Le cahier de projet en 4ème, Collège Marx Dormoy, XVIIIème

             

Au collège Marx Dormoy, une équipe SVT-technologie-physiques a élaboré depuis deux ans une approche originale dans le cadre d’un parcours sciences expérimentales et technologiques

Contact : Sandy VENOT, professeur de technologie

Nous avons mis en place ce cahier pour que les élèves s’approprient un outil qui leur permettent de penser, d’une part, et de servir de mémoire  de  l’année d’autre part.

 

1/ S’approprier un outil

L’appropriation passe d’abord par un engagement affectif lié à la matérialité même du cahier (format, décor,…) . Elle est d’autre part favorisée par la recherche de solutions personnelles à des problèmes posés. Ce système permet de gérer l’hétérogénéité, il permet aux meilleurs d’être motivés et aux moins bons d’avoir une autre façon de corriger leurs difficultés

 

2/ Un cahier pour penser

Chaque élève a son propre cahier, il est d’un format  particulier . Les élèves gèrent cet espace comme ils le souhaitent, en général comme nous avons pu le constater le cahier est propre et soigné . Quelle que soit la matière, nous soumettons à nos élèves des problèmes, les élèves cherchent des solutions pour résoudre ces problèmes et les notent dans leur cahier, les scientifiques appellent cela leurs carnets d’expériences .On trouve la même démarche chez Proust, Léonard de Vinci, Zola,… ces carnets montrent aux élèves qu’une idée (réponse à une question) ne tombe pas tout d’un coup du ciel, que c’est un travail long, qui à besoin de mûrir (combien de fois on peut voir nos élèves satisfaits de 45s de « réflexion » sur un sujet !) ce processus que, nous, adultes réalisons en permanence :  synthèse de nos connaissances , réutilisation et amélioration permanente de ces connaissances, il nous faut l’apprendre à nos élèves. Cette démarche  trouve un obstacle, particulièrement chez ceux qui  manquent de structuration  qui ne savent pas réinvestir leurs connaissances et savoirs faire d’une discipline à l’autre, qui substituent à cette démarche une quête de repères artificiels constitués par la grille de l’emploi du temps qui à l’inverse sectionne, saucissonne les connaissances et savoirs faire. Le cahier est donc un moyen physique de décloisonner.

     

 3/ Un cahier pour mémoire

Nous devons apprendre à nos élèves à ne plus effacer au sens figuré comme au sens propre : l’erreur et le tâtonnement sont des étapes de la pensée dont il ne faut pas avoir honte, les idées s’améliorent au fur et à mesure. Le cahier permet enfin aux élèves de se souvenir de ce qu’ils ont fait pendant l’année (conférences, visites, projet, exposé,…) : c’est un aide mémoire.

 

 4/ Ce que nous souhaitons trouver

      - Des problèmes avec leurs énoncés

     - Des phrases qui sont corrigées, qui évoluent                                  

     - Des croquis qui s’enchaînent

     - Des systèmes personnels d’organisation, de réflexion ou de logistique                    

     - Des notes des visites, des conférences

Ce dispositif permet de mettre en œuvre ce que nous cherchions ( problématisation ) dans des conditions particulières mais qui entraînent une émulation sans précédent chez nos élèves (les élèves viennent le samedi matin à 8h00 pour rencontrer leur tuteur) ce qui pour nous est un gage de réussite.

Le travail sur un projet personnalisé est issu d'une question des élèves, l 'expérience prend donc du sens pour les élèves, les connaissances ne sont pas parachutées, mais nécessaires pour la résolution du problème.

La variété : cette organisation permet de mettre en place des problèmes variés, qu'il serait impossible de mettre en œuvre dans une organisation "normale". De plus les élèves s'échangent leur expérience et discutent de ce qu'ils ont fait.

Le travail en groupe restreint (3 élèves pour 1 tuteur) permet d'avoir un suivi rapproché (en particulier sur les expériences) il permet aussi d'avoir une cohésion forte à l'intérieur des groupes . Les centraliens agissent comme des relais, nous sommes présents en cas de problèmes, mais nous essayons de ne pas intervenir. De plus notre  situation est d'autant plus valorisante pour nous,  professeurs,  puisque lorsque nous intervenons c'est pour faire progresser le travail, pour proposer des solutions et non pas pour imposer sans raison notre autorité.

