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I Lycée Henri IV, Classe préparatoire aux études supérieures

 Classe préparatoire aux Etudes Supérieures, Lycée Henri IV

Le but de l’expérimentation CPES est d’impulser un mouvement de candidatures vers les CPGE concernant les élèves d’origine sociale modeste et de les accompagner afin de leur permettre de se présenter aux concours des grandes écoles à égalité de chances avec leurs camarades plus favorisés.

 

Contact : Patrice CORRE, proviseur du Lycée Henri IV

introduction au bilan d'étape (oct.2007)

 

I – Organisation pédagogique : une propédeutique.

I – 1 / Les enseignements : organisation et horaires.

Une propédeutique modulée en fonction des projets des élèves.

I– 2 / Les enseignements : les programmes.

I– 3 / Les enseignements : travaux et évaluation.

I – 4 / Premières conclusions.

Une véritable propédeutique.

Un pilotage complexe.

Une souplesse très (trop ?) partiellement utilisée.

expérimentationn - a r t. 3 4 -présentation de l'expérimentation par Patrice CORRE et son équipe, (18 mars 2008), 110 mn, format mp3

podcastOlivier Cocquard, professeur d'HG et membre de l'équipe CPES développe quelques aspects de la classe expérimentale de préparation aux études supérieures, initiée depuis 2006 au lycée Henri IV. (mars 2009)

 II - Les dispositifs d’accompagnement

II – 1 / Le tutorat

II – 1 – 1 / Organisation générale.

Suivi du travail des tuteurs.

II – 1 – 2 / Un dispositif très utile mais complexe à mettre en oeuvre 

II – 1 – 3 / Un dispositif clé qu’il a fallu ajuster.

II – 1 – 4 / Vers une rationalisation, une « professionnalisation et une extension  du dispositif :

II – 2 / Le programme culturel

II – 2 – 1 / Un complément aux enseignements dispensés :

II – 2 – 2 / Un bilan contrasté:

II – 2 – 3 / Une organisation revue pour 2007/2008:

 

III – Conditions matérielles et financières : Accompagnement des élèves dans leur vie d’étudiants 

III – 1 / Hébergement

III – 2 / Partenariat et mécénat

 

Des éléments pour un premier bilan.

1°) La CPES accueille-t-elle bien les élèves qu’elle se proposait de prendre en charge ? 

2°) Ce dispositif est-il efficace ?.

3°) Ce dispositif peut-il être reproduit dans son ensemble ou partiellement ? 

 

Annexe n° 1 Genèse du projet

Annexe n° 2.

Annexe n° 4.

 

PROGRAMME DE FRANÇAIS.

Programme de philosophie.

Programme d’anglais.

Programme de Langues vivantes - Allemand.

Programme d’Espagnol.

Programme dE RUSSE.

Programme de Mathématiques.

Programme du cours d’EXPRESSION  - pRISE DE PAROLE ET ENTRETIEN.

Programme d’histoire.

PROGRAMME DE GEOGRAPHIE.

Programme de physique.

PROGRAMME DE CHIMIE.

Programme Sciences de la Vie, Sciences de la Terre.

Programme de SCIENCES ECONOMIQUES ET DE Sciences sociales :

Programme de Sciences sociales.

Programme de Sciences économiques et sociale

 

 

 

DESCRIPTION DU PROJET

 

Dans le cadre du programme des décisions favorisant l’égalité des chances et la loi d’orientation 2005-380 du 23 avril (cf. article 34), le lycée Henri IV ouvrira en septembre 2006 une classe expérimentale appelée C.P.E.S (Classe Préparatoire aux Etudes Supérieures).

 

Le but de l’expérimentation CPES est d’impulser un mouvement de candidatures vers les CPGE concernant les élèves d’origine sociale modeste et de les accompagner afin de leur permettre de se présenter aux concours des grandes écoles à égalité de chances avec leurs camardes plus favorisés.

 

Ce projet est né du constat d’une diminution forte au cours des dernières années des candidatures d’élèves de milieu social peu favorisé, qui ont tendance à s’autocensurer, et du recul concomitant de leur place dans les grandes écoles.

La finalité de cette classe est de préparer des élèves boursiers méritants à entrer dans des classes préparatoires parmi les plus sélectives.

 

Des propositions plus directes de partenariat ont été adressées à plus de 200 lycées qui accueillent une forte proportion d’ élèves d’origine sociale modeste.

 

Appuyé par le recteur de Paris, ce projet a été retenu par le gouvernement et a fait l’objet d’une décision - présentée le 1er décembre 2005 par Monsieur le Premier Ministre - d’ouvrir une classe dont le « Lycée Henri-IV sera pilote » établissement dans lequel « 30 élèves seront accueillis dans ce dispositif [...] »..

 
 

Premières analyses à l’issue d’une année (2006-2007)

 

Classe Préparatoire aux études Supérieures

Rapport d’étape - Octobre 2007

 

 

De par sa nature même, la Classe Préparatoire aux études Supérieures ne pourra être complètement évaluée qu’au bout de trois années, c'est-à-dire lorsque la première promotion aura passé les concours d’entrée dans les grandes écoles.

Aussi pour l’heure ne peut-il être question que de produire un rapport d’étape analysant les premiers résultats obtenus et examinant avec un regard critique la pertinence de chaque élément du dispositif au regard des objectifs affichés.

C’est donc avec le recul de guère plus d’une année de fonctionnement, qu’a été rédigée cette synthèse regroupant nos observations, les décisions que nous avons été conduits à prendre pour améliorer l’efficience du dispositif et nos suggestions quant aux extensions possibles d’une expérience annoncée dès sa création comme devant être « pilote ».

Nous avons choisi de la présenter en trois grands chapitres mettant en lumière les caractères les plus originaux du projet :

  • l’organisation pédagogique : horaires et programmes.

  • Les dispositifs d’accompagnement : tutorat et programme culturel.

  • Conditions matérielles et financières : la place du partenariat et du mécénat.

 

A la suite de quoi, nous pourrons clore ce rapport en nous attachant à dégager les éléments d’un premier bilan.

 

Patrice CORRE, Proviseur du Lycée Henri-IV , octobre 2007

 

I – Organisation pédagogique : une propédeutique.

I – 1 / Les enseignements : organisation et horaires.

Une propédeutique modulée en fonction des projets des élèves.

I– 2 / Les enseignements : les programmes.

I– 3 / Les enseignements : travaux et évaluation.

I – 4 / Premières conclusions.

Une véritable propédeutique.

Un pilotage complexe.

Une souplesse très (trop ?) partiellement utilisée.

 

II - Les dispositifs d’accompagnement

II – 1 / Le tutorat

II – 1 – 1 / Organisation générale.

Suivi du travail des tuteurs.

II – 1 – 2 / Un dispositif très utile mais complexe à mettre en oeuvre 

II – 1 – 3 / Un dispositif clé qu’il a fallu ajuster.

II – 1 – 4 / Vers une rationalisation, une « professionnalisation et une extension  du dispositif :

II – 2 / Le programme culturel

II – 2 – 1 / Un complément aux enseignements dispensés :

II – 2 – 2 / Un bilan contrasté:

II – 2 – 3 / Une organisation revue pour 2007/2008:

 

III – Conditions matérielles et financières : Accompagnement des élèves dans leur vie d’étudiants 

III – 1 / Hébergement

III – 2 / Partenariat et mécénat

 

Des éléments pour un premier bilan.

1°) La CPES accueille-t-elle bien les élèves qu’elle se proposait de prendre en charge ? 

2°) Ce dispositif est-il efficace ?.

3°) Ce dispositif peut-il être reproduit dans son ensemble ou partiellement ? 

 

Annexe n° 1 Genèse du projet

Annexe n° 2.

Annexe n° 4.

 


 

I – Organisation pédagogique : une propédeutique

 

I – 1 / Les enseignements : organisation et horaires

 

Par son organisation même, la CPES constitue un dispositif à la fois original et complexe centré autour des projets d’études des élèves qui nécessite souplesse et rigoureuse coordination. (voir en annexe les documents n°s 1 & 2)

 

Une propédeutique modulée en fonction des projets des élèves.

La CPES a été conçue comme une véritable propédeutique . Les élèves suivent 27 à 30 heures de cours hebdomadaires comprenant un tronc commun de 12 h et un bloc d’enseignements d’orientation de 15 à 18 h.

Cette classe a pour priorité d’apporter ce qui fait souvent la différence au niveau des concours les plus difficiles, ce qu’on a coutume d’appeler la culture générale acquise pour une grande part, en plus de la scolarité, au contact de tout l’environnement social et culturel des familles. Ce choix a conduit à faire en sorte que l’ensemble des élèves, quels que soient leur projets d’études, suivent un tronc commun d’enseignements fondamentaux comprenant du français, de la philosophie, une langue vivante, un cours d’expression (écrite et orale) et de l’éducation physique. Une façon de poursuivre en l’approfondissant et en la mettant en perspective avec les enjeux de l’enseignement supérieur, la formation dispensée dans le secondaire.

Les blocs d’enseignements d’orientation ont été conçus en fonction des projets d’études des élèves et ont été agencés de telle sorte qu’ils correspondent aux filières des classes préparatoires.

Considérant que beaucoup d’élèves entrant en CPES (certainement autant que bien d’autres élèves entrant en CPGE) n’auraient a priori pas encore un projet d’orientation bien précis, le dispositif a été présenté comme pouvant être assoupli. Sont ainsi envisageables le changement de bloc d’enseignements d’orientation et le passage direct, au cours des premières semaines, dans une première année de CPGE.

 

Un dispositif complexe nécessitant un pilotage rigoureux.

Le dispositif est complexe et conduit à faire travailler ensemble un groupe de professeurs nombreux et des élèves ayant des projets fort divers. On pouvait craindre l’émiettement et une absence totale de dynamique de groupe aussi bien chez les élèves que chez les professeurs. L’écueil existe et, s’il a pu être somme toute assez bien évité c’est grâce à la volonté de l’ensemble de l’équipe pédagogique qui a su garder le cap autour des objectifs fixés.

Moyens mis en œuvre pour en assurer le fonctionnement cohérent :

Pour cela, il a fallu mettre en place les structures permettant d’assurer un fonctionnement rationnel et efficace : trois professeurs ont assumé les fonctions de coordonnateurs et des réunions régulières de l’ensemble de l’équipe ont été tenues (une fois par mois).

La concertation pédagogique, même sommaire, est indispensable pour assurer la réussite d’un tel projet. Cela demande du temps de travail en commun et de l’écoute que seule une équipe motivée parce que volontaire peut assumer.

A l’expérience, il est apparu également nécessaire de mettre en place des outils de communication efficaces. C’est ainsi qu’ a été créé pour l’année 2007/2008, un site d’information et d’échanges accessible à l’ensemble de l’équipe pédagogique (proviseur, CPE et documentalistes compris) aux tuteurs et aux élèves .

 


 

I– 2 / Les enseignements : les programmes

(voir en annexe le document n°3)

Les programmes des différentes disciplines ont été rédigés par l’équipe pédagogique qui a disposé d’une grande autonomie. Des liens ont été établis avec l’Inspection Générale.

 

Conception :

 

Ils ont été conçus pour combler les lacunes habituellement repérées à l’entrée en classe préparatoire, pour consolider les apprentissages fondamentaux et pour renforcer les méthodes de travail.

PROGRAMME DE FRANÇAIS.

Programme de philosophie.

Programme d’anglais.

Programme de Langues vivantes - Allemand.

Programme d’Espagnol.

Programme dE RUSSE.

Programme de Mathématiques.

Programme du cours d’EXPRESSION  - pRISE DE PAROLE ET ENTRETIEN.

Programme d’histoire.

PROGRAMME DE GEOGRAPHIE.

Programme de physique.

PROGRAMME DE CHIMIE.

Programme Sciences de la Vie, Sciences de la Terre.

Programme de SCIENCES ECONOMIQUES ET DE Sciences sociales :

Programme de Sciences sociales.

Programme de Sciences économiques et sociale

 

On sait en effet que les élèves, même les meilleurs, ont plutôt tendance à être passifs, à attendre que le professeur note au tableau, à apprendre des formules prêtes à l’emploi plutôt qu’à consentir un effort persistant de réflexion personnelle ; on sait qu’ils privilégient une stratégie utilitariste sur un horizon court, avec une tendance générationnelle au zapping, qu’ils ne sont pas habitués à lire des textes longs, à faire des choix dans une bibliographie fleuve, qu’ils ne sont pas très entraînés à la dissertation, ne savent pas s’organiser dès que la quantité de travail les submerge, etc…

Cette partie plus immédiatement scolaire, rythmée par des colles (dans quelques matières), et des devoirs sur table, est complétée par un programme culturel (sorties, spectacles, musées, conférences, etc…), afin d’apporter un peu de cette culture libre, implicite, qui constitue l’un des atouts des héritiers, y compris dans les filières scientifiques.

Pour tout dire, les programmes de la CPES ont été élaborés pour que chaque élève ait bien acquis le bagage, le socle fondamental, ce qu’il ne doit pas ignorer, qui lui donnera les meilleures chances de réussir les concours les plus difficiles.

 

Une « pré-prépa »

 

Toutefois, comme il s’agit d’une expérience nouvelle dans sa forme, il y a eu nécessairement des tâtonnements. étant une classe intermédiaire entre la terminale et la prépa, la CPES pouvait par conséquent se rapprocher plus de l’une (être une terminale plus), que de l’autre (une pré-prépa). Il y a eu inévitablement débat entre des enseignants aux conceptions et aux pratiques différentes : entre les idéalistes qui voulaient que l’on invente quelque chose de radicalement nouveau et les réalistes qui voulaient s’en tenir aux méthodes éprouvées, entre les anti-utilitaristes partisans d’une culture générale très générale, à distance des programmes et des manuels et les utilitaristes partisans de contenus proches des exigences des concours, entre ceux qui accordent la priorité aux méthodes et ceux qui l’accordent aux contenus, voire même entre les littéraires et les scientifiques.

 

C’est finalement le réalisme qui a prévalu, car il s’est avéré très difficile de tout réinventer à ce stade du cursus alors que les obligations de résultats immédiats ont dès le départ pesé très lourd, la « barre » ayant été placée haut : faire entrer la plus grande partie, voire la totalité des élèves dans une CPGE du Lycée Henri-IV et leur donner de réelles chances de réussir les concours les plus sélectifs. Les programmes retenus sont de ce fait plus ceux de classes préparatoires que du secondaire. Même si la part des savoir-faire a été largement privilégiée, celle accordée à l’acquisition de connaissances figurant aux programmes des classes préparatoires a conservé la première place.

 

 


 

I– 3 / Les enseignements : travaux et évaluation

 

L’apprentissage du « style classe préparatoire » .

 

Le choix a été unanimement fait de rompre nettement avec le secondaire. Comme tous les élèves de CPGE, les élèves de la CPES ont dû rendre régulièrement des travaux écrits dans toutes les disciplines. Des devoirs sur table ont été organisés selon un calendrier annoncé en début d’année.

Tout au long de l’année les élèves ont été entraînés, à des exercices oraux sur le modèle des interrogations orales (colles). En fin d’année, ils ont été initiés aux épreuves d’entretien des concours des grandes écoles, avec les élèves des classes préparatoires économiques et commerciales.

Il avait été prévu deux « concours blancs », un en décembre et un en mars. Mais du fait de divergences de points de vue entre les professeurs, toutes les matières n’ont pas été concernées. L’orientation déjà très « classe préparatoire » a logiquement fait ressortir la « culture » propre à chacune des filières, les classes scientifiques préférant l’enchaînement de devoirs sur table hebdomadaires, les classes littéraires et économiques, une année rythmée par deux ou trois concours blancs.

Finalement, ce choix ne s’est pas avéré judicieux car il a mis à mal la dynamique du groupe perturbé son rythme de travail et finalement ralenti sa progression.

C’est pourquoi le concours blanc de mars n’a finalement pas été organisé et le choix a été fait de rythmer le reste de l’année en planifiant des devoirs sur table et des devoirs du soir .

 

I – 4 / Premières conclusions

 

Une véritable propédeutique

En définitive, l’organisation et les contenus pédagogiques de cette nouvelle forme de propédeutique que constitue la CPES ont semblé plutôt bien adaptés aux élèves et aux objectifs fixés.

Le parti pris de dépasser les programmes du secondaire, en imprimant à l’année scolaire le rythme et le style des classes préparatoires, s’avère judicieux. Ayant jusqu’ici tous plutôt bien réussi leurs études et obtenu de bons résultats le baccalauréat (avec une mention pour 28 sur 30), une terminale renforcée n’aurait pas été utile. L’expérience a confirmé ce qui avait été pressenti : c’est bien au niveau du rythme de l’organisation et de la densité du travail que l’écart entre secondaire et CPGE est le plus grand. D’où la nécessité de programmes aux contenus ambitieux bien structurés et conçus pour faire acquérir les connaissances et maîtriser les savoir-faire indispensables pour réussir les études supérieures les plus exigeantes.

En ce sens, le tronc commun de culture générale très consistant proposé à toutes les filières s’est révélé une innovation très pertinente.

 

Un pilotage complexe

Par contre, de par sa complexité même, le dispositif s’est avéré difficile à piloter. L’équipe pédagogique a eu un peu de mal à trouver le bon tempo. A l’expérience, se sont imposées comme indispensables la programmation rigoureuse de l’année scolaire, l’anticipation des ruptures de rythme prévisibles à la jonction des trimestres et au printemps, période au cours de laquelle se tiennent les réunions des commissions d’admission en CPGE, et l’organisation régulière de réunions de régulation.

La filière économique et sociale sera sans doute toujours plus difficile à piloter que les deux autres. Le fait que les mêmes difficultés soient rencontrées avec la promotion 2007/2008 qu’avec la précédente prouve sans doute que cela tient certainement à la diversité des origines scolaires des élèves qui la choisissent (élèves de TS ou TES) de leurs parcours scolaires (choix d’options et de spécialités dans le secondaire), de leurs projets (ECE, ECS, B/L, D1, D2), ainsi que de leurs personnalités.

 

Une souplesse très (trop ?) partiellement utilisée

La CPES a été conçue pour offrir à chaque élève la possibilité d’un parcours souple. Cela n’a été que très partiellement le cas.

-          Il était prévu que, au cours des premières semaines, tout élève ayant fait la preuve de capacités suffisantes pourrait rejoindre une classe de première année. Un élève aurait pu franchir le pas en 2006, mais il ne l’a pas souhaité. Les deux ou trois pressentis au début de l’année 2007/2008 ont donné la même réponse avec les mêmes arguments : souhait de se donner du temps pour mieux déterminer son projet et améliorer ses méthodes de travail ; manque de confiance ; volonté de ne pas briser la dynamique du groupe.

-          L’autre opportunité offerte, celle de changer de filière, a été utilisée par quelques élèves. A noter cependant que les glissements ne se sont opérés qu’au cours des deux premiers mois et entre les filières littéraire et économique.

On peut regretter qu’il en soit ainsi. Mais ne serait-ce pas la conséquence d’une différenciation encore très forte des filières ? Cela ne révèle-t-il pas le rôle essentiel de la dynamique des groupes classe en CPGE ? Cela ne tient-il pas aussi à l’angoisse d’élèves peu sûrs d’eux et qui ont choisi la CPES pour gagner la confiance qui leur manque ? Les réponses à ces questions viendront avec le temps et ne manqueront certainement pas d’intérêt.

 

Pour l’année 2007/2008, quelques inflexions ont été données : (voir en annexe le document n°4)

-          Pour les littéraires, il est apparu nécessaire de renforcer fortement le programme de littérature.

-          Pour les élèves de la filière économique, l’apprentissage des méthodes en sciences économiques et sociales a été étoffé pour répondre aux besoins d’un groupe aux parcours secondaires très divers : élèves venant de TS ou de TES n’ayant pas tous choisi les mêmes spécialités. En mathématiques, le professeur conduit un travail plus spécifique avec les élèves issus de ES en liaison étroite avec les tuteurs.

-          L’organisation générale de l’année a été revue pour en faire une pleine utilisation et éviter les ruptures de rythme préjudiciables à la progression des élèves :

·         Plus de concours blancs en cours d’année, mais des devoirs sur table réguliers et un examen de fin d’année. Un ensemble d’épreuves sur table sera organisé sur deux semaines au cours du mois de mai pour valider connaissances et compétences acquises dans toutes les disciplines au cours de toute l’année.

