Accueil    Les équipes    les thèmes    Les videos     Les reportages     
I Expérimenter

Un cadre législatif nouveau ?

Initiative au terrain

Expérimenter, c'est innover et évaluer sa pratique

Pour les enseignants et les équipes de direction

Participer au suivi et à l'évaluation de l'action

Des écrits aux destinataires multiples

Quelques éléments d'évolution entre expérimentation et évolution (mai 2008)

 

Un cadre législatif nouveau 

L’article 34 de la Loi d’orientation pour l’avenir de l’École du 23 avril 2005 offre l’opportunité pour chaque école ou  établissement de s’engager dans un processus expérimental :

« Sous réserve de l’autorisation préalable des autorités académiques, le projet d’école ou d’établissement peut prévoir la réalisation d’expérimentations, pour une durée maximum de cinq ans, portant sur l’enseignement des disciplines, l’interdisciplinarité, l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges ou le jumelage avec des établissements étrangers d’enseignement scolaire. Ces expérimentations font l’objet d’une évaluation annuelle. »

Le droit à l’expérimentation s’inscrit explicitement dans le projet d’école ou d’établissement. L’expérimentation est consubstantielle du projet ; elle est portée par une équipe pédagogique et sa direction.

 

Initiative au terrain

Les domaines d’expérimentation sont indicatifs: enseignement des disciplines, interdisciplinarité, organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, coopération avec les partenaires du système éducatif, échanges ou le jumelage. Ils sont volontairement larges, allant des pratiques de classe à des dispositifs plus ambitieux en termes d’organisation et d’ouverture, dans le cadre du projet d’école ou d’établissement.

Cette disposition vise à encourager le dynamisme des acteurs de terrain en les incitant à mettre en place localement les réponses les plus adaptées pour favoriser la réussite de leurs élèves.

L’académie de Paris a construit un dispositif, sous l’autorité du recteur, piloté par la mission académique « innovations et expérimentations » (MAIE).

 

Expérimenter, c’est innover et évaluer sa pratique

L’innovation pédagogique est le fait des enseignants ; elle est une initiative introduisant un élément nouveau dans un contexte donné ; repérée et communiquée par l’inspection ou le chef d’établissement, elle peut être soutenue, accompagnée et valorisée par la mission.

L’expérimentation  s’inscrit elle aussi dans une dynamique de changement. De plus, elle se dote d’un protocole de suivi et d’évaluation et reconnaît la nécessité d’une contractualisation et d’une communication écrite de ses résultats.

Ces aspects, nouveaux pour certaines équipes (protocole, évaluation, écrit),  peuvent faire l’objet d’un accompagnement et d’un conseil apporté aux personnels.

L'expérimentation concerne donc un champ plus restreint que celui des innovations que toute université peut entreprendre pourvu qu'elle en trouve les moyens. L'expérimentation concerne les seules innovations qui nécessitent des changements législatifs ou réglementaires (arrêtés et décrets). (extrait de la conférence des présidents d'université, nov. 2005)

sur le mot "expérimenter", aller voir ailleurs....

 

Pour les enseignants et équipes de direction

Pour les acteurs en école et en établissement, s’inscrire dans le cadre de l’expérimentation académique, c’est pouvoir :

¾     S’appuyer sur une légitimité institutionnelle qui renforce la visibilité et l’efficacité de l’action

¾     Profiter de l’appui de plusieurs services et missions académiques auprès des personnels comme du projet, selon les objectifs et l’ampleur des actions

¾     Avoir l’opportunité de participer à des séminaires et regroupements académiques ou nationaux

¾     Disposer de temps d’analyse de sa pratique professionnelle

¾     Participer à un réseau d’échanges en éducation et en formation

¾     Produire des ressources didactiques et pédagogiques pouvant être réinvesties dans d’autres contextes, d’autres milieux.

 

Participer au suivi et à l’évaluation de l’action

L’évaluation, processus en lui-même, doit veiller à articuler implication des acteurs et distance nécessaire. On peut proposer plusieurs étapes :

¾     Après validation du  dossier d’expérimentation,  l’école ou l’établissement est contractualisé sur l’action. Un protocole de suivi et d’évaluation est proposé et ajusté en partenariat.

