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Descriptif de l'action
Depuis
septembre 1997, La Ville Pour Ecole accueille 25 élèves de 16 à 20
ans en situation de rupture ou de décrochage scolaire. Un programme
annuel fondé sur un temps scolaire alternant avec plusieurs
expériences de stages, des compléments de formation (nouvelles
technologies) et participation active à des projets réalisés en
partenariat. Ainsi, durant l'année 2008-2009, les élèves de la LVPE
seront pleinement associés au projet de « photographe en résidence »
initié au sein du lycée Jean Lurçat par Madame Dauphin (proviseure)
en partenariat avec la Maison du Geste et de l'Image.
La Ville Pour
Ecole offre à ces jeunes la possibilité de construire un projet de
formation en alliant découverte du tissu socio-économique -de
l'entreprise et du monde professionnel- et re-mobilisation scolaire.
Ainsi, La Ville Pour Ecole propose une scolarité fondée sur des
allers-retours permanents entre l'école et les réalités
socio-professionnelles, entre les temps d'apprentissage scolaire et
l'acquisition de compétences techniques ou relationnelles reconnues
hors l'école. Concrètement, les temps stages permettent à nos élèves
d'expérimenter des situations professionnelles vraies, de confronter
leurs désirs d'orientation aux exigences du réel. Ainsi l'école et
le lieu de stage deviennent ensemble le lieu intermédiaire entre
l'idéal familial et personnel et la trop grande rudesse des réalités
socio-économiques:
lieux
transitionnels de l'élaboration d' une image de soi restaurée.
Accompagné par des adultes impliqués dans son projet
(personnes-ressources, enseignants, intervenants extérieurs) l'élève
construit alors une capacité renouvelée de projection dans l'avenir
. C'est pourquoi chacun d'entre eux bénéficie tout au long de
l'année d'une aide à l'orientation (Atelier Projet Personnel) et
d'un suivi individualisé (Tutorat ) lui permettant ainsi une
construction progressive de son projet personnel.
Le projet se
détermine autour de deux axes principaux
A) Une
présence à l’école fondée sur :
- un
accompagnement scolaire dans les matières principales (anglais,
français, mathématiques). Au-delà de la nécessité de « combler les
lacunes » accumulées au cours des années par nos élèves dans
l'apprentissage des savoirs fondamentaux, il s'agit pour nous de les
réconcilier avec les notions d'effort, de régularité dans le travail
et de leur offrir une meilleure maîtrise de l'expression orale et
écrite, condition essentielle à une intégration
socio-professionnelle réussie.
- des unités de
formation destinées à renforcer chez nos élèves les liens sociaux
souvent mis à mal par des années de mal être scolaire et de
déscolarisation, en abordant des thèmes tels que la santé, les arts,
la citoyenneté. Cette approche est enrichie par des interventions
extérieures, de nombreuses sorties culturelles et des projets en
partenariat.
- l’analyse des
expériences pratiques hors l’école : il s'agit d'un moment d'échange
privilégié car fondé sur l'expérience de chacun, lieu d'analyse de
pratiques. D'autres part, les situations concrètes de recherche de
stages toujours encadrées par les enseignants permettent
l'apprentissage des outils nécessaires à une meilleure communication
(lettres de motivation, simulations d'entretiens etc.).
- la boutique
de formation individualisée : elle permet aux élèves la mise en
œuvre des activités scolaires, pratiques ou de recherches
personnelles liées aux apprentissages scolaires ou à l'élaboration
de projets. C'est un temps individuel encadré par les enseignants et
destiné à favoriser chez les élèves l'émergence d'une véritable
autonomie dans le travail. C’est aussi dans le cadre de la Boutique
de Formation Individualisée que les élèves peuvent mettre en place
un programme personnel d’apprentissage utilisant essentiellement
l’outil informatique. Sont mis à disposition de l’élève en plus
d'une connexion internet, un bureau virtuel (mini-web) et des
logiciels d’apprentissage, essentiellement de langues étrangères.
- l' Atelier Projet Personnel : C'est un temps hebdomadaire consacré
à la construction du projet d'orientation de chaque élève. Il
alterne activités fondées sur la créativité et l'échange destinés à
offrir une meilleure connaissance et une plus grande capacité
d'expression de soi. Des interventions de professionnels permettent
d'autre part, une meilleure transition vers la réalité des parcours
de formation. Cet atelier permet de soutenir les élèves dans leurs
recherches concrètes à travers des enquêtes sur les métiers, des
visites de salons et manifestations spécialisées, de la recherche
d'écoles, de formations, les rencontres avec des conseillers
d'orientation. La période de mise en œuvre et de réalisation du
projet élaboré tout au long de l'année, ce moment du choix reste
toujours singulièrement anxiogène pour nos élèves et exige un
accompagnement ininterrompu.
B) Les stages et les compléments de formation hors les murs.
1.
5 à 6 stages
par an :
D'une durée de
quatre à cinq semaines à raison de trois jours de stage
hebdomadaire, ils permettent à l’élève de se confronter à la réalité
du terrain, de découvrir des métiers et de rencontrer des
professionnels. Il peut ainsi, mettre en avant des compétences mal
reconnues par le milieu scolaire, améliorer des compétences déjà
acquises, élaborer un début de réseau (contacts pour formations ou
autres expériences à venir) construire et
finaliser un
projet d’orientation / formation réaliste.
2.
Les compléments
de formation:
La Ville Pour
Ecole ne peut apporter tous les éléments de soutien pédagogique et
pratique nécessaires à la finalisation du projet de l’élève. De
plus, le recours aux richesses de la ville implique la participation
de divers partenaires autres que les personnes-ressources (tuteurs
de stage), indispensables au cheminement de l’élève. Ainsi,
l’intervention au sein de l’école d’associations de prévention mais
encore et surtout la possibilité pour certains de nos élèves de
suivre des compléments de formation, ont permis l’amélioration de
leurs compétences et/ou l’initiation à des savoirs indispensables.
Ainsi, nombre de nos élèves ont au fil des ans bénéficié d’un apport
de formation essentiellement dans les domaines de l’informatique /
multimédia et de l’animation : suivi du B.A.F.A., Passeport Internet
Multimédia et PCIE, Attestation de Formation aux Premiers Secours,
tous sanctionnés par un diplôme ou attestation. Ainsi, les élèves
ont bénéficié d'une formation concrète indispensable à la réussite
de leur parcours mais aussi, ces mêmes élèves, non diplômés, sans
qualification ont pu obtenir une reconnaissance de leurs
compétences.
Le profil des élèves accueillis
Le projet est
destiné à un groupe de 25 élèves en situation de rupture scolaire et
recrutés après participation à une réunion d'information et à un
entretien individuel avec un des membres de l'équipe. Les jeunes
accueillis au sein de La Ville Pour Ecole sont tous âgés d'au moins
16 ans et ne sont donc plus soumis à obligation scolaire. Cette
réalité permet de donner sens à un travail et à un recrutement basé
sur le volontariat des élèves. Ces élèves sont pour la plupart en
échec scolaire. Après une scolarité subie, une orientation
constituée de choix par défaut les a conduit à l'absentéisme, à des
comportements de retrait ou d'agitation puis au décrochage scolaire
passif ou agi ; ils sont sans projet d’orientation et de formation.