·         Une utilisation pleine du mois de juin par l’organisation d’un stage intensif de langue vivante débouchant sur une certification. Il s’agira d’un stage d’anglais de deux semaines, au British Council. Le contenu et les objectifs seront établis en partenariat avec le lycée, le financement assuré par le mécénat.

 

 


 

II - Les dispositifs d’accompagnement

 

II – 1 / Le tutorat

 

II – 1 – 1 / Organisation générale

Tous les élèves bénéficient d’un accompagnement pédagogique personnalisé assuré par des tuteurs.

Il a été décidé de recruter pour assurer cette fonction, des étudiants de grandes écoles ou de deuxième ou troisième cycles universitaires (master ou doctorat), tous volontaires et, pour la plupart, anciens élèves des classes préparatoires du Lycée Henri IV. Le nombre des candidats excédant dès le départ les besoins, une commission présidée par le proviseur et composée des professeurs coordonnateurs a procédé à la sélection à l’issue d’une série d’entretiens.

Les tuteurs ainsi recrutés (au nombre d’une trentaine pour l’année 2006/2007), se sont vus confier deux types de tâches très différents. La moitié a assuré un tutorat dit « individuel » l’autre moitié, un tutorat dit « disciplinaire »..

Chaque tuteur « individuel »  a pris en charge deux élèves. Il lui a été demandé de les rencontrer régulièrement et de correspondre  avec eux de manière suivie par mel. Les tuteurs « disciplinaires » ont assuré une assistance dans une ou deux disciplines. Chacun a pu accueillir pour cela, dans une salle du lycée, les élèves de la CPES mais aussi tous les élèves des premières années de classe préparatoire qui le souhaitaient.

 

Suivi du travail des tuteurs

Chaque tuteur a eu connaissance du cahier des charges de ses fonctions et a signé un contrat en début d’année (voir en annexe les documents n°s 5 et 6)

Tous les tuteurs ont été astreints à rendre régulièrement compte de leur travail à l’équipe des professeurs et leurs rapports ont contribué à l’évaluation des élèves. (voir en annexe le document n°7)

Le suivi du travail des tuteurs a été assuré par les professeurs coordonnateurs. L’un d’entre eux, M. COQUARD, s’est chargé des synthèses générales.

 

II – 1 – 2 / Un dispositif très utile mais complexe à mettre en oeuvre

Le tutorat « individuel » :

Le rôle des tuteurs « individuels » a été très largement positif et salué comme tel par les élèves comme par les enseignants. Prenant leur mission très à cœur, ils ont permis aux élèves qui ont connu des « passages à vide »  de rester au contact de la classe et des exigences du travail qu’elle impose. Beaucoup ont organisé régulièrement des sorties culturelles, et ont proposé des exercices variés à leurs élèves pour leur permettre de progresser.

Cependant, le regroupement inter filière des élèves de chaque tuteur n’a pas donné le résultat escompté d’échange et de partage de compétences.

Par ailleurs, la coordination entre les tuteurs et les enseignants n’a pas toujours été parfaite.

Le tutorat «disciplinaire» :

Ce tutorat disciplinaire est lui aussi une aide précieuse pour les élèves. En mathématiques en particulier où les décalages initiaux entre élèves de série S et ES dans la filière économique, sont considérables. C’est le cas aussi pour toutes les matières à dissertation (lettres, philosophie, histoire, géographie).

Mais, le planning n’a pas été facile à établir. Il a fallu faire plusieurs ajustements. Le cadrage  a  été progressivement amélioré et les horaires ont été rendus plus rigoureux.

 

II – 1 – 3 / Un dispositif clé qu’il a fallu ajuster.

Un rôle clé :

Au total, le tutorat apparaît comme un dispositif essentiel permettant d’accompagner de la manière la plus efficace possible chaque élève, en fonction de la situation particulière de chacun. C’est notamment le cas du tutorat « individuel »  (voir en annexe le document n° 8)

Des limites. Le dispositif a manqué d’efficacité à certains niveaux :

-          Le regroupement inter filière des élèves de chaque tuteur individuel n’a pas donné le résultat escompté d’échange et de partage de compétences.

-          La coordination entre les tuteurs et les enseignants n’a pas toujours été bonne.

-          La participation des élèves des autres classes préparatoires aux séances de tutorat « disciplinaire » n’a pas été satisfaisante : trop peu d’élèves, pas assez souvent …

 

Une « professionnalisation » des tuteurs ?

Concevoir le tutorat uniquement sous la forme du bénévolat peut vite limiter l’efficacité du dispositif. Les étudiants volontaires ont certes dès le départ affirmé leur volonté d’être utiles à d’autres et de rendre une part de ce qu’ils avaient reçu, et ils n’ont jamais placé la rémunération de leur travail comme préalable à leur engagement. Il n’en a pas moins semblé indispensable de les indemniser partiellement, pour pouvoir exiger d’eux un travail suivi de qualité.

Deux formes ont été envisagées : validation en terme de parts de diplômes (points ECTS) attribuées par les Ecoles et des heures d’interrogation orale. Sur le premier point, seule l’Ecole Centrale de Paris s’est engagée pour 2007/2008.

Comme il n’était pas possible d’indemniser les tuteurs en heures d’interrogation, cela a pu une solution a été trouvée grâce à une subvention spécifique de la Délégation Interministérielle à la Ville. Une convention pluri-annuelle (3 ans ) sur le modèle de celles passées avec l’ESSEC ou l’association Tremplin, a été signée avec la Préfecture de Paris. Les modalités d’utilisation de ces fonds ont été fixées par une délibération du conseil d’administration du lycée. (voir en annexe le document n° 9)

 

II – 1 – 4 / Vers une rationalisation, une « professionnalisation et une extension  du dispositif :

 

Pour 2007/2008, tenant compte de l’expérience acquise, l’ensemble du dispositif a été resserré et rationalisé à plusieurs niveaux. (voir en annexe, les documents n° 10, 11, 12 et 13)

-          Les tuteurs :

·         Leur nombre a été ramené à 20.

·         Chaque tuteur « individuel » a désormais en charge deux élèves de la même filière.

·         Le nombre des tuteurs « disciplinaires » a été sensiblement réduit et certains tuteurs assurent les deux types de fonction.

·         Pour assurer la transmission de l’expérience, le groupe des tuteurs 2007/2008 associe anciens et nouveaux.

-          L’amélioration de la coordination du travail par la mise en place de procédures plus rigoureuses pour assurer la liaison tuteurs/professeurs /élèves :

·         création d’un site internet ouvert à toute l’équipe pédagogique, aux tuteurs et aux élèves.

·         Transmission, via ce site, des questions étudiées, des comptes-rendus des tuteurs aux professeurs,

·         réunions mensuelles entre tuteurs et enseignants pour voir où en est l’avancement dans les différentes disciplines, transmission des bulletins trimestriels aux tuteurs,

·         participation des tuteurs aux conseils de classe.

-          Maîtrise rigoureuse du coût :

·         contrôle systématique du travail des tuteurs.

·         relance de négociations avec les grandes écoles pour développer la validation de ce travail en ECTS.

 

A moyen terme, la question se pose maintenant de savoir dans quelle mesure ce type de dispositif, est appelé à se développer et doit être « professionnalisé ». au bénéfice de tous les élèves de première année de CPGE, dans le but de réussir l’intégration dans toutes les  classes, y compris les plus sélectives, de publics socialement et culturellement plus diversifiés.

Aussi, dans la perspective de sa pérennisation, a-t-il été décidé de donner une impulsion particulière au tutorat disciplinaire :

-          en l’insérant dans l’emploi du temps des élèves de la CPES.

-          en développant son ouverture aux élèves demandeurs des autres classes préparatoires.

 

II – 2 / Le programme culturel

 

II – 2 – 1 / Un complément aux enseignements dispensés :

Ce programme a été conçu pour donner à chaque élève la possibilité d’acquérir une culture générale étendue en tirant le meilleur parti de l’environnement culturel exceptionnel offert par Paris.

Il a été prévu d’offrir aux élèves la possibilité d’assister à des spectacles ou des concerts  présentés dans les théâtres ou à l’Opéra ; de visiter des musées, des expositions voire même des laboratoires ou des entreprises, de suivre des conférences.

Le financement a été assuré pour tout ou partie par le mécénat ou des conventions de partenariat. L’Opéra de Paris, la Comédie Française, le Louvre, l’Institut du Monde Arabe, le Théâtre de poche de Montparnasse, la Fnac, la fondation Accenture ont été les principaux partenaires engagés dans ce programme culturel.

Lier ce programme aux cours dispensés aux élèves et l’intégrer à leur emploi du temps, telle a été la tâche lourde complexe et assez ingrate de la documentaliste qui s’est chargée de la coordination.

Dans ce cadre les élèves ont pu assister à des spectacles, des conférences, visiter des expositions et aller à des concerts. Certaines parties du programme leur ont été imposés d’autres offertes à leur choix.

 

II – 2 – 2 / Un bilan contrasté:

Le programme culturel n’a pas été aussi riche et développé qu’il l’était envisagé à l’origine. Ce qui a le plus posé problème c’est son intégration dans l’emploi du temps des élèves (les sorties, conférences, visites, etc..), ce qui est regrettable, car c’est une dimension cruciale pour réduire les inégalités.

Il apparaît que les difficultés rencontrées sont pour partie la conséquence de l’orientation très « prépa » de la classe : l’emploi du temps « scolaire » est lourd, les élèves privilégient tout ce qui leur semble avoir une utilité immédiate, voire même un effet direct sur leur moyenne…Le programme d’études de la classe, prioritaire et dense, n’a pas permis d’ouvrir vers une diversité culturelle en vue d’une éducation des choix.

Quelques temps forts ont été cependant particulièrement réussis : les représentations suivies à l’Opéra de Paris - dont la première des Troyens-, toutes précédées ou complétées par des conférences de grande tenue ouvertes à tous les élèves du lycée ; le travail conduit sur L’illusion comique, avec la troupe du Théâtre de Poche ; la Comédie Française. Avec le recul, il apparaît que le succès de ces opérations a beaucoup tenu au fait qu’elles ont pu être suffisamment anticipées préparées et exploitées par les professeurs.

 


 

II – 2 – 3 / Une organisation revue pour 2007/2008:

Si la nécessité de prévoir chaque année un programme culturel consistant et éclectique ne peut faire de doute, l’obligation de mieux l’inscrire dans les programmes et l’emploi du temps de l’année s’impose de manière absolue.

Pour en assurer le suivi, une intervention hebdomadaire du professeur documentaliste a été inscrite à l’emploi du temps des élèves de la nouvelle promotion. Ce sera aussi l’occasion de leur présenter chaque nouvelle activité, (le spectacle ou l’exposition, la conférence) afin de l’ancrer durablement dans leur formation.

Une liaison plus étroite est prévue avec les professeurs. Par exemple, le professeur de lettres a travaillé sur le thème des mythes des contes et des légendes, en liaison avec la pièce « Ariane et Barbe bleue » jouée à l’Opéra. L’utilisation du programme culturel est désormais faite de manière quasi systématique en cours d’expression.

 

III – Conditions matérielles et financières : Accompagnement des élèves dans leur vie d’étudiants

 

La CPES propose donc aux élèves méritants et capables qu’elle accueille d’accomplir un parcours d’excellence par une organisation pédagogique renforcée (programme d’enseignement, dispositifs d’accompagnement…)et financée par un engagement fort de l’Etat. Mais cela ne saurait suffire pour épauler de jeunes étudiants dont les familles n’osent pas envisager (ou même ne peuvent pas envisager) de faire le pari risqué d’assumer la charge financière lourde que représentent des études supérieures longues conduites loin du domicile, débouchant sur des filières qu’elles ne connaissent pas et conditionnées à la réussite à des concours difficiles.

Ce constat a très vite conduit l’équipe de direction à associer la CPES à un ensemble de partenaires, pour la plupart privés. Un apport qui dès la première année, a montré qu’il pouvait jouer un rôle de premier ordre en faveur de l’égalité des chances.

 

III – 1 / Hébergement

 

Loger les élèves au lycée, sinon à proximité, faisait partie intégrante du projet et cette disposition avait été reprise par le Premier Ministre dans sa conférence de presse. Dans le cadre d’une convention spécifique, suivant en cela l’exemple de Sciences-po, les élèves de la CPES sont tous logés, au sein de la résidence Honnorat de la Cité Internationale Universitaire de Paris (Boulevard Jourdan Paris 14ème ).

Cet hébergement, proche du Lycée Henri IV, offre à tous les élèves de la classe un cadre remarquable pour leurs études, leur permettant de disposer d’équipements de grande qualité (bibliothèques, salles de travail, équipements sportifs…) pendant dix mois complets (petites vacances comprises), de rencontrer des étudiants du monde entier et de bénéficier de la dynamique du groupe.

A l’issue de l’année de CPES, les garçons  sont accueillis comme internes au Lycée Henri IV.

Pour les filles continuant leurs études au Lycée Henri-IV, ainsi que pour les élèves filles ou garçons conduits à poursuivre leur cursus dans d’autres établissements, l’hébergement est assuré soit par le CROUS, soit en internat.

 


 

III – 2 / Partenariat et mécénat

Une nécessité

Faire des études dans une grande ville et en particulier à Paris, coûte cher, même si l’on est inscrit dans un établissement public et même si l’on est interne. Il faut non seulement se loger et se nourrir, mais il faut aussi se déplacer, acquérir des livres, des outils informatiques, continuer à se cultiver mais aussi payer les frais de concours quand on est en CPGE.

Au total, la charge financière dépasse nettement le montant des bourses d’études les plus élevées. Elle peut même être très dissuasive pour des familles qui se sentent socialement et culturellement trop éloignées des filières d’excellence dont l’issue est conditionnée par la réussite non garantie à un concours.

La nécessité de trouver des moyens complémentaires s’est imposée d’autant plus que la CPES se propose de donner un plus de formation se traduisant aussi par un temps d’études plus long pour les élèves qu’elle accueille.

 

Les partenaires qui se sont engagés dans le projet l’ont fait sous deux formes :

-          l’apport d’aides matérielles complétant les bourses de l’état et permettant de couvrir la plus grande partie des frais complémentaires (logement, nourriture, déplacements, équipements informatiques, livres, entrées de spectacles ou d’expositions…)

-          le parrainage des étudiants : chaque élève de la CPES est mis en relation avec un cadre d’entreprise qui s’engage à suivre sa scolarité pendant trois ans, à le conseiller sur les métiers pour trouver des stages et éventuellement pour chercher un emploi.

 

Des partenariats inscrits par conventions, dans la durée :

Les partenariats ont été établis sur la base de conventions bipartites et pluriannuelles avec le Lycée Henri-IV. (voir en annexe les documents n° 14 et 15)

Les quelques élèves de la CPES qui pourraient être conduits à poursuivre leur scolarité hors du Lycée Henri IV, peuvent continuer à bénéficier de tout ou partie de l’accompagnement par les partenaires de la classe. Pour cela, des conventions sont passées avec l’établissement d’accueil de chacun d’entre eux (voir en annexe le document n° 16).

Déjà importante, la liste des partenaires a été étoffée depuis la rentrée 2007. (voir en annexe le document n° 17)

 

Un apport très précieux et transposable

 

A l’évidence, sans les aides matérielles apportées par les divers mécènes ou fondations associés au projet, la quasi totalité des élèves des deux promotions de la classe n’aurait pas pu faire des études dans Paris même, et surtout dans des conditions aussi favorables !

De plus, n’ayant pas été limités aux simples aspects matériels de la vie des élèves, ces partenariats ont permis de mettre en place le parrainage des élèves par des cadres de grandes entreprises ou institutions. Un moyen de les faire entrer dans des réseaux propres à leur faciliter leur future insertion professionnelle.

Depuis quelques années, nombre de fondations ont été créées et peuvent offrir de belles opportunités pour soutenir, par le moyen de conventions, les actions en faveur de l’égalité des chances. En la matière, l’expérience de la CPES le montre bien et devrait pouvoir être reprise sous des formes diverses dans d’autres établissements.

 

 

 

Des éléments pour un premier bilan

 

Si la validation du projet n’interviendra que dans deux ans, lorsque la première promotion aura passé les concours, il n’est pas envisageable de clore ce rapport d’étape sans faire l’examen des premiers résultats des élèves en les rapportant aux objectifs fixés et aux moyens engagés.

Il nous a semblé pour cela intéressant de réunir les éléments de ce bilan intermédiaire sous la forme de réponses à quelques questions renvoyant aux principaux aspects et aux finalités d’une classe annoncée comme devant être « pilote ».

 

1°) La CPES accueille-t-elle bien les élèves qu’elle se proposait de prendre en charge ?

( voir en annexe les documents n°18, 19 et 20)

 

La CPES est destinée à accueillir 30 élèves méritants et au fort potentiel de n’importe quel lycée de France (DOM TOM compris) bénéficiaires de bourses d’études.

Un examen attentif de la composition de la première promotion montre qu’elle correspond bien socialement et géographiquement aux critères fixés. Les élèves sont tous issus de familles aux revenus modestes et, pour la plupart d’entre elles, fort éloignées du standard culturel des parents d’élèves de CPGE. Cependant, si la deuxième promotion est d’origine géographique plus diversifiée et si elle est mieux équilibrée entre garçons et filles , elle est en (petite) partie composée d’élèves culturellement moins « défavorisés ». C’est sans doute là un des effets de l’intégration à la procédure nationale qui laisse le jeu plus ouvert et limite paradoxalement les possibilités de contrôle par la commission d’admission. Il conviendra d’être à l’avenir particulièrement vigilant sur ce point.

L’examen de la situation culturelle et scolaire des élèves des deux promotions confirme assez bien la pertinence du recrutement. Tous ont besoin, certes à des degrés divers, d’apprendre le métier d’étudiants. Le constat n’est du reste pas sans poser problème, même s’il peut être fait pour bien d’autres élèves entrant en CPGE. N’est-il pas anormal que nombre de ces élèves presque tous bacheliers avec mention aient si peu lu, soient si peu autonomes et soient si vite déroutés lorsque le travail devient plus intense et que les exercices proposés nécessitent de leur part la mobilisation de parties plus ou moins dispersées entre les disciplines et éloignées dans le temps des programmes qu’ils ont étudiés ? Il y a là des questions qui dépassent largement le cadre de notre sujet.

Enfin, il n’est pas inutile de rappeler ici que l’information des candidats potentiels à la CPES ont été beaucoup mieux informés par les medias et internet que par les services d’information de l’éducation Nationale, procédure nationale post-bac.org exclue. C’est une réalité peu satisfaisante que tous les promoteurs d’innovation doivent prendre en compte.

 

2°) Ce dispositif est-il efficace ?

 

Les premiers résultats obtenus sont très encourageants : 24 élèves ont été admis en CPGE au Lycée Henri IV et tous continuent dans des cursus les conduisant à des niveaux bac + 5. (voir en annexe le document n°20)

Si la plupart d’entre eux n’auraient pu être admis avec de réelles chances de réussite dans les classes où ils se trouvent aujourd’hui, il est bien trop tôt pour avoir une appréciation des effets réels de la CPES qui seront à mesurer à l’aune de la liste des écoles qu’ils intégreront.

Les apports de la CPES en matière de culture générale et de méthodes de travail paraissent d’ores et déjà plus évidents. Les résultats obtenus aux premiers devoirs rendus en ce début d’année par les élèves de la première promotion sont très encourageants, malgré leurs niveaux très inégaux.

Mais ce qui semble encore plus net c’est le gain en ambition scolaire et en confiance, même si celle-ci peut encore être à tout moment remise en cause, comme chez tout élève de classe préparatoire.

Enfin, et pour être complet, il faut souligner que les parrainages des fondations, lorsqu’ils ont bien fonctionné, de même que le programme culturel ont eu des effets très stimulants en ouvrant des horizons nouveaux à la plupart des élèves.

 

3°) Ce dispositif peut-il être reproduit dans son ensemble ou partiellement ?

