
Les DSA sont
une tentative de réponse à la difficulté scolaire envisagée dans
ses différents degrés d’amplitude et plus ou moins amplifiée par
les parasitages socio-culturels ou psycho-affectifs. Cette
expérimentation académique concerne actuellement 22 collèges sur
109 à Paris.
Un cadre
général d’organisation et de fonctionnement est défini et
garanti au travers du pilotage académique mais chaque
établissement peut développer initiatives, singularités et
innovations dans la plus grande souplesse.
Ces
dispositifs expérimentaux internes aux collèges ont quatre
objectifs affichés :
n
favoriser la prise en charge de tous les collégiens qu’ils
soient en difficulté et/ou devenant difficiles tout en sortant
de la logique structurelle, souvent source d’exclusion et de « filiarisation »
au profit d’un dispositif transitoire, s’adaptant aux besoins
conjoncturels (âge, niveau, crise particulière…) interne au
collège (évitant le refus des familles et favorisant la
mobilisation des équipes).
n
limiter les situations de rupture de l’élève (conseil de
discipline, absentéisme, déscolarisation…)
n
faire évoluer les pratiques pédagogiques à l’égard des
décrocheurs qu’ils soient perturbateurs ou « passifs de fond de
cours » Deux principes de base ont été posés en
préalable l’activité intellectuelle peut restructurer le jeune
« on peut guérir un jeune par le savoir » ; en conséquence la
socialisation prend ancrage sur les apprentissages et
inversement ; les équipes s’engagent sur des projets de
remédiation et non de rattrapage.
n
renouer le dialogue et établir un climat de confiance avec les
parents
MODALITES
Le choix
de l’appellation DSA
Nous nous
sommes délibérément éloignés de la formulation et du concept
« classe SAS » pour deux motifs. Les élèves ont souvent
rebaptisé ces SAS en « Sans Avenir Scolaire » les classes ou
modules SAS, sans être un label reconnu entretiennent plus le
versant répression/sanction que nous ne souhaitions pas retenir.
D’autre part, opter pour une démarche mutualisant la
socialisation et les apprentissages fondamentaux sans risque de
déformation ou de détournement du sigle, nous a amené à choisir
le terme générique de Dispositif de Socialisation et
d’Apprentissages. Cela n’entrave nullement la possibilité qu’a
le collège d’adjectiver ou de nommer le DSA à l’interne (ex
« PHENIX »).
Le montage
d’un DSA mobilise plusieurs types de ressources
Un travail de
co-construction durant l’année scolaire 2002/2003 associant une
dizaine de collèges (représentés par l’équipe pédagogique,
éducative et de direction) aux services de la formation continue
(DAFOR – IUFM), notamment formalisée par la co-élaboration
d’une « déontologie » autour des DSA (cf grille des conditions
de réussite).
incitation
forte à constituer une équipe relais (équipe pluricatégorielle
portant un regard croisé sur les difficultés de l’élève) ou à
s’appuyer sur elle quand elle existait.
Information
rapide en amont des personnels sociaux et médicaux qui ont
largement investi ces dispositifs.
Engagement de
la DAAC à favoriser les projets émanant des collèges ayant
implanté un DSA.
Information
apportée aux corps d’inspection qui ont porté un regard
bienveillant mais une attention flottante à ces dispositifs très
marqués par une approche transversale des connaissances et des
aptitudes.
L’incitation
à développer les partenariats interinstitutionnels de façon à
favoriser la prise en charge du jeune dans sa globalité et non
seulement de l’élève.
L’élaboration
d’un projet écrit du principal incluant le diagnostic, les
besoins repérés, les objectifs, les partenariats, les modalités
de fonctionnement, l’implication des équipes et la désignation
d’un coordonnateur. Le tout soumis à la validation de l’IA-DSDEN.
Ce projet écrit doit être intégré au projet d’établissement et
faire l’objet d’une communication large au sein du collège.
Organisés en
modules de trois à dix semaines, ils regroupent six à huit
élèves d’un même niveau. Tous les niveaux du collège peuvent
être concernés (cela est défini dans le projet initial) mais
avec précaution pour la sixième – vingt-quatre à trente-cinq
élèves sont ainsi pris en charge annuellement. Parfois plus.
