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I LVPE, la Ville pour Ecole

DESCRIPTION DU PROJET

 

Descriptif de l'action

 

Depuis septembre 1997, La Ville Pour Ecole accueille 25 élèves de 16 à 20 ans en situation de rupture ou de décrochage scolaire. Un programme annuel fondé sur un temps scolaire alternant avec plusieurs expériences de stages, des compléments de formation (nouvelles technologies) et participation active à des projets réalisés en partenariat. Ainsi, durant l'année 2008-2009, les élèves de la LVPE seront pleinement associés au projet de « photographe en résidence » initié au sein du lycée Jean Lurçat par Madame Dauphin (proviseure) en partenariat avec la Maison du Geste et de l'Image.

 

La Ville Pour Ecole offre à ces jeunes la possibilité de construire un projet de formation en alliant découverte du tissu socio-économique -de l'entreprise et du monde professionnel- et re-mobilisation scolaire. Ainsi, La Ville Pour Ecole propose une scolarité fondée sur des allers-retours permanents entre l'école et les réalités socio-professionnelles, entre les temps d'apprentissage scolaire et l'acquisition de compétences techniques ou relationnelles reconnues hors l'école. Concrètement, les temps stages permettent à nos élèves d'expérimenter des situations professionnelles vraies, de confronter leurs désirs d'orientation aux exigences du réel. Ainsi l'école et le lieu de stage deviennent ensemble le lieu intermédiaire entre l'idéal familial et personnel et la trop grande rudesse des réalités socio-économiques:

lieux transitionnels de l'élaboration d' une image de soi restaurée. Accompagné par des adultes impliqués dans son projet (personnes-ressources, enseignants, intervenants extérieurs) l'élève construit alors une capacité renouvelée de projection dans l'avenir . C'est pourquoi chacun d'entre eux bénéficie tout au long de l'année d'une aide à l'orientation (Atelier Projet Personnel) et d'un suivi individualisé (Tutorat ) lui permettant ainsi une construction progressive de son projet personnel.

 

 

Le projet se détermine autour de deux axes principaux

A) Une présence à l’école fondée sur :

- un accompagnement scolaire dans les matières principales (anglais, français, mathématiques). Au-delà de la nécessité de « combler les lacunes » accumulées au cours des années par nos élèves dans l'apprentissage des savoirs fondamentaux, il s'agit pour nous de les réconcilier avec les notions d'effort, de régularité dans le travail et de leur offrir une meilleure maîtrise de l'expression orale et écrite, condition essentielle à une intégration socio-professionnelle réussie.

- des unités de formation destinées à renforcer chez nos élèves les liens sociaux souvent mis à mal par des années de mal être scolaire et de déscolarisation, en abordant des thèmes tels que la santé, les arts, la citoyenneté. Cette approche est enrichie par des interventions extérieures, de nombreuses sorties culturelles et des projets en partenariat.

- l’analyse des expériences pratiques hors l’école : il s'agit d'un moment d'échange privilégié car fondé sur l'expérience de chacun, lieu d'analyse de pratiques. D'autres part, les situations concrètes de recherche de stages toujours encadrées par les enseignants permettent l'apprentissage des outils nécessaires à une meilleure communication (lettres de motivation, simulations d'entretiens etc.).

- la boutique de formation individualisée : elle permet aux élèves la mise en œuvre des activités scolaires, pratiques ou de recherches personnelles liées aux apprentissages scolaires ou à l'élaboration de projets. C'est un temps individuel encadré par les enseignants et destiné à favoriser chez les élèves l'émergence d'une véritable autonomie dans le travail. C’est aussi dans le cadre de la Boutique de Formation Individualisée que les élèves peuvent mettre en place un programme personnel d’apprentissage utilisant essentiellement l’outil informatique. Sont mis à disposition de l’élève en plus d'une connexion internet, un bureau virtuel (mini-web) et des logiciels d’apprentissage, essentiellement de langues étrangères.