 

Dans sa forme complète, la CPES ne peut être implantée que dans un lycée disposant la gamme la plus large de filières de CPGE. C’est une condition nécessaire pour offrir à chaque élève la possibilité de poursuivre ses ’études dans le même établissement. C’est aussi la garantie de réunir un nombre suffisant de professeurs volontaires.

Dans une configuration plus réduite en taille et en filières, une classe de ce type peut trouver sa place dans nombre de lycées. C’est déjà le cas à Marseille et à Bordeaux et sous d’autres formes à Epinay sur Seine et à Torcy.

Ce genre de dispositif a un coût. Celui de la CPES est loin d’être négligeable. Les moyens viennent

-          de l’Etat : 56 heures hebdomadaires d’enseignement, plus 1 000 € par an et par élève pour le tutorat sur les fonds de la DIV (les bourses du CROUS n’ont pas à être prise en compte puisqu’elles sont indépendantes du dispositif)

-          de partenaires (mécènes ou fondations) : 3 000 à 4 000 € par an et par élève.

On pourra juger que c’est beaucoup si on en reste au  niveau des chiffres bruts ; cela pourra s’avérer juste si les résultats sont à la hauteur des attentes et si c’est donc le prix à payer pour réduire une regrettable discrimination négative.

 

Eu égard aux moyens engagés,et à l’investissement énorme consenti par l’équipe de direction entourée d’une équipe pédagogique très engagée, eu égard à l’accueil réservé et au soutien apporté par les entreprises et les fondations, il serait très regrettable que cette expérience ne fasse pas école. Si le prototype de la CPES ne peut être reproduit à l’identique que dans quelques établissements, l’expérience acquise dans l’accompagnement des élèves par le tutorat, le parcours culturel, et les partenariats est sans nul doute transposable, des moyens existants pour ces dispositifs qui s’avèrent d’ores et déjà bien adaptés à l’action engagée en faveur de l’égalité des chances.

Un colloque regroupant toutes les équipes travaillant sur ces questions serait à court terme le bienvenu car il créerait les conditions d’une large diffusion des pratiques mises en œuvre.

 


 


 

Annexe n° 1 Genèse du projet

 


 

Classe Préparatoire aux études Supérieures

I - Une initiative née au sein du Lycée Henri IV

 

I – 1 / Constat :

                Au cours des années 1970, la tendance était à la critique de l’Ecole des « héritiers ». Cette critique était ambivalente car nombre de ceux qui la reprenaient à leur compte étaient la preuve vivante que cette Ecole avait aussi permis la réussite et la promotion sociale des « boursiers ». Mais on pensait alors que ces boursiers servaient de « caution » et ne devaient pas masquer l’ampleur des inégalités sociales. Or, à partir de la fin des années 1980, il est apparu, non seulement que les inégalités ne reculaient pas, ce à quoi pouvaient s’attendre tous ceux qui pensent que les logiques sociales sont beaucoup plus fortes que l’Ecole, mais qu’elles augmentaient, malgré la démocratisation quantitative des années 1980, tout particulièrement dans les filières les plus sélectives, celles qui sont supposées recruter l’élite scolaire. Avant, il y avait les héritiers et les boursiers et bientôt il n’y aurait même plus les boursiers…

                Il ne s’agit pas là d’une simple opinion, mais d’une réalité attestée par les statistiques.  Une référence désormais commune est l’article de Euriat et Thélot, publié en 1995 ("Le recrutement social de l'élite scolaire en France. Evolution des inégalités de 1950 à 1990", Revue française de sociologie, XXXVI, 1995, pp. 413-438.), dans lequel on trouve ce constat : « la proportion des jeunes d'origine populaire (en un sens très large : père paysan, ouvrier, employé, artisan ou commerçant) dans quatre très grandes écoles (Ecole polytechnique, Ecole normale supérieure, ENA, HEC) est passée de 29 % des élèves dans la première moitié des années 1950 à seulement 9 % au milieu des années 1990. Bien que l’analyse, plus rigoureuse, en termes d’odds ratio (rapports de chances relatives) ne conclue pas dans ce cas à un recul avéré de la démocratisation, du fait du déclin démographique relatif des catégories populaires, les logiques de reproduction, dont bénéficient entre autres les enfants d’enseignants, sont toujours à l’œuvre. Dans un article plus récent, celui de Valérie Albouy et Thomas Wanecq (« Les inégalités sociales d’accès aux grandes écoles », Economie et Statistique N° 361, 2003), on trouve cet autre résultat, cette fois sous la forme d’odds ratio, pour la génération née entre 1959 et 1968 : il y a 40 fois plus de chances pour qu’un enfant issu d’un milieu supérieur (cadres et chefs d’entreprise) accède à une très grande école et qu’un enfant de milieu populaire (ouvrier, agriculteur) échoue, que l’inverse ; notons que ce ratio tombe quasiment à 1 quand on compare le milieu supérieur et les enseignants. Un dernier chiffre : au début de ce siècle, les enfants de cadres supérieurs et d’enseignants représentaient plus de la moitié des effectifs de classes préparatoires contre 15% des effectifs des classes de sixième….

                De toute façon, il suffisait déjà de se promener rue d’Ulm, rue Saint Guillaume, ou sur le plateau de Jouy en Josas, pour se faire une assez bonne idée de l’homogénéité sociale, voire de la ségrégation sociale. Il existe inévitablement un écart entre les idéaux et la réalité, mais celui qui se creusait entre les valeurs de la République et la réalité devenait, dès cette époque, intolérable. C’est en tout cas ce que l’on pouvait ressentir lors des sélections des dossiers pour l’admission dans les classes préparatoires offrant les meilleures chances de succès aux concours, donc en l’un des points qui concentrent les tensions du système, au stade où les orientations deviennent décisives. Bien que cette procédure soit formellement neutre (la concurrence sur ce marché étant intense, chaque établissement recruteur recherche nécessairement les candidats au plus fort potentiel), les lycéens sont inégaux car les lycées sont inégaux. Pour les commissions de sélection, le décryptage des dossiers devient presque impossible car l’information brute délivrée par les bulletins scolaires est biaisée : un 17 de moyenne dans telle classe de tel établissement équivaut à peine à un 10 de moyenne dans tel autre établissement.

                Confrontées à cette injustice, les commissions d’admission ont plusieurs fois essayé de donner leur chance à des élèves victimes de ce que les économistes appellent une discrimination statistique. Mais, ces tentatives se sont souvent retournées contre ceux auxquelles elles étaient censées profiter : ils se sont retrouvés en difficulté voire en situation d’échec, non pas parce qu’ils ne possédaient pas les aptitudes requises pour réussir, les appréciations de leur professeurs de lycées étaient élogieuses, mais parce que le rythme de la prépa, la nature des exigences et le type d’enseignement pratiqué, ne leur laissaient que peu d’espoir de rattraper leur retard initial, un retard dont ils n’étaient pourtant pas responsables.

 

I – 2 / Il fallait donc faire quelque chose, mais quoi ?

La réponse n’est pas évidente car il y a au contraire de multiples raisons de ne rien faire :

-          que peut l’Ecole quand les inégalités économiques et sociales s’accentuent ? Que peut-elle contre les stratégies, par ailleurs légitimes, des familles les mieux dotées dans un contexte d’accentuation de la lutte pour les places et d’angoisse généralisée, surtout dans les classes moyennes, quant au destin des enfants ? Que peut-elle contre la ségrégation spatiale ? Elle ne peut pas grand chose, sinon éviter de rajouter une inégalité aux autres, ce qui n’est déjà pas gagné, loin s’en faut.

-          ne rien faire également quand on sait que les actions les plus efficaces se situent en amont des cursus, donc en maternelle et au primaire, de nombreuses études ayant mis en évidence comme une loi des rendements décroissants de l’investissement éducatif en fonction de l’âge et du niveau d’enseignement. Ne rien faire en prépa parce que l’on se trouve pris en tenaille entre les caractéristiques de la population des bacheliers en amont et les exigences des concours des grandes écoles en aval.

-          ne rien faire enfin parce que ne pouvant a priori agir qu’au niveau d’un établissement donc seulement à l’échelle micro-sociale alors que les logiques et les forces contre lesquelles on voudrait se battre sont macro-sociales.

                Agir, l’occasion nous en a été donnée par l’initiative prise par Sciences-Po d’ouvrir une voie d’accès réservée aux élèves de ZEP. Le débat largement médiatisé suscité par cette décision a offert une fenêtre d’opportunité qui a permis à deux professeurs du Lycée Henri IV de publier en mars 2001 une tribune dans le Monde, intitulée la « gifle de Sciences-Po ». ”

                La proposition de ces deux initiateurs était très simple : il fallait créer dans les « grands » lycées, des “ prépas à la prépa ” qui serviraient en quelque sorte de sas, de classes de transition, pour des élèves boursiers à fort potentiel. Ces élèves seraient encadrés par des professeurs volontaires qui connaissent bien les deux “ mondes ”, en amont celui des zones dites « difficiles » ou « sensibles », en aval celui des prépas obtenant les meilleurs résultats aux concours les plus sélectifs, avec un soutien permanent sous la forme d’un tutorat effectué par des étudiants des grandes écoles. Le but était de redonner toutes leurs chances à ces élèves que l’on dit « méritants », en leur apportant une mise à niveau, autant sur le plan des savoirs, notamment la culture générale, que des savoir-faire, qu’il s’agisse de l’expression, écrite et orale, ou des méthodes de travail.

 

I – 3 / Des critiques

                Malgré le soutien du ministre d’alors, Jack Lang, ce projet ne s’est pas concrétisé. On lui a opposé de nombreuses critiques auxquelles l’évaluation du projet conduira nécessairement. On peut brièvement les rappeler ici en mettant en regard nos premières réponses sur lesquelles se fonde notre projet :

 

1°) Suivant l’exemple de Sciences-Po, pourquoi ne pas intégrer ces élèves « méritants » directement en première année de classe préparatoire ?

Sciences-Po a l’avantage de maîtriser son cursus de l’entrée à la sortie, de surcroît sur cinq ans. Or, les concours des grandes écoles ne s’inscrivent pas dans une logique de quotas ou d’accès dérogatoires et l’expérience a souvent montré que des élèves recrutés de façon volontariste se trouvaient rapidement en difficulté dans les classes préparatoires les plus sélectives (rappelons que le redoublement en première année n’est généralement pas autorisé).


 

2°) Cette initiative constitue une concurrence déloyale dont vont souffrir les autres classes préparatoires, en particulier les classes préparatoires dites « de proximité » , certes moins prestigieuses, mais qui effectuent déjà un travail efficace pour permettre à des élèves issus de milieux modestes de réussir des concours à leur portée. :

Il est vrai que le problème ne se pose pas dans les mêmes termes selon les filières. Pour la filière scientifique il existe une gamme très étendue d’écoles, dont les écoles d’ingénieurs qui ont largement démocratisé leur recrutement. Il en va de même pour les écoles de commerce, avec parfois une restriction liée au coût des concours et des études.

Mais, force est de constater qu’il n’en est pas de même pour la filière littéraire et pour les écoles les plus sélectives. Il y a une extrême concentration des résultats aux concours les plus sélectifs au bénéfice des catégories sociales les plus favorisées qui tendent à occuper une part grandissante des places dans les lycées considérés (à tort ou à raison) comme les plus réputés. Pour donner une plus grande mixité de nos élites pourquoi ne pas tenter de favoriser l’accès de ces établissements à un plus grand nombre d’élèves issus de milieux modestes ?

 

3°) Ce projet impose à des élèves déjà défavorisés une année d’étude supplémentaire, donc un surcoût important.

Cette année peut être au contraire une chance si les élèves concernés bénéficient d’un accompagnement spécifique : tutorat, programme culturel mais aussi aides matérielles substantielles : hébergement en internat à proximité du lycée, prise en charge des frais de logement de transport d’équipement, le coût des sorties culturelles…

 

4°) Ce projet a une portée bien trop limitée : il intervient après le baccalauréat alors qu’il faudrait bien davantage travailler en amont sur le modèle des initiatives de Sciences Po ou de l’ESSEC ; et il ne touche que 30 élèves par an.

En effet, il faut aussi travailler en amont, mais cela implique de constituer d’abord un réseau avec des partenaires volontaires ; c’est justement l’ouverture de cette classe qui peut permettre d’établir des relations durables avec les lycées d’origine des élèves recrutés, en fonction des résultats de ceux-ci et des liens créés avec les équipes pédagogiques.

Ce projet peut constituer un signe fort et doit avoir un effet d’entraînement et susciter d’autres initiatives.

Et enfin, il faut bien un jour passer du stade du constat des discours et des débats à l’action sur le terrain.

 

II - L’aboutissement du projet :

 

II – 1 / Conditions dans lesquelles la CPES a été ouverte :

-          Le lycée Henri IV a ouvert en septembre 2006 une classe expérimentale appelée C.P.E.S (Classe Préparatoire aux études Supérieures), dans le cadre du programme en faveur de l’égalité des chances et la loi d’orientation 2005-380 du 23 avril (cf. article 34),

-          Appuyé par le Recteur de Paris, ce projet a été retenu par le gouvernement et a fait l’objet d’une décision - présentée le 1er décembre 2005 par Monsieur le Premier Ministre - d’ouvrir une classe dont le « Lycée Henri-IV sera pilote » établissement dans lequel « 30 élèves seront accueillis [...] »..

-          Le Recteur de l’Académie de Paris a inscrit la CPES parmi les actions innovantes du programme pluriannuel d’expérimentation pédagogique.

-          Le projet a reçu la validation du Ministère de l’éducation Nationale,

-          Cette classe s’inscrit dans le programme des mesures en faveur de « l’égalité des chances ». Elle bénéficie du soutien de la Délégation interministérielle à la ville.

On serait incomplet dans cette présentation si on omettait de souligner les rôles différents mais déterminants joués

-          au sein de l’éducation Nationale par le Recteur de l’Académie de Paris qui a souhaité que l’expérimentation proposée par le Lycée Henri-IV soit dotée des moyens nécessaires à sa réussite

-          pour l’information du grand public et surtout des lycéens qui pouvaient être concernés, par les medias nationaux qui ont suivi avec attention la naissance et la mise en place du projet. Ainsi la première promotion a-t-elle été recrutée pour l’essentiel suite à la première conférence de presse donnée au Lycée Henri-IV, en mai 2006 ; la seconde doit aussi beaucoup au coup de projecteur très positif apporté par le reportage diffusé par M6 le 13 mai 2007 dans l’émission « Zone Interdite » (il faut sans doute voir dans le record d’audience réalisé par cette diffusion l’intérêt positif porté à l école et à son action par le grand public).

 

II – 2 / La CPES – Finalités et objectifs opérationnels :

On compte trois principales finalités :

·         Redonner un espoir raisonnable d’accès aux grandes Ecoles les plus sélectives (E.N.S. Ulm, Lyon et Cachan, Polytechnique, ENSAE, Ecoles de commerce, I.E.P.), et plus généralement aux cursus les plus exigeants, à des élèves présentant les dispositions requises mais dont les chances de succès, dans le contexte social et culturel qui est aujourd’hui le leur, paraissent si faibles qu’ils ne sont plus incités à se mobiliser pour atteindre des objectifs aussi ambitieux. De ce point de vue, il faudra attendre que deux ou trois promotions aient tenté ces concours pour savoir si l’expérience est concluante.

·         Susciter une dynamique en amont. Il s’agit d’envoyer un signal clair : le travail scolaire paye, l’Ecole ne trahit pas ceux qui croient en elle. Et même, si possible, un signal fort : l’Ecole offre une chance de réussite à des élèves issus des classes populaires, à la condition, du fait même des inégalités, qu’ils travaillent plus encore que les autres. L’effet de l’initiative de Sciences-Po sur les lycées conventionnés montre qu’une telle dynamique peut en effet être impulsée, la difficulté consistant ensuite à l’entretenir dans la durée, sans susciter de faux espoirs et donc à terme un ressentiment qui serait destructeur.

·         Capitaliser une expérience qui sera utile pour tous ceux qui veulent contribuer à cette forme de démocratisation, qui vise une diversification du recrutement des élites scolaires et sociales. Cette expérience doit permettre de mettre en œuvre des dispositifs d’accompagnement dans les domaines pédagogiques culturels ou matériels qui, une fois évalués, devront pouvoir être largement diffusés voire même généralisés. Il s’agit en particulier du tutorat, du programme culturel, de l’hébergement des aides matérielles et des partenariats.

 

Deux objectifs opérationnels :

  • Préparer en une année, des élèves méritants issus de milieux modestes, et au cursus scolaire prometteur, à entrer dans les classes préparatoires aux grandes écoles les plus sélectives.

  • Leur donner les meilleures chances d’intégrer les Grandes Écoles de premier rang et plus généralement de réussir des études supérieures longues et difficiles.

 


 


Annexe n° 2

 


                                                          

                                                                                            

Classe préparatoire

aux Etudes Supérieures

                                                                                            

                                                                                            

 

 

Classe expérimentale créée dans le cadre :

de la Loi d’Orientation 2005-380 du 23 avril 2005 (article 34)

 

Finalités :

Classe destinée à préparer, en une année, l’entrée dans les classes préparatoires offrant les meilleures chances de réussite aux concours des Grandes Ecoles les plus sélectives.

Conditions d’accès :

                                                               être élève de terminale générale (L, ES ou S)

                                                               de tout lycée (pas seulement en ZEP).

                                                               avoir accompli une bonne scolarité secondaire

                                                               avoir le projet d’entrer dans une Grande Ecole

                                                               être boursier du secondaire ou futur boursier du supérieur

Dossier de candidature spécifique

disponible sur le site du Lycée Henri IV : http://www.lycee-henri4.com

Nombre de places : 26 à 30

Pédagogie et programmes spécifiques :

                cours dispensés par une équipe de professeurs des classes préparatoires du Lycée Henri IV

                tutorat, aide individualisée,

                programme culturel complémentaire (voir descriptif détaillé ci-dessous)

Conditions matérielles :

                Logement : chambres de la Cité Universitaire

                                               6, Boulevard Jourdan – Paris XIVème

                Aides matérielles et financières de fondations de grandes entreprises

 

Renseignements complémentaires

L’administration du Lycée Henri IV et l’équipe pédagogique se tiennent à votre disposition pour vous fournir toutes les informations complémentaires dont vous pourriez avoir besoin. Contact à l’adresse électronique du Lycée : ce.0750654d@ac-paris.fr

 

Finalités de la C.P.E.S.

Une classe préparatoire expérimentale, appelée « Classe Préparatoire aux Etudes Supérieures » (CPES), ouvre en septembre 2006 au Lycée Henri IV, conformément à l’annonce faite le 1er décembre 2005, par Monsieur le Premier Ministre qui précisait, au terme de sa présentation des initiatives prises en faveur de l’égalité des chances, que : Le lycée Henri IV à Paris sera pilote de ce projet : 30 élèves seront accueillis dans ce dispositif et logés dès la rentrée 2006 ».

Cette classe a pour but de préparer des élèves boursiers motivés, au cursus scolaire prometteur, à entrer dans les classes préparatoires les plus sélectives (littéraires, économiques ou scientifiques), avec de bonnes chances de réussite aux concours et plus généralement dans les cursus universitaires les plus difficiles.

Ces élèves sont recrutés dans les classes terminales des filières de l’enseignement général (L, ES ou S) de tous les lycées. Ils bénéficieront d’un enseignement adapté, d’un soutien pédagogique permanent et d’un environnement privilégié (hébergement, centre de documentation et bibliothèques bien équipés, sorties culturelles, conférences).

Sur le plan pédagogique, l’équipe, formée de professeurs de Classes Préparatoires volontaires, mettra en œuvre un programme pluridisciplinaire, modulable selon les projets d’orientation des élèves, orienté vers la consolidation de la culture générale, des apprentissages fondamentaux et le renforcement des méthodes de travail. L’objectif principal est de combler les lacunes généralement constatées en première année et de dispenser la formation nécessaire à une intégration réussie dans les classes donnant les meilleures chances de succès aux concours d’entrée dans les Grandes Ecoles les plus sélectives. A cet enseignement et aux exercices traditionnels écrits et oraux viennent s’ajouter l’aide pédagogique de tuteurs – à raison de un pour deux élèves- , recrutés dans ces mêmes Grandes Ecoles. Enfin, les élèves de cette classe bénéficient d’un accompagnement culturel soutenu : spectacles, musées, concerts, conférences leur permettront de se familiariser avec cette culture libre qui est souvent l’apanage exclusif des étudiants issus des milieux les plus favorisés. 