Ces élèves sont en majorité issus d’une classe de 3ème
(3ème générale et DP), d'une première année de BEP ou CAP, plus
rarement de seconde générale. Certains d’entre eux sont déscolarisés
depuis une, voire deux années. Issus de familles d'origines et de
milieux sociaux très divers (enfants de cadres et d'employés y
rencontrent des jeunes de familles très défavorisées), ils ont pour
la plupart en commun le cumul de difficultés personnelles,
familiales et scolaires très importantes et souvent anciennes. Les
expériences vécues parfois presque chaotiques n'ont épargné ni les
jeunes ni leurs parents. Ainsi, de nombreux élèves font ou ont fait
l'objet de suivi psychologique. Certains ont connu des périodes
d'hospitalisation en particulier liées à des épisodes dépressifs
et/ou à la dépendance à certains produits (cannabis en particulier)
ou pratiques (jeux en réseau). La perte des repères et des rythmes
de vie normaux liés à la scolarisation ont aggravé le repli sur soi
et la désocialisation. Chaque année, 30 à 40 % des élèves
bénéficient d'autre part d'un suivi institutionnel (ASE, PJJ) dans
le cadre de mesures de protection des mineurs (AEMO en particulier).
Par ailleurs, au cours des dernières années nous avons assisté à une
demande de plus en plus forte de jeunes qui arrivés depuis peu en
France exprimaient un besoin rapide d'engagement dans une démarche
pré-professionnelle accompagnée d'une scolarité adaptée à leurs
besoins spécifiques et d'un suivi individualisé.
Objectif
principal de l'équipe de La Ville Pour Ecole.
L' objectif
premier de ce projet demeure la rescolarisation de jeunes
décrocheurs. Ce retour à l'école devant aboutir à la construction
d’un projet d’orientation et de formation authentique et réaliste.
Il s'agit aussi
de redonner à ces jeunes en rupture scolaire, le goût d’apprendre en
développant leur capacité d’autonomie et surtout en valorisant leurs
compétences scolaires et extra-scolaires. C’est un va-et-vient
constant entre l’expérience dans la ville et l’activité dans l’école
qui va permettre au jeune de retrouver rythme, prise d’initiative,
organisation et implication dans un premier temps au sein du groupe,
puis individuellement, en vue de finaliser un projet concret. La
Ville Pour Ecole est fondée sur la possibilité pour ces jeunes de
découvrir et vivre des expériences pratiques, essentielles à la
construction d’un projet d’orientation mais aussi afin d’acquérir ou
de retrouver une réelle confiance en soi. La Ville Pour Ecole se
veut être un tremplin, un passage vers d'autres lieux de
scolarisation, d'apprentissage et de formation. En effet, nos élèves
après une année à LVPE, se dirigent vers des BEP et CAP en lycée
professionnel ou en CFA, certains d'entre-eux souhaitant intégrer
une classe de seconde de lycée général ou technologique. Comme nous
l'avons écrit plus haut le mal être de ces adolescents et jeunes
adultes n'a pas seulement pour origine les difficultés scolaires et
s'exprime dans bien d'autres champs que celui de l'école. Cependant
le retour à l'école, la réconciliation avec l'idée d'apprendre, la
reconnaissance des compétences entraînent souvent très rapidement
une reconstruction de l'estime de soi qui permet d'aller à nouveau à
la rencontre des autres. Ainsi, lorsque les conditions de la
réussite et de l'intégration scolaires sont réunies, elles ont pour
beaucoup de nos élèves des effets bénéfiques qui dépassent souvent
très largement l'objectif défini précédemment.
A quels
problèmes, à quelles attentes répondons-nous?
La Ville Pour
Ecole répond en premier lieu à la demande de scolarisation de jeunes
qui du fait de difficultés multiples n'ont pas trouvé initialement
ou plus tardivement leur place au sein du système scolaire. Ces
élèves qui se vivent comme marginalisés dans le cadre scolaire
présentent un besoin de formation et de suivi individualisés (groupe
restreint, tutorat). Cependant, c'est ce même sentiment de
marginalisation voire de rejet qui rend indispensable à nos yeux le
maintien de la situation de groupe classe et du « travailler
ensemble » à la réalisation du projet et des objectifs de chacun. La
demande de scolarisation des jeunes en rupture scolaire fait tout
naturellement écho à la demande des familles, des parents souvent
très meurtris par les difficultés de leurs enfants et qui dans leur
majorité se montrent très désireux de liens avec l'école. C'est
pourquoi les rencontres avec les parents (réunions d'information,
invitations aux conseils de classe, rendez-vous réguliers )
constituent une part importante du travail de l'équipe pédagogique.
Cette classe répond également à une demande toujours plus importante
émanant de nombreux éducateurs, conseillers d'orientation mais aussi
enseignants, C.P.E, chefs d'établissement. Ces derniers, face aux
difficultés de tout ordre rencontrées par certains jeunes,
souhaitent apporter une réponse mieux adaptée à des situations
complexes construites sur des relations conflictuelles.
Pour l'équipe
pédagogique, les élèves, les parents et les professionnels du
secteur socio-éducatif, La Ville Pour Ecole n'est donc pas une
alternative à la scolarisation. C'est bien une autre forme de
scolarisation qui répond à la demande d'élèves qui expriment un vrai
désir d'école, malgré les difficultés et les conflits parfois.
En quoi
l'action en cours est-elle innovante, voire « expérimentale »?
- le profil des
élèves : élèves décrocheurs non soumis à obligation scolaire âgés de
16 à 20 ans. Leurs origines sociales et scolaires sont très
diverses, ainsi que leur niveau scolaire. Ces spécificités sont dues
à un recrutement non sectorisé.
- la
scolarisation est intégrée au sein d'un établissement et fondée sur
un vrai retour à l'école mais sans cesse étayée par le recours
systématique aux ressources extérieures à l'école (stages en
entreprises, partenaires associatifs, institutionnels, culturels)
réalisant ainsi les conditions essentielles à un véritable
Apprentissage Productif.
- la
valorisation des acquis et compétences des élèves tant scolaires qu'extra-scolaires.
- la
construction et l'enrichissement constant d'un réseau de partenaires
permettant de tisser des liens sociaux pérennes entre nos élèves et
tous les adultes concernés par leur réussite.
·
l'implication des parents au sein de l'école est privilégiée et
réalise par le recours toujours possible à des partenaires
extérieurs les conditions d'un soutien à la parentalité.
- participation
active des élèves aux conseils de classe.
- une souplesse
d'organisation qui offre à chaque élève une adéquation possible
entre son rythme de travail, ses impératifs de formation et
l'évolution de son projet.