- l' Atelier Projet Personnel : C'est un temps hebdomadaire consacré à la construction du projet d'orientation de chaque élève. Il alterne activités fondées sur la créativité et l'échange destinés à offrir une meilleure connaissance et une plus grande capacité d'expression de soi. Des interventions de professionnels permettent d'autre part, une meilleure transition vers la réalité des parcours de formation. Cet atelier permet de soutenir les élèves dans leurs recherches concrètes à travers des enquêtes sur les métiers, des visites de salons et manifestations spécialisées, de la recherche d'écoles, de formations, les rencontres avec des conseillers d'orientation. La période de mise en œuvre et de réalisation du projet élaboré tout au long de l'année, ce moment du choix reste toujours singulièrement anxiogène pour nos élèves et exige un accompagnement ininterrompu.

B) Les stages et les compléments de formation hors les murs.

1.       5 à 6 stages par an :

D'une durée de quatre à cinq semaines à raison de trois jours de stage hebdomadaire, ils permettent à l’élève de se confronter à la réalité du terrain, de découvrir des métiers et de rencontrer des professionnels. Il peut ainsi, mettre en avant des compétences mal reconnues par le milieu scolaire, améliorer des compétences déjà acquises, élaborer un début de réseau (contacts pour formations ou autres expériences à venir) construire et

finaliser un projet d’orientation / formation réaliste.

 

 

2.       Les compléments de formation:

La Ville Pour Ecole ne peut apporter tous les éléments de soutien pédagogique et pratique nécessaires à la finalisation du projet de l’élève. De plus, le recours aux richesses de la ville implique la participation de divers partenaires autres que les personnes-ressources (tuteurs de stage), indispensables au cheminement de l’élève. Ainsi, l’intervention au sein de l’école d’associations de prévention mais encore et surtout la possibilité pour certains de nos élèves de suivre des compléments de formation, ont permis l’amélioration de leurs compétences et/ou l’initiation à des savoirs indispensables. Ainsi, nombre de nos élèves ont au fil des ans bénéficié d’un apport de formation essentiellement dans les domaines de l’informatique / multimédia et de l’animation : suivi du B.A.F.A., Passeport Internet Multimédia et PCIE, Attestation de Formation aux Premiers Secours, tous sanctionnés par un diplôme ou attestation. Ainsi, les élèves ont bénéficié d'une formation concrète indispensable à la réussite de leur parcours mais aussi, ces mêmes élèves, non diplômés, sans qualification ont pu obtenir une reconnaissance de leurs compétences.

 

Le profil des élèves accueillis

Le projet est destiné à un groupe de 25 élèves en situation de rupture scolaire et recrutés après participation à une réunion d'information et à un entretien individuel avec un des membres de l'équipe. Les jeunes accueillis au sein de La Ville Pour Ecole sont tous âgés d'au moins 16 ans et ne sont donc plus soumis à obligation scolaire. Cette réalité permet de donner sens à un travail et à un recrutement basé sur le volontariat des élèves. Ces élèves sont pour la plupart en échec scolaire. Après une scolarité subie, une orientation constituée de choix par défaut les a conduit à l'absentéisme, à des comportements de retrait ou d'agitation puis au décrochage scolaire passif ou agi ; ils sont sans projet d’orientation et de formation. Ces élèves sont en majorité issus d’une classe de 3ème (3ème générale et DP), d'une première année de BEP ou CAP, plus rarement de seconde générale. Certains d’entre eux sont déscolarisés depuis une, voire deux années. Issus de familles d'origines et de milieux sociaux très divers (enfants de cadres et d'employés y rencontrent des jeunes de familles très défavorisées), ils ont pour la plupart en commun le cumul de difficultés personnelles, familiales et scolaires très importantes et souvent anciennes. Les expériences vécues parfois presque chaotiques n'ont épargné ni les jeunes ni leurs parents. Ainsi, de nombreux élèves font ou ont fait l'objet de suivi psychologique. Certains ont connu des périodes d'hospitalisation en particulier liées à des épisodes dépressifs et/ou à la dépendance à certains produits (cannabis en particulier) ou pratiques (jeux en réseau). La perte des repères et des rythmes de vie normaux liés à la scolarisation ont aggravé le repli sur soi et la désocialisation. Chaque année, 30 à 40 % des élèves bénéficient d'autre part d'un suivi institutionnel (ASE, PJJ) dans le cadre de mesures de protection des mineurs (AEMO en particulier). Par ailleurs, au cours des dernières années nous avons assisté à une demande de plus en plus forte de jeunes qui arrivés depuis peu en France exprimaient un besoin rapide d'engagement dans une démarche pré-professionnelle accompagnée d'une scolarité adaptée à leurs besoins spécifiques et d'un suivi individualisé.