Sur le plan social, tous les élèves de cette classe sont hébergés dans les chambres mises à leur disposition pour toute la durée de l’année scolaire –petites vacances comprises-, à proximité immédiate du lycée. Ils recevront par ailleurs, tout au long de leur scolarité en classe préparatoire et en plus de leur bourse, des aides financières et matérielles (livres, ordinateurs, ….) grâce au soutien de fondations d’entreprises partenaires du projet.

Procédure de recrutement

 

Parce que l’objectif est d’amener des élèves méritants et socialement défavorisés à égalité réelle de chances devant les concours les plus sélectifs, la scolarité dans cette CPES est exigeante. C’est pourquoi elle ne profitera vraiment qu’à des élèves prometteurs et motivés. L’avis des équipes pédagogiques et du chef de leur établissement d’origine est donc un élément crucial dans l’appréciation du dossier.

La C.P.E.S. est annoncée sur le site national de recrutement des classes préparatoires http://www.admission-postbac.org/. Toutefois, la demande d’admission doit être faite à l’aide d’un dossier spécifique disponible sur le site du Lycée Henri IV http://www.lycee-henri4.com .

 

 

Ce dossier doit être déposé au Lycée Henri IV indépendamment des dossiers présentés dans le cadre de la procédure informatisée normale. Il est constitué de deux volets :

1°) un volet social (une fiche accompagnée de l’attestation de la qualité de boursier)

2°) un volet scolaire :

-          tableau de synthèse des résultats et des capacités du candidat

-          bulletins scolaires de seconde, première, terminale

-          lettre de motivation du candidat

-          lettres d’évaluation du candidat par son professeur principal

 

 

 

Le calendrier :

Dossier spécifique à établir à partir du site ministériel ou bien directement, à partir du 20 janvier

A faire parvenir avant le 30 avril 2007 pour la première commission

 

Avant le 4 juillet 2007, pour la phase complémentaire

 

La sélection des candidatures sera conduite par une commission présidée par le Proviseur du Lycée Henri IV qui se réunira aux dates suivantes : 

-          entre le 5 mai et le 1er juin 2007

-          entre le 5 et le 14 juillet 2007

Organisation pédagogique

1°) Enseignements :

Horaires

Tronc commun : 12 heures

Disciplines

Horaires hebdomadaires

Philosophie

3 h

Lettres

3 h

LV1

3 h

Prise de parole

1 h

EPS

2 h

 

Enseignements d’orientation : 16 h à 18 h

 

Disciplines

Orientation    littéraire

Orientation économie et sciences sociales

(E.C. ou B/L)

Orientation scientifique

Histoire

4 h

 

Géographie

2 h

 

SES

2 h.

(sciences sociales)

au choix avec langue ancienne

4 h (2 +2)

 

LV2

3 h

3 h (éventuellement)

Mathématiques pour les voies économiques

(prépas ECS ou ECE ; prépa B/L)

 

5 h

 

Lettres

2 h

 

 

Philosophie

2 h

 

 

Langue ancienne (éventuellement)

4 h

optionnelles

au choix avec SES

 

 

Mathématiques S

 

 

6 h

Physique chimie

 

 

4 h

Chimie

 

 

2 h 30

SVT

 

 

2 h 30

Total options

16 h / 18 h

19 h

15 h / 18 h

Horaires élèves totaux

27 h / 29 h

30 h

26 h / 29 h

 


 

Organisation pédagogique de l’année scolaire : 

Première période : septembre octobre

-          les élèves suivent les cours du tronc commun et ceux d’une des trois filières d’orientation (littéraire, économie et sciences sociales, scientifique)

-          travail intensif et approfondi permettant à chacun de s’évaluer, de commencer à combler ses lacunes et à réfléchir sur son projet d’orientation.

-          bilan établi à la fin de cette période initiale qui peut conduire certains élèves à modifier leur choix de filière.

-          Possibilité de rejoindre, au cours des premières semaines une des classes de première année du Lycée Henri IV, pour des élèves en révélant les capacités. Ces élèves garderont le bénéfice de tous les dispositifs d’accompagnement de la classe (tutorat, hébergement, aides matérielles, programme culturel)

Deuxième période : novembre à fin juin

-          travail d’approfondissement progressif.

-          évaluation : conseils de classe début janvier, puis en mars et fin juin.

 

2°) Interrogations orales : 1 heure hebdomadaire

 

3°) Tutorat par des élèves des Grandes Ecoles

-          Tuteurs « individuels » : un tuteur pour deux élèves. Interventions : une ou deux interventions de 2 heures chacune, par mois, sur place. Suivi par correspondance électronique sur le réseau internet.

-          Tuteurs « disciplinaires » : aide et cours de soutien

 

4°) Contenus des enseignements :

-          L’intention est d’enseigner les fondements de la culture de l’honnête homme de notre siècle :

·         La maîtrise des langages fondamentaux : le français écrit et oral ; une ou deux langues vivantes, éventuellement une langue ancienne, les mathématiques.

·         la connaissance des grandes œuvres (humanités classiques) ; les connaissances permettant de se situer dans le temps, dans l’espace, dans l’environnement économique et la société (humanités modernes).

·         les connaissances scientifiques fondamentales et les méthodes et démarches qu’il est indispensable de maîtriser pour réussir les études scientifiques les plus exigeantes.

 

 

-          Les contenus des enseignements sont établis en concertation avec l’Inspection Générale, en fonction des objectifs pédagogiques particuliers de la C.P.E.S.

 

5°) Programme culturel :

-          Tous les élèves de la CPES bénéficient d’un programme culturel qui viendra compléter et enrichir les enseignements qui leur seront dispensés : spectacles (théâtre, opéra..), conférences, expositions, musées…

-          Ce programme sera financé par le mécénat (voir ci-dessous)

-          L’organisation sera assurée en fonction des parcours d’études et des besoins de chaque élève, par le professeur documentaliste.

-          Ce programme culturel se déroulera sur toute l’année, petites vacances comprises.

 


 

Partenariats

 

Partenariat avec les lycées d’origine 

 

Partenariat avec les Grandes Ecoles (de la région parisienne pour des raisons de proximité géographique) :

·         Lien avec les actions déjà conduites par les Grandes Ecoles (associations « Tremplin », « une Prépa pourquoi pas moi ? »…)

·         Organisation du tutorat assuré par des élèves, avec un appel prioritaire aux anciens élèves du Lycée Henri IV.

·         Séances d’information sur les formations assurées dans ces écoles.

 

Partenariat avec la Cité Internationale Universitaire (CIUP) pour l’hébergement .

 

Partenariat avec l’Association des Anciens Elèves : cette association est reconnue d’utilité publique a exprimé le souhait de soutenir la CPES en facilitant son rapprochement avec les entreprises ou les institutions dans lesquelles travaillent les anciens élèves du Lycée Henri IV.

 

Partenariat avec des entreprises et diverses institutions : 

·         Objectifs : aide matérielle des élèves, suivi de leur scolarité (recherche de lieux de stage, voire plus …). Apports complémentaires à la formation.

·         Mécénat : soutien apporté par des fondations :  se sont déjà engagés ACCENTURE (groupe international, conseil en management, services technologiques et externalisation), la Fondation Télémaque, la FNAC, la Fondation HEC.

·         Institutions : Comédie Française, Opéra de Paris, Théâtre Mouffetard, Musée du Louvre, La Vilette, Muséum d’Histoire Naturelle, Académie Française…

 

Soutien financier de la Délégation Interministérielle à la Ville (DIV)

 


Annexe n°3: Les programmes d'enseignement de la CPES (état en octobre 2007) 


 

Annexe n° 3

 

PROGRAMME DE FRANÇAIS.

Programme de philosophie.

Programme d’anglais.

Programme de Langues vivantes - Allemand.

Programme d’Espagnol.

Programme dE RUSSE.

Programme de Mathématiques.

Programme du cours d’EXPRESSION  - pRISE DE PAROLE ET ENTRETIEN.

Programme d’histoire.

PROGRAMME DE GEOGRAPHIE.

Programme de physique.

PROGRAMME DE CHIMIE.

Programme Sciences de la Vie, Sciences de la Terre.

Programme de SCIENCES ECONOMIQUES ET DE Sciences sociales :

Programme de Sciences sociales.

Programme de Sciences économiques et sociale

 

 

 

Marie-Anne Charbonnier, Christian Leroy et Claude Richebourg.

 

Les objectifs genéraux : entre mise à niveau et « recapitalisation culturelle »

 

A des élèves issus d’horizons différents, et dont les compétences seront sans doute contrastées, on se propose, à partir de ce que l’enseignement secondaire leur a permis d’acquérir, de donner les moyens d’étendre et d’approfondir leur culture générale, d’accroître de façon décisive  la maîtrise de l’expression orale et écrite, pour qu’ils puissent envisager d’accéder aux filières d’excellence de l’enseignement supérieur.

 

Cet objectif ne peut être atteint que par la fréquentation des œuvres littéraires, car la littérature permet de penser et de se représenter le rapport à l’autre et au monde ; à travers cet usage particulier du langage, l’homme pense sa propre condition au lieu de la subir. C’est pourquoi elle est une des voies nécessaires à la formation d’un individu autonome armé pour penser et pour vivre.

 

C’est sans perdre de vue cette perspective que nous nous proposons d’initier les élèves aux exercices auxquels ils seront confrontés dans l’enseignement des classes préparatoires : résumé, synthèse, essai et dissertation pour l’écrit ; exposé, explication de texte, entretien pour l’oral.

 

Pour maîtriser ces situations, des méthodes de documentation, d’analyse, d’assimilation des informations sont nécessaires : il faut pouvoir multiplier les exercices intermédiaires selon un ordre progressif, par exemple, savoir prendre en note un article, rendre compte d’une œuvre littéraire, mener une réflexion sur une question. Une relation de consolidation réciproque entre l’écrit et l’oral doit pouvoir se tisser.

 

Il faut, évidemment, maîtriser les codes de la langue écrite et orale, qu’il s’agisse de la richesse et de l’exactitude du lexique, de la syntaxe, de la cohérence textuelle, de l’argumentation. Mais, s’il n’est pas exclu de recourir éventuellement à des exercices ciblés, il s’agirait de procéder, en fonction d’une évaluation initiale, à un suivi de chaque étudiant, qu’on peut supposer motivé à progresser sur ces points.

 

Ces compétences ne peuvent se développer que si la fréquentation des grands textes littéraires et l’ouverture vers les autres expressions artistiques donnent aux étudiants le désir de les acquérir. Ce que l’on appelle la culture générale n’est pas simplement un code de reconnaissance sociale, mais un moyen de se comprendre et de se construire grâce à la reconnaissance de ce qui n’est pas nous. Il faut que l’expérience de dépaysement que constitue cette classe préparatoire soit, pour ceux qui la constituent, vécue comme un épanouissement de leur propre personne et non comme la substitution pénible et hasardeuse d’une identité à une autre.

 

Le tronc commun

 

En ce qui concerne le tronc commun, on se propose d’organiser l’enseignement à partir de « massifs » associant un questionnement à une ou plusieurs œuvres choisies parmi les plus éminentes de la littérature française.

A partir de cette œuvre (de ces œuvres), on procédera par rayonnement vers d’autres textes, de façon à créer progressivement une conscience globale et chronologique de l’histoire de la littérature, des idées, de la culture. On ne s’interdira pas les incursions vers les littératures étrangères, de l’Europe et du monde. On pourra par exemple, à partir du Neveu de Rameau, poser la question du moi et son double et voir quelles formes elle prend chez Artaud et Koltès. Une œuvre comme Gargantua permettra d’envisager comment, dans la littérature, peut se concevoir la refondation de l’homme. On pourra aussi examiner quelle filiation se dessine de Montaigne à Rousseau jusqu’à Levi-Strauss dans la manière d’aborder le rapport entre civilisé et sauvage. Sans, bien entendu, exclure les spécificités génériques, et même en insistant sur le fait qu’on n’accède au sens que par la forme, il s’agira à la fois d’ancrer chaque œuvre dans son moment historique, et de montrer la récurrence des questions, qui, bien plus que d’éventuelles réponses, caractérisent une culture vivante, apte à nourrir une réflexion sur le présent. On espère ainsi entretenir ou susciter un désir de lectures.

 

Chaque ensemble d’œuvres et de textes donnera lieu à une gamme d’exercices variés, permettant de se les approprier : explication d’un passage, approches transversales, exposés complémentaires, comptes rendus de lecture. On privilégiera ceux qui seraient féconds à la fois pour l’étudiant qui s’y consacre et pour l’ensemble de la classe. Il est souhaitable en effet de susciter et encourager les formes de coopération dans un groupe scellé par des objectifs communs.

 

A la fin de chaque séquence, un exercice écrit ressortissant à l’essai composé sera proposé. Mais, tout en indiquant d’emblée l’objectif à atteindre, il importe de ménager une préparation à ce type d’exercice sommatif en proposant pour chaque élève un suivi personnel grâce, notamment, au tutorat.

 

Enfin, on intégrera à cet enseignement fondé sur les textes, une ouverture vers le théâtre, le cinéma et les arts plastiques, non seulement pour créer les conditions d’une immersion culturelle largement entendue, mais pour faire percevoir la nécessaire interaction entre les textes et les autres formes de représentation.

 


 

Le cours d’option lettres

 

Aux trois heures hebdomadaires réservées au tronc commun de français s’ajoutent, pour les élèves de la filière littéraire, deux heures d’option. Assurées en alternance, ces heures proposent aux élèves de réfléchir, d’une part sur les éléments constitutifs de la culture occidentale (références littéraires, mythes et valeurs), et, d’autre part, sur la lecture comme usage du monde et de soi.

 

Le cours assuré par Mme Charbonnier propose  une réflexion sur les questions suivantes

 

1) Pourquoi aller au théâtre ?

Cette question permet d’abord de s’interroger sur la spécificité du spectacle théâtral par rapport à d’autres (et en particulier, bien sûr, par rapport à la fréquentation du cinéma et à la pratique « évidente » de la télévision). Elle entraîne une réflexion sur le théâtre comme pratique citoyenne (en Grèce), donc politique (théâtre romantique, théâtre engagé), mais aussi comme pratique plus privée (ce qui constitue peut-être une dérive dans les sociétés démocratiques modernes).

Elle permet aussi de poser la question des différentes fonctions du théâtre par rapport à chacun d’entre nous : identification, dénégation, « purgation », sublimation. A partir de quelques exemples concrets on pourra ainsi analyser le rôle dans la vie intellectuelle et affective d’un spectacle théâtral.

La question suscitera enfin une interrogation sur les divers enjeux du théâtre occidental (et sur leur contestation), ce qui sera une manière d’introduire une histoire du théâtre et de poser les bases d’une analyse de la fable, de la notion de personnage, des différents « genres » et de leur crise, des paradoxes sur le rôle et le jeu du comédien enfin.

 

2) Pourquoi avons-nous besoin de mythes ?

Comme point de départ, une phrase de Patrice de la Tour Du Pin : « Les pays sans légendes seront condamnés à mourir de froid. »

Quel est le rôle des mythes, des légendes, des croyances collectives, dans la culture moderne ? Pourquoi pouvons-nous encore aujourd’hui faire référence à Œdipe, à Antigone, à Faust, à Don Juan ? Que gagnons- nous à nous inscrire ainsi sous des bannières connues, dans des terres déjà si longuement labourées ?

Après une analyse des traces de quelques mythes fondateurs dans la culture occidentale (en premier lieu surtout au mythe du labyrinthe et à Faust) les élèves seront invités à comprendre comment le mythe délivre des savoirs et des vérités qui relèvent d’une autre logique que celle de la pensée réflexive. Ce pourra être l’occasion d’un détour par le travail de Lévi-Strauss.

 

3) En collaboration avec les professeurs de philosophie de la classe, nous poserons la question de la valeur en matière d’œuvre d’art. Façon de mettre en évidence la richesse et l’inventivité de certaines oeuvres et la pauvreté de tant d’autres. Et d’affirmer fortement – comme une thèse et une conviction – que tout ne se vaut pas.

 

Le cours sur la lecture, assuré par C. Leroy, s’organise autour des points suivants (entre histoire et structure) :

 

  • une histoire de la lecture permettant de découvrir par le biais de textes traduits la culture antique, médiévale et classique : de la recitatio antique aux lectures d’écrivains et/ou aux mises en scène de textes littéraires (cf. Les Fables de La Fontaine adaptées par la troupe de  la Comédie-Française) via l’invention de la lecture silencieuse et personnelle : moyens de réfléchir sur le rapport de l’oral à l’écrit et d’envisager la double question des littératures orales (un oxymore ?) et de l’écriture de l’oral (« écrire la voix », au théâtre » ; les dialogues romanesques et les accents dans les romans de Balzac ; Céline : prose et poésie).

  • une réflexion sur l’acte de lecture :

-         en général – pourquoi lit-on ? Pour apprendre et/ou se divertir ? Y-a-t-il un  plaisir du texte ? Le lisible et l’illisible… 

-         selon les genres : lire la poésie, le théâtre, le roman

-         quid des  figures théoriques et des opérations concrètes impliquées par cet acte : le dialogue avec un auteur – cf les « prologues » de Rabelais et, de Judith Lyon-Caen, La Lecture et la vie Les usages du roman au temps de Balzac – Paris, Taillandier, 2006 ; le texte : ouverture ou objet clos ?  Figures de lecteurs – bon/mauvais ; masculin/féminin – cf., de Laure Adler et Stefan Bollmann, Les Femmes qui lisent sont dangereuses –Flammarion, Paris, 2006 ; adulte/enfant – cf. Contes de Perrault) ?

  • une interrogation sur la dimension herméneutique de la lecture et l’analyse d’autres œuvres que littéraires : un tableau, une œuvre d’art.

 

 

Ce cours implique :

 

- Un programme de lectures personnelles (lire un livre par semaine ou par quinzaine : de Villon à la littérature contemporaine et selon les genres (recueils de poèmes, pièces de théâtre, romans et nouvelles, essais)  qui peut être encadré par les tuteurs et fera l’objet d’exposés en classe (technique de l’exposé et maîtrise de l’oral : question éventuelle des niveaux de langue).

Un travail « classique » d’explication de textes en classe permettant de retrouver la question du commentaire composé et de l’étude littéraire.

- Des « ateliers » de lecture en relation avec la nécessité d’apprendre des poèmes  et/ou de la prose par cœur.

- Un cycle de rencontres (comédiens), de conférences (écrivains et universitaires) et sorties (contacts avec la Maison de la poésie, par exemple – mais aussi musées).

 

 


 

Compléments au programme d’option « lettres », pour 2007/2008

 

Le programme de l’année 2006/2007 est reconduit. Toutefois, à la lumière de cette première année de CPES,  on peut apporter sur le contenu du cours les précisions suivantes :

 

- L’objet du cours est de familiariser les élèves avec la notion de littérature entendue comme

-     ensemble des œuvres linguistiques à fin esthétique

-     champ de production structuré génériquement

-     discours du particulier,

en les amenant à réfléchir sur l’histoire de la littérature  française du XVIe siècle à nos jours en termes de grands mouvements (humanisme, classicisme renaissant, maniérisme, baroque, etc.), de genres (tragédie, épopée / roman, poésie) et de rapports entre ce domaine et la vie, le monde, la société.

- Dans cette perspective, la réflexion sur la lecture, telle que définie dans le programme 2006-2007, constitue à la fois une toile de fond et une fin.

Elle doit conduire à divers types d’activités :

-         initiation (via l’exploitation de l’exercice argumentatif) à la dissertation : élaborer un plan, choisir et développer des exemples littéraires

-         réalisation de comptes-rendus de lectures de textes littéraires (romans, pièces de théâtre, recueils poétiques…)

-         réflexion sur les rapports entre littérature et autres arts, par exemple le cinéma dans le cas d’adaptations d’œuvres littéraires ou la photographie, ou la peinture, ou la musique, plus classiquement.

