EXTRAIT:

TYPOLOGIE DES GESTES DE L'ACCOMPAGNATEUR (voir aussi postures)

Où l’on voit que le mot " gestes " qui fédère les premiers témoignages, caractérise avec justesse leur statut de savoir-faire, car ils représentent selon nous les gestes professionnels de l’accompagnateur.

1/Aide à la construction du projet

2/ Aide à la construction de l’équipe et à sa dynamique

3/ Aide à l’analyse des pratiques

4/ Aide à l’écriture

 

 

3

 

Accompagner 

des équipes pédagogiques

 

1/ Aide à la construction du projet

l’accompagnateur sécurise l’équipe

Leur contrat avec le dispositif des innovations répond à un besoin déclaré de reconnaissance et constitue un apport d'énergie non négligeable, en même temps qu'une sécurisation : la perspective d'un accompagnement régulier a été saluée comme une garantie contre la peur de ne pas pouvoir continuer, la peur de ne plus tenir régulièrement les séances du conseil d'enfants ou la peur de "tourner en rond", et a amené un professeur à choisir de retarder au moins d'un an une demande de mutation.

J. Dupret

l’accompagnateur écoute les discours de l’équipe sur l’action

Mon attitude d’accompagnateur a oscillé entre l’aide au projet, à partir de mon ressenti des préoccupations de l’équipe, l’écoute des discours tenus sur l’action et l’intervention sur des points qui semblaient importants à tous :

- aide au passage du projet institutionnel à un travail sur trois classes

- redéfinition du partenariat avec la compagnie Zarina Khan.

B. Pechberty

l’accompagnateur fait préciser des points évidents pour l’équipe mais incompréhensibles pour d’autres

Mon rôle a consisté à poser quelques questions pour amener le groupe à préciser davantage ses objectifs, (…) à jouer le lecteur extérieur et à faire préciser des points évidents pour l’équipe mais incompréhensibles pour toute autre personne. Par exemple, l’idée de joindre un plan du quartier à leur production écrite, est venue de ma propre difficulté à me représenter les lieux concernés.

A. Gerbaud

l’accompagnateur aide l’équipe à

renoncer à des actions irréalistes

Mon accompagnement cette année se situe en amont du projet puisque celui-ci était encore à l’état d’ébauche. Je suis intervenue pour aider l’équipe à préciser son projet, renoncer à des actions irréalistes ou trop précoces pour être viables et fiables. J’ai aidé l’équipe à prendre conscience que le projet initial n’était pas mûr et à se réinterroger sur ce qu’elle pouvait et voulait faire. Il a fallu que le groupe abandonne ses premières idées et reconsidère tout son plan d’action.

Ce fut un moment crucial car ce renoncement aurait pu entraîner le découragement voire l’abandon de certains. La possibilité de travailler sur trois ans accordée par la cellule Innovation a contribué à regonfler le moral de l’équipe.

D. Ghozali

2/ Aide à la construction de l’équipe et à sa dynamique

l’accompagnateur favorise la solidarité

L’accompagnement a soudé l’équipe pédagogique autour de l’action d’innovation vécue comme une urgence et une nécessité. Il a permis à l’équipe et à chacun de ne pas être seul face aux difficultés qui sont apparues d’emblée insurmontables, favorisant simultanément l’intégration rapide du professeur nommé avec retard. Il a valorisé l’action en lui reconnaissant une place et un intérêt dans l’institution.

M. Le Moël

l’accompagnateur favorise l’estime réciproque

Après chaque rencontre le groupe se retrouvait pour travailler le soir autour d’un repas chez l’un ou chez l’autre. Un esprit d’équipe s’est mis en place avec un vrai plaisir à travailler ensemble. Cela a permis à des enseignants du même établissement, mais travaillant sur deux sites assez distants et à des niveaux différents, de se connaître, se reconnaître et s’apprécier. Des informations –souvent internes- utiles pour les uns et pour les autres ont pu circuler. Tous ont signalé cet effet positif et indirect lié à l’existence du groupe contractualisé dans le dispositif de valorisation des innovations.

D. Ghozali

l’accompagnateur favorise la convivialité

D’une part mes rencontres avec l’équipe ont-elles été plus fréquentes que celles fixées par le cadre institutionnel, leur objet étant non seulement de travailler mais, plus simplement et plus convivialement (nos rendez-vous de travail ont eu lieu au restaurant), de faire connaissance.

F. Teillard

l’accompagnateur favorise les échanges d’informations

Les propos sont nourris par les échanges de documents que chacun a pu mettre au point. Jusque là cette circulation d’informations n’avait pu avoir lieu.

J. Borga

l’accompagnateur aide l’équipe à communiquer

En fait, il m’a semblé que derrière la demande d’accompagnement, c’était une aide à la communication qui était attendue. Le besoin de communiquer, au sein de l’équipe d’une part (et la possibilité de former une équipe en innovation est une opportunité qui institue des rencontres régulières et formelles), vers l’extérieur d’autre part pour faire valoir le projet auprès de différentes instances.