 

Objectif principal de l'équipe de La Ville Pour Ecole.

L' objectif premier de ce projet demeure la rescolarisation de jeunes décrocheurs. Ce retour à l'école devant aboutir à la construction d’un projet d’orientation et de formation authentique et réaliste.

Il s'agit aussi de redonner à ces jeunes en rupture scolaire, le goût d’apprendre en développant leur capacité d’autonomie et surtout en valorisant leurs compétences scolaires et extra-scolaires. C’est un va-et-vient constant entre l’expérience dans la ville et l’activité dans l’école qui va permettre au jeune de retrouver rythme, prise d’initiative, organisation et implication dans un premier temps au sein du groupe, puis individuellement, en vue de finaliser un projet concret. La Ville Pour Ecole est fondée sur la possibilité pour ces jeunes de découvrir et vivre des expériences pratiques, essentielles à la construction d’un projet d’orientation mais aussi afin d’acquérir ou de retrouver une réelle confiance en soi. La Ville Pour Ecole se veut être un tremplin, un passage vers d'autres lieux de scolarisation, d'apprentissage et de formation. En effet, nos élèves après une année à LVPE, se dirigent vers des BEP et CAP en lycée professionnel ou en CFA, certains d'entre-eux souhaitant intégrer une classe de seconde de lycée général ou technologique. Comme nous l'avons écrit plus haut le mal être de ces adolescents et jeunes adultes n'a pas seulement pour origine les difficultés scolaires et s'exprime dans bien d'autres champs que celui de l'école. Cependant le retour à l'école, la réconciliation avec l'idée d'apprendre, la reconnaissance des compétences entraînent souvent très rapidement une reconstruction de l'estime de soi qui permet d'aller à nouveau à la rencontre des autres. Ainsi, lorsque les conditions de la réussite et de l'intégration scolaires sont réunies, elles ont pour beaucoup de nos élèves des effets bénéfiques qui dépassent souvent très largement l'objectif défini précédemment.

 

A quels problèmes, à quelles attentes répondons-nous?

 

La Ville Pour Ecole répond en premier lieu à la demande de scolarisation de jeunes qui du fait de difficultés multiples n'ont pas trouvé initialement ou plus tardivement leur place au sein du système scolaire. Ces élèves qui se vivent comme marginalisés dans le cadre scolaire présentent un besoin de formation et de suivi individualisés (groupe restreint, tutorat). Cependant, c'est ce même sentiment de marginalisation voire de rejet qui rend indispensable à nos yeux le maintien de la situation de groupe classe et du « travailler ensemble » à la réalisation du projet et des objectifs de chacun. La demande de scolarisation des jeunes en rupture scolaire fait tout naturellement écho à la demande des familles, des parents souvent très meurtris par les difficultés de leurs enfants et qui dans leur majorité se montrent très désireux de liens avec l'école. C'est pourquoi les rencontres avec les parents (réunions d'information, invitations aux conseils de classe, rendez-vous réguliers ) constituent une part importante du travail de l'équipe pédagogique. Cette classe répond également à une demande toujours plus importante émanant de nombreux éducateurs, conseillers d'orientation mais aussi enseignants, C.P.E, chefs d'établissement. Ces derniers, face aux difficultés de tout ordre rencontrées par certains jeunes, souhaitent apporter une réponse mieux adaptée à des situations complexes construites sur des relations conflictuelles.

