Ecole Dunois Enseigner en aires ouvertes
70, rue Dunois, 75013 PARIS

Tél : 01-45-85-44-36

Fax : 01-45-85-95-99

Mèl : ec.70.dunois@scola.ac-paris.fr

Monographie (juin 2004)

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Personnes contact  : Pascal Mereghetti ( directeur ),

Véronique Lapère ( institutrice )

 
niveau -1 (on entre à ce niveau) Rez de chaussée

 

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1 - une partie de la cour et des classes...en haut et en bas.

 

Fonctionnement collaboratif et enseignement mutuel

Académie de Paris

Ecole maternelle, 70 rue Dunois 75013 PARIS

Tél : 01-45-85-44-36

Fax : 01-45-85-95-99

Mèl : ec.70.dunois@scola.ac-paris.fr

 

1)      Le contexte et l’historique

 

L’école 70 Dunois est une école maternelle publique actuellement de 5 classes, conçue il y a 25 ans sur les propositions d’un recteur et d’un cabinet d’architecte.

Les locaux sont spécifiques : ils sont à aires ouvertes, ce qui signifie sans cloison fixe  ni couloirs communiquant.

Chaque salle ainsi créée était une aire avec une spécificité pédagogique propre : une aire de graphisme, une aire de peinture, une aire de logique, une aire de jeux, une aire motricité et une aire d’écoute. Pas de BCD.

Dès l’ouverture, avec la nomination d’une première équipe d’enseignantes, et pendant 4 ans, l’école a fonctionné de manière traditionnelle dans des locaux qui ne l’étaient pas, avec un phénomène de recloisonnement (armoires, etc.).

Puis l’équipe s’est entièrement renouvelée, hormis la directrice, avec l’arrivée de 4 titulaires quasi-débutantes.

La nouvelle équipe a testé un fonctionnement particulier : il y avait 6 classes, qui chacune était composée d’enfants de 3, 4 et 5 ans.

En 1983/84, le projet de l’équipe a été de redonner à chaque aire sa spécificité. L’équipe enseignante décidait ensemble du contenu des apprentissages.

Parallèlement à la nécessité de travailler en équipe et à l’utilisation spécifique de chaque aire, est apparu le besoin que chaque enfant puisse avoir des temps d’acquisition par tranche d’âge. Ce besoin a été satisfait par la création de « groupes de travail », incluant des enfants du même âge le matin.

Les implications de ce fonctionnement nécessitaient une concertation constante des différents enseignants.

Les spécificités des aires ont été abandonnées petit à petit pour des contingences matérielles.

 

2) Le fonctionnement actuel

 

-Groupe-classe de 8h20 à 11h30 et de 13h30 à 14h15 dans un même lieu avec un référent unique, pour toute l’année scolaire, c’est le groupe-classe traditionnel !

 

-Ateliers décloisonnés pour les moyens (4 ans) et les grands (5 ans) de 14h15 à 15h15. Les petits sont alors à la sieste, surveillée par les ATSEM, ce qui permet aux enseignants de petite section de participer à ces ateliers. A   insi il y a 5 groupes d’environ 15 enfants.

Le contenu des ateliers est variable selon les projets, il est décidé et préparé en équipe. Fonctionnement tous les mardis, jeudis et vendredis après-midi. Dans cette organisation, les enseignantes de petite et toute petite sections sont mises à contribution ; elles encadrent en effet chacune un atelier et, donc, les groupes sont réduits. Cela permet, et c’est un des objectifs de ces ateliers,  un meilleur dépistage et/ou un meilleur suivi  des élèves en difficulté ( ou un meilleur suivi des difficultés de tel ou tel élève ! ). De plus, ce décloisonnement permet, en plus d’une observation en petit groupe, d’avoir la vision d’un autre enseignant que celui du groupe classe sur l’élève. Ce fonctionnement est réalisable grâce également à l’investissement des ASEM qui surveillent la sieste des élèves de petite et toute petite sections pendant ce temps ; nous savons bien sûr que, même surveillés par nos ASEM, les élèves restent sous la responsabilité des enseignants.

