-bac s’est fortement classifié avec d’un coté
des filière sélectives (comme les BTS, IUT et classes
préparatoires) et de l’autre des filières plus ouvertes comme
le DEUG.
Ces lycéens
sont mal préparés aux parcours après Bac. Ils ne connaissent
et ne maîtrisent pas les codes : l’importance du dossier de
BTS et des entretiens. Aucune préparation ne leur a été
offerte au cours de leur terminale.
C’est ainsi que les portes
de l’université, sans être vraiment prêts, s’ouvrent à eux,
comme seule option de continuité.
Le DEUG peut servir de
refuge aux bacheliers de niveau « faible » qui n’ont pas été
admis dans des filières sélectives.
Au cours de ces années,
Beaud va pratiquer une observation participante. C’est ainsi
qu’il va se plonger plus en douceur dans les vies
estudiantines de ces jeunes.
Beaud va alors nous montrer
que ces jeunes ont une façon superficielle et ponctuelle de
vivre leur statut d’étudiant et comment, dès le départ, ils
pratiqueront une résistance à l’acculturation.
Si l’entrée à l’université
n’est théoriquement pas sélective, ces nouveaux étudiants ne
se voient offrir aucun accompagnement de tutorat.
C’est ainsi qu’ils se
désintéressent de la vie à la « fac ».
Ils préfèrent continuer à
habiter leur quartier plutôt que de tenter une vie
indépendante.
Rien n’exprime mieux leur
distance que leur absence de maîtrise du vocabulaire de
l’institution.
« Six mois après la
rentrée, Nassim continue de parler de « cours marginaux » pour
designer les cours magistraux […]. Lorsque je prononce le mot
« bibliographie », il n’est pas immédiatement compris, mais,
après un temps de réflexion, Sabri me demande : « Tu veux dire
la liste des bouquins ? » »
C’est en s’intéressant aux
modalités de l’organisation de leur travail que l’auteur
montre l’inadaptation de ces étudiants aux contraintes
inhérentes aux études universitaires. Ils ne peuvent plus se
reposer sur les manières de procédés du collège et du lycée.
Le temps universitaire est
marqué par très peu de repères. Ces jeunes ont beaucoup de mal
à planifier leur travail de manière autonome.
Au fil des années, ils vont
être fragilisés dans des études universitaires longues qu’ils
n’ont pas réellement choisies.
L’accès aux premiers cycles
universitaires est perçu par ces jeunes et leurs familles
comme une possibilité offerte de plus pour accéder à une
insertion professionnelle plus valorisante, mais cette
possibilité cache de nouveau un processus de sélection, voire
d’élimination des enfants de milieu populaire.
A la fin de leurs études,
les diplômés croient en la valeur de leurs titres et espèrent
accéder à un emploi relié avec leur formation. Mais l’échec
récurrent aux concours leur fait mesurer l’intensité de la
compétition sociale et la faiblesse de leurs chances de
réussir ces épreuves.
Certains alors se rabattent
vers les emploi- jeunes et la petite fonction publique.
Dubet dans Pourquoi
changer l’école ? (Textuel, 1999) dénonce, la grande
frustration scolaire : l’école a une capacité à produire des
diplômes beaucoup plus forte que celle à produire des emplois.
Ainsi, de nombreux jeunes à qui l’école a fait miroiter une
perspective d’une réussite scolaire quasi automatique (comme
les 80% de bacheliers annoncés par Chevènement) sont déçus par
ce système scolaire.
C’est ainsi qu’après avoir
démocratisé le baccalauréat, il faut démocratiser dans de
bonnes conditions) l’enseignement supérieur.
4. / Retour sur la scolarité des « enfants de la
démocratisation »
Grâce à
l’abaissement de la barrière d’entrée en seconde, ces jeunes
ont pu échapper à l’orientation inévitable du lycée
professionnel et découvrir le lycée général. En 3 ou 4 ans,
même s’ils n’apparaissent pas comme des bons élèves, ils
changent peu à peu leur manière d’être, comprennent au contact
des autres que le langage de la rue les dessert, apprennent à
se contrôler et à fournir des efforts scolaires.
Beaud parle de désillusion
pour la catégorie des bacheliers de la génération des 80%.
Ils sont passées par le
lycée général et ont obtenu leur baccalauréat, mais ont
ensuite échoué à l’université. Ils se retrouvent maintenant
salariés d’exécution, ou intérimaires payés au
SMIC.
La massification entraîne
de nombreuses dérives, qui s’identifient notamment chez ces
enfants de la démocratisation qui n’ont pas pu s’appuyer sur
un socle de scolaire suffisant. Ils n’ont pas intégré dès le
plus jeune âge les codes indispensables ; Ils ne disposent pas
d’un espace de travail ; leurs parents ne sont pas en mesure
de leur venir en aide dans leurs devoirs.
Or le problème aujourd’hui
se traduit par le manque d’incitation au travail scolaire qui
touche en premier les familles populaires. L’école ne leur a
pas permis d’obtenir la réussite qu’elle leur avait fait
miroiter.
Alain Prost dans son
ouvrage L’enseignement s’est-il démocratisé ? (1986)
nous parle des conditions nécessaires à la réussite du pari de
la démocratisation. Il aurait fallu adapter les structures du
système scolaire et ses pratiques pédagogiques à l’accueil
d’un public hétérogène. Or le modèle scolaire dominant reste
celui d’un savoir académique auquel les élèves sont confrontés
sans être véritablement aidés à en comprendre les méthodes.
Beaud parle d’une
génération de « déclassés sociaux», chez qui on retrouve
beaucoup de ressentiment envers le système éducatif qui les a
bercés d’illusions.
Ils en regrettent jusqu’à
leur refus du lycée professionnel, tant déprécié auparavant.
L’école étant aujourd’hui
en principe ouverte à tous, chacun y est considéré comme
responsable de sa destinée. On attribue moins volontiers les
inégalités scolaires aux injustices sociales. Les réussites et
les échecs sont perçus comme étant dues aux qualités
personnelles de l’individu.
Les tentatives
d’explication de la persistance de l’échec scolaire ne
manquent pas. Elles visent, le plus souvent à imputer la
responsabilité à des facteurs extérieurs à l’école.
Au nom de l’école ouverte
sur le monde et de la démocratisation, il s’est mis en place
un système insidieux qui conforte l’ordre scolaire et les
croyances qui s’y rapporte. Voici la thèse défendue par
Laurent Jaffro et Jean-Baptiste Rauzy dans L’école
désœuvrée.
« On nous dit que
l’échec est imputable aux enfants eux-mêmes et au fameux
« handicap socioculturel », dont ils sont finalement le
substrat. L’école est ainsi exemptée de toute obligation de
résultat. Il y a des enfants étrangers dont les parents
maîtrisent mal la langue française, des enfants
psychologiquement déstabilisés, il n’y a jamais d’enfants mal
enseignés. »