·
un recours permanent aux nouvelles technologies (Boutique de
formation Individualisée, compléments de formation...)
·
élaboration d'outils de suivi et d'évaluation spécifiques : livret
de stage, curiosité, port-folio, carnet de bord, bilans d'étape,
bulletin semestriel, ....
·
accueil d'élèves en lien pour permettre la finalisation d'un projet
non encore abouti.
·
accueil en cours d'année, aide à la réalisation de projet de
formation à court terme, accueil spécifique en cours d'année à la
demande d'une autre équipe (proviseur, CPE).
Une action
portée par une équipe intégrée au sein d'un établissement scolaire.
L'équipe de La
Ville Pour Ecole est composée de trois enseignantes à temps complet.
La répartition des tâches au sein de l'équipe s'opère de la façon
suivante:
1) Des
fonctions et tâches communes à l'ensemble de l'équipe:
·
Tutorat : chaque enseignante a en charge un groupe de 8 ou 9 élèves.
·
Atelier analyse des stages, analyse de pratique.
·
Recherche de stages, aide à la rédaction de documents.
·
Conception et mise en place des outils d'accompagnement et
d'évaluation.
·
Visites de fin de stage. Liens avec les personnes ressources.
Gestion de la base de données entreprises.
·
Suivi d'orientation et aide à l'élaboration du projet de chaque
élève.
·
Gestion des absences et des retards.
·
Liens et rendez-vous réguliers avec les parents, les éducateurs.
·
Organisation des conseils de classe et conseils de progrès.
·
Permanence administrative, gestion des appels téléphoniques.
·
Réunions d'information, réunions de parents.
·
Entretiens de recrutement des futurs élèves. Suivi des candidatures.
Présentation
des dossiers.
·
Animation et rédaction du projet « Photographe en résidence » au
sein de La Ville Pour Ecole.
·
Organisation d'activités hors les murs et des compléments de
formation.
2.
Des fonctions
et tâches réparties entre les trois enseignantes selon la
spécificité et les compétences de chacune:
Céline Allainmat:
·
Encadrement pédagogique de l'Atelier projet Personnel. Suivi
d'orientation.
·
Unité de formation: « éducation à la santé ». Prévention des
comportements à risque.
·
Unité de formation: « éducation à l'image ».
·
Mise en oeuvre et actualisation d'un réseau de partenaires
associatifs, socio-éducatifs, professionnels de l'orientation et de
la santé spécialisés dans le suivi des adolescents et jeunes
adultes.
·
Actions de soutien à la parentalité ( Forum des parents).
·
Relations institutionnelles. Interventions extérieures. Réunions
d'information.
·
Travaux d'écriture, rapports d'activités.
Sophie Eberhard:
·
Accompagnement en Anglais.
·
Encadrement pédagogique de la Boutique de Formation Individualisée.
·
Encadrement des activités liées aux nouvelles technologies.
·
Unité de formation: « éducation artistique »
·
Unité de formation: « Initiation à l'Art contemporain
·
Rédaction et actualisation des documents de suivi de stage.
·
Rédaction, gestion et actualisation de documents administratifs
relatifs au suivi des élèves.
Farida Chibane:
- Encadrement en français. Méthodologie de l'écrit, expression et
communication orale.
- Soutien en français, Français Langue Etrangère.
- Unité de formation: initiation à l'espagnol.
- Organisations de sorties et séjours culturels.
-Rédaction, gestion et actualisation de documents administratifs
relatifs au suivi des élèves.
- Suivi et bilans financiers, gestion des commandes.
- Suivi des subventions. Relations avec Madame Verdier-Petit,
intendante du lycée Jean Lurçat.
L'équipe de la Ville Pour Ecole bénéficie par ailleurs de la
présence deux heures par semaine des interventions de Jacques Tenier,
professeur de Mathématiques qui encadre un Atelier Culture
Scientifique et Mathématique destiné à offrir aux élèves une remise
à niveau mais aussi et surtout une réconciliation avec des
disciplines auxquelles ils sont souvent réfractaires. D'autre part,
l'équipe permanente fait appel régulièrement à des intervenants
(théâtre, musique, arts plastiques) rémunérés grâce au soutien
financier accordé par la région Ile de France (opération Réussite
pour tous) et la Mission Générale d'Insertion.
D'autre part, l'équipe de La Ville Pour Ecole voit son action de
scolarisation des élèves décrocheurs accompagnée et étayée par la
communauté éducative du lycée Jean Lurçat : Proviseure et
proviseure-adjoint, C.P.E, surveillants mais aussi infirmière,
assistante sociale et documentaliste.
C'est pourquoi, l'intégration au sein d'un établissement scolaire
est essentielle pour nous. En effet, La Ville Pour Ecole n'a pas
pour nous vocation d'être « un tout en soi ». L'intégration au sein
du lycée Jean Lurçat constitue pour beaucoup la preuve d'une vraie
réintégration dans le cadre scolaire et participe ainsi pleinement à
ce sentiment de retour à l'école. Cette conviction de l'équipe est
sans cesse renforcée par les sentiments très positifs exprimés à ce
sujet par les élèves et leur famille, et par la nécessité de
préparer vraiment nos élèves à une future intégration dans d'autres
lieux d'apprentissages. La Ville Pour Ecole s'inscrit donc
pleinement dans le projet d'établissement. Les actions de prévention
et de remédiation du décrochage scolaire doivent se situer en amont
et en aval. Aussi, les enseignantes de cette structure spécifique
ont, sur proposition de Madame Dauphin souhaité participer à la mise
en place en 2008-2009 d'une équipe relais destiné à aider les élèves
en difficultés au sein du lycée Jean Lurçat. De plus, le projet
« photographe en résidence » est pour les enseignants et les élèves
de LVPE, une occasion supplémentaire et incontournable de renforcer
les liens existant avec l'ensemble de la communauté éducative du
lycée Jean Lurçat.
BILAN D’ETAPE – juin 2009
Modalités spécifiques de mise en œuvre
1 Projet photographe en résidence
2. Stages et visites de stage
3. Présentation de Curiosité
4. Travail avec les parents
5. Conseil de Classe
6. Cas d’école
7. Documents et compléments d’information.
1.Projet Photographe en résidence :
...... Le travail en partenariat avec la Maison du Geste et de
l’Image nous a offert l’opportunité d’accueillir,
au sein de la classe, un photographe en résidence. La rencontre avec
Eric Aupol a mis en lumière ce qui pouvait être la construction
d’un véritable lieu-commun. Le lycée Jean Lurçat, engagé dans une
longue période de travaux, a été prétexte à l’idée de laisser trace
de cet éphémère que constituait le chantier mais aussi les ouvriers.
Les réalisations de portraits et autoportraits d’élèves,
d’enseignants, et de tous ceux qui dans la communauté du lycée
acceptent de se laisser prendre au jeu viendront témoigner de ce
lieu de passage et de transition qu’est le lycée.