-         exercices de diction dramatique ou poétique et de mémorisation (un minimum d’une dizaine de poèmes et de textes de prose à apprendre « par cœur »)

- Le cours doit être « doublé » de lectures sur programme (pendant chaque vacances, par exemple un volume du Lagarde et Michard : Toussaint (16e), Noël (17e), février (18e), Pâques (19e), grandes vacances (20e)) et de lectures personnelles à partir des goûts propres à chaque élève et faisant l’objet de conseils et d’un suivi personnalisé.

- Le choix des textes étudiés l’année prochaine sera indiqué avant la sortie des classes en juin.

À titre d’exemple, cette année nous aurons étudié :

- un roman naturaliste, Thérèse Raquin d’Émile Zola, à partir duquel nous aurons réfléchi, au-delà des problèmes du réalisme en littérature, à la question du tragique. Et des rapports entre littérature et para et infra littérature, en comparant ce roman avec celui (policier) de Simenon, Monsieur Gallet décédé.

- l’adaptation cinématographique réalisée par Marcel Carné de Thérèse Raquin pour préciser les rapports entre roman et cinéma.

- de cette question, nous sommes passés du cinéma à l’étude des relations entre littérature et photographie dans le double cas d’un roman symboliste (Bruges la morte de Rodenbach) et d’un « roman » surréaliste (Nadja d’André Breton).

- le statut de la photographie dans ces œuvres aura été mis en relation d’une part avec des expositions de photographies sur Paris au 19e siècle et sur la question des rapports entre littérature et ville.

- cette dernière question permettant d’envisager la figure de Paris dans la poésie moderne en particulier à partir de Baudelaire (étude des Petits poèmes en prose).

- en liaison avec cette dernière œuvre, la lecture des analyses de Walter Benjamin d’une part et l’exploration des « passages » parisiens permettront de mettre en relation littérature et géographie concrète de Paris dans la perspective d’une découverte de la capitale.

 

 

(M. Paul MATHIAS – M. Frank BURBAGE)

 

I – Objectifs généraux

 

L’enseignement de la philosophie en CPES vise deux objectifs principaux :

-         l’acquisition et la consolidation d’un certain nombre d’éléments fondamentaux de la culture et de la réflexion philosophiques ;

-         l’apprentissage des techniques, et notamment celle de la dissertation, que les élèves auront à mettre en œuvre en classes préparatoires ainsi que lors des concours.

 

Les acquis de la classe Terminale sont souvent fragiles : il s’agit de donner aux élèves les outils théoriques et techniques leur permettant de profiter pleinement du niveau mais aussi du rythme des cours en classes préparatoires ; vivifier aussi pour eux le goût de la lecture, de l’écriture, de la réflexion et de la conversation philosophiques.

 

L’enseignement associe la précision et la rigueur des apprentissages (pour éviter une dispersion superficielle) à une réelle variété des contenus (pour éviter une spécialisation trop étroite).

S’agissant des thèmes à étudier, les grandes orientations des programmes des classes terminales peuvent être retenues:

-         1/ L’homme et le monde (la condition humaine) ;

-         2/ La connaissance et la raison (les croyances et les savoirs) ;

-         3/ La pratique et les fins (morale et politique).

 

S’agissant des auteurs étudiés, on veillera à explorer les différentes époques comme les différentes traditions de la philosophie.

 

II – Organisation, techniques et méthodes

 

L’enseignement de la philosophie intervient à deux niveaux :

-         dans le cadre du tronc commun qui s’adresse à tous les élèves, qu’ils se destinent aux études littéraires, scientifiques ou économiques, à raison de trois heures hebdomadaires.

-         dans le cadre d’un enseignement « de spécialité » destiné aux élèves qui envisagent des études littéraires, à raison de deux heures hebdomadaires.

 

L’enseignement de tronc commun

Dans la mesure où l’année de Terminale est pour tous les élèves une année d’initiation à la philosophie (et aux exercices qui l’accompagnent), une attention particulière est accordée dans les premiers mois à la vérification d’acquis que l’expérience des classes préparatoires existantes montre souvent fragiles, parfois inexistants.

 

L’enseignement de tronc commun s’organise autour trois grands axes, complémentaires :

-         1/ l’analyse de notions ou questions fondamentales ;

-         2/ la lecture suivie de quelques œuvres majeures, soit dans leur intégralité lorsqu’elles sont courtes, soit dans certaines de leurs parties ;

-         3/ la pratique intensive de la dissertation ainsi que de l’exposé oral.

 

L’enseignement de « spécialité » prolonge le cours commun : il est l’occasion notamment de développer les lectures, l’analyse et le commentaire de certaines œuvres majeures.

 

• Les exercices consistent alternativement en dissertations ou en explications de textes (à effectuer parfois en temps libre, parfois en temps limité).

 

• L’enseignement en cours en relayé par des exercices oraux (« colles ») et par le soutien dispensé par les tuteurs. Ceux-ci travaillent sous la responsabilité des professeurs et rendent compte régulièrement de l’avancement du travail des élèves.

 

• Dans le cadre du tronc commun comme de l’enseignement de « spécialité », les enseignements de philosophie s’articulent à ceux dispensés dans les autres disciplines, ainsi qu’au programme culturel piloté par le CDI.

 

III – Dispositions techniques :

 

• Les élèves et les professeurs bénéficient d’un support informatique : un site internet ainsi qu’un « blog » sont dédiés à la philosophie, et placés sous la responsabilité des professeurs de la classe. L’accès à l’outil informatique est facilité à partir du Centre de Ressources multi média.

 

 

 


 

Andrew BAUME

 

 

Objectifs généraux :

  1. S’exprimer avec davantage d’autonomie en

    • consolidant les connaissances linguistiques fondamentales

    • se sensibilisant aux différents niveaux de langue, aux différents registres de la langue

    • maîtrisant la différence entre un discours oral spontané et un discours écrit davantage conceptualisé

  2. Acquérir davantage d’autonomie dans la compréhension

  3. Rédiger en anglais (créativité)

  4. Approfondir ses connaissances de la culture et de la littérature de langue anglaise

 

Aptitudes particulières à développer :

  • Précision de l’expression par l’acquisition du lexique, de structures argumentatives :

    • Maîtrise des notions permettant d’identifier la structure logique du discours et de structurer sa propre argumentation

    • Consolider le lexique fondamental (psychologique –  description physique, de l’espace – expression du temps – mouvements et positions)

  • Compréhension écrite :

    • Passer de la compréhension guidée à une compréhension personnelle de l’écrit : vers la lecture autonome d’un texte

  • Expression orale :

    • Maîtrise des codes et des techniques de la prise de parole dans une situation dialogique (présentation d’une idée, intervention contradictoire, apport/demande d’explication, élargissement, approfondissement, etc.)

  • Acquisition de techniques de traduction (pratique nouvelle, qui nécessite en particulier la mise en place d’une grille de lecture plus fine, précise)

 

Grammaire et thème :

- Révision complète de la grammaire de base.

- Exercices de thème grammatical évoluant vers le thème littéraire continu.

 

Ce programme se poursuit sur toute l’année et est accompagné de contrôles appropriés.

L’objectif est d’atteindre le niveau des meilleurs élèves qui arrivent en première année des classes préparatoires. Cette priorité de la classe et exige un travail personnel considérable. La première partie de tous les cours est consacrée à cet apprentissage.

Vers la fin de l’année, des articles de presse sont analysés afin d’étudier les problèmes posés par le cadre temporel.

Des cours de soutien sont organisés pour les plus faibles.

 

Sujets d’actualité :

Études  de thèmes soulevés par la presse – articles concernant la politique, la société, l’économie, la science, les arts et les spectacles, correspondant aux intérêts des différentes sections.

Etudes de vocabulaire et travail oral autour de ces sujets.

 

Environ 45 minutes tous les quinze jours.

 

Littérature et version :

- Lecture suivie et étude d’un classique moderne et accessible d’environ 100 pages : The Third Man. Graham GREENE. Étude du contexte historique, social et culturel du roman. Traduction de certains passages afin de développer les compétence en version. Comparaison avec une traduction publiée, de mauvaise qualité, afin d’encourager une approche critique et analytique de la version.

 

- Dans la dernière partie de l’année, étude de versions littéraires isolées dont il faut analyser le contexte.

 

- Un travail de préparation doit être fait par les élèves chaque semaine.

 

30/40 minutes par semaine.

 

Civilisation :

- Étude panoramique de l’histoire de la Grande Bretagne et des Etats-Unis faisant ressortir les spécificités du monde anglo-saxon.

- Ce programme porte surtout sur les événements et les personnages et évoque les grands moments de l’histoire du monde anglo-saxon.

 

- 30/40 minutes par semaine

 

 

Programme de Civilisation

The Norman conquest and its consequences.

The Angevin Empire and the long term link with France.

The loss of Normandy and the Magna Carta.

Henry III and the birth of parliament.

Edward I and the conquest of Wales, and the attempted conquest of Scotland.

Edward II – the first deposition of a king.

Edward III and the first phase of the Hundred Years’ War.

Lancastrian Normandy and the second phase of the Hundred Years’ War.

The Wars of the Roses and the Tudor dynasty.

Henry VIII and the Reformation.

Elizabeth I and the Spanish Armada.

The Stuarts and parliament. The Pilgrim Fathers.

The Civil War, Commonwealth and Restoration.

The Glorious Revolution – its diplomatic and constitutional consequences.

British and French imperial rivalry – the Seven Years’ War.

The American War of Independence.

The Revolutionary War – Nelson and victory on sea.

The Napoleonic War – Wellington and victory on land.

The early years of U.S. independence. The war of 1812.

The Industrial Revolution and political reform in Britain.

Manifest Destiny in the U.S.A..

The Crimean War and the Indian Mutiny.

The American Civil War.

American expansion at home and abroad.

The British Empire – zenith and overstretch.

The Great War.

Economic depression and the New Deal in the U.S.A.

The abdication, appeasement and rearmement.

Pearl Harbour, Singapore and the Pacific War.

The invasion of Europe.

The American containment of communism.

Britain and Europe in the post-war era.


 

Elise Fromageot – Marie-Noëlle Faure

 

 

Objectifs généraux :

 

1          S’exprimer avec davantage d’autonomie en

    • consolidant les connaissances linguistiques fondamentales

    • se sensibilisant aux différents niveaux de langue, aux différents registres de la langue

    • maîtrisant la différence entre un discours oral spontané et un discours écrit davantage conceptualisé

2         Acquérir davantage d’autonomie dans la compréhension

3         Rédiger en allemand (créativité)

4         Approfondir ses connaissances de la culture et de la littérature de langue allemande

5         Réfléchir à la singularité et aux convergences entre culture/littérature germanique et d’autres cultures

 

1.       Aptitudes particulières à développer :

 

  • Précision de l’expression par l’acquisition du lexique, de structures argumentatives :

    • Maîtrise des notions permettant d’identifier la structure logique du discours et de structurer sa propre argumentation

    • Consolider le lexique fondamental (psychologique –  description physique, de l’espace – expression du temps – mouvements et positions)

 

  • Compréhension écrite :

    • Passer de la compréhension guidée à une compréhension personnelle de l’écrit : vers la lecture autonome d’un texte

 

  • Expression orale :

    • Maîtrise des codes et des techniques de la prise de parole dans une situation dialogique (présentation d’une idée, intervention contradictoire, apport/demande d’explication, élargissement, approfondissement, etc.)

 

  • Acquisition de techniques de traduction (pratique nouvelle, qui nécessite en particulier la mise en place d’une grille de lecture plus fine, précise)

 

2.       Supports envisagés pour un enseignement s’adressant à une classe sans spécialisation particulière :

 

·        Textes littéraires avec une portée plus générale, pouvant être abordés sous le double aspect de la civilisation et de la littérature

·        Textes de journaux mêlant l’anecdotique à la réflexion générale (accessibles d’emblée)

·        Œuvres suivies (nouvelles ou contes) plus tard dans l’année

·        Découverte de la peinture et de la musique

 


 

Karine Lodi

 

 

Objectifs généraux :

 

1          S’exprimer avec davantage d’autonomie en

    • consolidant les connaissances linguistiques fondamentales

    • se sensibilisant aux différents niveaux de langue, aux différents registres de la langue

    • maîtrisant la différence entre un discours oral spontané et un discours écrit davantage conceptualisé

2         Acquérir davantage d’autonomie dans la compréhension

3         Rédiger en espagnol (créativité)

4         Approfondir ses connaissances de la culture et de la littérature de langue espagnole

5         Réfléchir à la singularité et aux convergences entre culture/littérature hispanique et d’autres cultures

 

Aptitudes particulières à développer :

 

  • Précision de l’expression par l’acquisition du lexique, de structures argumentatives :

    • Maîtrise des notions permettant d’identifier la structure logique du discours et de structurer sa propre argumentation

    • Consolider le lexique fondamental (psychologique –  description physique, de l’espace – expression du temps – mouvements et positions)

  • Compréhension écrite :

    • Passer de la compréhension guidée à une compréhension personnelle de l’écrit : vers la lecture autonome d’un texte

  • Expression orale :

    • Maîtrise des codes et des techniques de la prise de parole dans une situation dialogique (présentation d’une idée, intervention contradictoire, apport/demande d’explication, élargissement, approfondissement, etc.)

  • Acquisition de techniques de traduction (pratique nouvelle, qui nécessite en particulier la mise en place d’une grille de lecture plus fine, précise)

 

Les connaissances linguistiques fondamentales.

 

Comprendre et s’exprimer avec les outils linguistiques :

-         Révision des conjugaisons, des structures grammaticales élémentaires puis enrichissement.

-         Maniement des tournures idiomatiques et des tournures courantes ainsi que du lexique qui permettront la richesse et la nuance de l’expression écrite et orale. On aura recours à des exercices spécifiques qui prépareront les étudiants aux travaux écrits des concours : traductions, résumés et essais

 

 

Les connaissances culturelles.

 

-         Connaître et comprendre le monde hispanique contemporain par une approche des événements historiques marquants d’Espagne et d’Amérique Latine. Ces connaissances seront mises au service d’une réflexion sur des sujets précis, imposés dans les essais des épreuves de langues des différents concours.

-         Quelques grands textes de la littérature hispanique.

-         Ouverture sur le monde cinématographique.

-         L’Espagne et ses peintres.

 

La communication.

 

-         Favoriser la compréhension de la langue espagnole orale et courante par la pratique des medias écrits et audiovisuels.

-         Encourager la prise de parole en continu. Qu’il s’agisse de présenter un texte littéraire, de civilisation, un article d’opinion ou de faire le compte-rendu d’un reportage télévisuel, l’exercice tel qu’il est exigé aux concours requiert de la pratique.

 

 


 

 

Patricia Viglino

 

Objectifs généraux :

 

1          S’exprimer avec davantage d’autonomie en

    • consolidant les connaissances linguistiques fondamentales

    • se sensibilisant aux différents niveaux de langue, aux différents registres de la langue

    • maîtrisant la différence entre un discours oral spontané et un discours écrit davantage conceptualisé

2         Acquérir davantage d’autonomie dans la compréhension

3         Rédiger en russe (créativité)

4         Approfondir ses connaissances de la culture et de la littérature de langue russe

5         Réfléchir à la singularité et aux convergences entre culture/littérature russe et d’autres cultures

 

Aptitudes particulières à développer :

 

  • Précision de l’expression par l’acquisition du lexique, de structures argumentatives :

    • Maîtrise des notions permettant d’identifier la structure logique du discours et de structurer sa propre argumentation

    • Consolider le lexique fondamental (psychologique –  description physique, de l’espace – expression du temps – mouvements et positions)

  • Compréhension écrite :

    • Passer de la compréhension guidée à une compréhension personnelle de l’écrit : vers la lecture autonome d’un texte

  • Expression orale :

    • Maîtrise des codes et des techniques de la prise de parole dans une situation dialogique (présentation d’une idée, intervention contradictoire, apport/demande d’explication, élargissement, approfondissement, etc.)

  • Acquisition de techniques de traduction (pratique nouvelle, qui nécessite en particulier la mise en place d’une grille de lecture plus fine, précise)

 

 

Conduite du travail au cours de l’année :

 

- Au cours du premier semestre, il convient de consacrer l’essentiel de son énergie à consolider définitivement les bases de la morphologie du nom et du verbe par des exercices (écrits et oraux) systématiques et intensifs.

- Ce travail de fond (qui nécessite un fort investissement personnel des élèves) s’appuie en corollaire sur une amorce de lecture suivie de textes (courts) littéraires et journalistiques, destinée à jeter les fondements d’un enrichissement lexical, condition d’acquisition de réflexes linguistiques indispensables pour former la capacité à exprimer de façon synthétique les contenus des textes et les problématiques qui en découlent.

 

Le second semestre l’ordre des priorités s’inverse: sans relâcher l’effort de rigueur grammaticale, on entreprend un défrichage, encore une fois systématique et intensif, des grands champs lexicaux à l’aide de textes plus conséquents et de documents plus variés (écrit ou oraux), destinés à faire émerger les notions centrales de la culture russe qui ont nourri sa littérature et son histoire :

 

-  les grandes ruptures (la révolution bolchevique de 1917, la chute de l’URSS en 1991).

- les grandes constantes ( la fracture entre le peuple et le pouvoir, les relations entre le centre et la périphérie, le définition de la place de le Russie entre l’Europe et l’Asie, le débat entre Slavophiles et Occidentalistes et ses avatars, la place de l’élite intellectuelle face au pouvoir et face au peuple).

- l’actualité : la Russie comme grande puissance énergétique, la Russie dans la mondialisation


 

 

Michel London

 

Objectifs généraux :

 

La classe de CPES a pour but de préparer les élèves à entrer dans les classes préparatoires les plus sélectives.

 

Ce programme est donc orienté vers :

-         la consolidation des acquis mathématiques de l’enseignement secondaire,

-         l’amélioration et l’approfondissement de la compréhension des objets mathématiques ainsi que de leur statut.

Il ne s’agit pas de dévoiler le contenu des programmes de classes préparatoires, mais de faciliter leur acquisition.

C’est pourquoi on insistera sur les méthodes de travail, de raisonnement et de calcul ainsi que sur la nécessité d’une réflexion sur ces méthodes.

 

 

Orientation scientifique

 

L’essentiel du programme de terminale S est repris (y compris la spécialité), en tenant compte de l’orientation précisée dans le préambule.

 

Les points suivants concernent les commentaires et  ajouts au programme de TS.

 

I. Langage de la théorie des ensembles

Objets élémentaires de la théorie des ensembles et opérations sur ces objets.

Implication (condition nécessaire, condition suffisante), contraposée, raisonnement par l’absurde, équivalence.

Quantificateurs.

Utilisation de divers symboles mathématiques (ex.: ∑  ).

Injection, surjection, bijection.

Récurrence.

L’enseignement des notions de logique n’est pas une fin en soi, mais sera développé par la pratique tout au long de l’année scolaire.

 

II. Analyse

C’est en analyse que les élèves arrivant en classe préparatoire éprouvent le plus de difficultés. Une attention particulière sera accordée à la compréhension des notions introduites, on incitera à une réflexion sur ces notions, en particulier sur le passage du discret au continu (suites - fonctions). On pourra s’appuyer en particulier sur le couple « suites géométriques- fonction exponentielle ». La pratique du calcul sera encouragée (intégration par parties, suites d’intégrales, utilisation de paramètres).

 


 

III. Nombres complexes et géométrie

On insistera sur l’utilisation des nombres complexes en géométrie (la partie du programme de la spécialité Mathématiques de terminale sur les similitudes sera entièrement traitée).

On abordera la résolution dans C de l’équation ax² + bx + c = 0 avec a, b et c complexes.

 

IV. Probabilités 

L’accent sera mis sur les méthodes combinatoires et probabilistes.

Coefficients binomiaux.

 

V. Activités numériques

Les méthodes de calcul et leur pratique seront développées.

Pivot de Gauss.

 

 

Orientation Économie et Sciences Sociales

 

La diversité des formations originelles des élèves choisissant cette orientation rend nécessaire une uniformisation des acquis et des connaissances. On peut envisager certains enseignements modulaires.

 

Le programme de Terminale ES (compléments sur les suites de l’enseignement de spécialité compris) ainsi que le programme de TS -géométrie exclue- sont revus en tenant compte de l’orientation du préambule.

 

Les points suivants concernent les commentaires et ajouts au programme cité ci-dessus.