Ces modules
sont dits « fermés » ou « ouverts » selon le mode de prise en
charge des élèves et la typologie de ces derniers :
-
dans le cadre
d’une prise en charge de trois à quatre semaines les élèves sont
temporairement retirés de leur classe afin de les faire souffler
et de faire souffler le groupe, un peu à la façon d’un «
atelier relais interne ». Ce module « fermé » concerne plutôt
ceux qui présentent un profil de perturbateur.
-
dans le cadre d’une prise en charge de six semaines les élèves
sont partiellement retirés de leur classe et maintenus ainsi
dans certains cours après définition de leurs besoins
spécifiques. Cette option d’un « DSA ouvert » peut faciliter le
retour complet dans leur classe d’origine et concerne plutôt
ceux qui décrochent des apprentissages fondamentaux.
Une
contractualisation avec les parents est établie (dialogue,
accord, suivi …)
Une
évaluation régulière de l’évolution des élèves est
instaurée (Cf. les « mesures d’impact » du collège
Fontaine au Roi avant, pendant et après le DSA sur plus de deux
ans).
Une
pédagogie différenciée est proposée (pédagogie de projet,
dialogue pédagogique, entretien d’explicitation, médiation
culturelle, transversalité des contenus …)
Le travail
en équipe est incontournable :
-
Un
coordonnateur enseignant
-
travail pluricatégoriel en binômes ou pôles.
-
Collaboration régulière équipe pédagogique / équipe éducative.
-
Fort investissement des personnels sociaux et médicaux dans les
DSA, favorisant l’élaboration d’un repérage des besoins propres
de l’élève et le suivi du jeune pris dans sa globalité.
Les moyens
Les DSA
validés par le DSDEN bénéficient d’une dotation forfaitaire de
12 HSA qui servent essentiellement à des heures d’enseignement
devant élèves. Elles permettent également des temps de
concertation pour les équipes.
Ces heures
sont une base nécessaire au fonctionnement des DSA mais sont
insuffisantes pour une réelle opérationnalité : la majorité des
collèges y agrège des heures supplémentaires prises sur leur DHG.
Des crédits
pédagogiques ont pu être alloués les trois premières années
(pour chaque DSA : 1 000 euros en 2003/2004 et 2004/2005, 650
euros en 2005/2006). La réduction de l’enveloppe globale ne
permet plus de les accorder.
Des crédits
DAAC peuvent être dégagés, sur projet
La Ville de
Paris peut accorder des subventions (< 1 000 euros) dans le
cadre de l’opération « projet collège ».
Par ailleurs
11 collèges (soit 50 %) ont monté un dossier FSE (objectif 3 –
mesure 4 : lutte contre la déscolarisation) afin d’assurer la
rémunération d’un nombre majoré d’HSE et le financement
d’actions ou d’activités complémentaires aux enseignements.
A
l’examen du dossier, et à l’issue des premiers entretiens et/ou
visites auprès des acteurs, quelques éléments d’analyse
apparaissent intéressants.
Les éléments déclencheurs de l’expérimentation
Différents éléments, listés ci-dessous, sont à
l’origine de la mise en place des dispositifs de socialisation
et d’apprentissages ; ils ont contribué à l’analyse des besoins
et ont constitué des facteurs d’opportunité dès la fin de
l’année 2002.
n
Le constat avéré du nombre de « perdus de vue »
et de l’augmentation de l’absentéisme et des exclusions par le
conseil de discipline au collège
n
des demandes régulières d’aide de chefs
d’établissement ayant mené des expériences embryonnaires qui
n’avaient pu aboutir ou recherchant un engagement plus marqué de
leurs équipes
n
la « pression » des autres institutions
parisiennes (ASE, PJJ…) à l’égard de la déscolarisation et
l’engagement au titre du nouveau schéma départemental conjoint
de protection de l’enfance
n
l’observation sur le terrain par les conseillers
DAFOR de l’attente des enseignants quant à la prise en charge
des « décrocheurs »
n
devant la difficulté à trouver des implantations
pour les dispositifs relais (locaux scolaires ou hors les murs)
il était néanmoins nécessaire d’offrir une réponse alternative,
à la fois pour apporter une solution à la prégnance des besoins
de certains collèges mais aussi pour éviter le recours
systématique à la relégation et faciliter l’adhésion des
familles souvent hostiles à un traitement hors du collège
n
une académie, bien que sensibilisée, un peu moins
bien préparée que d’autre à l’égard de ce public compte tenu des
postures des enseignants plutôt axées sur la discipline et la
pédagogie « frontale »
n
la volonté d’un pilotage académique sous la
responsabilité de l’IA-DSDEN chargé du second degré en lien
avec le corps d’inspection.