 

-La journée se termine de 15h45 à 16h30 par un moment appelé « groupe du soir » comprenant les trois classes d’âge. Le groupe est fixe toute l’année, avec un référent unique et dans un même lieu. Son existence a pour objectif de répondre à 2 grands domaines de compétences : le langage et le vivre ensemble ( voir n°5 )

 

Ce fonctionnement dure depuis une dizaine d’années, et a gardé, en les faisant évoluer, certaines spécificités, telles que le travail en équipe, l’enseignement mutuel.

 

3) Pourquoi ces pratiques ?

 

Nos pratiques actuelles n’ont donc pas cherché à répondre à des problèmes qui se posaient aux enfants ou aux enseignants, mais sont le résultat de l’évolution de l’école par rapport au projet initial du recteur et du cabinet d’architectes.

 

4 )Mise en œuvre de l’action « travail en équipe »

 

Travailler en équipe ? Comment ?

a)      en portant des regards croisés sur un même enfant, ce qui permet de mieux cerner les difficultés de chacun :

-un enfant peut avoir dans la journée jusqu’à 3 enseignants différents en groupe-classe, groupe du soir, et atelier décloisonné

-présence de tous les enseignants lors des synthèses de classe avec le RASED (réseau d’aide spécialisé aux enfants en difficulté)

-des échanges informels mais permanents lors de chaque récréation et tous les midis, permettent à tous les membres de l’équipe de connaître tous les enfants de l’école, y compris les plus discrets

b)      en concevant ensemble des séances (ateliers décloisonnés), des évaluations.

c)      en échangeant sur nos pratiques de classe par la discussion, par l’acceptation du regard critique de l’autre, par l’observation de séances menées par d’autres collègues.

d)      en constituant les groupes de l’année suivante (classes et groupes du soir) lors de réunions impliquant la totalité des enseignants

e)      en changeant chaque année de niveau de classe et de lieu-classe

f)       en partageant le matériel pédagogique, les documents de travail, les locaux, en s’aidant mutuellement dans les installations de classe

g)      en créant des liens avec les animateurs des temps périscolaires, en incluant également la gardienne et les ATSEM (réunions-bilans de fonctionnement, réunions pour concevoir des ateliers en cohérence entre les temps scolaires et périscolaires)

 

Travailler en équipe ? Pourquoi ?

1)      Pour favoriser la cohérence et la continuité des apprentissages des élèves.

2)      Pour enrichir la réflexion sur le métier et les pratiques de classe des adultes.

 

Travailler en équipe, c’est aussi travailler avec d’autres équipes, toujours dans un souci de cohérence et de continuité, en créant des liens avec l’école élémentaire et les crèches du quartier : visites régulières durant toute l’année scolaire entre les enfants des différentes structures, et échanges de pratiques professionnelles entre les adultes.

 

Concernant les remplaçants ( ZIL ), amenés à faire un remplacement court ( une ou deux journées ) dans l’école, il s’agit pour eux d’une tâche ardue car, en plus de la difficulté inhérente au travail de remplaçant où il faut arriver « au pied levé » dans une classe où l’on ne connaît pas les enfants, ils doivent prendre connaissance, comprendre et faire vivre un fonctionnement d’école complexe. Cela de mande aussi du temps aux enseignants de l’école pour expliquer succintement mais précisément ce qu’il y a à faire. Cela relève même parfois du tour de force !Ainsi ceux-ci hésitent plus qu’ailleurs à s’absenter s’ils sont malades ou pour toute autre raison valable. En effet, ils savent que cela peut avoir des répercussions directes dans l’organisation de l’école et, donc, sur les autres collègues eux-mêmes. Il y a là une vraie dimension solidaire.

De plus, lors du mouvement départemental, les postes de l’école sont mentionnés comme étant à profil spécifique et il est recommandé aux futurs candidats de prendre contact avec le directeur pour de pus amples renseignements. S’ils adoptent cette démarche, il leur est alors précisé plusieurs choses : d’abord ce que l’on entend par « aires ouvertes » et le fait que cela implique que chacun accepte de travailler à la vue de tous ( autres enseignants, ATSEM, parents d’élèves à l’accueil qui traversent les classes le matin et le soir, animateurs de la Ville de Paris… ). Puis, il est également précisé que le traavail d’équipe nécessite un temps important de présence à l’école, hors temps de classe, et que les préparations ont pour conséquences que l’on accepte de montrer ses propres pratiques, mais aussi de les expliquer et, donc, que l’on se dévoile vraiment aux autres par rapport à ses connaissances pédagogiques, son expérience, sa créativité… que l’on accepte ses propres limites par le regard critique des collègues.