 

I. Langage de la théorie des ensembles

Objets élémentaires de la théorie des ensembles et opérations sur ces objets.

Implication (condition nécessaire, condition suffisante), contraposée, raisonnement par l’absurde, équivalence.

Quantificateurs.

Utilisation de divers symboles mathématiques (ex.: ∑).

Injection, surjection, bijection.

Récurrence.

L’enseignement des notions de logique n’est pas une fin en soi, mais sera développée par la pratique tout au long de l’année scolaire.

 

II. Analyse   

C’est en analyse que les élèves arrivant en classe préparatoire éprouvent le plus de difficultés. Une attention particulière sera accordée à la compréhension des notions introduites, on incitera à une réflexion sur ces notions, en particulier sur le passage du discret au continu (suites - fonctions). La pratique du calcul sera encouragée (Fonctions définies sur des réunions d’intervalles, intégration par parties, utilisation de paramètres). Il est rappelé à ce sujet que l’usage de la calculette est interdit à tous les concours des écoles de commerce.

Approfondissement de l’étude des suites :

On insistera sur le maniement des indices, l’utilisation des symboles mathématiques, les opérations sur les suites.

Les théorèmes classiques sur les suites seront étudiés (théorèmes de comparaison, théorème des gendarmes).

On fera une large place aux calculs ainsi qu’à l’étude d’exemples simples de suites : suites arithmético - géométriques, suites définies par une relation de récurrence u(n+1)=f(u(n)).

Étude de fonctions. Interprétation géométrique du nombre dérivée.

 

Pour les élèves issus de TS

Les nombres complexes (avec révision des notions de géométrie liées).

Étude de fonctions trigonométriques.

Résolution de l’équation différentielle y’ = ay + b.

 

III. Calcul de probabilités

Dénombrement.

Coefficients du binôme.

On insistera sur l’aspect modélisation (en particulier dans le cas d’un univers fini) ainsi que sur la nature des objets probabilistes : Probabilité, Probabilité conditionnelle, Variable aléatoire.

 

 

 

 

Françoise Boulay

 

Objectifs généraux

 

Prendre la parole suppose une bonne maîtrise de la langue au service d’idées claires. Les situations de prise de parole sont certes très variées et font appel à tous les registres de la langue.

 

Le parcours de travail proposé vise à aider chaque élève à :

-  vaincre sa timidité à l’oral ;

- s’approprier les nuances du vocabulaire et les codes qui vont lui permettre de disposer d’une expression plus libre et plus efficace ;

- développer ses qualités d’écoute, de rigueur et de justesse dans le cadre d’un échange verbal ;

- affirmer son autonomie dans le plaisir et le choix de la prise de parole ;

- se préparer aux oraux et aux entretiens qu’il aura à passer (concours, examens, entrée dans la vie professionnelle).

 

L’effort de vigilance requis dans les différentes situations de prise de parole s’accompagne pour chaque élève d’une auto-évaluation régulière de ses acquis et des ajustements à poursuivre (distribution de fiches de synthèse mentionnant la date de l’exercice, ses objectifs, le vocabulaire à préciser, les points de grammaire à réviser et un bilan de la prise de parole individuelle). Ces bilans contribuent à renforcer l’implication des élèves dans la construction de leurs parcours de réussite.

 

La formation à la prise de parole et à l’entretien s’adresse à tous les élèves, quelles que soient leurs filières d’origine et les études auxquelles ils se destinent, à raison d’une heure hebdomadaire qui peut être relayée par des exercices individualisés (colles de préparation à l’entretien, exercices proposés par les tuteurs en collaboration avec le professeur). Cette formation  permet aussi d’établir un lien fécond entre des sorties culturelles (opéra, théâtre, cinéma, expositions, conférences, visites), des rencontres, (divers acteurs du monde professionnel) et la diversité des situations de prise de parole auxquelles elles donnent lieu.

 

Parcours de formation :

 

Les exercices de prise de parole peuvent s’organiser autour de « paysages de culture » (lectures, art, spectacles, événements par exemple) en faisant dialoguer les disciplines scolaires et les expériences des élèves, le passé et le présent.

 

Initiation à la prise de parole :

présentation des situations de prise de parole, de leurs enjeux (lecture à haute voix d’un texte, exposé avec ou sans notes devant différents auditoires, compte-rendu de spectacle, entretien individuel ou collectif, interview, jeu théâtral, face à face, négociation, par exemple) et exercices individuels ;

-  établissement de bilans individuels réguliers pour accompagner la mise en confiance progressive de chaque élève.

Le travail avec un comédien et les rencontres avec différents interlocuteurs permettent de préciser les techniques et les exigences de la prise de parole.

 

Approfondissement de la maîtrise de l’argumentation à l’oral :

travail sur le dialogue ;

-  mise en œuvre de l’art de convaincre ou de persuader en  développant les ressources acquises lors de la scolarité notamment en lettres et en philosophie : la rhétorique, l’élaboration de distinctions conceptuelles ;

-   recherche de l’exactitude des propos ;

-   gestion du temps de parole.

 

 Préparation à l’entretien :

-    se présenter ;

- préciser son orientation, sa motivation pour les études entreprises et commencer à réfléchir à un projet professionnel (les tuteurs, les rencontres avec des élèves intégrés et  différents professionnels favorisent cette réflexion) ;

-  apprendre à parler de ses choix, de ses expériences (voyages, stages, engagements etc.), des traits principaux de sa personnalité, de sa culture à différents interlocuteurs ;

-  gagner en confiance et en aisance lors de simulations d’entretiens et de rencontres avec des cadres-partenaires.

 

Organisation d’un entretien, bilan d’un premier parcours 

Cette étape permet de rassembler de nombreux partenaires de la CPES.

En fin d’année scolaire, chaque élève  passe un entretien ( 30mn) devant un jury composé de plusieurs membres ( représentants de l’administration du lycée, cadres-partenaires, professeurs, conseillers d’éducation, tuteurs ) au cours duquel il serait amené à :

-    se présenter

-         dresser un bilan de ses acquis et de son parcours en CPES ;

-         expliquer sa motivation pour les études auxquelles il se destine ;

-         recevoir des conseils du jury sur des questions qu’il pourrait se poser et sur sa prise de parole.

Le jury dispose pour chaque élève d’un carnet de bord rassemblant ses bilans intermédiaires et un questionnaire de personnalité. A la fin de l’entretien, le jury propose à l’élève un bilan de son appréciation et de ses conseils.

 

Exemples d’exercices

Les exercices de prise de parole offrent des occasions privilégiées de rencontres des savoirs, d’élaboration de la culture générale et de formation du jugement. Les approches techniques peuvent se construire autour de « paysages de culture ». Les exemples qui suivent tentent de remplir cette ambition.

 

Travail autour d’un opéra : Les Troyens d’ Hector Berlioz ( CPES octobre 2006)

Le travail a comporté plusieurs étapes : rencontre avec le chef d’orchestre, sortie à l’Opéra Bastille pour assister au spectacle, rencontre avec le réalisateur de la mise en scène, analyse de l’opéra et travail du vocabulaire spécifique à l’art lyrique, comparaison avec le mythe traité par Virgile dans L’Enéide, rédaction d’un article de critique, lecture d’une revue de presse, écriture libre autour d’une actualisation du mythe (occasion d’un travail sur certaines formes poétiques), lecture d’un texte de Marcel Proust ( extrait de A la recherche du temps perdu, « Le côté de Guermantes ») et enfin entretien conduit par les élèves avec un responsable des relations culturelles de l’Opéra de Paris ( dans le cadre d’un partenariat avec le lycée).

 Une visite de l’Opéra Bastille a également été organisée.

 

 Travail avec un comédien (CPES décembre 2006)

La séance  a duré trois heures et a eu lieu au Théâtre de Poche Montparnasse.

Les élèves ont donc pu faire l’expérience de la scène.

 

L’objectif était, par un travail sur des scènes d’exposition de pièces connues (de Molière, par exemple), de mettre en évidence les apprentissages utiles à la maîtrise technique de l’expression en vue du jeu théâtral et de la préparation à l’entretien :

-         gestion du stress

-         gestuelle

-         diction

-         respiration

-         respect du texte

-         ton

-         entrée en scène et autres conseils dispensés par le comédien.

 

    L’exercice s’est poursuivi la semaine suivante par une mise en scène des textes en classe.

 Un bilan écrit (produit par chaque élève) et oral a permis de faire une synthèse de cette rencontre et a conduit à la lecture d’un extrait du Paradoxe sur le comédien de Denis Diderot. Un travail sur le vocabulaire propre au théâtre a pu faire écho, pour les élèves, à un cours de littérature (définition de la réplique, de la tirade, de la stichomythie) et favoriser leur appropriation de ce vocabulaire.     

    Il faut souligner l’enthousiasme communiqué par cette expérience à la classe.

 

Présentations de lectures (CPES septembre 2006)

Les élèves disposent de 5mn de parole pour convaincre et persuader leurs camarades de lire un livre qu’ils ont choisi de présenter sans notes. Une bibliothèque de classe est ainsi créée par la circulation de ces livres.

 


 

Face à face

    Cet exercice d’argumentation en temps limité ( 9 à 10mn) prépare à une épreuve spécifique du concours HEC. Il permet de travailler différents rôles dans la prise de parole : convaincre, répondre, formuler un jugement critique après avoir observé un débat. Il offre donc une préparation efficace qui dépasse le seul objectif d’une épreuve de concours.

 

 

Autres exercices possibles :

-         improvisations de « paysages de mots » en dialogue avec la littérature ;

-         exposés sur sites faisant varier les situations de prise de parole ;

-         parole médiatisée (usage de micro) ;

-         compte-rendu différé de conférence pour sensibiliser les élèves à la mémorisation d’un vocabulaire exact (Exemple d’une conférence au musée du Louvre sur le thème « L’art et la science » comportant un vocabulaire technique sur la perspective et le sfumato ) (CPES novembre 2006) .

 

Il est intéressant de faire réfléchir les élèves sur les différents registres de la langue et d’appeler leur attention sur le vocabulaire et les formes grammaticales propres à chaque usage (par exemple, l’emploi de la négation). Les exercices développent leur écoute et leur permettent d’ajuster leur expression en partageant les expériences de leurs camarades.

 

 

 L’ensemble du travail conduit dans cette préparation offre de nombreuses possibilités de collaborations interdisciplinaires et invite aussi les élèves à travailler de façon plus étroite avec les documentalistes du lycée. La formation à la prise de parole exerce un effet fédérateur dans une classe en développant l’apprentissage par chaque élève du respect de la parole de ses pairs.

 


 

Olivier Coquard

 

 

L’année scolaire représente à peu près 34 semaines effectives de cours. On préconisera au mieux 4 heures hebdomadaires, 3 étant un minimum. L’enseignement d’histoire concerne bien sûr au premier chef les élèves désirant s’orienter vers les filières littéraires et économiques (hypochartes, Lettres Supérieures, première année de classe préparatoire Economique et Commerciale) ; cet enseignement doit aussi permettre d’étoffer le bagage culturel des élèves qui prépareront les concours des grandes écoles scientifiques, puisque les épreuves « littéraires » sont en fait celles qui déterminent la réussite aux grandes écoles les plus sélectives.

 

Objectifs généraux :

 

L’enseignement de l’histoire dans la classe de CPES doit d’abord permettre aux étudiants d’appréhender l’histoire comme une discipline universitaire à part entière : à travers les thèmes étudiés et les exercices proposés, ils doivent comprendre la spécificité du fait historique, les mécanismes du raisonnement historique, la relativité des connaissances historiques et les enjeux des débats historiques.

Il s’agit donc d’élargir considérablement les perspectives qui leur ont été ouvertes par la préparation des épreuves du baccalauréat. Cet élargissement passe naturellement par des regards sur toutes les périodes de l’histoire : celle-ci participera ainsi complètement au projet de rattrapage socio-culturel constitutif de la CPES.

 

Objectifs méthodologiques :

 

-         Identification claire des grandes périodes de l’histoire universelle, européenne et française.

-         Identification claire des principales notions de l’histoire politique et culturelle

-         Préparation d’une bibliographie simple

-         Acquisition des principes de la dissertation

-         Acquisition des fondements du commentaire de document

-         Présentation d’un exposé oral dans un cadre défini

 

Thèmes retenus :

 

L’année initiale est organisée en deux thèmes principaux : « L’individu dans la cité » et « Le fait religieux ». Chacun occupe un semestre de l’année scolaire ; ce programme, expérimental pourra être modifié les années suivantes ; le calendrier proposé est évidemment purement indicatif.

 

1)       L’individu dans la Cité.

Il s’agira d’une part d’étudier avec une certaine précision deux questions d’histoire politique ; d’autre part, de permettre aux étudiants de maîtriser les notions principales de cette partie de l’histoire.

a)       les statuts de l’individu dans la Grèce classique : à travers une approche diachronique et synchronique des différents systèmes politiques de la Grèce du VIè au IVè siècle, mettre en évidence la diversité des relations entre l’individu et la cité (hommes libres et non-libres, femmes, enfants) ; les relations entre les cités et avec les Etats environnants permettront de comprendre les évolutions des différents systèmes selon d’autres logiques. Il s’agit de donner aux notions essentielles de la politique contemporaine leur profondeur historique (7 semaines)

b)      sujets et citoyens dans l’Occident du XIXè siècle : dans une large acception du XIXè siècle (de 1789 à 1914), dans un Occident qui englobe l’Europe occidentale et les Etats-Unis, la progressive affirmation de la citoyenneté au détriment de celle de la sujétion doit être à la fois analysée à travers des exemples nationaux (la France, les Etats-Unis, l’Allemagne) et à travers les relations internationales. Cette étude permettra une mise en place systématique des différentes formes de gouvernement, non pas comme des données figées mais comme des faits historiques, soumis à l’évolution. (10 semaines)

 

2)       Le fait religieux

De la même façon, trois questions seront traitées successivement, qui permettront aux étudiants d’établir les liens efficaces entre les faits religieux et les faits politiques, culturels, diplomatiques.

a)       Les fondements des trois monothéismes. Il s’agit de montrer dans quelles conditions se sont constituées les trois principales religions monothéistes, à la fois comme systèmes de pensée sur le monde et comme faits historiques. Les éléments dogmatiques et cultuels, les relations avec les sociétés dans lesquels ils sont nés seront l’occasion à la fois de poser les bases d’une partie de notre culture et d’une relativisation du fait religieux. (5 semaines)

b)      Chrétiens et musulmans du VIIè au XIIIè siècles. Les conflits et les relations entre l’Islam et la chrétienté d’Occident d’une part ont largement commandé la constitution des Etats d’occident et d’autre part, ont contribué à l’évolution culturelle de l’espace occidental. Le moment des croisades permettra ainsi à la fois une approche d’histoire militaire, politique et culturelle. (6 semaines)

c)       Les chrétiens en Occident aux XVIè et XVIIè siècle. Non seulement les guerres de religion, mais aussi la question centrale de la réforme de la Chrétienté. A nouveau, les aspects culturels – à la fois sous l’angle de la culture des élites et de la culture populaire – seront un aspect majeur de cette étude. (6 semaines)

 

 

 

 

 


 

Daniel OSTER

 

 

1 -Objectifs généraux :

 

Les objectifs, la démarche, les outils et les types de travaux définis en 2001 restent d’actualité dans un contexte pédagogique précisé. Un enseignement de géographie de 3 heures hebdomadaires est proposé à un groupe d’élèves désirant s’orienter vers les filières littéraires et économiques. Compte tenu des propositions faites pour l’enseignement de l’histoire en CPES, plusieurs thèmes peuvent être retenus pour le programme de géographie :

 

2-Qu’est-ce que la géographie ?

 

Une réflexion modeste sur la discipline, son évolution et sa diversité actuelle, doit permettre d’identifier les fondements de la géographie pour ensuite déboucher sur un essai de définition. La proposition de Paul Claval nous semble dire l’essentiel :

-         1-la géographie étudie les relations « verticales » qui prennent place entre les cellules sociales et le milieu qui les porte.

-         2-la géographie se penche aussi sur les relations « horizontales » que les hommes tissent entre eux.

-         3-la géographie s’interroge enfin sur les représentations du monde et de la société développées par les divers groupes humains.

 

3-Une grille de lecture géographique du monde contemporain

 

Cette proposition vise à donner du sens aux nombreux phénomènes brassés par les médias tels que la mondialisation, les changements environnementaux (dérèglements climatiques, déforestation…), l’urbanisation (mégapoles, bidonvilles, crise des « banlieues »…), le développement… Olivier Dollfus s’est essayé à l’exercice en 1995 avec son petit Que sais-je ? titré « La nouvelle carte du monde ». Une telle grille de lecture doit insister sur les notions centrales de la géographie comme le milieu, les ressources, l’espace et le territoire…

 

4-La géographie de la Méditerranée

 

Ce thème d’étude fait partie du programme de géographie des classes terminales. D’autre part, l’enseignement de l’histoire en CPES se propose d’étudier des notions en rapport avec la Méditerranée. Il y a donc deux avantages évidents de réfléchir en CPES à la géographie de la Méditerranée : 1-aborder une question de façon interdisciplinaire, 2-vérifier les acquis récents comme le vocabulaire géographique, la technique du croquis… Par ailleurs, c’est aussi l’occasion d’enrichir la réflexion géographique en montrant que le programme de terminale privilégie un angle d’attaque (la Méditerranée, interface Nord/Sud) mais qu’il est possible de développer d’autres points de vue comme la notion de méditerranée par exemple.

 


 

5-La géographie des religions

 

Etudier le fait religieux en géographe permet de montrer que la discipline est une clé de lecture utile pour des objets non réputés « géographiques ». D’ailleurs la timidité des géographes à aborder la question religieuse est représentative des pesanteurs épistémologiques de la géographie. Néanmoins, en 2003, le FIG de Saint-Dié a choisi ce thème pour ses travaux d’où la possibilité de consulter de nombreux articles du FIG sur Internet. Il est donc souhaitable de travailler avec les élèves en exploitant les ressources de la Toile. Parmi les thèmes de réflexion possible sur la géographie des religions :

-         localiser les aires religieuses à différentes échelles. C’est l’occasion d’insister sur la nécessité de la réflexion multiscalaire et sur le problème de la représentation cartographique.

-         étudier le rôle des facteurs naturels et historiques de la mise en place des aires religieuses. C’est l’occasion d’aborder la question du déterminisme naturel.

-         étudier la notion de mobilité géographique (toujours à différentes échelles) à partir des mobilités liées directement et indirectement à la religion.

-         à partir d’une étude de cas (Nigéria, Irlande du nord…), réfléchir à l’interface géopolitique/religion en montrant comment le facteur religieux se combine nécessairement avec d’autres facteurs.

 

6-La géographie de l’environnement

 

Cette question, au cœur du programme de géographie de la classe de seconde, est une nouvelle fois l’occasion de vérifier les acquis et d’enrichir la réflexion géographique sur un thème donné. Elle permet également de montrer comment la géographie « physique » s’est recentrée sur les relations homme-milieu en envisageant le poids des facteurs naturels dans les aménagements (nature des contraintes, gestion des risques, coût de la prise en compte des contraintes naturelles…).

Des thèmes d’actualité se prêtent particulièrement à une réflexion « environnementaliste » de la géographie, en distinguant bien l’approche spécifiquement géographique et la démarche écologique :

-         le pétrole, ressource non renouvelable, et la question de l’énergie.

-         la question de l’eau, défi du XXIe siècle.

-         les risques dits « naturels ».

-         la question de l’environnement dans les pays riches et les pays pauvres (bon exemple de la déforestation).

-         le difficile compromis entre la protection de la nature et le développement économique.

 


 

Rémi Barbet-Massin et Jérôme COUP

 

Objectifs généraux :

 

-         Partant du constat que ce qui rend difficile la transition Secondaire/Supérieur en physique est pour beaucoup d’élèves l’introduction simultanée d’un contenu analytique précis de connaissances acquises précédemment et d’un élargissement important vers de nombreux domaines nouveaux de la physique, nous mettons l’accent sur le premier point, c'est-à-dire l’appropriation par les élèves de CPES d’un contexte mathématique précis permettant la traduction et l’approfondissement des connaissances acquises en Terminale.