Les points forts de l’expérimentation
On peut donc retenir :
n
La limitation des situations de rupture de
l’élève et le rétablissement de sa confiance ainsi que celle de
sa famille à l’égard de l’école.
n
L’encouragement à l’évolution des pratiques
pédagogiques au bénéfice des élèves à besoins éducatifs
particuliers, notamment les « décrocheurs ».
n
Une démarche de co-construction et de
co-élaboration de dispositifs à géométrie variable bâtis de
sorte à répondre de façon souple et rapide à des besoins
émergents ou en évolution d’une année sur l’autre ; cette
démarche étant encadrée par un pilotage académique non
contraignant mais structurant, garantissant la cohérence et la
mise en synergie des actions.
Ce pilotage est mené sous l’autorité de l’IA-DSDEN
chargé du second degré et par délégation par un IEN-IO. Un appui
opérationnel est apporté par le Conseiller DAFOR en charge du
dossier transversal.
1. DSA et parcours de
l’élève :
Les indicateurs de mise en place, de suivi et
d’évaluation
Questions préalables :
Qu’est-ce qu’un parcours de l’élève ? La question
pose le problème de l’individualisation du parcours de l’élève
au Collège et renvoie aux difficultés de l’enseignant sur le
« parcours » de l’élève et son évaluation. Or, le DSA est une
première diversification du parcours de l’élève.
La question centrale reste : en DSA, l’élève est vu
dans sa globalité et le DSA vise à restaurer l’estime de soi. En
est-il de même dans la classe ordinaire ?
Avant le DSA :
un établissement dispose du dossier scolaire mais tout dépend du
degré de liaison inter-cycles existant. Les résultats aux
évaluations nationales en 6ème est un document sur
lequel les équipes peuvent s’appuyer pour identifier les
difficultés mais aussi les points de réussite des élèves mais
cette disposition devient caduque à la prochaine rentrée
scolaire.
Un examen du dossier par l’équipe relais (CPE, AS,
Infirmière, médecin, enseignants, COP, équipe de direction)
permet un diagnostic global et partagé et ainsi une prise en
charge élargie de l’élève.
Enfin, des partenaires socio-éducatifs et/ou
médico-psychologiques extérieurs peuvent apporter leur
contribution.
Pendant le DSA :
la pratique d’une évaluation formative par le
biais d’un suivi de l’élève par des fiches individuelles
s’accompagne souvent d’un livret de compétences. Par ailleurs,
la mise en place d’un dialogue pédagogique avec l’élève permet à
l’élève de s’approprier le parcours proposé. Il permet aussi un
regard de l’enseignant différent sur l’élève qui entraîne un
regard différent de l’élève sur l’enseignant et sur
l’institution scolaire.
A la sortie du DSA :
Les entretiens individuels avec l’élève et les
parents, les bilans de l’équipe permettent déjà de mesurer
l’impact du DSA immédiatement au sortir de l’élève.
Après le DSA : les indicateurs sont nombreux : les résultats
scolaires, par l’évaluation des acquisitions (connaissances et
compétences), l’évaluation des progrès dans le comportement
(apaisement, réassurance), la volonté de l’élève de poursuivre
le cursus scolaire, les appréciations des enseignants de la
classe ordinaire, l’orientation de fin de 3ème, une
démarche de projet professionnel qui peut s’amorcer ou
s’intensifier, le suivi du COP, tous ces indicateurs permettent
de mesurer l’impact à plus long terme (fin d’année scolaire, fin
de 3ème, voire suivi au lycée). Le tutorat
pédagogique au sortir du DSA peut s’avérer un bon moyen pour
consolider des élèves fragiles et entretenir ce qui a été mis en
place ; il se développe de plus en plus dans les collèges
concernés.
Une précaution toutefois s’impose : est-ce
vraiment le DSA qui a permis la totalité des progrès ?
Par ailleurs,
un
bilan des sessions de DSA précédentes permet un
réajustement (indicateurs spécifiques).