« (…) Ma présence sur cette première étape s’est faite sur le site
Patay, où, avec les élèves de La Ville Pour Ecole, s’est peu à peu
dessinée une collaboration complète et, pour moi, inédite, dont
l’objectif est de réaliser un ensemble de portraits des différents
« corps sociaux », présents au moment de la rénovation du lieu.
Ouvriers, personnel de service, enseignants, direction et élèves
se sont prêtés au jeu de la pose, frontale et en noir et blanc.
Cet ensemble, d’une dizaine d’images, tirées en 50 / 70 cm, sur
transparent, pourraient être installé, de façon pérenne, dans le
nouveau réfectoire de l’établissement, véritable cube de verre
ouvert dans un même temps sur le lycée et sur l’extérieur. En
redoublant la transparence du lieu par celle des photographies, il
s’agit de créer un dialogue (par la lumière et ses capacités à
modifier la perception d’un espace) entre deux temporalités,
comme une possible mise en regard de la mémoire. La
fréquentation du lieu par les élèves et le personnel du lycée
permettra enfin, j’en suis sûr, de créer une familiarité entre le
public et l’œuvre in situ. »
Eric Aupol, photographe en résidence.
2. Stages et visites de stages
La visite de stage est un moment important du déroulement du stage
puisqu’il met très souvent en valeur les qualités de nos élèves que
le contexte scolaire ne permet pas d’observer.
Elles se déroulent à la fin de chaque séquence, au terme de quatre
à cinq semaines de stage, et sont effectuées par le professeur
référent.
L’objectif est initialement de s’assurer du bon déroulement du stage
et d’observer le stagiaire en situation pratique.
D’autre part, ces visites sont pour l’équipe pédagogique, l’occasion
de découvrir que l’élève intègre plus facilement les codes de
l’entreprise que ceux de l’école, et qu’il s’y conforme :
ponctualité, bonne observation des consignes, rapport différent avec
l’adulte, mise en lumière de compétences non prises en compte et non
reconnues par l’école et par l’élève lui-même lors de situations
pédagogiques.
L’élève est souvent fier de montrer qu’il « sait faire » et qu’il
« est capable de ».
Ces visites génèrent un échange avec la personne-ressources et le
tuteur de stage qui permet à l’élève de mieux comprendre la non
linéarité de certains parcours professionnels.
C’est également le moment d’introduire ou de préciser le travail
préparatoire de la curiosité. L’enseignant et la
personne-ressources, au sein du contexte professionnel, peuvent
conseiller plus efficacement le stagiaire et permettre ainsi des
interactions entre stage et école. Ainsi la spécificité
« apprentissage productif » prend tout son sens.
De plus, ces visites nous permettent de réitérer l’expérience du
stage avec d’autres élèves mais aussi d’élargir notre réseau de
professionnels. Parfois même ces personnes ressources deviennent des
employeurs dans le cadre de contrats en apprentissage.
L’échange avec la personne-ressources permet souvent à l’enseignant
d’explorer des pistes d’orientation qu’il n’avait pas immédiatement
envisagées pour le stagiaire.
Au-delà de l’aspect observation, ces visites offrent un retour
constant sur les compétences de nos élèves et participent pleinement
à une prise de confiance, à un rapport à l’adulte plus apaisé et
par là, à une meilleure intégration scolaire.
3. La présentation de Curiosités.
4. Le travail avec les parents
Etre parent d’un « mauvais élève » ou pire d’un élève en rupture
scolaire, d’un « décrocheur » c’est se vivre comme un « mauvais
parent », un père une mère ou un couple parental qui a failli. Ce
sentiment ne saurait être attribué uniquement à la culpabilité des
parents . L’école, l’institution scolaire s’adresse encore trop
souvent à ces parents là comme à des fautifs. Parents trop absents,
trop présents, laxistes ou qui exigent trop. Parents parfois
stigmatisés comme en miroir de leur enfant.
A La Ville Pour Ecole, très vite il nous a paru évident que nous ne
pouvions faire l’économie du travail avec les parents. En effet,
toute économie de temps qui se ferait là, se révèlerait couteuse
pour les élèves et pour le travail que nous engageons avec eux.
Alors, la réalité s’est imposée : nous devions « faire avec » les
parents ou les adultes référents légaux (éducateurs, tuteurs) de
nos élèves pour les accompagner.
Cependant, pour que ce « faire avec » ait un sens, il nous a fallu
au fil du temps en construire, en modifier, en améliorer le cadre.
Pour mettre en place un tel travail, il faut donc avant tout
réfléchir aux conditions essentielles pour sa mise en œuvre. Voici
quelques unes des conditions qui réalisent à nos yeux la
construction d’un cadre favorable au travail avec les parents qui
parfois dans les moments de crise se révèle être un véritable
travail d’accompagnement à la parentalité.
-l’enseignant dans un tel cadre doit accepter de sortir du rôle
unique de transmetteur de savoir. Adhérer à un tel principe, exige
de chacun de construire une nouvelle façon d’exercer sa fonction.
Sortir par exemple du rôle de l’enseignant pour accepter d’être un
temps, un adulte référent qui accompagne un adolescent qui n’est
pas qu’un élève.
- Dans la mesure du possible les parents sont ici considérés comme
des partenaires légitimes de l’école dans l’accompagnement de leur
enfant tout long de son parcours au sein de La Ville Pour Ecole.
Parfois les parents réalisent avec leur enfant et l’école une
véritable alliance, qui favorise la réussite du retour à l’école.
-Dès la réunion d’information, préalable à toute inscription à La
Ville Pour Ecole, les parents entendent qu’ils seront régulièrement
sollicités par l’équipe en cas d’intégration de leur enfant au sein
de La Ville Pour Ecole.
- Au cours de l’entretien, ce principe est rappelé au candidat. Les
réactions des candidats ne font l’objet d’aucun jugement de valeur.
Elles permettent de poser à nouveau ce principe d’un travail commun
mais aussi de mieux appréhender le climat familial et les conditions
de vie affectives du candidat. Il est d’ailleurs tout fait essentiel
de noter que malgré des relations familiales souvent très tendues
concernant la question scolaire, la très grande majorité des jeunes
répondent qu’ils ne voient aucun obstacle à ce que leurs parents
soient sollicités et associés à leur parcours.
- Il s’agit donc là de réaliser une alliance pédagogique avec les
adultes (parents et/ou éducateurs) qui se préoccupent de l’avenir de
nos élèves. Cependant, il est essentiel de préciser que jamais
cette alliance ne peut se faire en excluant le principal concerné
qui doit rester le premier acteur de son projet. C’est ainsi que
nous ne recevons jamais les parents et/ou éducateurs en l’absence
des élèves. Cette règle est valable lors des conseils de classe :
lorsqu’un élève choisit de ne pas venir au conseil nous ne parlons
pas de lui quitte à lui proposer plus tard une réunion de synthèse
individuelle. Parents et élèves sont informés de ce principe.