-         D’où la présence d’une partie « techniques mathématiques pour la physique » importante qui pourra être scindée en plusieurs blocs alternant avec l’approfondissement de différents domaines de la physique : électricité, puis ondes, puis de façon très importante mécanique afin de familiariser les élèves avec l’analyse vectorielle, essentiellement 2D, puis éventuellement ouverte sur le 3D via l’utilisation du produit vectoriel et l’étude des trajectoires de particules chargées dans des champs magnétiques uniformes et constants.

-         Les objectifs à atteindre par les élèves à l’issue de cette année sont donc en particulier :

  • savoir mettre en équation, traduire la physique en langage mathématique

  • savoir ce que signifie une équation, traduire géométriquement ou graphiquement ou en langage courant une équation ou une formule, donner du sens à chaque terme

  • savoir exploiter mathématiquement une équation, manipuler des mathématiques utiles 

 

Projet élaboré sur la base de 34 semaines de 3 heures de cours/TD

 et dix séances de TP de 3heures

 

I.               Techniques mathématiques pour la physique (10 semaines)

 

Ø      Première partie en début d’année (avant les régimes transitoires d’électricité)

·        Dérivées, lien avec la tangente, notation différentielle

·        Equations différentielles et méthode d’Euler

·        Primitives et intégrales

 

Ø      Deuxième partie (avant les signaux sinusoïdaux d’électricité)

·        Représentation de Fresnel, utilisation des complexes

·        trigonométrie

 

Ø      Troisième partie (avant les ondes)

·        Courbes, recherche de zéros, d’extrema

·        Introduction aux fonctions à deux variables sur des cas simples (en lien avec les ondes)

 

Ø      Quatrième partie (avant la mécanique)

·        Utilisation des coordonnées polaires, calcul de surfaces et de volumes simples

·        Manipulation de vecteurs ; produit scalaire, projections, formule d’Al Kashi

·        Introduction au produit vectoriel ; base locale en polaire

 

II.             Électricité (5 semaines+ 7 TP)

 

·                     Étude de régimes transitoires du premier et du second ordre, acquisition, modélisation, confrontation aux expressions théoriques

·                     Acquisition numérique, réalisation d’un multimètre numérique, étude des différentes fonctions, mesure d’une tension continue, variable par élaboration d’une valeur efficace vraie, utilisation d’un multiplieur

·                     Traitement du signal : modulation et démodulation

·                     Bobines : induction, rôle du champ magnétique

·                     Condensateurs : lien entre charge, différence de potentiel et champ électrique

·                     Étude de résonance en régime sinusoïdal forcé : le R,L,C série, application de la représentation de Fresnel et de la représentation complexe

 

III.            Mécanique du point (10 semaines)

 

·                     Cinématique, essentiellement à 2D, en cartésiennes seulement à 3D

·                     Étude analytique, vectorielle et énergétique, du pendule simple

·                     Mouvements de satellites, approche vectorielle et réflexion sur la dérivation vectorielle

·                     Étude de mouvements de particules chargées en champ électrique ou /magnétique uniformes et constants. Comparaison des mouvements en champ électrique uniforme et en champ de pesanteur uniforme. Accélérateurs de particules, spectrométrie de masse

·                     Mouvement des charges dans un métal : modèle mésoscopique de Drude, effet Hall, forces de Laplace

·                      

IV.          Ondes (5 semaines)

 

·                     Equation de propagation d’un signal dans un milieu régi par l’équation de d’Alembert, mise en équation semi quantitative. Pertinence de l’expression de la célérité

·                     Solution ondes progressives, expression mathématique, signification des dérivées partielles. 

·                     Passage de la représentation spatiale à la représentation temporelle et inversement

·                     Cas de réflexions simples sur des extrémités fixes ou libres

 

V.            Optique géométrique (4 semaines+ 3 TP)

 

·                     Formule de conjugaison (manipuler les quantités algébriques et la géométrie)

·                     Tracé de rayons

·                     Étude de systèmes à un élément (lentille ou miroir)

·                     Étude d’un instrument d’optique à deux éléments

·                     Diaphragmes d’ouverture et de champ


 

Jean-Pierre Foulon

 

Objectifs :

 

-         Il s’agit de maîtriser à la fois le langage, les symboles et les techniques expérimentales simples propres à la chimie.

-         On montre les relations de réciprocité entre le fait expérimental et sa vérification par un modèle physicochimique en développant certains calculs mathématiques.

-         L’implication de la chimie dans les problèmes de société actuels est traitée en relation avec la physique et la biologie.

 

Horaires  :

 

1h30 de COURS-TD sur 30 semaines

10 séances de TP de 3 h chacune

1 h de « colles » mensuelle par élève

 

Contenu du programme :

La réaction chimique : sa facilité et sa rapidité

 

1°) SOLUTIONS AQUEUSES : (10h)

Présentation des grands types de réactions acidobasiques, d’oxydoréduction, de précipitation et de complexation

Techniques analytiques simples à mettre en œuvre sur des cas concrets

 

2°) CHIMIE STRUCTURALE : (8h)

Le tableau périodique : famille des alcalins et des halogènes étude qualitative

La géométrie des molécules simples

Les liaisons en chimie

 

3°) CINÉTIQUE  : (8h)

Etude expérimentale de la vitesse de réaction, interprétation par un modèle mathématique simple.

 La radioactivité :, étude des modes de désintégration nucléaire, réactions de fission et de fusion.

 

4°) CHIMIE BIOORGANIQUE : (16h)

Etude simple de quelques fonctions organiques ; les alcools, les aldéhydes, les amines et les acides carboxyliques.

Application aux acides aminés, peptides et protéines

Polymères ; biodégadabilité

Cycles chimiques du carbone et du phosphore.   

 

Culture générale :

 

-         Activités de documentation et de recherche bibliographique avec rédaction d’un rapport.

-         Visites d’usines et de laboratoires en commun avec des élèves de «prépas»

 

 

Liste de travaux pratiques proposés  (à titre indicatif):

 

1°) Acides forts et faibles : pH-métrie et conductimétrie

 

2°) Dosages volumétriques simples d’oxydoréduction

 

3°) Dosage de l’oxygène dissous dans l’eau ; DBO

 

4°) Dosage du phénol d’une eau résiduaire, comparaison avec la méthode industrielle vue

 

5°) Dosages du calcium et du chlorure d’une eau, discussion des techniques industrielles

 

6°) Cinétique de décomposition de l’eau oxygénée catalysée par les ions iodure.

 

7°) Cristallisation et recristallisation sur un exemple

 

8°) Extraction acido-basique de l’acide benzoïque

 

9°) Séparation des constituants d’un mélange d’acide benzoïque et d’alcool benzylique

 

10°) Préparation de quelques polymères : PA , PS, PET , PMMA

 


 

Eric Périlleux et Myriam Gazeau

 

Objectifs

 

  1. Ne pas reprendre de thématiques abordées dans les classes de Première et de Terminale, pour éviter tout air de déjà vu

  2. Présenter un panorama des quelques concepts phares de la Biologie et de la Géologie actuelles, pour consolider le socle de connaissances, initier une réflexion sur les enjeux multiples de la Biologie et de la Géologie,  et éclairer l’étudiant dans son orientation

  3. Compléter cette offre de détermination par des rencontres avec la science qui se fait dans les laboratoires et celle qui est appliquée dans l’entreprise

  4. Faire appréhender les différentes facettes des démarches propres aux sciences d’observation et d’expérimentation, notamment biologique et géologique  et souligner la place de la chimie et de la physique, voire des mathématiques, dans la recherche d’explications des phénomènes naturels actuels ou passés

  5. Permettre une maîtrise des principales techniques expérimentales utilisées en Biologie et Géologie

  6. Faire acquérir les méthodes de travail indispensables à un cursus réussi dans l’enseignement supérieur, mais aussi les techniques de communication écrites et orales exigées dans les différents concours d’admission aux Grandes Ecoles scientifiques

 

Organisation souhaitée des enseignements

 

Ø      Base d’une année établie sur 30 semaines effectives

Ø      Volume horaire prévu initialement à 4h00 puis 3h00/semaine et ramené à 2h30

Ø      Travail réparti sur des temps d’enseignement « magistraux » (cours et synthèse), des séquences d’activités pratiques (TP) et des séances d’exposés individuels (analyse d’articles scientifiques)

Ø      Des colles (1 passage toutes les 3 ou 4 semaines environ pour chaque élève) et des séances de tutorat disciplinaire (même fréquence), encadrées par d’anciens élèves de la BCPST d’Henri IV, normaliens.

 

Contenu des enseignements (Biologie et Géologie)

 

Organisation par grands thèmes. Chaque thème est enseigné sur une période de 15 jours, pour éviter de diluer des enseignements disposant d’un horaire très réduit (alternance par quinzaine avec l’enseignement de la chimie). Le programme ci-dessous, communiqué et accepté par l’Inspection Générale de SVT (mars 2006) a été conçu pour un enseignement organisé autour de 4h00 hebdomadaires. Si l’horaire est maintenu à 2h30, ses ambitions seront revues à la baisse.

 

·        thème 1 : Le Vivant et sa diversité

TP (organisation du vivant : approche histo et cytologique)

 

·        thème 2 : L’organisation cellulaire et sa dynamique

Visite au département de biologie cellulaire de l’Institut Curie

 

·        thème 3 : L’organisme dans son environnement. Réponses aux variations de quelques paramètres physico-chimiques

TP (expérimentations sur le végétal)

DS 1

 

·        thème 4 : La répartition des organismes dans leur environnement. Eléments d’écologie

TP (écologie végétale : approche cartographique)

 

·        thème 5 : L’homme face aux maladies. Exemple des maladies neurodégénératives

TP (organisation fonctionnelle du système nerveux, observations et simulations informatiques)

Visite aux départements de neurobiologie de l’hôpital Broca

DS 2

 

·        thème 6 : L’eau, ressource géologique. Disponibilité et qualité

TP (approche cartographique et analyse de données)

Traitement des eaux, visite de l’usine d’Achères

 

·        thème 7 : Le temps et sa mesure au cours de l’histoire de la Terre

TP (approche cartographique et analyse de données)

DS 3

 

·        thème 8 : L’évolution des idées en sciences de la vie et en sciences de la Terre

Conférences (Paul Mazliak et Gabriel Gohau)

 


 

 

Pascal Combemale

 

Préambule :

 

Afin d’offrir aux élèves de la CPES un spectre de débouchés aussi large que possible, deux programmes sont proposés ci-après.

Bien que distincts, l’un (Sciences sociales) étant un peu plus orienté vers la filière BL et l’autre (SES) vers la filière EC, ils ont été conçus dans le même esprit et sont complémentaires (les quatre heures étant « obligatoires » pour les élèves s’orientant vers ces filières). L’un et/ou l’autre sont accessibles, de façon optionnelle, aux élèves privilégiant une autre orientation, qu’elle soit littéraire ou scientifique, mais qui seraient intéressés par les questions économiques et sociales.

 

 

Pascal Combemale

 

Introduction

 

Il s’agit d’indications qui peuvent évoluer dans le détail pour prendre en compte la nécessaire articulation entre ce programme et celui de Sciences économiques et sociales enseigné par mon collègue Jean-Pierre Noreck.

 

Cette initiation aux Sciences sociales est généalogique et centrée sur l’étude de quelques « grands » auteurs (les élèves seront invités à travailler sur des textes originaux, donc à lire ces auteurs, très souvent cités, plus rarement connus), mais l’objectif n’est pas de s’enfermer dans l’exégèse. Il s’agit :

-         de construire les bases d’une solide culture générale en sciences sociales, dans une perspective pluridisciplinaire (Economie, Sociologie, Anthropologie), sans exclusive a priori ;

-          d’introduire les principales problématiques, qui ne sont pas en nombre infini si l’on s’en tient à un certain niveau de généralité ;

-         de croiser ces problématiques avec l’étude, aussi bien théorique qu’empirique de thèmes ou d’objets cardinaux ;

-         d’en profiter pour faire acquérir un vocabulaire, la connaissance des mécanismes et des relations élémentaires, la maîtrise des méthodes d’analyse de la réalité sociale.

 

Pour commencer, deux hypothèses de travail sont privilégiées :

 

-         1) il est souhaitable, autant que possible, d’articuler les pratiques (les actions, les comportements, etc.) et les représentations (les valeurs, les idéologies, les cultures, etc…).

-         2) dans l’ordre des pratiques, cela conduit se confronter, en premier lieu, à la question de la violence ; dans l’ordre des représentations, à celle de la religion (au sens large, en tant que matrice originelle des autres formes de pensée). D’où « la violence et le sacré ». Par conséquent, René Girard, ce qui n’implique pas une adhésion sans réserve à sa théorie. Mais ce point de départ présente plusieurs avantages :

·        il conduit à se poser la question de l’émergence de l’ordre à partir du chaos, et non la question inverse, moins pertinente (selon nous). Dans cette perspective, en effet, la crise est première ; c’est la pacification des relations sociales, leur institutionnalisation, via la régulation de la violence, qu’il s’agit d’abord d’étudier ;

·        cette première question conduit logiquement à s’interroger sur « la religion de la sortie de la religion » (Gauchet) et, plus largement, sur le processus d’émancipation des autres formes de pensée : la philosophie, en particulier la philosophie morale et politique ; les sciences, en particulier les sciences sociales ;

·        la critique de la théorie girardienne passe par une incursion sur le territoire de l’anthropologie (et/ou de l’ethnologie) ; la découverte de l’altérité culturelle est en effet l’une des conditions de la distance à soi, donc des sciences sociales.

 

Les liens possibles avec la philosophie et les lettres sont ici évidents.

Ce cours introductif mène à la problématique qui motiva les premiers grands théoriciens des sciences sociales, celle des fondements d’un ordre social abandonné par les dieux aux passions et aux intérêts des hommes.

A cette question de la régulation du social, plusieurs réponses furent apportées, d’abord par les philosophes, dans le prolongement des guerres de religion (qui posaient, dans la pratique, ce problème de la pacification et de l’intégration d’un corps social divisé par ses croyances religieuses). C’est ici qu’intervient Smith, après Machiavel, Hobbes, Locke, Rousseau, etc.

 

I)              Smith et les classiques

 

Cette référence à Smith paraît convenue si l’on conserve la mauvaise habitude de le considérer comme le père, au choix : de l’économie, de l’affreux homo oeconomicus, du libéralisme économique (cf. la métaphore de la « main invisible »). Elle l’est moins, dans la perspective ici retenue, si l’on se souvient qu’il est : un philosophe (ami de Hume, s’inscrivant dans la tradition des Lumières écossaises, lu attentivement par Hegel et Marx, etc…), qui veut trouver une réponse alternative à celle de Hobbes (à cette question de la régulation du social), en réponse à Mandeville (et « derrière lui », à La Rochefoucauld et aux jansénistes), ce qui le conduira de la « Théorie des sentiments moraux » (ouvrage dans lequel il s’approche d’une sociologie de la morale) à la « Richesse des nations », cette bible (toujours célébrée et abondamment citée par les libéraux anglo-saxons) qui annonce la société de marché. D’une certaine façon, le philosophe écossais énonce, dès la fin du XVIIIème, le « programme » de notre société.

Ces précautions étant prises, il est possible d’aborder un Smith moins exotique :

-         qui ouvre la voie à l’économie en l’affranchissant de la morale et de la politique, en postulant son autonomie, sa capacité à s’autoréguler « naturellement » ;

-         qui se fait l’avocat d’un libéralisme tempéré ;

-         qui sert de référence au courant classique (la première génération d’économistes, dont Malthus, Ricardo, Say et… Marx, commente, développe et critique Smith).

La moisson de notions et de mécanismes économiques est ici assez riche : échange, division du travail, productivité, valeur, concurrence, répartition du revenu national (détermination des salaires, des profits, de la rente), facteurs du développement, libre échange, fonctions de l’Etat… Quant aux classiques, ils tentent de répondre aux questions de leur temps :

-         la réforme des lois sur les pauvres, donc la question sociale naissante en relation avec la création d’un marché du travail (Speenhamland, etc.) ;

-         la réforme du système monétaire, donc la question de la nature de la monnaie et de la politique monétaire (Bank Charter Act de 1844, etc.) ;

-         le débat sur libre échange (abolition des Corn Laws)

Liens à nouveau nombreux avec la philosophie morale et politique, mais aussi l’histoire et l’anglais..

 

Marx et l’analyse critique du capitalisme

 

Le passage à Marx s’effectue sans difficulté car il est, pour une part, un classique turbulent. Après Smith, il est aussi un autre exemple de transition (inachevée) entre la philosophie et les sciences sociales.  Il nous intéresse pour sa critique de toutes les idéologies, dont l’économie, pour son analyse de la dynamique du capitalisme et sa théorie des classes sociales. Avec lui, il est possible d’étudier l’échec d’un projet grandiose, celui de la construction d’une science globale des sociétés, des lois de leur développement et de leurs crises. Car c’est pour partie cet échec qui justifie d’autres orientations épistémologiques pour les sciences sociales, plus spécialisées, plus modestes.

Liens avec la philosophie et l’histoire, ou, pourquoi pas, les lettres (l’auteur préféré de la famille Marx est Shakespeare). 

 

Durkheim et l’institutionnalisation de la sociologie

 

D’une certaine façon, on aborde avec Durkheim une autre critique de Smith, plus précisément du libéralisme anglais (Spencer), perçu comme individualiste et utilitariste, une critique de la société de marché. L’une des sources d’inspiration est le solidarisme, l’enjeu politique est la consolidation de l’ordre républicain, l’enjeu scientifique est l’émancipation de la sociologie de la philosophie, de l’histoire, de la psychologie, mais d’une sociologie qui permettrait de refonder une morale (« le lien social est un lien moral »). Des « règles de la méthode » aux « formes élémentaires de la vie religieuse », en passant par « le suicide », la plongée dans l’œuvre de Durkheim est le baptême de tout apprenti sociologue. Elle permet d’acquérir un vocabulaire, de s’initier à la sociologie quantitative (construction de l’objet, raisonnement ceteris paribus, tests empiriques, etc.), de découvrir les premières problématiques : la nature du lien social, les relations individus/société, la socialisation, etc…

Les liens les plus forts sont ici du côté de l’histoire (sans l’affaire Dreyfus l’école durkheimienne n’aurait probablement pas « survécu ») plutôt que de la philosophie (ses camarades avaient surnommé Durkheim « le métaphysicien », mais il fut reçu avant dernier rang à l’agrégation), mais rien n’interdit de s’intéresser au néo-kantisme.

 

Weber et la sociologie historique

 

Dans les manuels, l’habitude a été prise d’opposer scolairement Weber (sociologie de l’action sociale) à Durkheim (sociologie du fait social). Cette opposition, comme celle qui la redouble entre l’individualisme et le holisme méthodologique, est sans grand intérêt (sauf dans les salons). La sociologie historique et comparative de Weber le rattache à Marx (via l’Ecole historique allemande). Son œuvre (dont la traduction est très loin d’être achevée) est vertigineuse, un peu trop d’ailleurs pour servir de « matière » à une initiation. Après une présentation de son épistémologie (perspectiviste) et de sa méthodologie (le fameux ideal-type), il est toutefois possible de choisir quelques exemples dans sa sociologie de la religion (affinité élective entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme) et sa sociologie de la domination (le pouvoir, l’autorité, la bureaucratie, etc.), sans négliger les deux principales questions pour lui : les déterminants du « style de vie » (Lebensführung) et la singularité culturelle de la civilisation occidentale.

 

Les liens sont ici innombrables, surtout avec la philosophie puisque Weber va de Kant à Nietzsche, mais aussi avec l’Allemand (les querelles autour de la traduction de l’éthique protestante, pour ne prendre que cet exemple, atteignent un degré de violence étonnant), ou de l’histoire (dont l’épistémologie de l’histoire) et la géographie (pour la partie « religion » du programme).