Nous pensons aussi qu’il faut une réelle souplesse des enseignants dans leurs attitudes pour accepter de travailler, par exemple, à partir des préparations de séances finalisées par d’autres ou, autre exemple, pour accepter de modifier, au dernier moment, une organisation prévue de longue date à cause d’un problème spécifique qui vient d’apparaître. Nous sommes, à un degré plus grand que dans beaucoup d’autres écoles, dépendants plus ou moins directement des autres collègues de l’équipe et, donc, nous nous devons d’être plus souple…plus à l’écoute de l’autre.

Il faut enfin, pour l’accueil des nouveaux membres de l’équipe, travailler sur des documents écrits précis ( projet d’école, descriptif du fonctionnement de l’école, compte-rendu de stage-école… ). Ceux-ci peuvent-ils apporter des modifications au fonctionnement ? Il faut avant tout adhérer au projet d’école, donc aux différentes actions qui en découlent. Cependant,  il est possible d’apporter des idées nouvelles qui s’incluent dans la politique de l’école. C’est ainsi qu’une collègue venant d’une maternelle de la rue Myrrha a apporté l’idée du cahier de vie, que l’école a adapté pour en faire un des outils principaux du groupe du soir.

 

Voici d’ailleurs l’expérience d’une « nouvelle arrivante », nommée pour un premier poste, à la sortie de l’IUFM :

« Chronique d’une enseignante sortant de l’IUFM arrivant à l’école maternelle Dunois ! »

 

 

 

                  Le 29 août, je connais enfin mon affectation pour ma première année d’enseignement  ce sera l’école maternelle 70 rue Dunois…Le premier septembre je me rends donc à l’école avec une certaine appréhension… Le directeur m’accueille en m’expliquant le fonctionnement très particulier de l’établissement. Après deux ans de formation à l’IUFM et de nombreux discours théoriques sur le travail en équipe, qui je dois l’avouer restait pour moi une grande utopie, j’allais enfin en comprendre le sens…

 

                 En effet la dynamique de l’école repose sur des réflexions collectives et leur application, notamment en ce qui concerne les ateliers décloisonnés. Le contenu de chacun d’eux est décidé, discuté, amélioré lors de réunions fréquentes (2 fois par semaine)… Ces temps de réunion permettent de nombreux échanges d’un point de vue pédagogique (déroulement de la séance) mais aussi d’un point de vue purement organisationnel (recherche d’un lieu adéquat).

 

                  Mon intégration au sein de l’équipe s’est donc faite assez rapidement, j’ai apprécié les conseils ou idées qui «fusent  » et qui permettent à chacun de ne pas se sentir isolé. Ce sentiment se trouve d’autant plus renforcé que grâce aux ateliers ou aux groupes du soir chaque enseignant connaît petit à petit chacun des élèves de l’école . Les regards croisés de chaque membre de l’équipe sur les enfants qu’ils soient de sa classe ou de celle d’un collègue permettent d’affiner notre vision personnelle parfois subjective…

 

                  Malgré les nombreux avantages d’un travail commun approfondi : cohérence aux yeux des enfants mais aussi des parents, solidarité indéniable entre collègues, le travail en équipe a aussi quelques inconvénients : il est parfois difficile de trouver du temps pour des recherches individuelles…Il a aussi fallu savoir faire quelques concessions et accepter, par exemple, de prendre en charge un atelier décloisonné qui à priori ne me motivait pas spécialement( mais cela m’a poussée ainsi à explorer des pistes pédagogiques que je n’aurais pas forcément explorées seule dans ma classe.)

                   Il est parfois pesant de devoir s’adapter à un fonctionnement collectif ne laissant pas beaucoup de place aux changements de dernière minute ou improvisations personnelles. Il m’est arrivé de prendre une décision (changement de lieu) sans consulter mes collègues. , je n’ai pas réalisé que ce choix chamboulerait le déroulement des autres ateliers…

 

                    Après 5 mois au sein de l’école Dunois , je sais que le travail d’équipe n’est pas un mythe, qu’il demande une grande disponibilité, des efforts de communication permanents qu’il est vecteur de dynamisme, de cohérence et d’enrichissement …(enrichissement non négligeable en début de carrière !) et que pour toutes ses raisons le jeu en vaut la chandelle !