Il semble enfin pertinent d’intégrer le plus de
professionnels possible (prise en charge globale de l’élève),
tout en évitant l’éparpillement, source de difficultés.
Une question :
au sein du DSA, l’individualisation est privilégiée, tandis
qu’en classe, c’est plutôt le collectif qui prime. Comment
concilier les deux ?
2. DSA et pédagogie
1.
La conduite du groupe classe et les démarches
pédagogiques :
Il est désormais acquis qu’il est indispensable de
concevoir un projet commun, un projet d’équipe
afin de donner de la cohérence à ce que l’on propose aux élèves
du DSA, qu’il soit ouvert ou fermé. Ce projet doit être
formalisé et porté à la connaissance de tous les acteurs de la
communauté éducative. Il doit également faire l’objet d’une
appropriation de la part de l’élève et des familles car on sait
que, sans cette adhésion, l’impact en sera amoindri.
Par ailleurs, parmi les démarches adoptées, il
ressort que la démarche inductive
donne de bons résultats : construire des savoirs d’expérience
pour aborder des contenus (à l’inverse du fait de partir des
contenus de programme). Un exemple : toutes les disciplines
partent d’un même projet ou support, chaque discipline adaptant
de façon souple les contenus
è
mise en situation, questionnements, mise en activité
è
repérer les points nodaux des disciplines (se servir du socle
commun et du futur livret de compétences). Mettre les élèves en
situation, en « activité » pour convoquer les notions non
acquises, les concepts, facilite en effet le travail sur la
prise de conscience des difficultés et l’adhésion par l’élève à
travailler sur ce qu’il ne sait pas faire ou ne sait pas.
Etablir le lien entre les notions abordées dans les disciplines permet de redonner du sens aux
apprentissages. Redonner du sens, faire des liens à l’intérieur
d’une discipline et entre les disciplines, repasser par
l’épistémologie des disciplines, des savoirs construits, sont
des pistes explorées par certaines équipes.
Travailler sur les processus d’apprentissage
en faisant prendre conscience aux élèves de ces processus mis en
œuvre par eux (gestion mentale et évocation, travail
systématique sur les représentations, ce qu’ils savent, ce
qu’ils découvrent, méthodologie affinée pour apprendre à
apprendre, métacognition, travail sur les consignes). Utiliser
des « techniques » d’appropriation de ses propres stratégies
d’apprentissage, par exemple « la gestion mentale », mais on
pourrait citer l’apprentissage des concepts (Britt Mary Bart)
ou d’autres, permet à l’élève de prendre conscience de son
«fonctionnement». Il est donc nécessaire de varier les supports,
les approches pour s’adapter aux « profils pédagogiques ».
Ainsi certaines équipes de DSA ont mis en place des
modules « apprendre à apprendre » à
destination des élèves, en lien direct avec ce que
les élèves doivent apprendre.
Une question à se poser :
faut-il faire apprendre les leçons en classe ?
Utiliser plusieurs niveaux de discours, de
langage d’approche, permet « d’accrocher » les élèves de différents
niveaux.
Un travail réflexif sur soi-même en tant
qu’enseignant sur ce que l’on fait,
comment on le fait, interroger les effets de ses propres
pratiques et de ses propres représentations et fonctionnements,
permet de changer de regard, de « s’autoriser » à faire
autrement. S’interroger sur « qu’est-ce qui leur manque pour
acquérir telle ou telle compétence ? », s’interroger sur la trop
grande place faite à l’implicite pour faire place à
l’explicitation sont des facteurs de facilitation pour les
élèves.
Sachant que le DSA n’est pas un dispositif de
soutien, ni de « remise à niveau », il est indispensable de
travailler sur les compétences incontournables, les notions
fondamentales. Le socle commun des connaissances et des
compétences
doit pouvoir aider les équipes à travailler dans ce sens.
Des équipes ont institué un protocole de prise de
parole, utilisé les apports de la pédagogie institutionnelle
, de la pédagogie de projet
sur une ou deux disciplines.
D’autres ont défini des pôles (scientifique,
sciences humaines, arts…) à partir des programmes des
disciplines, ont commencé à réfléchir sur le socle commun des
connaissances et des compétences, ont travaillé dans le cadre de
la démarche expérimentale.
D’autres encore ont mis en place un atelier de
philosophie
ou travaillé sur l’un des axes du travail sur l’orientation :
connaissance de soi.