Cependant, " communication " implique " formalisation ". Et il m’est apparu que mon accompagnement de ce projet pourrait être une aide à la formalisation.

B. Bastard

l’accompagnateur favorise la cohésion de l’équipe

Mettre en place un accompagnement pour suivre une action qui doit s’intégrer dans un dispositif dit d’innovation pédagogique, nécessite au départ un temps assez long d’adaptation des différents partenaires concernés. Au moins trois réunions ont été nécessaires au début pour :

- faire connaissance, définir le rôle de l’accompagnateur ;

- définir plus précisément les enjeux d’une telle entreprise pour que chacun puisse exposer clairement ses inquiétudes par rapport à l’idée de contrat, d’engagement, ses interrogations, ses attentes…

- ajuster les façons d’aborder les questions concernant le contenu (ici la maîtrise de la communication orale) et surtout pour faire parler ensemble les enseignantes de leur pratique : ce qu’elles font, ce qu’elles voudraient faire.

F. Eriksen

l’accompagnateur aide l’équipe à se positionner dans un partenariat

Il m’a semblé que j’avais à aider l’équipe à se faire confiance pour qu’elle construise sa place et se positionne comme soutien du projet mais aussi comme partenaire de travail de la compagnie Zarina Khan. En effet, le risque de ce temps de transition était celui d’une simple juxtaposition entre les acteurs, les créations spectaculaires et séduisantes de la compagnie et l’équipe de professeurs, pris dans les conflits difficiles de l’établissement. J’ai délibérément axé mon travail avec les enseignants : ceux-ci, de leur place, ont réorienté leurs liens de travail avec la compagnie dont le travail était par ailleurs remarquable.

B. Pechberty

l’accompagnateur aide l’équipe à intégrer les changements

L’accompagnement a eu pour objectifs de :

- favoriser l’expression de la parole de tous ;

- aider l’équipe à préciser les réaménagements pour l’an prochain ;

- interroger l’équipe sur son devenir, compte tenu du départ du coordonnateur. Un successeur a été désigné et l’organisation du projet à la rentrée prochaine sera remodelée en raison des constats effectués. Le départ du coordonnateur, à l’origine du projet, ne mettra donc pas en danger l’innovation.

M-A. Hugon

l’accompagnateur aide l’équipe à construire une culture commune

Chaque rencontre est l’occasion d’une recherche de cohérence : un langage commun s’élabore, une culture commune se construit. L’accompagnateur aide à l’émergence de ces marqueurs par son questionnement et la nécessité où en est l’équipe d’expliciter toujours ses " allant de soi ".

F. Serrero

l'accompagnateur favorise les échanges

La régularité des rencontres a apporté soutien et encouragement à persévérer et réussir. Nous considérons d’emblée que chaque équipe doit être mise en réseau avec d’autres pour échanger, l’accompagnateur étant le porteur et le facilitateur de ces relations.

(…) Je suis là pour écouter activement, pour encourager, pour valoriser ce qui me semble moteur, pour favoriser les échanges de pratiques qui sont facteurs d’évolution, pour donner confiance et, ainsi, permettre de ne pas hésiter à poursuivre l’aventure de l’innovation.

(…) Il ne s’agissait plus de simplement recueillir le travail des équipes mais de faire avec elles.

M. Le Moël

3/ Aide à l’analyse des pratiques

l’accompagnateur aide à expliciter

Ma proposition est d’organiser des allers et retours sur l’avancée du projet afin de renvoyer à l’équipe inno-valo des questions, des demandes d’explications ou de précision et ainsi apporter un regard extérieur néophyte sur le projet.

B. Bastard

l’accompagnateur aide à formaliser

Notre objectif a été d’aider l’équipe d’enseignants à :

- mieux formaliser leurs questionnements et leurs choix pédagogiques

- se recentrer sur des points précis

- dégager les réussites de leurs actions

M. Aboukrat

l’accompagnateur aide à reformuler

Mon travail d’accompagnement a consisté cette année à :

- aider les acteurs à s’interroger, à écouter, à reformuler et à clarifier

- mettre en mots leur action, passer " du faire au dire ", valoriser

- aider à fixer des objectifs d’action

- réfléchir aux compétences et capacités transversales

B. Péricard

l’accompagnateur aide à délimiter les objets d’étude

Les collègues sont très attentifs aux consignes et participatifs : nous sommes restés dans un premier temps à délimiter les objets d’étude, mieux cerner les différentes questions qui fondent l’approche plus individualisée du travail de l’élève ; puis dans un second temps nous explorerons chacune de ces questions, de sorte à aboutir en début d’année à quelques analyses de situations.