 

5) Mise en œuvre de l’action « enseignement mutuel » :

 les groupes du soir : 3 âges mélangés mais un seul groupe d’échanges :

Le groupe dit « groupe du soir » fonctionne de 15h45 à 16h30. Il est constitué d’un mélange des trois tranches d’âges ( petits/3ans , moyens/4ans et grands/5ans ) dans une proportion d’environ un tiers d’enfants par tranche d’âge. Il reste fixe, se retrouve dans le même lieu avec le même adulte référent toute l’année scolaire. Il implique donc tous les enseignants de l’école ( chacun ayant en charge un groupe du soir ) et tous les enfants de l’école. Dans les groupes du soir, 3 supports sont utilisés : 1) un cahier de vie, 2) des albums de jeunesse, 3) des jeux de construction, matériel de dessin…

Précisions sur le cahier de vie

Le cahier de vie est l’outil utilisé pour atteindre des compétences langagières.

Il est individuel et contient deux types de messages :

-Un message créé par chaque groupe classe, choisi et élaboré collectivement. Il est réalisé à chaque fin de semaine en classe. L’enfant emporte le vendredi soir son cahier et peut ainsi expliquer à sa famille le message émanant de sa classe.

-Durant les week-ends, les parents disposent de la page suivante du cahier pour aider leur enfant (l’inciter aussi parfois) à « fabriquer » un message racontant ce qu’il a fait, vu ou partagé avec sa famille.

Déroulement des séances du groupe du soir :

Lundi : retour des cahiers de vie

Ils sont regardés un par un. L’enfant concerné explique son message, le commente, aidé par l’adulte qui lit les phrases ou textes associés. Puis les autres enfants posent des questions, réagissent, évoquent des évènements similaires, la communication entre enfants s’installe.A l’enfant n’ayant pas de message, il est proposé néanmoins de raconter ce qu’il a fait, ou de parler de ce qui l’intéresse. Il a aussi son temps de parole, sans le support du cahier de vie, avec le même procédé d’échange que les autres.

Mardi : Le groupe du soir est partagé en deux temps

1)Fin des lectures de cahiers de vie.

2)Proposition d’activités communes : dessin, jeu de construction… permettant les interactions inter-âges.

Jeudi : L’histoire

Elle est lue ou contée à tout le groupe et permet d’aborder différentes notions « philosophiques ».

Une fois lue, l’adulte aidera les enfants à parler de cette histoire et de ce qui la sous-tend.

Vendredi : Les messages des groupes classe

Chaque groupe d’enfants de la même classe est invité à expliquer aux autres le message collectif de la semaine.

=> Les enfants apprennent, nous, les adultes, aussi !!!

            Les enfants apprennent…

Grâce à des échanges verbaux importants, se faisant entre pairs, autour des cahiers de vie, d’une histoire abordant différentes notions, valeurs, évènements de la vie et des échanges spontanés autour d’activités libres (jeux de construction, d’imitation, dessins libres…) les enfants apprennent à mieux se servir du langage (par exemple, l’aisance verbale des plus grands motive et stimule les plus petits) et à respecter les règles de la communication.

            Nous les adultes aussi !!!

Pour les enseignants, ce moment privilégié avec un groupe d’élèves, qui n’est pas son groupe classe, permet de connaître un plus grand nombre d’enfants de l’école et d’identifier un certain nombre de difficultés soit langagières soit comportementales. Il permet aussi des regards croisés entre enseignants sur un même enfant.

Cependant, nous rencontrons des difficultés dans la gestion d’enfants qui « saturent » lors de l’exposé des messages des cahiers de vie. La gestion de ces messages est parfois problématique du fait soit de l’absence même de message (embarrassante pour l’enfant), soit d’une surabondance d’écrit auquel l’enfant n’a pas forcément participé et dont il n’est pas toujours porteur. Il s’avère que la participation des familles aux messages ne semble pas avoir de liens avec des catégories socio-culturelles déterminées.

Et les familles ?