-Les parent eux-aussi, doivent être informés dès le premier
contact qu’ils auront la possibilité, quand en éprouveront le
besoin, d’entrer en relation avec l’équipe pédagogique et en
particulier avec le référent de leur enfant.
- Des conditions matérielles doivent être réunies afin de favoriser
les contacts avec les parents ou les référents des élèves. Ainsi,
les parents bénéficient de la possibilité de joindre l’équipe
directement par téléphone ou par mail.
- L’équipe pédagogique met en place les moyens pour que chaque
enseignant puisse se rendre disponible pour les parents lorsque
c’est nécessaire. Elle considère comme une priorité de répondre à
leurs demandes de rendez-vous ou d’information et devant les
difficultés rencontrées n’hésite pas à solliciter l’aide des
parents.
- Un questionnaire est envoyé aux parents à la fin de l’année
scolaire afin de permettre à l’équipe de mieux appréhender cet
aspect de son travail.
De mère en fils…..
Madame W. est la mère de Armand, un élève qui entretient avec
l’équipe une relation complexe faite d’attentes déçues, de fausses
promesses et de vrais manquements aux règles. Sa présence en cours
est très irrégulière et il se montre très réticent à effectuer des
stages. Il est très difficile de parler avec Armand qui se prétend
incompris voire persécuté par les enseignants. Très régulièrement
nous tenons la mère de Armand au courant des absences et des
difficultés de son fils ce qui nous permet d’avoir une idée plus
juste du fonctionnement du jeune homme. Ainsi, cet élève très
systématiquement absent en cours est cependant étrangement présent
tous les lundis matins. C’est au cours d’une conversation avec sa
mère que nous perçons le secret de cette énigme. Sa mère étant
commerçante, son jour de congé hebdomadaire est le lundi. Ce
jour-là, Armand se sent donc dans l’obligation de se rendre en
cours ! Les relations de Armand avec l’équipe sont si difficiles,
son projet si peu précis que nous sommes amenées à craindre qu’il
ne décroche à nouveau. Il nous paraît donc indispensable de
proposer un rendez-vous à Armand et à sa mère. Pendant ce
rendez-vous, Armand se montre tour à tour, très agressif envers
les enseignantes, verbalement violent avec sa mère et très
vulnérable. Il tente de garder une position de prestance qui
paradoxalement révèle sa fragilité. Au cours de la rencontre
devant la violence nous proposons à Armand de sortir un instant
pour reprendre son calme. C’est alors que le jeune homme s’est
absenté, que sa mère peut dire quelque chose de ses propres
difficultés : « c’est compliqué pour moi parce que je sais ce
qu’il vit, je m’en suis sortie maintenant mais j’étais comme lui à
son âge…Je n’allais pas à l’école. Je lui dis des choses mais au
fond je sais que je ne suis pas crédible ». Alors que nous
l’encourageons à parler vraiment à son fils de sa propre histoire
scolaire, elle nous avoue qu’elle a toujours honte malgré sa
réussite sociale de son passé de « mauvais élève ». Ainsi, la
honte ressentie dans l’enfance est réactualisée par la situation
de son fils et à ce sentiment ancien s’ajoute aussi le sentiment
de n’être pas à la hauteur en tant que mère. Les réactions
d’Armand (démonstrations de prestance) semblent bien en miroir de
l’humiliation maternelle et entravent sa construction
personnelle. Nous espérons qu’une parole vraie sur l’histoire de
sa mère pourra l’aider à s’en dégager….
5. Le conseil de Classe
Le conseil de classe est un moment essentiel d’une séquence de
travail à La Ville Pour Ecole. Il réunit non seulement l’équipe
pédagogique au complet mais aussi les élèves, les parents (ou
éducateurs) et les grands témoins. Le grand témoin est en quelque
sorte un compagnon de route de l’équipe et des élèves de La Ville
Pour Ecole : tuteur de stage, institutionnel, parent d’ancien élève.
Chaque élève doit présenter son bilan personnel de la séquence qui
vient de s’écouler. Ce bilan est préparé en classe, lors de
l’atelier Projet Personnel. Dans ce bilan, l’élève est amené à
donner sa version des difficultés rencontrées et des progrès
accomplis. Il met aussi souvent l’accent sur les points qui peuvent
préoccuper en premier lieu l’équipe pédagogique et les parents : les
éventuels retards et absences. A cette présentation subjective et
voulue comme telle puisque l’élève est mis dans l’obligation de dire
« je » et donc dans la mesure de « son possible » de se situer comme
sujet de son histoire scolaire à La Ville Pour Ecole, succède une
autre vision (tout aussi subjective) qui est celle des différents
membres de l’équipe éducative. Il nous parait essentiel toujours de
mettre l’accent sur les « possibles » , plutôt que sur les ratés,
d’éviter les jugements de valeur et de mettre en lumière ce qui a
été accompli (ou n’a pas pu l’être) au regard de la réalité des
projets annoncés par l’élève lui-même . Le professeur référent de
l’élève est sollicité à plusieurs niveaux, membre à part entière de
l’équipe pédagogique qui se prononce en tant que tel, il doit aussi
parfois comme « tuteur » de l’élève concerné étayer sa parole, la
faciliter et faire le lien entre l’élève et l’équipe pédagogique.
De sa place singulière, le grand témoin apporte un regard décalé,
une parole tierce et ainsi une vision différente des progrès, des
difficultés, et des projets de l’élève concerné.
Lors du conseil de classe de février 2008, Jacques Bonnisseau,
ancien coordinateur de La Ville Pour Ecole était grand témoin. A.
explique en présentant son travail de la dernière séquence qu’il
a, à plusieurs reprises abandonné des stages parce « qu’il
n’aimait pas ce qu’il faisait ». Jacques Bonnisseau va reprendre
ce point dans son intervention de fin de conseil et s’adressant à
A. mais aussi à travers lui à tous les autres élèves, il explique
qu’il n’a jamais autant appris et progressé que lorsqu’il s’est
forcé à faire quelque chose qu’il n’aimait pas. Il évoque ainsi la
fierté que l’on peut éprouver lorsqu’on réussit quelque chose de
difficile pour soi.
Les parents sont toujours très sollicités par le conseil de classe.
Ils sont très nombreux à venir, parfois en couple et même (ce n’est
pas rare) en couple de parents séparés qui se retrouvent là pour
entendre leur enfant et les adultes qui l’accompagnent lors de son
année. Le dernier conseil de l’année est un moment particulièrement
riche car il est le temps des bilans et des projets. Très souvent
c’est lors de cet ultime conseil en commun que les parents
souhaitent prendre la parole pour féliciter leur enfant. Ce moment
est aussi souvent celui où l’on évoque avec parfois beaucoup
d’émotions les difficultés passées et l’espoir placé dans l’avenir.
Parfois, un parent évoque pudiquement, les nécessaires remaniements
de certains idéaux parentaux et/ou familiaux confrontés à un enfant
qui se sépare d’eux et paradoxalement leur soulagement à le voir
construire ses propres projets en toute autonomie.