 

Marshall et Walras

 

Bien que Weber ait lui aussi contribué à l’institutionnalisation de la sociologie, il ne séparait pas radicalement l’économie des sciences sociales. Nous sommes aujourd’hui (hélas) très loin de cette perspective et c’est cette évolution, celle qui conduit à l’autonomisation puis à la domination, voire à l’impérialisme de la « science économique » qu’il convient de commencer à comprendre maintenant. Cela implique de revenir sur cette bifurcation qu’a constitué ce qu’il est convenu d’appeler, un peu trop rapidement, la révolution marginaliste, en privilégiant deux de ses trois foyers : l’école anglaise, rétrospectivement perçue comme celle de l’équilibre partiel, et ce qui deviendra le courant walrasso-parétien. Marshall est un auteur éclectique, encore préoccupé des relations de l’économie avec d’autres sciences (en particulier la biologie), qui privilégie les énoncés « littéraires », mais il joua, dans la formation du courant aujourd’hui présenté comme « néo-classique », un rôle pour partie homologue à celui de Smith pour le courant classique. Ses « principes d’économie politique » constituèrent longtemps le manuel de référence de la nouvelle génération d’économistes.

Après lui, et grâce à de nombreux auteurs, dont quelques français (notamment Cournot), se développa une micro-économie, de plus en plus formalisée. L’usage des mathématiques tend alors progressivement à s’imposer, et c’est de toute évidence le cas avec Walras, qui présente ses « éléments d’économie politique pure » comme une « branche des mathématiques » (malgré ses deux échecs à Polytechnique…). On doit à ce français longtemps méconnu, exilé à Lausanne, d’avoir posé les bases de la théorie de l’équilibre général, ce monument dont sont encore très fiers les économistes (fascinés par la physique).

L’enjeu de cette théorie dépasse largement le défi « technique » lancé aux virtuoses des ensembles convexes, puisqu’il s’agit de « démontrer » que la « main invisible » ne souffre pas d’un Parkinson avancé, mais nous préserve au contraire du chaos en nous garantissant un équilibre rassurant (en fait un point fixe). Pour les étudiants, cette entrée dans l’univers merveilleux de la formalisation et de la modélisation, constitue un moment de vérité : ceux qui tolèrent mal que les mathématiques soient désormais le langage exclusif des économistes devront se découvrir une autre vocation.

 

Ici, il est donc permis de lancer une passerelle vers les Maths, mais l’outillage requis, au stade de l’initiation, est particulièrement léger (fonctions de plusieurs variables, dérivées en chaîne, théorème des fonctions implicites, méthode du Lagrangien pour optimiser sous contrainte, des petites choses comme ça…).

 

Keynes et Hayek

 

Bien qu’ayant reçu une excellente formation mathématique , comme le prouve sa contribution à la théorie des probabilités, saluée par Russel, Keynes n’était pas, mais il fut l’un des derniers, favorable à la mathématisation de l’économie, qu’il jugeait beaucoup plus proche de la psychologie collective. Une autre opposition scolaire, si commode pour construire les plans de dissertation, nous invite à choisir entre Keynes et ceux qu’il appelait, en un sens particulier, les « classiques », dont le point commun était de croire au marché autorégulateur, y compris en pleine crise des années trente, avec un actif sur quatre au chômage. On a longtemps présenté Keynes comme le sauveur du capitalisme ou, au moins, comme l’inspirateur des politiques économiques permettant de réguler le cycle et de ne pas trop s’éloigner du plein emploi. Il s’agira donc de comprendre ce qui peut justifier cette interprétation. Mais elle n’est plus à la mode depuis que les « classiques » ont pris leur revanche.

Ce n’était pas non plus celle de Hayek, qui, bien que proche de Keynes sur la question essentielle de l’incertitude et lui-même un critique virulent de la théorie néo-classique, considérait que le keynésianisme était l’une des routes « vers la servitude ». Avec Hayek, l’un des héritiers de l’école autrichienne, on renoue avec la tradition écossaise (celle qui considère, après Ferguson, que "l'ordre social est le résultat de l'action des hommes mais non de leurs desseins"), ce qui est une façon de boucler la boucle…

Les liens avec la philosophie (Keynes et Wittgenstein, par exemple), l’histoire (crise des années trente, etc.), la littérature et l’anglais (Bloomsbury, Virginia Woolf, etc.) sont là aussi faciles à nouer.

 

Conclusion provisoire

 

Hayek, l’un des inspirateurs de l’ultra-libéralisme, est célèbre pour avoir tenté de montrer que la notion de justice sociale était dépourvue de sens (la société n’est pas un sujet auquel on puisse imputer une volonté et donc une responsabilité). L’économie normative se réfère pourtant de plus en plus régulièrement aux différentes conceptions de la justice sociale (libertarienne, utilitariste, rawlsienne, etc…) et la sociologie ne vaudrait probablement pas « une heure de peine » si elle ne contribuait pas un peu à se rapprocher de la « bonne société ». Que les sciences sociales assument de plus en plus leur dimension normative, trop longtemps et encore trop souvent déniée, nous semble constituer un progrès. Mais ce n’est qu’un point de vue, dont il convient de débattre, en guise de conclusion. 

 

PS : selon le rythme de progression et les questions abordées, une place sera éventuellement accordée à l’une des catégories anthropologiques absentes de ce programme, celle du « don », d’abord en référence à Mauss, avec en arrière-plan la lutte pluriséculaire entre l’utilitarisme et l’anti-utilitarisme.

 


 

 

Jean-Pierre Noreck

 

Cette partie est liée aux programmes de la filière Grandes écoles de commerce, options scientifique et économique. Le thème choisi sera « La mondialisation ». Nous l’envisagerons comme un processus de diffusion d’un système économique – le capitalisme de marché(s) - comportant différentes dimensions et comme un processus de longue durée. Cet enseignement complètera celui assuré par Pascal Combemale.

 

Partie I : L’évolution du système capitaliste.

 

-         1) Le capitalisme de marché(s). La démarche adoptée renvoie aux analyses de M.Weber. Il s’agira de déterminer les différents éléments qui constituent le système capitaliste (appropriation privée des moyens de production, compte de capital, marché « libre » du travail…), de les dater, et d’analyser les relations causales possibles entre ces éléments.

-         2) Les territoires économiques pertinents : espaces locaux, Etats-nations, espaces régionaux, espace mondial…Le capitalisme de marché(s) suppose une mobilité des biens, des services, des capitaux et des personnes. La notion de « territoire économique pertinent » pose la question du contrôle et de la régulation de ces flux.

-         3) L’évolution des structures sociales. L’émergence du capitalisme de marché(s) s’accompagne d’un profond bouleversement des structures sociales diversement interprété. Deux thématiques peuvent être développées – en relation avec les auteurs étudiés par P.Combemale – et analysées par référence aux deux précédentes sous-parties : l’évolution des hiérarchies sociales et l’individuation.

 

Partie II : Les acteurs au sein du système.

 

-         1) Entreprise(s) et marché(s). Il est important de comprendre l’émergence de l’entreprise en tant qu’agent de production, organisation et institution.

-         2) état(s)  et marché(s). Cette question est bien sûr centrale.

-         3) Les syndicats. Les syndicats demeurent les acteurs les moins étudiés dans les programmes. Il s’agit de comprendre la genèse du syndicalisme, ses fonctions et son rôle de contre-pouvoir.

 

Partie III : Méthodes.

 

-         1) Entraînement à la dissertation. La dissertation, – épreuve importante dans les concours - , présente des difficultés spécifiques en sciences sociales. Il s’agit de relier la perspective historique à des approches plus théoriques et analytiques.

-         2) Mobilisation des outils analytiques.  L’option peut être l’occasion d’une initiation à la microéconomie et à la macroéconomie. Le contenu de cette sous-partie sera centré sur le « marché »  comme construit intellectuel.

-         3) Introduction à la méthode comparative. Les auteurs étudiés par P.Combemale mobilisent souvent l’approche comparative. Nous étudierons les diverses méthodes utilisées afin de comparer dans le temps, dans l’espace…en référence aux auteurs classiques.

 

 

 

 

 


Annexe n° 4

Classe Préparatoire aux études Supérieures

 

 

 

I - Conditions d’accès à la CPES

 

La CPES accueille, sur sélection, des élèves :

  • bacheliers issus d’une terminale générale (L, ES ou S)

  • de tout lycée de France (métropole ou DOM TOM)

  • ayant accompli une bonne scolarité secondaire

  • boursiers de l’enseignement secondaire ou futurs boursiers de l’enseignement supérieur.

 

Dépôt des candidatures :

  • Inscription sur le site de la procédure nationale d’admission dans les classes préparatoires (www.admission-postbac.org)  Dates : de janvier à mars.

  • Constitution et transmission du dossier national d’admission en classe préparatoire accompagné d’un dossier spécifique à retirer sur le site du Lycée Henri-IV (www.lycee-henri4.com). Dates : de mars à mai.

  • Le dossier spécifique comprend :

-          des fiches présentant les appréciations très détaillées de tous les professeurs et du proviseur de l’élève.

-          une attestation de la qualité de boursier du secondaire ou de futur boursier du supérieur fournie par les CROUS.

-          Une lettre de motivation.

  • Possibilité de déposer un dossier spécifique hors de la procédure nationale, jusqu’au début du mois de juillet.

II - Organisation pédagogique

II – 1 / Enseignements : les horaires

 

Tronc commun : 12 heures

Disciplines

Horaires hebdomadaires

Philosophie

3 h

Lettres

3 h

LV1

3 h

Expression

1 h

EPS

2 h

 


 

Enseignements d’orientation : 15 h à 18 h

 

Disciplines

Orientation    littéraire

Orientation économie et sciences sociales

(E.C. ou B/L)

Orientation scientifique

Histoire

4 h

 

Géographie

2 h

 

SES

 

4 h (2 +2)

 

LV2

3 h

(enseignement obligatoire)

3 h

(cours très recommandé)

Mathématiques pour la filière économique et sociale

(prépas ECS ou ECE ; prépa B/L)

 

 

5 h

 

Littérature

3 h

 

 

Philosophie

2 h

 

 

Culture de l’antiquité et langue ancienne (latin ou grec – continuant ou débutant)

 

3 h

 

 

 

Mathématiques filière scientifique

 

 

6 h

Physique

 

 

4 h

Chimie

 

 

2 h

SVT

 

 

2 h 30

Total options

17 h

18 h

14 h 30 / 17 h 30

Horaires élèves totaux

27 h / 29 h

30 h

25 h 30/ 28 h 30

 

II – 2 / Enseignements : le programme d’études

-          Les programmes ont été élaborés par l’équipe pédagogique de la CPES en concertation avec l’Inspection Générale, en fonction des finalités propres à la C.P.E.S.

-          Leurs contenus ont été conçus pour consolider les acquis des études secondaires (connaissances et méthodes) en les complétant par un renforcement de la culture générale et un entraînement intensif aux exercices et aux méthodes de travail de l’enseignement supérieur.

-          Au cours de l’année de CPES les élèves complètent donc leur formation en acquérant les fondements de la culture de l’honnête homme de notre siècle :

·         la maîtrise des langages fondamentaux : le français écrit et oral ; une ou deux langues vivantes, une langue ancienne pour les littéraires, les mathématiques.

·         la connaissance des grandes œuvres (humanités classiques) ;

·         les connaissances permettant de se situer dans le temps, dans l’espace, dans l’environnement économique et la société (humanités modernes).

·         les connaissances scientifiques fondamentales mais aussi et surtout les méthodes et démarches qu’il est indispensable de maîtriser pour réussir les études scientifiques les plus exigeantes.

-          un cours spécifique expression prise de parole est inscrit à l’emploi du temps de toute la classe. Il permet un entraînement à toutes les formes d’expression écrite ou orale. Il est destiné à acquérir aisance et clarté mais aussi une bonne connaissance des codes sociaux ou culturels qui ont une place non négligeable dans les concours et pour l’insertion professionnelle.

-          Au total, la CPES constitue une forme de « propédeutique ».

 

II – 3 / Travaux et évaluation

 

-          les élèves de la CPES doivent rendre régulièrement des travaux écrits dans toutes les disciplines. Des devoirs sur table sont organisés selon un calendrier annoncé en début d’année.

-          Tout au long de l’année, chaque élève s’entraîne, à des exercices oraux sur le modèle des interrogations orales (colles) des classes préparatoires. En fin d’année, ils sont initiés aux épreuves d’entretien des concours des grandes écoles, avec les élèves des classes préparatoires économiques et commerciales.

-          Un examen de fin d’année. Un ensemble d’épreuves sur table est organisé sur deux semaines au cours du mois de mai pour valider connaissances et compétences acquises dans toutes les disciplines au cours de toute l’année.

-          Un stage intensif de langue vivante débouchant sur une certification est inscrit au programme du mois de juin.

 

III - L’accompagnement pédagogique et culturel

III – 1 / le tutorat

-          Tous les élèves bénéficient d’un accompagnement pédagogique personnalisé assuré par des tuteurs.

-          Les tuteurs sont tous des étudiants de grandes écoles ou de deuxième ou troisième cycles universitaires (master ou doctorat). Ils sont tous volontaires et, pour la plupart, anciens élèves des classes préparatoires du Lycée Henri IV.

-          Chaque tuteur « individuel » prend en charge deux élèves. Il les rencontre régulièrement et correspond avec eux de manière suivie par mel.

-          Les tuteurs « disciplinaires » viennent régulièrement au Lycée Henri IV, selon un planning établi en début d’année. Chacun assure une assistance dans une ou deux disciplines. Chacun accueille dans sa salle les élèves de la CPES mais aussi tous les élèves des premières années de classe préparatoire qui le souhaitent.

-          Tous les tuteurs rendent régulièrement compte de leur travail à l’équipe des professeurs et participent à l’évaluation des élèves, au moment des conseils de classe.

III – 2 / Programme culturel

-          Un programme culturel est organisé en complément des enseignements dispensés en classe.

-          Objectifs :

·         donner à chaque élève la possibilité d’acquérir une culture générale étendue.

·         permettre à chacun de tirer le meilleur parti de l’environnement culturel exceptionnel offert par Paris.

-          Contenu :

·         spectacles présentés dans les théâtres, à l’Opéra, concerts,

·         visites de musées ou d’expositions,

·         conférences

·         visites de laboratoires d’entreprises…

-          Financement assuré pour tout ou partie par le mécénat ou des conventions de partenariat. Principaux partenaires engagés dans ce programme culturel : L’Opéra de Paris, la Comédie Française, le Louvre, la Fnac, fondations et mécènes…

 

 

 

IV / Organisation de l’année scolaire

 

Premier trimestre (septembre à décembre) :

            Période initiale : septembre octobre

-          les élèves suivent les cours du tronc commun et ceux de l’une des trois filières d’orientation (littéraire, économie et sciences sociales, scientifique)

-          mise en place du tutorat (individuel et disciplinaire).

-          travail intensif et approfondi permettant à chacun de s’évaluer, de commencer à combler ses lacunes et à réfléchir sur son projet d’orientation.

-          possibilité de rejoindre, au cours des premières semaines l’une des classes de première année du Lycée Henri IV, pour des élèves en révélant les capacités. Ces élèves garderont le bénéfice de tous les dispositifs d’accompagnement de la classe (tutorat, hébergement, aides matérielles, programme culturel)

-          fin octobre : conseil des professeurs. Bilan établi à la fin de cette période initiale qui peut conduire certains élèves à modifier leur choix de filière.

Deuxième partie du premier trimestre :

-          travaux sur table réguliers

-          3ème semaine de décembre : conseil de classe

Deuxième trimestre (janvier à mars):

-          travail d’approfondissement progressif.

-          formalisation des vœux d’orientation. Participation à la procédure nationale d’admission dans les classes préparatoires.

-          mi-mars : conseil de classe.

Troisième trimestre (avril à juin):

-          travaux de synthèse

-          troisième semaine de mai : épreuves finales de fin d’année (« petit concours »).

-          2ème et 3ème semaine de juin : stage intensif d’anglais.

-          Tout le mois de juin : phase finale d’admission en classes préparatoires aux grandes écoles et dans toutes les filières de l’enseignement supérieur.

V / Accompagnement des élèves dans leur vie d’étudiants

V – 1 / Hébergement

 

-          Les élèves de la CPES sont tous logés, dans le cadre d’une convention spécifique, dans la résidence Honnorat de la Cité Internationale Universitaire de Paris (Boulevard Jourdan Paris 14ème ).

-          Cet hébergement, proche du Lycée Henri IV, offre à tous les élèves de la classe un cadre remarquable pour leurs études, leur permettant :

·         de disposer d’équipements (bibliothèques, salles de travail, équipements sportifs…) de grande qualité

·         de rencontrer des étudiants du monde entier

·         de bénéficier de la dynamique du groupe.

-          A l’issue de l’année de CPES, les garçons  sont accueillis comme internes au Lycée Henri IV ; les filles sont hébergées dans une résidence du CROUS de Paris située à proximité immédiate du Lycée. Les élèves poursuivant leur cursus dans un autre établissement sont hébergés dans un internat ou dans une résidence universitaire.

 

 

V – 2 / Partenaires et mécènes

 

-          Un groupe de partenaires s’est engagé dans le projet, apportant un appui déterminant sous deux formes :

·         aides matérielles complétant les bourses de l’état et permettant de couvrir la plus grande partie des frais complémentaires (logement, nourriture, déplacements, équipements informatiques, livres, entrées de spectacles d’exposition…)

·         parrainage des étudiants : chaque élève de la CPES est mis en relation avec un cadre d’entreprise qui s’engage à suivre sa scolarité pendant trois ans, à le conseiller sur les métiers pour trouver des stages et éventuellement pour chercher un emploi.

-          Les quelques élèves de la CPES qui pourraient être conduits à poursuivre leur scolarité hors du Lycée Henri IV, peuvent continuer à bénéficier de tout ou partie de l’accompagnement par les partenaires de la classe. Pour cela, des conventions sont passées avec l’établissement d’accueil de chacun d’entre eux.

-          Un partenariat culturel exemplaire avec l’Opéra de Paris au bénéfice des élèves de la CPES, élargi aujourd’hui à l ensemble du Lycée, permettant un accès facilité aux spectacles et l’organisation de conférences par des personnalités de l’Opéra.

 

DISPOSITIF D’EVALUATION

 

Coordination du suivi et d’évaluation de l’expérimentation :  MAIE, Paris

 

Ce qui sera observé :

 

Dans le cadre des Objectifs

donnés par l’équipe

Critères significatifs de l’expérimentation

Ce qu’on va observer et niveau visé de performance

Dans des moments et sur des traces  visibles

Comment va-t-on pouvoir observer les évolutions ?

 

Modalités d’observation

Personnels concernés

Interne

----------

Externe

Dans le processus et déroulement de l’action :

Profils des élèves recrutés en CPES

Issus de ZEP, ou non

Origine populaire

Parcours scolaire méritant

 

Dossiers scolaires

Comptes-rendus écrits

Travaux

 

inspection

 

Programme pédagogique

Rapport avec les programmes de formation plus classique

Projet prévisionnel

Compte-rendu de fin d’année

Entretiens

visite Communication

inspection

Actions culturelles

Variété et qualité des actons

Compte-rendu, analyses et travaux d’élèves

entretiens

Inspection

Dispositif d’accompagnement personnalisé

Complémentarité et efficacité des modalités de l’accompagnement

Bilans de fin d’année

Enquête auprès des élèves et des tuteurs

Réunion bilan

MAIE

A terme : les impacts sur les élèves, sur l’organisation…..

Orientation des élèves issus de CPES

Intégration dans les CPGE et les meilleures filières universitaires

 

Réunion de fin d’année juin 2007

IEN-IO

Réussite des élèves issus de CPES aux concours

 

 

Réunion juin 2009

IEN-IO

Inspection

 

Calendrier indicatif

¨      Terme prévu de l’expérimentation : 5 ans

¨      Bilan annuel prévu : réunion annuelle d’évaluation du dispositif en fin juin//début juillet faisant l’objet d’une communication écrite de l’équipe

 

  voir la page spéciale dédié au reportage "Zone interdite", consacré au suivi de la classe pendant la 1ère année (2006-2007)

voir la page dédiée à l'expérimentation sur le site Henri IV

voir la page "zone interdite" consacrée aux différentes expérimentations de type CPES


 Innover

voir aussi la géographie de l'innovation à Paris

Expérimentations d'établissement

voir ici l'ensemble des actions conduites depuis 1999

 

   Expérimenter

Expérimentations d'établissement

Typologie des actions en graphe

sur le mot "expérimenter", aller voir ailleurs....

et en images ?

 

  Accompagner

  Évaluer

  Former






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