Le recours à des partenaires extérieurs permet
d’enrichir la prise en charge des élèves : les partenaires
participent à l’élaboration du projet du DSA, en apportant des
éléments spécifiques que l’on ne trouve pas au sein des
établissements (ouverture du collège sur l’extérieur : apports
culturels, sportifs entre autres). L’apport des partenaires,
quant au regard porté sur les élèves, est très précieux et
contribue à une prise en charge du jeune dans sa globalité et
non seulement de l’élève.
2. La relation
élèves-enseignants : individualisation et personnalisation
Le regard porté sur l’élève en difficulté - voire
en échec - change au sein des DSA. Les relations entre posture
d’enseignant et posture d’élève fait évoluer la relation
interpersonnelle adulte-adolescent, en évitant de sombrer dans
la seule dimension affective de cette relation.
S’interroger sur ses pratiques d’enseignant permet
de modifier ce regard et donc le rapport de l’enseignant aux
élèves. Aider à faire les liens entre les notions, à faire
prendre conscience de ses stratégies d’apprentissage, à prendre
appui sur les points forts plutôt que d’insister sur les points
faibles, sert à changer ce regard porté sur l’élève, à restaurer
une estime de soi dégradée, à donner une image positive de
l’élève. Des démarches sont ainsi adoptées : auto-évaluation par
les élèves, co-évaluation enseignant-élève.
Le recours au dialogue non faussé avec l’élève, un
véritable dialogue pédagogique pour faire le point sur les
difficultés rencontrées, mais aussi sur les acquis et les
réussites, les bilans hebdomadaires, permettent à l’élève de
reprendre progressivement confiance en lui.
Par ailleurs, lors des concertations, un partage des
informations a lieu, y compris avec les partenaires extérieurs,
ce qui permet un repérage amélioré des atouts et talents de
l’élève sur lesquels il va être possible de s’appuyer pour le
faire évoluer dans la classe.
3. Les modalités et les outils d’évaluation :
L’évaluation des élèves est au coeur des
préoccupations : bilans hebdomadaires, fiches de suivi, conseil
de classe spécifique au DSA, bulletin spécifique DSA sur
compétences sociales et cognitives (importance des notes ou
appréciations positives justifiées et acceptées par les autres
enseignants de la classe), participation active des parents
d’élèves, permettent une évaluation de l’élève dans le cadre du
DSA. Ce sont autant de manières de diversifier et
d’individualiser l’évaluation. Certaines équipes pratiquent
également l’auto-évaluation des élèves.
L’instauration d’un suivi individualisé de l’élève
permet une évaluation individualisée, en fin de chaque semaine
par exemple. Cette individualisation permet de travailler sur la
socialisation.
Divers outils ou modalités d’évaluation sont mis en
pratique tels que :
-
grille de compétences disciplinaires ou
transversales,
-
co-évaluation élève-enseignant,
-
grille vierge puis entretien avec chaque
élève en début de DSA : on fixe avec l’élève des objectifs
(socialisation, méthodologie …), cette grille servant de support
à l’évaluation à la fin du DSA ;
-
classeur commun à tous les intervenants
qui recense tous les documents en usage dans le DSA.
La concertation est indispensable car elle est aussi
une forme d’évaluation en cours de dispositif qui permet de
réajuster selon les besoins recensés.
4. La question du transfert en classe ordinaire :
La diversification des approches pédagogiques, la
connaissance et la mise en pratique de
« techniques » des stratégies d’apprentissage
(gestion mentale par exemple) semblent deux points transférés
dans la pratique de la classe « ordinaire ».
La question à travailler :
l’évaluation : est-ce donner de la valeur ? mesurer un
écart entre deux moments ? évaluer un jour J ? La question de
l’évaluation est aussi la question du temps : prend-on
suffisamment le temps des apprentissages ?
à
Il reste encore à lier le travail d’évaluation de ce qui se fait
au DSA au socle commun des connaissances et des compétences.
3. DSA et établissement
Il semble difficile d’évaluer l’impact d’un DSA
sur l’établissement. On sent quand même que la remise en
confiance des élèves d’un DSA peut apaiser le climat au sein
d’une classe, d’un établissement, l’orientation des élèves
semble plus positive et le dialogue avec les familles rétabli.