Elles  sont informées chaque semaine de moments forts vécus dans la classe de leur enfant.. En lisant le message venant de l’école et en élaborant avec leur enfant celui du week-end, elles renforcent pour l’enfant les liens « école-famille ». Cependant pour lutter contre un investissement disproportionné des familles (messages inexistants ou « sur-existants ») nous organiserons des réunions d’informations régulières et spécifiques sur l’importance du cahier de vie.

 

D’autres situations d’enseignement mutuel

 

-          Les ateliers décloisonnés :

 

L’architecture de l’école permet aux élèves de parfaitement connaître les lieux, les classes, les autres enfants.

 

Profitant de cet avantage particulier, les enseignantes ont décidé de mettre en place l’après-midi, dès que cela est possible, des ateliers décloisonnés : ces regroupements sont momentanés et concernent des enfants de l’école appartenant à différentes classes d’âge.

 

Ainsi chacun des institutrices propose une activité spécifique qui aura lieu sur plusieurs séances de 14h15 à 15h15. Ces ateliers ont lieu tous les mardi, jeudi et vendredi après-midi : ce qui permet à chaque enseignante d’avoir, le lundi, un jour de classe complet avec leurs élèves.

 

Dès que les ateliers sont présentés aux enfants par leur enseignante, ils peuvent s’inscrire là où ils le souhaitent : ils font donc un choix sur l’activité qu’ils vont pratiquer l’après-midi, même si pour chaque atelier, le nombre de place est limité et qu’il faut parfois faire des choix et des concessions.

 

C’est donc après le rassemblement de l’après midi dans leur classe que chaque élève se dirige en autonomie dans le lieu (classe, cantine, salle d’expression…) où se déroule son atelier décloisonné et où le rejoint la maîtresse responsable de l’activité choisie.

 

En dehors de l’architecture de l’école, on peut distinguer 3 modalités qui ont motivé la décision d’organiser des ateliers décloisonnés :

 

-          le mélange des âges : les ateliers regroupent et mélangent des enfants de Moyenne et Grande section et on peut donc trouver ensemble dans certains groupes des enfants ayant 4 ans alors que d’autres en ont déjà 6. Les plus jeunes peuvent apprendre de leurs aînés, chacun peut profiter de cette diversité qui permet aux enfants de mieux de se connaître en vivant ensemble de nouvelles expériences, d’échanger et de partager leurs connaissances mutuelles.

 

-          Le regard croisé de plusieurs enseignants sur chaque enfant: si l’on a bien compris que mélanger les enfants de l’école a pour avantage de  leur permettre de bien se connaître, il faut savoir que cela vaut aussi pour les enseignants. Décloisonner les activités leur donne l’occasion de travailler avec la plupart des enfants de l’école : ils peuvent ainsi les connaître vraiment. L’équipe peut ensuite mieux débattre des problèmes éventuels rencontrés en classe avec un élève et ces regards croisés aident à mettre en place un soutient de l’équipe éducative pour l’enfant.

 

-          Des groupes à effectif réduit : Les enfants de Petite Section faisant la sieste, ils ne participent pas aux ateliers décloisonnés. Tous les enseignants de l’école se partagent donc les enfants de Moyenne et Grande section ce qui leur permet de travailler avec des groupes d’environ 15 enfants. Cette organisation particulière demande toutefois un investissement des autres membres de l’équipe de l’école : les ATSEM et le directeur sont amenés à s’occuper de la sieste ainsi que du réveil des Petits.

 

Le choix de décloisonner certaines des activités permet donc de jouer des interactions entre enfants ayant différents niveaux de compétences : les élèves échangent, partagent construisent ou renforcent des acquis, se responsabilisent et s’ouvrent mieux à l’école et à l’ensemble de l’équipe éducative.

La gestion de cette organisation demande un réel travail d’équipe et un investissement non seulement du groupe des enseignants, mais aussi de toute l’équipe de l’école sans laquelle la mise en place des ateliers décloisonnés serait impossible.

 

Les ateliers décloisonnés, paroles d’élèves, dialogue entre l’enseignante et les enfants d’une classe au moment du choix des ateliers :

 

Lundi, 14 h 00.

Les élèves de grande section sont rassemblés dans le coin regroupement de la classe. (Dans les autres classes de moyenne et grande section, il se passe la même chose).