¾     Un accompagnement adapté peut être prévu en matière d’aide à l’analyse de l’action, des pratiques et d’outillage méthodologique en évaluation.

¾     Un ou plusieurs regroupements académiques sur des thèmes ou besoins similaires peuvent être prévus selon les cas.

¾     Un bilan intermédiaire, puis un bilan écrit final sera produit.

 

Des écrits aux destinataires multiples

L’évaluation de l’expérimentation comporte plusieurs finalités différentes mais complémentaires en fonction des acteurs concernés :

¾     Pour l’équipe pédagogique et sa direction : l’évaluation a pour principale fonction d’analyser pour réguler et améliorer les dispositifs.

¾     Pour les instances académiques : l’évaluation représente une aide à la prise de décision et au pilotage du système éducatif.

¾     Pour le niveau national, le Haut Conseil de l’Education : le rapport annuel des académies lui permettra de proposer « des avis sur toute question générale relative à la pédagogie, aux programmes, aux modes d’évaluation des connaissances des élèves, à l’organisation et aux résultats du système éducatif, à la politique de formation des enseignants ».

 

organisation prévisionnelle de la trace écrite EXPERIMENTATION ACADEMIQUE

____________________________

 

 

Quelques éléments des évolutions entre expérimentation et Institution (oct. 2007)

 

L’article 34 relatif au droit à l’expérimentation pédagogique (Loi d’orientation pour l’avenir de l’Ecole) sur l’académie de Paris a permis de procéder à deux campagnes d’appel à projet (avril 2006 et juin 2007). Ce sont prés de 130 dossiers, du premier et du second degré,  qui sont traités, examinés et suivis suivant des modalités adaptées.

 

Grâce au dispositif d’accompagnement, de suivi et d’évaluation mis en place par la MAIE, prenant appui sur l’expérience des années passées dans le cadre de l’innovation, nous pouvons repérer quelques évolutions notables. Cela ne peut suffire pour construire un bilan d’activité, dans la mesure où les dispositifs engagés s’élaborent sur un moyen terme, prévu et conseillé par les termes de la Loi.

 

Cependant, ce sont des indications prospectives quant à l’état des pratiques des équipes en école et en établissement, mais aussi quant à l’apprentissage institutionnel entamé par les services et par les personnels concernés par cette approche nouvelle dans l’Education nationale.

 

  De l’innovation pédagogique à l’expérimentation article 34, pour une variété des actions

 

Les dossiers présentés par les équipes témoignent d’une grande variété, parfois déconcertante à première vue, des formes, des expressions et du fond. En ressortent, grâce à une analyse approfondie et méthodique (cf. annexe 1), quatre types distincts permettant d’identifier plus explicitement ce qui relève de l’innovation et ce qui semble plutôt relever de l’expérimentation pédagogique. Ces quatre types sont présents parmi les 70 dossiers retenus et actuels en octobre 2007 dans des proportions variables :

Des expérimentations structurelles-  TYPE 1

Organisation collective concertée

Equipe soutenue et accompagnée.

Élargit le cadre classique  à l’échelle de l’établissement

Évaluation régulatrice interne/externe

33 dossiers retenus

Des innovations d’établissement -  TYPE 2

Dynamique collective  nouvelle ou récente

Concerne plusieurs niveaux (disciplines, niveaux, établissements)

Ne,touche pas au cadre classique.

Évaluation pas toujours organisée

18 dossiers retenus

Des expérimentations pédagogiques - TYPE 3

Petite équipe, Partage d’une action

Touche légèrement aux cadres organisationnels d’une discipline, d’une classe

L’évaluation doit être accompagnée

17 dossiers retenus

Des innovations pédagogiques - TYPE 4

Une ou quelques personnes impliquées

Introduction d’un élément nouveau dans le cadre d’un enseignement, d’une fonction

 

2 dossiers retenus

Les dossiers relevant du « label » expérimentation article 34 sont au nombre de 34 et puisent dans les trois premiers types.

 

Nous constatons avec un peu de recul qu’une même action, dans son déroulement, avec un peu d’aide, un conseil sollicité, peut alors passer un degré en quelques mois. C’est pourquoi il nous semble opportun, voire stratégique d’une part de ne pas dissocier innovation et expérimentation – ce sont deux états nominatifs d’une réalité dynamique plus complexe et évolutive en établissement -, d’autre part de favoriser le développement des compétences en accompagnement, régulier et de proximité, nous y reviendrons plus bas.