Tout au long de l’année, la
mère de Théo s’est montrée présente sans jamais cependant
intervenir de façon intrusive dans le lien fort et positif que son
fils entretenait avec l’équipe et plus particulièrement avec sa
référente. Lors du dernier conseil de classe, alors que Théo après
un parcours particulièrement réussi à LVPE a choisi d’entreprendre
un CAP service-restauration en CFA, elle demande à prendre la
parole. Elle nous dit avec beaucoup d’émotion qu’elle avait rêvé
pour son fils d’une carrière de journaliste (elle est responsable
du service photo d’un quotidien national), qu’elle regrette un peu
qu’il veuille arrêter si vite l’école mais respecte cette
décision parce qu’elle sent que pour son fils c’est un vrai choix
personnel et qu’elle sait que la décision lui appartient à lui,
quoiqu’il lui en coûte à elle.
6. Cas d’école.
Constant :
Depuis longtemps ses parents sont séparés et tous deux isolés et en
grande souffrance. Bon élève, Constant entre en seconde sans grandes
difficultés. Il vit alors depuis quelques années avec son père, un
homme très fragilisé tant sur le plan physique que psychologique.
C’est au cours de cette année de seconde que Constant « décroche »
peu à peu, entraîné semble-t-il par la « noyade » de son père, un
homme de plus en plus malade et qui ne sort plus de chez lui. Il
est alors scolarisé dans le meilleur lycée d’une banlieue cossue. Le
soutien de ses professeurs inquiets de son devenir et la
sollicitude de l’équipe éducative de son lycée seront impuissants,
Constant ne viendra plus en classe. Passant ses journées à dormir,
ses nuits sont consacrées au jeu vidéo WarCraft. Il fera d’ailleurs
l’objet d’un signalement auprès du juge des enfants et bénéficiera
d’une mesure d’AEMO qui lui permettra de trouver l’aide d’une
éducatrice. Celle-ci, se révélera essentielle dans son histoire et
sera en partie à l’origine de la rencontre avec notre équipe.
Après une année de déscolarisation, Constant a 17 ans lorsqu’il
entre à La Ville Pour Ecole. Nous sommes en septembre et durant
l’été le père de Constant est mort, le jeune homme vit désormais
avec sa mère. Il se présente comme un élève particulièrement
sérieux, rigoureux, ponctuel et révèle une vraie appétence scolaire
qui tranche avec le profil de beaucoup de nos élèves. Avec
l’équipe, Constant se montre tout d’abord réservé, presque méfiant.
Peu à peu cependant, entre le jeune homme, son éducatrice et
l’équipe pédagogique une véritable alliance a pu se nouer qui a
permis à Constant de confier à des adultes de confiance, ses
désarrois et ses difficultés. La cohabitation avec sa mère tournant
vite au conflit ouvert, voire violent et Constant se voit contraint
de quitter le domicile maternel. Son éducatrice travaillera dès lors
pour qu’un logement soit attribué à Constant par l’Aide Sociale à
l’Enfance. Le souhait de Constant étant d’ intégrer en fin d’année
une première STG nous lui avons proposé un stage auprès de
l’intendante du lycée jean Lurçat. Ce stage a non seulement confirmé
le choix d’orientation de Constant mais lui a aussi permis de nouer
des liens forts avec son lycée et d’autres adultes de référence. En
septembre dernier, Constant a donc intégré une classe de première au
lycée Jean Lurçat et ses bulletins de notes attestent de sa
détermination à réussir dans la voie qu’il a choisie.
Fatoumata :
Arrivée du Sénégal dix-huit mois auparavant pour aider ses parents,
cette jeune fille, élevée depuis son plus jeune âge par sa tante est
littéralement perdue dans sa nouvelle vie. Elle est déscolarisée
depuis son arrivée et consacre ses journées aux tâches ménagères et
aux enfants de la famille dont elle a la charge. Son père, un
imposant marabout, veille sur elle à sa manière, l’accompagnant dans
ses démarches, la guidant dans sa découverte des transports en
commun parisiens. Fatoumata entre à La Ville Pour Ecole sans trop
comprendre probablement où elle met les pieds mais elle est soulagée
de sortir de chez elle et surtout de pouvoir nouer des liens avec
des jeunes de son âge.
Malgré une adaptation assez remarquable à ce nouveau contexte
Fatoumata est en difficulté à La Ville Pour Ecole. Elle a en effet
été déscolarisée pendant presque deux et n’a suivi qu’une scolarité
limitée dans son pays d’origine. C’est pourquoi, une enseignante de
l’équipe consacrera de nombreuses heures à soutenir Fatoumata dans
sa progression en français. En stage, elle est plutôt sérieuse mais
un peu apathique et comme beaucoup de jeunes dans sa situation, elle
va vers ce qu’elle croit connaître, c’est à dire la vente ce qui ne
lui réussit pas toujours tant elle est inhibée. Un stage cependant
va ravir la jeune fille, il s’agit d’une expérience auprès d’une
institutrice de petite section d’école maternelle. A la fin de ce
stage, Fatoumata exprimera le souhait de travailler dans le domaine
de la petite enfance. Cependant à la fin d’une première année passée
à LVPE et malgré les vrais progrès effectués, le niveau d’autonomie
de la jeune fille n’est pas encore assez assuré pour lui permettre
l’élaboration d’un projet de formation. Nous décidons de faire un
exception et de lui proposer d’effectuer une deuxième année dans
notre classe. Durant cette année de consolidation Fatoumata
précisera son désir de travailler dans le secteur de la petite
enfance, elle rêve désormais d’entrer en CAP Petite Enfance.
Malheureusement, le niveau scolaire de cette élève reste très en
deçà du niveau d’exigence d’une telle formation. Fatoumata est
pourtant déterminée à ne pas explorer d’autres pistes tant elle est
persuadée d’avoir trouver sa voie. Pour l’équipe et pour la
conseillère d’orientation qui nous a adressé Fatoumata c’est un
véritable crève-cœur puisqu’il ne s’agit plus d’aider la jeune fille
à concrétiser son projet mais bien de trouver une solution de
remplacement réaliste. Nous souhaitions pour cette jeune fille
encore fragile un établissement « familial » et acceptant des élèves
de petit niveau mais désireux d’appendre. Nous encouragerons donc F.
a se rendre aux journées portes-ouvertes du lycée Edmond Rostand.
Rassurée par l’accueil reçu par les professeurs et les élèves de ce
lycée Fatoumata sera très heureuse d’être acceptée au sein du CAP
Employé Technique de Collectivité. Nous avons revu Fatoumata qui se
prépare aujourd’hui à entrer en 2ème année de ce même
CAP.
Karim
Karim est un jeune homme de 18 ans qui nous est adressé par un
conseiller d’Orientation mais qui n’est pas inconnu au lycée Jean
Lurçat puisqu’il était inscrit dans ce même lycée dans les sections
professionnelles en BEP Vente Action Marchande. Dans cette formation
il s’est montré réticent, absent et difficile avec les enseignants.