F. Muller

l’accompagnateur aide à construire une méthode de travail

Les interventions ont visé à :

- attirer l’attention de l’équipe sur l’intérêt des informations recueillies dans les feuilles de bord et sur l’utilité d’une analyse fine de ces documents ;

- interpeller l’équipe sur les objectifs fixés à son action. (…)

- engager l’équipe à formuler les difficultés rencontrées au fur et à mesure de l’avancement du projet, aussi bien au plan institutionnel, qu’organisationnel ou pédagogique. (…)

- encourager l’équipe à repérer clairement tous les effets prévus mais aussi imprévus de la mise en place de cette action et à faire clarifier par chacun sa compréhension du projet. (…)

L’accompagnement a peut-être aidé l’équipe à identifier le plus clairement possible sur quels points des ajustements étaient à envisager et à formuler le plus clairement possible quels seraient, en raison de ses analyses, les réaménagements pour l’année prochaine.

M-A. Hugon

l’accompagnateur aide à centrer l’observation sur les apprentissages des élèves

L’équipe définie par sa forte implication auprès des élèves, se construit autour de la réflexion sur les pratiques et évolue vers la construction d’actions avec répartition des tâches, curieuse de comprendre les pratiques des collègues en enseignement professionnel comme en enseignement général. Analyser, observer, restent cependant des tâches difficiles. L’observation est plus centrée sur la démarche de l’enseignant qui construit son enseignement, que sur la construction par les élèves de leurs savoirs et de leurs compétences. Une formation dans ce domaine serait nécessaire ou une aide de ma part.

A. Cohen

4/ Aide à l’écriture

l’écriture de chacun

Au cours des réunions j'ai pris soin de la parole de chacun, en proposant chaque fois de commencer par écrire. Cet entraînement régulier, a dit la coordonnatrice de l’équipe, lui a facilité la rédaction du bilan d’étape. Dans la réunion elle-même " l’écriture permet de mettre à plat, de s’écouter ". Je fais jouer ici mon expérience de formatrice en écriture, où j’ai appris qu’une certaine directivité sur le processus garantit la place et l’expression de chacun. L’intérêt que je manifeste pour entendre chacun est fondateur. Un temps égal est donné à chacun pour écrire et pour lire. La cueillette du matériau à élaborer se fait auprès de chacun. Je régule de même les interactions verbales.

J. Dupret

le récit d’analyse

Dans cette mission d'accompagnement, il est difficile de solliciter de l'équipe le récit écrit de l'analyse de sa démarche et de ses pratiques, ainsi que le demande l'institution par le contrat. Je m'y applique cependant au vu des bénéfices qu'on en tire, tels que le partage de l'expérience avec les autres, la formalisation des objectifs et des étapes de l'action avec l'équipe et, enfin, la mise au jour des évolutions des pratiques individuelles et collectives.

M. Le Moël

le compte-rendu

Chaque réunion d’équipe pour la mise en place du projet donne lieu à un compte rendu écrit. Il y a ainsi une matière importante pour le passage à l’écriture du projet. Je n’ai donc pas à amener l’équipe à produire un travail écrit puisque ce travail est régulièrement fait.

B. Bastard

les t.i.c.e.

Pour cet accompagnement, nous avons rencontré trois fois les enseignants. En dehors de ces temps d’échanges, nous avons communiqué par l’intermédiaire d’une liste de diffusion (compléments d’informations, aide à l’écriture…), et par téléphone, en particulier avec la documentaliste.

M. Aboukrat

le bilan d’étape

L’un des enseignants n’a assisté à presque aucune des réunions d’accompagnement (…) En fin d’année, il me semble qu’il y a un progrès et que ce professeur est moins isolé dans le groupe. Je crois que la rédaction du bilan d’étape y est pour quelque chose, car il a rendu nécessaire une réelle analyse commune.

A-M. Tolla

la synthèse

Après chaque réunion, je rédigeais une synthèse de ce que j’avais compris et entendu : les points positifs que je souhaitais souligner et les améliorations que je suggérais. J’envoyais cette copie à l’équipe d’encadrement.

D. Gohzali

le fil conducteur

J’ai proposé un fil conducteur qui leur permettrait soit d’adhérer et de formaliser dans le cadre du plan que je proposais, soit de rejeter et de retrouver ainsi leur propre fil conducteur. En fait, dans un premier temps, je pensais que le plan que je proposais ne pouvait qu’entraîner l’adhésion car, pour ma part, je n’en voyais pas d’autre. Nous nous sommes donné un été de réflexion sur la question du " pourquoi ".

J’ai recommandé la lecture de " l’ingénierie des compétences " de Guy Le Boterf.

B. Bastard

les schémas et supports métaphoriques

Le jeu est de proposer à chaque séance un type de support ou une modalité variée de travail de sorte à éviter tout blocage au moment du passage à l’écrit, par exemple : le petit vélo, le soleil et ses constellations, l’arborescence, la photo arrêtée, le photo-langage.

F. Muller