 

Du projet pédagogique classique aux problématiques sociétales, pour une évolution des thèmes et des objets de l’expérimentation

 

La lecture des dossiers permet d’affiner l’analyse par grand domaine.  Au total, sept domaines se distinguent dans des proportions d’ailleurs inégales:

 

TYPE 1

expérimentation structurelle

TYPE 2

innovation d'établissement

TYPE 3

expérimentation pédagogique

TYPE 4

Innovation pédagogique

TOTAL

Relevant de Exp. Art 34

aménagement du rythme scolaire

9

1

0

0

10

8

individualisation des parcours

6

5

1

0

12

7

prise en charge de la difficulté scolaire

8

8

8

0

24

6

intégration des enfants à handicaps

2

0

3

0

5

3

ouverture internationale

5

1

0

0

6

6

détour culturel et artistique

2

1

3

2

8

3

enseignements scientifiques

1

1

3

0

5

1

 

Le croisement des types et des domaines permet de dégager deux grands groupes de dossiers:

1- Des actions structurelles, collectives, concernant l’aménagement du temps scolaire, l’individualisation des parcours, la prise en charge de la difficulté. Ce sont des domaines où s’expriment majoritairement les expérimentations.

 

2- Des actions interdisciplinaires, appuyées sur un petit collectif et plus ancrées dans les champs disciplinaires. Face à l’effacement relatif des projets pédagogiques plus traditionnels, on remarque que l’application du CECR en langues vivantes apparaît cette année comme porteuse d’expérimentations de plus grande envergure.

 

  De l’action enseignante  au pilotage de l’établissement, pour une évolution de la réflexion pédagogique

 

La principale évolution constatée, ce depuis l’existence du dispositif dit « innovalo » montre que nous sommes passés désormais d’une action enseignante individuelle, porte fermée dans sa classe, à une action collective, pas encore toujours portée par un « conseil pédagogique », mais par des groupes s’en rapprochant, et s’inscrivant dans une logique de la politique d’établissement. En cela, les dossiers innovation, a fortiori « expérimentation » participent de la politique de contractualisation actuellement en cours dans l’académie.

 

Du pilotage commandé à l’accompagnement concerté, pour une évolution de la politique académique

 

L’académie, comme d’autres en France, a choisi de faire jouer l’article 34 sur deux registres : d’une part des expérimentations issues des équipes de terrain, d’autre part, des expérimentations d’initiative académiques.

Les actions portées par l’établissement engagent la responsabilité des acteurs et l’exigence de l’écrit régulier, d’un croisement de regards, a été bénéfique en tout point. La logique d’autonomie de l’EPLE est active, l’expérimentation l’incarne parfaitement.

 

Dans le cas d’initiatives académiques, le bilan s’avère plus mitigé. Des réussites certaines quand les équipes de terrain se sont appropriées localement le dispositif (les DSA par exemple) et entérinent le cadre de l’expérimentation. De bons résultats quand il s’agit de structures « hors établissement », concernant des services académiques (Casnav par exemple). Des dossiers non aboutis, quand finalement les équipes (soit direction, soit équipes, parfois les deux) ne s’y retrouvent pas.

 

Il conviendra donc dans ce domaine de mieux faire la part entre ces deux familles et de ne réserver au « label » académique que des dispositifs hors EPLE à proprement parler.

 

Annexe 3 : mesure d’impact de l’accompagnement institutionnel sur l’expérimentation

n       un axe relatif au degré et à la qualité de l’investissement institutionnel :

 

On peut dire que l’investissement est formel quand sont mentionnés uniquement, par exemple

 

§         Des personnes-pilotes de leur action voient leur domaine rattaché à la dimension « expérimentale », sans qu’ils n’y aient eu forcément démarche de leur part ; ils peuvent avoir eu l’impression d’une superposition voire d’un contrôle, d’où une certaine distance

§         Des personnels sont désignés comme pilote ou coordonnateur d’expérimentation, en relation avec la Mission académique, en superposition d’autres fonctions assumées par ailleurs ; ils n’ont pu trouver ni le temps ni le rôle pour cela.