Pour l'équipe pédagogique, les élèves, les parents et les professionnels du secteur socio-éducatif, La Ville Pour Ecole n'est donc pas une alternative à la scolarisation. C'est bien une autre forme de scolarisation qui répond à la demande d'élèves qui expriment un vrai désir d'école, malgré les difficultés et les conflits parfois.

 


 

En quoi l'action en cours est-elle innovante, voire « expérimentale »?

 

- le profil des élèves : élèves décrocheurs non soumis à obligation scolaire âgés de 16 à 20 ans. Leurs origines sociales et scolaires sont très diverses, ainsi que leur niveau scolaire. Ces spécificités sont dues à un recrutement non sectorisé.

- la scolarisation est intégrée au sein d'un établissement et fondée sur un vrai retour à l'école mais sans cesse étayée par le recours systématique aux ressources extérieures à l'école (stages en entreprises, partenaires associatifs, institutionnels, culturels) réalisant ainsi les conditions essentielles à un véritable Apprentissage Productif.

- la valorisation des acquis et compétences des élèves tant scolaires qu'extra-scolaires.

- la construction et l'enrichissement constant d'un réseau de partenaires permettant de tisser des liens sociaux pérennes entre nos élèves et tous les adultes concernés par leur réussite.

·         l'implication des parents au sein de l'école est privilégiée et réalise par le recours toujours possible à des partenaires extérieurs les conditions d'un soutien à la parentalité.

- participation active des élèves aux conseils de classe.

- une souplesse d'organisation qui offre à chaque élève une adéquation possible entre son rythme de travail, ses impératifs de formation et l'évolution de son projet.

·         un recours permanent aux nouvelles technologies (Boutique de formation Individualisée, compléments de formation...)

·         élaboration d'outils de suivi et d'évaluation spécifiques : livret de stage, curiosité, port-folio, carnet de bord, bilans d'étape, bulletin semestriel, ....

·         accueil d'élèves en lien pour permettre la finalisation d'un projet non encore abouti.

·         accueil en cours d'année, aide à la réalisation de projet de formation à court terme, accueil spécifique en cours d'année à la demande d'une autre équipe (proviseur, CPE).

 

Une action portée par une équipe intégrée au sein d'un établissement scolaire.

 

L'équipe de La Ville Pour Ecole est composée de trois enseignantes à temps complet. La répartition des tâches au sein de l'équipe s'opère de la façon suivante:

 

1) Des fonctions et tâches communes à l'ensemble de l'équipe:

 

·         Tutorat : chaque enseignante a en charge un groupe de 8 ou 9 élèves.

·         Atelier analyse des stages, analyse de pratique.

·         Recherche de stages, aide à la rédaction de documents.

·         Conception et mise en place des outils d'accompagnement et d'évaluation.

·         Visites de fin de stage. Liens avec les personnes ressources. Gestion de la base de données entreprises.

·         Suivi d'orientation et aide à l'élaboration du projet de chaque élève.

·         Gestion des absences et des retards.

·         Liens et rendez-vous réguliers avec les parents, les éducateurs.

·         Organisation des conseils de classe et conseils de progrès.

·         Permanence administrative, gestion des appels téléphoniques.

·         Réunions d'information, réunions de parents.

·         Entretiens de recrutement des futurs élèves. Suivi des candidatures. Présentation

des dossiers.

·         Animation et rédaction du projet « Photographe en résidence » au sein de La Ville Pour Ecole.

·         Organisation d'activités hors les murs et des compléments de formation.

 


 

2.       Des fonctions et tâches réparties entre les trois enseignantes selon la spécificité et les compétences de chacune:

 

Céline Allainmat:

·         Encadrement pédagogique de l'Atelier projet Personnel. Suivi d'orientation.

·         Unité de formation: « éducation à la santé ». Prévention des comportements à risque.

·         Unité de formation: « éducation à l'image ».