Toutefois certains indicateurs existent :
¾
Vie scolaire : absences, exclusions des cours, nombre des conseils
de discipline, nombre et nature des incidents et des sanctions.
¾
Performances des élèves :
résultats scolaires (conseils de classes), résultats aux
contrôles communs, au diplôme national du brevet (contrôle
continu et aux épreuves).
¾
Orientation :
choix d’orientation,
orientation choisie ou subie, adhésion des familles (appels).
On peut imaginer de créer des documents internes :
questionnaires aux élèves, aux enseignants, aux familles afin
d’analyser plus finement l’impact sur l’établissement. Il y a
par ailleurs nécessité d’élaborer un document permettant le
diagnostic et le bilan pour l’établissement.
Ces indicateurs ont influencé le choix du type de
DSA (ouvert ou fermé), du niveau de classes, des objectifs à
atteindre selon la situation des élèves de l’établissement. On
constate que de plus en plus d’établissement élaborent des
sessions pour des élèves de 6ème
Il est nécessaire de mettre en place la
communication du bilan du DSA à l’ensemble des acteurs du
collège par l’intermédiaire des bulletins scolaires (élèves et
familles). Ce bilan sera transmis au conseil d’administration.
Il est nécessaire de bien discriminer le traitement
de la difficulté scolaire : identifier correctement les
difficultés pour apporter les réponses adéquates graduées : au
sein de la classe (pédagogie différenciée adaptée, actions de
remédiation …), au sein d’un établissement (le DSA est une
réponse), à l’extérieur d’un établissement (dispositifs relais
par exemple).
DSA et PPRE :
Le DSA peut être un dispositif mis à contribution
dans le cadre d’un PPRE.
En effet, plusieurs modalités du PPRE se
retrouvent dans les DSA :
-
individualisation de la prise en charge,
-
démarches pédagogiques adaptées basées sur
une connaissance fine des difficultés des élèves,
-
travail sur les processus d’apprentissage,
-
posture différente de l’enseignant et de
l’élève,
-
contractualisation avec l’élève et la
famille par un dialogue personnalisé.
On pourra également imaginer l’articulation avec
d’autres dispositifs tels que « l’alternance au collège » ou la
4ème d’Aide et de Soutien s’ils existent.
Le DSA, grâce à un turn over maîtrisé des
équipes enseignantes, peut être source d’évolution dans les
pratiques pédagogiques. Cela a été constaté dans certains
collèges car bien soutenu par le travail en équipe mais cette
tendance s’estompe dans la pratique individuelle en classe
ordinaire ; on constate donc que les pratiques changent souvent
dans le cadre du DSA mais plus rarement dans celui des classes
ordinaires.
n
Le dispositif d’évaluation de l’expérimentation
Instaurée d’emblée comme un élément constitutif
des DSA l’évaluation est systématique et régulière.
- harmonisation et recadrages éventuels au cours
des regroupements académiques
- exercice d’une veille pédagogique par
l’ensemble des consultants DAFOR dans les établissements.
- visites d’expertise (IEN – conseiller DAFOR en
charge du dossier transversal – conseiller DAFOR du bassin)
auprès de l’ensemble de l’équipe.
- bilans annuels d’équipe et réajustements
éventuels du projet (sous forme de questionnaire et d’une
« grille de lecture » standardisée et rubriquée).
n
L’accompagnement
Il prend plusieurs aspects :
Deux regroupements annuels
de l’ensemble des équipes et des formateurs où sont traitées les
différentes problématiques et abordés les échanges de pratique
(compte rendus disponibles)
L’étayage par la formation continue via le PAF
avec candidatures individuelles soit les formations sur site.
La formation continue
via le PAF fait l’objet d’une approche pluridisciplinaire, est
commune avec les enseignants des dispositifs relais et est
proposée en début d’année scolaire (octobre) ; les
prescriptions sont spécifiques.
L’accompagnement
régulier de cinq équipes au titre de l’expérimentation par la
MAIE en tant qu’aide à l’analyse partagée et à la formalisation
écrite des pratiques (cf. fichier en annexe et visible en ligne)
Un renforcement de l’étayage théorique pour
certains par l’accès à la formation au diplôme d’université
adolescents « difficiles » : pour une approche
psychopathologique et éducative. Cette formation recommandée par
la DIV a permis à des coordonnateurs d’améliorer la prise en
charge des élèves au sein du DSA et de transférer ces nouvelles
compétences en tant que formateur au sein de l’IUFM.