 

« - Les enfants, vous allez choisir de nouveaux ateliers décloisonnés qui commenceront demain. Chaque atelier dure une semaine c’est-à-dire les  mardis, jeudis et vendredis après-midi. Vous passerez dans tous les ateliers. »

 

« - Est-ce qu’on peut faire deux fois le même ? »

 

«  - Non, vous devez changer à chaque fois pour connaître tous les ateliers proposés parce que quand vous serez passé dans tous les ateliers, vous en choisirez un seul qui durera, lui, 4 semaines. 

Donc je vais vous expliquer ce qui se passe dans chaque atelier :

- dans l’atelier peinture, vous allez découvrir des peintres et l’endroit où ces peintres travaillent ou ont travaillé, vous visiterez des musées.

- dans l’atelier histoire, vous allez rechercher dans Paris des traces de son histoire. Vous vous aiderez du travail qui a été fait l’année dernière sur l’histoire de Paris. Comment était Paris à la préhistoire, au moyen âge, on peut aller voir encore des maisons à colombages, au temps des Rois…

- dans l’atelier histoire policière vous allez jouer au détective, pour comprendre comment se passe une enquête policière. Plus tard, si vous choisissez cet atelier pour quatre semaines, vous inventerez une histoire policière qui se passerait dans notre quartier.

- Dans l’atelier chanson, vous allez écouter des chansons sur Paris. Vous en apprendrez une ou deux.

- Dans l’atelier architecture, vous allez visiter des monuments de Paris, vous apprendrez leur utilité, leur âge, leur taille et vous construirez une maquette de chaque monument. Chaque semaine, sera consacrer à un monument il y aura la visite de la Tour Eiffel, du Centre Pompidou, de la Pyramide du Louvre,  de Notre Dame et de la Grande Bibliothèque. Voilà, est-ce que vous avez des questions ? »

 

«  - c’est avec qui l’atelier chanson ? »

 

«  - les maîtresses vont faire aussi tous les ateliers. Je préfèrerai que vous choisissiez l’atelier pour ce qui s’y passe plutôt que pour la maîtresse. »

 

« - Est-ce qu’on va faire de la peinture dans l’atelier peinture ? »

 

«  - Non, pas tout de suite, vous allez surtout voir des artistes et leurs œuvres. Si vous choisissez l’atelier peinture lorsqu’il durera quatre semaines, vous ferez beaucoup de peinture. 

 

S’il n’y a plus de questions vous allez pouvoir placer votre étiquette dans l’atelier que vous choisissez cette semaine. Je vous rappelle qu’il n’y a que cinq places dans chaque atelier et que s’il n’y a plus de place dans l’atelier que vous voulez vous pourrez le faire la semaine prochaine. »

 

Les enfants placent leur étiquette prénom en dessous du nom de l’atelier choisi.

 

Comment choisir un thème de travail suffisamment porteur et riche pour les ateliers décloisonnés ?

 

Plusieurs possibilités :

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Le calendrier et les fêtes peuvent nous influencer

 

                                                                            Décors, graphisme

                                                                            Fabrication des costumes

Exemple : la fête de fin d’année                          Danse : mise en place d’une chorégraphie

                                                                            Chorale

                                                                            Ecriture des invitations

 

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Décision d’un projet commun

 

Histoire policière

Architecture

Exemple : Paris                                                    Chansons

                                                                            Peinture

                                                                            Histoire

 

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Nécessité d’approfondir un domaine, de travailler une notion ou les élèves rencontrent des difficultés

 

Avec le corps

                                                                                  Exercice papier

Exemple : la numération                                      Manipulation

                                                                            Invention de jeux mathématiques

                                                                            Histoire, chant, comptine

 

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Nécessité de faire des évaluations dans différents domaines pour mieux aider les élèves et peut être remettre en question ses pratiques pédagogiques.

 

 

 

-           Les liaisons PS / crèche et les échanges GS / élémentaire.

 

 

Décider d’une liaison PS / crèche implique plusieurs réunions préparatoires entre les deux équipes, afin de définir les modalités, ainsi que des réunions de bilan en fin d’année.