·         Mise en oeuvre et actualisation d'un réseau de partenaires associatifs, socio-éducatifs, professionnels de l'orientation et de la santé spécialisés dans le suivi des adolescents et jeunes adultes.

·         Actions de soutien à la parentalité ( Forum des parents).

·         Relations institutionnelles. Interventions extérieures. Réunions d'information.

·         Travaux d'écriture, rapports d'activités.

 

Sophie Eberhard:

·         Accompagnement en Anglais.

·         Encadrement pédagogique de la Boutique de Formation Individualisée.

·         Encadrement des activités liées aux nouvelles technologies.

·         Unité de formation: « éducation artistique »

·         Unité de formation: « Initiation à l'Art contemporain 

·         Rédaction et actualisation des documents de suivi de stage.

·         Rédaction, gestion et actualisation de documents administratifs relatifs au suivi des élèves.

 

Farida Chibane:

- Encadrement en français. Méthodologie de l'écrit, expression et communication orale.

- Soutien en français, Français Langue Etrangère.

- Unité de formation: initiation à l'espagnol.

- Organisations de sorties et séjours culturels.

-Rédaction, gestion et actualisation de documents administratifs relatifs au suivi des élèves.

- Suivi et bilans financiers, gestion des commandes.

- Suivi des subventions. Relations avec Madame Verdier-Petit, intendante du lycée Jean Lurçat.

 

L'équipe de la Ville Pour Ecole bénéficie par ailleurs de la présence deux heures par semaine des interventions de Jacques Tenier, professeur de Mathématiques qui encadre un Atelier Culture Scientifique et Mathématique destiné à offrir aux élèves une remise à niveau mais aussi et surtout une réconciliation avec des disciplines auxquelles ils sont souvent réfractaires. D'autre part, l'équipe permanente fait appel régulièrement à des intervenants (théâtre, musique, arts plastiques) rémunérés grâce au soutien financier accordé par la région Ile de France (opération Réussite pour tous) et la Mission Générale d'Insertion.

D'autre part, l'équipe de La Ville Pour Ecole voit son action de scolarisation des élèves décrocheurs accompagnée et étayée par la communauté éducative du lycée Jean Lurçat : Proviseure et proviseure-adjoint, C.P.E, surveillants mais aussi infirmière, assistante sociale et documentaliste.

C'est pourquoi, l'intégration au sein d'un établissement scolaire est essentielle pour nous. En effet, La Ville Pour Ecole n'a pas pour nous vocation d'être « un tout en soi ». L'intégration au sein du lycée Jean Lurçat constitue pour beaucoup la preuve d'une vraie réintégration dans le cadre scolaire et participe ainsi pleinement à ce sentiment de retour à l'école. Cette conviction de l'équipe est sans cesse renforcée par les sentiments très positifs exprimés à ce sujet par les élèves et leur famille, et par la nécessité de préparer vraiment nos élèves à une future intégration dans d'autres lieux d'apprentissages. La Ville Pour Ecole s'inscrit donc pleinement dans le projet d'établissement. Les actions de prévention et de remédiation du décrochage scolaire doivent se situer en amont et en aval. Aussi, les enseignantes de cette structure spécifique ont, sur proposition de Madame Dauphin souhaité participer à la mise en place en 2008-2009 d'une équipe relais destiné à aider les élèves en difficultés au sein du lycée Jean Lurçat. De plus, le projet « photographe en résidence » est pour les enseignants et les élèves de LVPE, une occasion supplémentaire et incontournable de renforcer les liens existant avec l'ensemble de la communauté éducative du lycée Jean Lurçat.