La constitution d’outils communs
(documents de liaison internes aux équipes), de ressources
documentaires et pédagogiques (ouvrages, logiciels, TICE…).
n
Plusieurs évolutions sont d’ores
et déjà repérables :
On note une articulation pédagogique plus active
et une amélioration de la vie scolaire
La plupart des DSA ont acquis un rayonnement
indéniable au sein du collège
Ils ont souvent conduit à une meilleure
identification de la mission de chacun des professionnels du
collège (ex : le professeur qui comprend parfaitement quelle
peut être l’action de l’AS et comment travailler avec elle)
Ils facilitent la reconversion de certains
enseignants issus de disciplines « excédentaires » (ex :
Allemand – EPS)
Ils bénéficient d’une reconnaissance du
département (DASCO et DASES) et d’autres institutions (PJJ – CMP/CMPP)
Le partenariat interinstitutionnel s’est
développé spontanément au sein de ces dispositifs (CMP/CMPP –
Club de prévention – association d’aide aux devoirs –
association à vocation culturelle ou certains laboratoires de
recherche…).
Résultats observés après une année
d’expérimentation
Concordant avec une phase de stabilisation des
établissements retenus et des équipes impliquées, les
perspectives annoncées au travers d’axes de travail renforcés
ont été tout ou partie atteintes :
n
les DSA sont plus nettement identifiés par un
nombre non négligeable d’IA-IPR, notamment les IA-IPR EVS. Les
inspecteurs de discipline y font de plus en plus souvent
référence, en particulier lors des inspections coordonnées quand
l’établissement est à la recherche de solutions alternatives et
mutualisatrices face à la difficulté scolaire. Progressivement,
certains l’intègrent comme une plus value pour leur discipline,
surtout les disciplines scientifiques.
Les inspecteurs chargés des dossiers « réussite
éducative » « éducation prioritaire » et PPRE sont attentifs à
l’articulation de ces dispositifs avec les autres actions
menées.
n
l’enrichissement de l’innovation pédagogique
visant à favoriser les apprentissages est de plus en plus
marqué. L’individualisation et la personnalisation sont au cœur
des démarches (cf bilan des regroupements académiques) et des
réflexions des équipes.
Des analyses plus détaillées le confirment pour
les cinq collèges qui ont accepté de faire l’objet d’une
observation plus soutenue tout au long de l’année ; ceux-ci
bénéficient de l’appui d’un accompagnement de la MAIE, qui
facilite un feed-back régulier sur leurs pratiques (cf fichier
annexe DSA, étude de cas sur cinq collèges, 200 pages et en
ligne
http://innovalo.scola.ac-paris.fr )
n
la création d’un site internet pour une
mutualisation des ressources et des échanges dynamiques a pu se
concrétiser grâce à la MAIE qui en enrichit régulièrement les
pages. (http://innovalo.scola.ac-paris.fr
rubrique « équipes » puis dsa.)

Perspectives
n
MAITRISER le développement des DSA
De nombreuses demandes d’ouverture (près d’une
dizaine) posent la question des besoins, du diagnostic, des
types de réponse à adapter et des moyens à engager.
Seul un collège a obtenu l’agrément de l’IA-DSDEN
pour la rentrée scolaire 2007.
n
Renforcer le lien et la cohérence avec les PPRE.
n
Retravailler la problématique du retour de
l’élève en classe ordinaire au travers du déploiement du socle
commun à tous les dispositifs présents au collège.
n
Discriminer la place des partenaires intra et
extra institutionnels ainsi que leur complémentarité avec le DSA
(ceci fera l’objet du thème transversal des regroupements
académiques en 07-08).
n
Définir quelle peut être la part d’un DSA et de
son protocole de mise en œuvre comme élément d’aide au pilotage
et à la contractualisation pour un principal de collège.
Bart, Britt
Mary. L’apprentissage de l’abstraction Retz, 1987 ;
Le savoir en construction. Retz, 2002.
Astolfi, Jean-Pierre L'école pour apprendre, ESF,
1992 ; L’erreur, un outil pour enseigner.
Paris : ESF. (1997).
écrit établi en septembre 2007
- Catherine Vasslieif, IEN-IO, responsable académique du
dispositif |