Les écrits que l'on trouve dans le cahier ont-ils une logique ? Les élèves ont leur propre organisation et nous la respectons, pourvu qu'elle leur permette de progresser et de faire progresser leurs apprentissages. Sur cette partie, qui n'est pas facile à maîtriser, si l'on n'a pas vu des dizaines d'exemples, on peut agir facilement surtout pendant l'entretien où nous avons essayé de faire émerger avec l'élève ce qu'il serait souhaitable de faire pour:

 - se repérer

 - montrer la progression de son travail

                             - réutiliser ses découvertes 

Enfin nous repérons des pratiques intéressantes et nous en faisons part aux autres élèves

exemple :

                        les pages avec une marge très importante pour les corrections
 ou 
                        le repérage des problèmes par des systèmes de couleurs.

Nous pouvons aussi  dans cette partie montrer les pratiques sociales de références pour afin de donner des idées… sans les imposer

Les entretiens (en fin de travail,) avec les élèves se sont déroulés sur deux demi-journées les élèves sont passés à tour de rôle continuant ainsi leur journée de cours normalement.

Chaque élève pendant une durée de 20min a été interrogé par les trois professeurs de sciences et techniques sur sa classe, son travail de manière générale et sur la mise en œuvre de son cahier de projet. Ce cahier ayant été vu et réorienté par les professeurs.

 

Bilan des premiers entretiens

Nous avons réorienté le plus souvent possible les élèves en partant de leur production et en essayant de leur faire percevoir les améliorations susceptibles de parfaire leur travail. Ces remarques sont, pour cette fois, souvent les mêmes ,en partie à cause de ce que l'on a demandé de mettre dans le cahier . En effet les élèves n'ont pas encore le réflexe d'utiliser naturellement leur cahier, c'est malgré tout normal, puisque nous n'avions pas jusqu'à cette date vu de près ,avec les élèves, les utilisations possibles du cahier.

           

Les défauts

Les élèves ont souvent la mauvaise habitude de ne pas poser l'énoncé ou la question qui leur est posée ce qui a pour conséquence : des réponses erronées ou hors sujet.

Nous avons fait aussi remarquer que la relecture du cahier devient impossible à court terme (le cahier a une fonction de mémoire) et à long terme (projet sur deux ans).

Nous avons mis en évidence pour certains élèves un manque d'organisation.

Des problèmes qui se suivent, qui se chevauchent, et nous avons posé la question comment organiser cela? La réponse la plus classique c'est de dater, ou de séparer par des traits, ou encore de mettre en place un système de couleurs permettant de repérer les disciplines. D'autres ont proposé  de faire des parties dans leur cahier pour chaque discipline ce qui correspond  dans bon nombre de cas à un recloisonnement ce qui a prouvé que notre système a ses limites puisque nous avons mis en place le cahier pour lutter contre cette volonté de séparer les problèmes, nous avions oublié un paramètre (voir solutions et évolutions: mise en situation avec l'école centrale).

Nous avons aussi fait remarquer que les représentations graphiques sont un moyen essentiel de s'exprimer, nous avons montré des exemples (Léonard de Vinci,  Picasso, mais aussi chercheur CNRS) en faisant remarquer l'utilisation massive mais aussi la clarté ,(indispensable pour une réutilisation future), nous avons aussi conseillé aux élèves d'utiliser le crayon plutôt que le stylo pour faire des dessins( mais d'éviter d'effacer surtout lorsque nous sommes dans une phase de recherche), d'agrandir les dessins lorsque l'on a des difficultés à les faire.

 

Les élèves les plus réticents

Nous avons discuté avec des élèves qui ne comprenaient pas l'intérêt du cahier.

Nous avons essayé de leur faire comprendre ce qui pouvait les aider dans cette nouvelle pratique, nous avons aussi jugé de leur investissement dans le projet.

Ces élèves sont une quantité négligeable (4) mais nous aurions dû intervenir plus tôt.

           

Les élèves les plus prometteurs

Nous avons trois élèves ,qui ne sont pas les meilleurs, mais qui ont des passions personnelles, la sculpture, les sciences, et la littérature, Nous leur avons proposé d'investir leurs recherches personnelles dans leur cahier (nous leur avons montré des exemples), nous pensons que l'utilisation personnelle est un moyen de mettre en œuvre le processus de manière naturelle cette découverte est une voie supplémentaire que nous pouvons exploiter en effet  la détermination de projet personnel permettant aux élèves de focaliser leurs actions sur un sujet qui les motive particulièrement peut être une appropriation différente mais aussi intéressante du cahier.

 

Perspectives

Lors de ces premiers entretiens, nous avons centré sur le carnet, dans la mesure où il est la mémoire du travail et qu'il doit servir de base de discussion. Nous ferons évoluer le rôle de ces entretiens autour des projets de recherches ainsi que des projets personnels sur lequel nous devons agir.

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