Il entretenait cependant des relations satisfaisantes avec certains
membres de la communauté éducative tel que la CPE. Durant quelques
semaines Karim est un élève coopératif, sympathique qui semble
s’intégrer parfaitement dans la classe. Puis Karim montre un autre
visage, inconstant, imprévisible, souvent en conflit avec l’équipe.
Il abandonne régulièrement les stages sur un coup de tête et a le
plus grand mal à se tenir aux règles qui régissent une scolarité à
LVPE. Très absent à certaines périodes, systématiquement en retard,
il ne semble pas profiter réellement de son inscription au sein de
notre structure. Pourtant il ne décroche pas et semble malgré tout
maintenir une relation, un lien avec l’équipe. C’est à l’occasion
d’un stage comme animateur au sein d’un centre de loisirs qu’il
trouvera un projet de formation auquel il pourra adhérer. Malgré sa
nonchalance parfois et les difficultés à se structurer qui sont
encore les siennes, a pu, encouragé fermement par sa référente au
sein de l’équipe trouver une voie possible d’orientation. C’est
ainsi que Karim est aujourd’hui inscrit dans un CFA pour y
entreprendre une formation d’animateur. Karim a trouvé son employeur
au sein même du centre dans lequel il a effectué deux stages plutôt
réussis.
Mariam
Mariam est une jeune fille de 17 ans qui vit en foyer et bénéficie
d’un suivi éducatif depuis plusieurs années. D’origine sénégalaise,
elle entretient aujourd’hui une relation plus apaisée avec sa mère
avec laquelle elle a pourtant connu des périodes de très grands
conflits. Ayant décroché dans les premières années du collège, elle
a été inscrite dans des dispositifs éducatifs spécifiques ce qui lui
a permis d’effectuer de nombreux stages. C’est ainsi que Mariam
s’est découvert une vraie vocation pour la relation d’aide, le soin
et l’accompagnement auprès des personnes âgées et des enfants. C’est
d’ailleurs dans le secteur de la petite enfance que Mariam
effectuera la plupart de ses stages à La Ville Pour Ecole. Elle se
révélera sérieuse, réfléchie, attentive et particulièrement
désireuse d’apprendre. Toutes les personnes qui l’ont reçue en stage
font d’elle un portrait très élogieux. Très en confiance dans ses
expériences de stage Mariam reste en très grande difficulté sur le
plan scolaire. Cette jeune fille très intelligente a le plus grand
mal en effet à combler les lacunes accumulées lors de ses années de
rupture scolaire. Ce d’autant plus qu’elle vit parfois les cours
dans une torpeur angoissée qui la conduit souvent à dormir, la tête
entre les bras. Comme un certain nombre d’élèves de La Ville Pour
Ecole, Mariam qui se révèle compétence et déterminée en stage,
entretient avec l’école une relation qui reste douloureuse malgré
les liens positifs qui l’unissent à l’équipe enseignante. C’est
pourquoi nous ne pouvions qu’encourager Mariam dans le projet qui
prenait forme dans son esprit. Il s’agissait pour elle d’entrer en
CAP petite Enfance au sein d’un Centre de Formation des Apprentis.
Mariam a su se montrer persévérante et déterminée tout au long de
l’année mais après avoir constitué son dossier d’inscription et
envoyé de très nombreuses lettres de recherche de poste d’apprenti,
elle a semblé s’essouffler un peu, très angoissée par la perspective
de ne pas être retenue. Ainsi, c’est dans les dernières semaines
d’une année à La Ville Pour Ecole que le travail de suivi de
l’équipe reste essentiel, puisqu’il s’agit de ne pas lâcher la main
des élèves restés fragiles avant d’être sûrs qu’ils aient trouvé un
nouveau port d’attache.
Documents divers et compléments d’information
La Ville Pour Ecole- Année
2008-2009- Orientation des élèves
|
Nom |
Prénom |
Orientation 2009-2010 |
|
Ambroisie |
Christopher |
indéterminée |
|
Auburtin |
Eric |
Lycée Intégral-2nde –Module de détermination |
|
Boukhara |
Zineb |
Vie active-restauration |
|
Brunschweiler |
Simon |
Cfa restauration/hôtellerie Bac pro services |
|
Burnand |
Adrien |
2nde de détermination. |
|
Cannamela |
Jean |
Vie active (Etats-Unis) |
|
De linares |
Clémence |
BEP Carrières Sanitaires et sociales |
|
Del Rossi |
Emilia |
Indéterminée |
|
Diawara |
Mariam |
Cfa Bep Carrières Sanitaires et Sociales/Mission locale |
|
Gaubert |
Julie |
Indéterminée |
|
Guims |
Mathilde |
Cfa de l’école des fleuristes-CAP fleuriste |
|
Giraud-Rouabah |
Léo |
Cfa CEPROC-CAP restauration-service |
|
Goule |
Aristide |
Ecole d’Aides-Soignants |
|
Kouyate |
Mamy |
Cfa Paris-Académie-entreprise-CAP petite enfance |
|
Kucharski |
Erwan |
Terminale L. ( LTC) |
|
Laupen |
Andrew |
Indéterminée (pour raison de santé) |
|
Manini-Liaigre |
Mathys |
2nde de détermination (L.A.P) |
|
Mbogol |
Françoise |
CFA Stephenson-CAP employé de commerce |
|
Mbogol |
Sarah |
CFA Stephenson-CAP employé de commerce |
|
Rabhi |
Amine |
CFA Transfaire.BAPAAT. |
|
Tschijik |
Arnaud |
Cadets de la République |
|
Vasseur |
Bastien |
Bac Pro. SEN Télécommunications et réseaux |
|
Zayas |
Carmina |
Cfa Des métiers d’Art. CAP ébénisterie. |
Bilan
recrutement juin 2009
1)

Réunions
d’information
Cinq réunions d’information ont été organisées entre mars 2009 et
juin 2009:
-12 mars 2009
-09 avril 2009
-14 mai 2009
-18 juin 2009
-26 juin 2009
2)
Nombre de participants
Lors de ces réunions nous avons accueilli plus de 150 participants:
candidats, parents, éducateurs, conseillers d’orientation,
assistantes sociales, institutionnels divers.
3)
Candidatures et entretiens
58 candidats potentiels ont souhaité être contactés par l’équipe de
La Ville Pour Ecole afin d’être reçus en entretien individuel. Tous
se sont vus proposer un rendez-vous individuel avec une des
enseignantes-coordinatrices.
16 candidats n’ont pas donné suite à cette proposition et/ ou ne
sont pas venus au rendez-vous.
33 candidats ont effectivement été reçus en entretien durant le mois
de juin.
36 entretiens ont donc été effectivement réalisés.
4)
Bilan provisoire du recrutement pour l’année 2009-2010
23 candidatures ont été retenues à ce jour.
5 candidats se sont vus proposer un deuxième entretien avec une
autre enseignante de La Ville Pour Ecole.