 

 

 

BILAN D’ETAPE – juin 2009

 

 

Modalités spécifiques de mise en œuvre

 

            1  Projet photographe en résidence

            2. Stages et visites de stage

            3. Présentation de Curiosité

            4. Travail avec les parents

            5. Conseil de Classe

            6. Cas d’école

            7. Documents et compléments d’information.

 

 

 

1.Projet Photographe en résidence :

 

...... Le travail en partenariat avec la Maison du Geste et de l’Image nous a offert l’opportunité d’accueillir,

au sein de la classe, un photographe en résidence. La rencontre avec Eric Aupol a mis en lumière ce qui  pouvait être la construction d’un véritable lieu-commun. Le lycée Jean Lurçat, engagé dans une longue période de travaux, a été prétexte à l’idée de laisser trace de cet éphémère que constituait le chantier mais aussi les ouvriers. Les réalisations de portraits et autoportraits d’élèves,  d’enseignants, et de tous ceux qui dans la communauté du lycée acceptent de se laisser prendre au jeu viendront témoigner de ce lieu de passage et de transition qu’est le lycée.

 

« (…) Ma présence sur cette première étape s’est faite sur le site Patay, où, avec les élèves de La Ville Pour Ecole, s’est peu à peu dessinée une collaboration complète et, pour moi, inédite, dont l’objectif est de réaliser un ensemble de portraits des différents « corps sociaux », présents au moment de la rénovation du lieu. Ouvriers, personnel de service, enseignants, direction et élèves se sont prêtés au jeu de la pose, frontale et en noir et blanc. Cet ensemble, d’une dizaine d’images, tirées en 50 / 70 cm, sur transparent, pourraient être installé, de façon pérenne, dans le nouveau réfectoire de l’établissement, véritable cube de verre ouvert dans un même temps sur le lycée et sur l’extérieur. En redoublant la transparence du lieu par celle des photographies, il s’agit de créer un dialogue (par la lumière et ses capacités à modifier la perception d’un espace) entre deux temporalités,  comme  une  possible mise en regard de la mémoire. La fréquentation du lieu par les élèves et le personnel du lycée permettra enfin, j’en suis sûr, de créer une familiarité entre le public et l’œuvre in situ. »

Eric Aupol, photographe en résidence.

 

 


 

2. Stages et visites de stages

 

La visite de stage est un moment important du déroulement du stage puisqu’il met très souvent en valeur les qualités de nos élèves que le contexte scolaire ne permet pas d’observer.

Elles se déroulent à la  fin de chaque séquence, au terme de quatre à cinq semaines de stage, et sont effectuées par le professeur référent.

L’objectif est initialement de s’assurer du bon déroulement du stage et d’observer le stagiaire en situation pratique.

 

D’autre part, ces visites sont pour l’équipe pédagogique, l’occasion de découvrir que l’élève intègre plus facilement les codes de l’entreprise que ceux de l’école, et qu’il s’y conforme : ponctualité, bonne observation des consignes, rapport différent avec l’adulte, mise en lumière de compétences non prises en compte et non reconnues par l’école et par l’élève lui-même lors de situations pédagogiques.

L’élève est souvent fier de montrer qu’il « sait faire » et qu’il « est capable de ».

 

Ces visites génèrent un échange avec la personne-ressources et le tuteur de stage qui permet à l’élève de mieux comprendre la non linéarité de certains parcours professionnels.

C’est également le moment d’introduire ou de préciser le travail préparatoire de la curiosité. L’enseignant et la personne-ressources, au sein du contexte professionnel, peuvent conseiller plus efficacement le stagiaire et permettre ainsi des interactions entre stage et école. Ainsi la spécificité « apprentissage productif » prend tout son sens.

 

De plus, ces visites nous  permettent  de réitérer l’expérience du stage avec d’autres élèves mais aussi d’élargir notre réseau de professionnels. Parfois même ces personnes ressources deviennent des employeurs dans le cadre de contrats en apprentissage.

L’échange avec la personne-ressources permet souvent à l’enseignant d’explorer des pistes d’orientation qu’il n’avait pas immédiatement envisagées pour le stagiaire.

 

Au-delà de l’aspect observation, ces visites offrent un retour constant sur les compétences de nos élèves et participent pleinement à une prise de confiance, à  un rapport à l’adulte plus apaisé et par là, à une meilleure intégration scolaire.