Le fonctionnement retenu prévoit :

 

- D’une part, la venue chaque jeudi matin de 9h15 à 10h de 4 enfants de la crèche accompagnés de 2 référentes, pour partager un vrai moment de classe. De 9h15 à 9h30, ils participent à la collation, puis au temps collectif de jeux de doigts, comptines et histoire. De 9h30 à 10h, ils choisissent d’intégrer un  groupe de travail dirigé (peinture, découpage-collage, graphisme, …) ou vont librement dans les coins-jeux (cuisine, poupées, voitures, …).

Tous les enfants de la crèche sont venus au moins une fois entre la Toussaint et Noël. Après les vacances de Noël, les enfants qui sont revenus ont commencé à se sentir plus à l’aise, se détachant nettement de leur référente, ce qui n’était pas le cas avant Noël.

On note que la différence entre les enfants de crèche et les élèves de l’école reste importante, en terme d’autonomie, de langage, et de temps de concentration sur une activité dirigée.

 

- D’autre part, les enfants de l’école se rendent 2 fois à la crèche à l’occasion de spectacles de marionnettes. Les commentaires pendant ces spectacles ont permis de noter les différences de langage entre les enfants de la crèche et ceux de l’école : vocabulaire plus riche, détails plus fins, meilleure participation, meilleure compréhension générale des plu grands.

 

Il est difficile d’évaluer l’impact de cette liaison pour les enfants, tant de la crèche que de l’école. On peut cependant supposer qu’une connaissance du lieu « école » pour les futurs élèves est rassurante, et implique une meilleure intégration lors de la rentrée scolaire, notamment pour ceux qui viendront dans cette école.

Pour les enfants de l’école, cette liaison est utile en début d’année, car elle positionne les « petits » de l’école comme des « grands » au regard des enfants de la crèche (qu’ils appellent aisément « les bébés »). L’intérêt que les enfants de l’école manifestaient à l’égard des petits de la crèche au début de la liaison s’est peu à peu étiolé, pour se transformer en quasi indifférence au dernier trimestre. Cette attitude est-elle le signe d’un désintérêt des grands pour les petits, ou signifie-t-elle que les grands ont totalement intégrés les enfants de crèche dans l’emploi du temps et la vie de la classe ?

 

En ce qui concerne les adultes, l’expérience est enrichissante car elle permet de mieux cerner les attentes et les contraintes de chacun, à travers la découverte d’un autre métier lié à la petite enfance. On prend en compte les différences (nombre d’enfants par adulte, rythme de vie de l’enfant au cours d’une journée, etc.) et les points communs (comptines et chansons, lecture d’albums de jeunesse, âge proche entre les plus grands de la crèche et les plus petits de l’école, etc.). Lors des échanges préparatoires et des bilans, enseignants et personnels de crèche se rencontrent dans les deux lieux, et visualisent ainsi mieux chaque mode de fonctionnement, permettant une meilleure connaissance mutuelle.

 

6 )Les difficultés rencontrées

- le travail d’équipe implique un grand nombre de réunions hors temps institutionnel, c’est-à-dire hors 36 heures / an. Chaque année, nous décidons de moments réguliers de réunion pour celui-ci. Cette année par exemple, nous avons décidé 2 réunions fixes par semaine (un midi de 12h20 à 13h20, et un soir de 16h45 à 18h). C’est lors de ces réunions que nous élaborons le contenu des ateliers décloisonnés, et plus largement le contenu et la mise en oeuvre de tous les projets de l’école. Ce temps ne peut donc être consacré à des préparations individuelles. Nous ressentons l’efficacité du travail d’équipe quand il permet de gagner du temps sur ces préparations individuelles.

- manque de traces écrites qui resteraient dans l’école, concernant tout ce qui a été mené jusqu’à maintenant.

- évaluation du système : les enfants apprennent-ils mieux ? Sont-ils plus autonomes ?

La difficulté principale que nous rencontrons est de mesurer les effets du fonctionnement complet sur la réussite scolaire des enfants : en quoi notre fonctionnement favorise-t-il l’acquisition des compétences ?  Il est difficile de séparer les apports de notre fonctionnement de l’effet-maître, de la situation familiale par exemple, …

Par ailleurs, nous devons être attentif à ne pas creuser plus encore les inégalités sociales ou certaines frustrations chez les enfants (cf. cahier de vie et contenu des messages).