3 candidats ont été retenus à la suite du deuxième entretien.
7 candidatures n’ont pas été retenues et dans la mesure du possible
une autre proposition d’orientation a été formulée.
Insertion scolaire et/ou professionnelle des anciens élèves de LVPE
|
Nom |
Prénom |
Année d’inscription |
Formation et/ou emploi |
|
Chalon |
Jérémy |
1997/1998 |
Chargé de prévention Solidarité sida. |
|
Ciesco |
Jérome |
1997/1998 |
Hôtellerie -gestion |
|
Gilbert |
Vincent |
1998/1999 |
gendarme |
|
Hoang |
Emile |
1998/1999 |
Restauration/chef de rang |
|
Audebert |
Carole-Anne |
1998/1999 |
Manager chez Starbust café |
|
Hubert |
Shana |
1998/1999 |
Comédienne |
|
Ouaky |
Fanny |
1998/1999 |
BTS commerce/Marketing |
|
M’gono |
Solange |
1998/1999 |
Aide-soignante |
|
De Feligonde |
Emmanuel |
1998/1999 |
Informatique(vente/conseils) |
|
Tsaï |
Alexandre |
1998/1999 |
Elève infirmier |
|
Lecerf |
Charlotte |
1999/2000 |
Ecole de décorateur / standardiste |
|
Alvarez |
lise |
1999/2000 |
Globe Trotter |
|
De Grailly |
Etienne |
1999/2000 |
Gérant de société de production |
|
Cambi |
Loris |
2000/2001 |
Informaticien |
|
Chignardet |
Edouard |
2000/2001 |
Chargé de formation. Institut linguistique. |
|
Parisy |
Alban |
2001/2002 |
Vente en animalerie/DAEU |
|
Dray |
Jennifer |
2002/2003 |
Atsem |
|
Virlogeux |
Etienne |
2002/2003 |
Animateur |
|
Dunnet |
Douglas |
2003/2004 |
Bac L- Deug de Philo |
|
Mendes |
Abdoulaï |
2003/2004 |
Bac pro electro |
|
Delmas |
Victoria |
2004/2005 |
Bac L .Fac de lettres |
|
Collet |
Gauthier |
2004/2005 |
CFA vente en librairie |
|
Flescher |
Anastasia |
2004/2005 |
BacL. Fac de lettres |
|
Flesh |
Victor |
2005/2006 |
Commando marine |
|
Jambot |
Séverine |
2005/2006 |
Web Master/Bac pro photo |
|
Sevestre |
Erwan |
2005/2006 |
CAP graphiste |
|
Bonnefond |
Camille |
2006/2007 |
CAP vente en librairie |
|
Calmels |
Cécile |
2006/2007 |
CAP coiffure |
|
Bellala |
Wassil |
2006/2007 |
Bac Pro vente |
|
Degruelle |
Arthur |
2006/2007 |
Ecole de musique |
|
Salvador |
Clément |
2006/2007 |
Lycée Autogéré |
|
Beauvillain |
Jenny |
2007-2008 |
CAP photographie. Lycée Brassaï |
|
Delattre |
Agathe |
2007-2008 |
CAP dessinateur. Communication graphique |
|
Djitte |
Adama |
2007-2008 |
CAP Assistant Technique en milieu familial et collectif |
|
Cornu |
Geoffrey |
2007-2008 |
CFA BEP vente |
|
Delauney |
Injy |
2007-2008 |
2nde générale. |
|
Josseaume |
Clément |
2007-2008 |
1ère STG. Lycée Jean Lurçat |
|
Imbert |
Thomas |
2007-2008 |
Lycée Autogéré de Paris |
|
Bagdadi |
Hamdi |
2007-2008 |
Première L. |
|
Fesin |
Jordan |
2007-2008 |
CAP vente en librairie. |

Impacts
envisagés:
- réduction de
l'absentéisme,
-
rescolarisation effective dans la durée;
- meilleure
intégration dans le groupe classe.
- meilleure
connaissance des réalités socio-professionnelles.
- liens
renforcés et moins conflictuels avec les adultes (enseignants,parents,
éducateurs).
- réduction des
comportements à risques.
- meilleure
maîtrise des nouvelles technologies.
·
construction d'un vrai projet de formation.
·
-
orientation choisie
Evaluation:
- statistiques
de présence en cours.
- diversité des
stages effectués et des formations choisies comme indicateur d'une
réelle individualisation des parcours et d'un vrai travail autour du
projet personnel.
- étude
longitudinale d'une cohorte d'élève représentative.
- entretiens
avec d'anciens élèves, parents d'élèves, partenaires
socio-éducatifs, enseignants et équipes éducatives des
établissements d'accueil et lieux de formation.
- orientation
aboutie à la fin de l'année.
- réussite à
long terme sanctionnée par des diplômes et qualifications reconnues
et valides.
- intégration
socio-professionnelle réelle à plus long terme évaluée par une
enquête sur le modèle « Insertion vie Active ».
L'équipe de La
Ville Pour Ecole souhaite comme par le passé rendre compte de son
action par les moyens suivants:
-Accueil
d'enseignants et d'équipe socio-éducatives d'établissements français
et étrangers.
-Participation
aux manifestations concernant l'innovation pédagogique.
-Interventions.
-Travaux
d'écriture.
·
Collaboration avec des universitaires tels que Marianne Hugon
(Enseignante en sciences de l'Education à l'université Paris X).
Cependant les
moyens proposés ici ne sont pas exclusifs et l'équipe reste
disponible pour répondre aux propositions de suivi et d'évaluation
de notre action émanant de la Mission académique « innovation et
expérimentation ».
Nos principaux
soutiens ont pour origine:
-la Région Ile
de France à travers l'opération réussite pour tous depuis de
nombreuses années.
- la Mission
générale d'insertion: soutien financier en raison de l'accueil
régulier de jeunes pris en charge par la M.G.I
- La Maison du
Geste et de l'image concernant le projet annuel (2008-2009) de
« photographie en résidence » : présence régulière d'un photographe,
animation de divers ateliers , accueil du groupe classe , prêt de
matériel, formations des enseignants.
Cependant, nous
sommes convaincues que nous pourrions tirer un grand bénéfice de
l'aide et des compétences de la Mission académique « innovation et
expérimentation » notamment en matière:
-d'accès aux
formations spécialisées : arts numériques, soutien à la parentalité,
rédaction de projets, prévention des comportements à risque.
·
De partage d'expériences et de compétences.
·
d' accompagnement et de suivi de l'équipe et de son action.
·
d'aide à l'élaboration de projets
·
d'aide à la rédaction de travaux écrits rendant compte de l'action.
·
d'aide à l'évaluation des projets et actions menées.
Enfin, nous
souhaiterions renforcer les liens avec d'autres équipes innovantes
afin de multiplier les passerelles offertes à chaque élève qui
ponctuellement ou plus durablement rencontre des obstacles à la
réalisation de ses projets de vie.
|