§         Des personnels de l’inspection se sont trouvés impliqués dans ce nouveau mode et ne se sont pas encore appropriés le ou les protocoles pour suivre les équipes.

 

 

On peut dire en revanche que l’investissement institutionnel est effectif, quand sont relevés des pratiques telles que :

 

§          Les personnels concernés par le dispositif de suivi (inspection, conseiller pédagogique, chef d’établissement, mission) ont trouvé les bons modes de collaboration et ont su rapidement réaliser quelques actions concrètes et durables

§          Le suivi sur le terrain a été possible (visites, documents)

§          Les modalités et le conseil ont pris des formes variées (méthodologie de l’évaluation, engagement à l’écriture, ingénierie de formation, accompagnement …)

 

n       un axe relatif à la mesure de l’impact de cet investissement sur l’expérimentation elle-même.

 

On dira que l’impact est faible quand :

 

Malgré le dispositif et/ou protocole élaboré ensemble, peu de changements encore visibles sur la conduite de l’expérimentation, sur la mobilisation des acteurs, sur des évolutions possibles

 

On reconnaîtra un impact fort quand :

 

Des évolutions sont déjà perceptibles quant à l’implication des acteurs, à l’évolution de tel ou tel domaine de l’expérimentation, à l’ancrage du suivi et de l’évaluation dans la conduite de l’action.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Degré et

qualité de l’investissement institutionnel

 

effectif

   

 

 

 

 

  

formel

   

 

Impact faible

Impact fort

 

 

Mesure d’impact sur l’expérimentation

légende

Xxxx : expérimentation d’initiative académique

Xxxx : expérimentation d’école/d’établissement

Xxxx : participation effective de l’inspection

 

 

 

De l’évaluation des personnels à l’analyse partagée, pour une évolution des pratiques évaluatives

 

L’article 34 introduit la nécessaire évaluation des dispositifs d’expérimentation, dimension souvent absente dans l’innovation proprement dite. C’est alors une occasion renouvelée pour les corps d’inspection de porter un regard sur des « objets » rarement mono-disciplinaires, et de développer des pratiques d’évaluation de dispositifs.

 

Il s’agit à présent de construire une méthodologie partagée qui dissocie l’évaluation des personnels de l’évaluation des dispositifs expérimentaux : recentrer l’observation d’abord, permettre l’analyse ensuite, et construire une évaluation partagée (interne et externe) différée sur le moyen terme. C’est là un chantier qui engage l’inspection, avec l’aide de la MAIE, dans une évolution importante des pratiques. Cela concerne le premier comme le second degré.

 

En d’autres termes, l’accompagnement doit être assurément développé, nous y participons au niveau académique, comme au niveau national, en pensant son articulation avec l’aide, le conseil et l’évaluation, dans des modes et des temps qui leur sont propres et non confondus.  L’aide se veut technique, le conseil plus prospectif, l’accompagnement plus rélfexif, ces trois éléments sont efficaces s’ils sont demandés ; en revanche, l’évaluation est obligatoire et s’avère, elle, plus efficace si elle est  plus partagée. Ce domaine est l’objet d’ores et déjà de formations par la Maie, et se partage notamment avec la recherche, l’INRP venant ici retrouver une place naturelle et attendue.

 

La MAIE organise dans des temps réguliers et suivant des modalités variées des occasions de regroupements et d’échanges, d’études de cas et d’apports, permettant aux différents acteurs, aux différents catégories de personnels, aux différents degrés, de s’approprier « l’esprit » de la Loi et d’ajuster les pratiques. L’internet pédagogique et les multiples occasions d’informations et d’échanges y concourent tout autant.

 

  Innover

   Expérimenter

étude de cas et élaboration des concepts (nov.2006)

Expérimentations académiques

Typologie des actions en graphe

Cartographie interactive

sur le mot "expérimenter", aller voir ailleurs....

et en images ?

télécharger

le livret pour les enseignants

le dossier d'école

le dossier d'établissement

 

 

 Accompagner

  Évaluer

  Former





 ©2009 - MAIE - coordonnateur: François Muller - chargé de mission: Frédéric Teillard - mentions légales