 


 

3. La présentation de Curiosités.

 

Le compte-rendu de stage, appelé « Curiosité » se présente sous la forme d’un exposé oral présenté au reste de la classe enrichi de supports les plus divers. Quelques exemples de curiosités pour cette année scolaire :

 

·         Historique de la boisson Coca-Cola (stage en service restauration)

·         Création d’un CD à partir de l’enregistrement d’une émission radio (stage dans une station de radio, Radio Clype – 75013 Paris)

·         Concours de compositions florales (stages chez un fleuriste)

·         Histoire et dégustation de « Kanelbullar » (stage chez un pâtissier)

·         Les peintres féroïens (stage dans une galerie d’art)

·         Démonstration d’un maquillage de jour,

 

 

La Curiosité  apparaît comme un moment essentiel de l’aboutissement du travail de l’élève. Ce moment est très apprécié et attendu par nos élèves. Cette présentation  nécessite l’utilisation d’outils informatiques et numériques (projection des travaux, interventions photographiées et filmées) et des achats divers (fleurs, supports papiers, denrées alimentaires dans le cas de stages en cuisine ou restauration…). Des supports photos, vidéo, archives viennent agrémenter le travail de l’élève. L’outil informatique aide non seulement au travail de recherche documentaire mais aussi à la présentation.

Nous souhaiterions aujourd’hui améliorer les supports de présentation et organiser des présentations de curiosités dans la ville, par exemple, organiser une visite d’une exposition photo dans le cadre d’un stage auprès d’un photographe, ou la visite d’un jardin botanique.

 

Dans le cadre d’un stage chez un fleuriste, Mathilde décide comme présentation de curiosité, d’apprendre aux élèves et enseignants de la classe les règles de la réalisation d’une composition florale. Pour ce faire, elle désigne deux groupes d’élèves qui ont alors pour consigne de réaliser la même composition que celle que Mathilde construit sous les yeux de la classe et qui servira de modèle aux groupes de novices.  Elle organise entre eux un véritable concours puis désigne à la fin le meilleur des deux groupes sans manquer d’expliquer dans le détail les raisons de son choix. Mathilde est une élève qui est très souvent en conflit avec les adultes et en particulier avec les enseignants dont elle n’hésite pas à contester la légitimité. Lors de cette présentation, se retrouvant en position d’encadrer des élèves, elle révèle une tendance à l’autoritarisme et supporte mal la dissipation  de ces camarades lorsqu’elle explique ou donne des consignes.

 

 

 

 

 


 

4. Le travail avec les parents

 

Etre parent d’un  « mauvais élève »  ou pire d’un élève en rupture scolaire, d’un « décrocheur » c’est se vivre comme un « mauvais parent », un père une mère ou un couple parental qui a failli. Ce sentiment ne saurait être attribué uniquement à la culpabilité des parents . L’école, l’institution scolaire s’adresse encore trop souvent  à ces parents là comme à des fautifs. Parents trop absents, trop présents, laxistes ou qui exigent trop. Parents parfois stigmatisés comme en miroir de leur enfant.

A La Ville Pour Ecole, très vite il nous a paru évident que nous ne pouvions faire l’économie du travail avec les parents. En effet, toute économie de temps qui se ferait là, se révèlerait  couteuse pour les élèves et pour le travail que nous engageons avec eux. Alors, la réalité s’est  imposée : nous devions «  faire avec » les parents ou les adultes référents  légaux (éducateurs, tuteurs) de nos élèves pour les accompagner.

Cependant, pour que ce « faire avec » ait un sens, il nous a fallu au fil du temps en construire, en modifier, en améliorer  le cadre.

 

Pour mettre en place un tel travail, il faut donc avant tout réfléchir aux conditions essentielles pour sa mise en œuvre. Voici quelques unes des conditions qui réalisent à nos yeux la construction d’un cadre favorable au travail avec les parents qui parfois dans les moments de crise se révèle être un véritable travail d’accompagnement à la parentalité.

 

-l’enseignant dans un tel cadre doit accepter de sortir du rôle unique de transmetteur de savoir.  Adhérer  à un tel principe, exige de chacun de construire une nouvelle façon d’exercer sa fonction. Sortir par exemple du rôle de l’enseignant pour accepter d’être un temps, un adulte référent qui accompagne  un adolescent  qui n’est pas qu’un élève. 

 

- Dans la mesure du possible les parents sont ici considérés comme des partenaires  légitimes de l’école dans l’accompagnement de leur enfant  tout long de son parcours au sein de La Ville Pour Ecole. Parfois les parents réalisent avec leur enfant et  l’école une véritable alliance, qui favorise la réussite du retour à l’école.

 

-Dès la réunion d’information, préalable à toute inscription à La Ville Pour Ecole, les parents entendent qu’ils seront régulièrement sollicités par l’équipe en cas d’intégration de leur enfant au sein de La Ville Pour Ecole.

 

- Au cours de l’entretien, ce principe  est rappelé au candidat. Les réactions des candidats ne font l’objet d’aucun jugement de valeur. Elles permettent de poser à nouveau ce principe d’un travail commun mais aussi de mieux appréhender le climat familial et les conditions de vie affectives du candidat. Il est d’ailleurs tout fait essentiel de noter que malgré des relations familiales souvent  très tendues concernant la question scolaire, la très grande majorité des jeunes répondent qu’ils ne voient aucun obstacle à ce que leurs parents soient sollicités et associés à leur parcours.

 

- Il s’agit donc là de réaliser une alliance pédagogique avec les adultes (parents et/ou éducateurs) qui se préoccupent de l’avenir de nos élèves. Cependant, il est essentiel de préciser  que jamais cette alliance ne peut se faire en excluant le principal concerné qui doit rester le premier acteur de son projet. C’est ainsi que nous ne recevons jamais les parents et/ou éducateurs en l’absence des élèves. Cette règle est valable lors des conseils de classe : lorsqu’un élève choisit  de ne pas  venir au conseil nous ne parlons pas de lui quitte à lui proposer plus tard une réunion de synthèse individuelle. Parents  et  élèves sont informés de ce principe.

 

-Les parent eux-aussi, doivent être  informés dès le premier contact  qu’ils auront la possibilité, quand en éprouveront le besoin, d’entrer en relation  avec l’équipe pédagogique et en particulier avec le référent de leur enfant.

 

- Des conditions matérielles doivent être réunies afin de favoriser les contacts avec les parents ou les référents des élèves. Ainsi, les parents bénéficient de la possibilité de joindre l’équipe directement par téléphone ou par  mail.

 

- L’équipe pédagogique met en place les moyens pour que chaque enseignant  puisse  se rendre disponible pour les parents lorsque c’est nécessaire. Elle considère comme une priorité de répondre à leurs demandes de rendez-vous ou d’information et devant les difficultés rencontrées n’hésite pas à solliciter l’aide des parents.

 

- Un questionnaire est envoyé aux parents à la fin de l’année  scolaire afin de permettre à l’équipe de mieux appréhender cet aspect de son travail.

 

De mère en fils…..

Madame W. est la mère de Armand, un élève qui entretient avec l’équipe une relation complexe faite d’attentes déçues, de fausses promesses et de vrais manquements aux règles. Sa présence en cours est très irrégulière et il se montre très réticent à effectuer des stages. Il est très difficile de parler avec Armand qui se prétend incompris voire persécuté par les enseignants. Très régulièrement nous tenons la mère de Armand au courant des absences et des difficultés de son fils ce qui nous permet d’avoir une idée plus juste du fonctionnement du jeune homme. Ainsi, cet élève très systématiquement absent en cours est cependant étrangement présent tous les lundis matins. C’est au cours d’une conversation avec sa mère que nous perçons le secret de cette énigme. Sa mère étant commerçante, son jour de congé hebdomadaire est  le lundi. Ce jour-là,  Armand se sent donc dans l’obligation de se rendre en cours ! Les relations de Armand avec l’équipe sont si difficiles, son projet si peu précis que nous sommes amenées à craindre qu’il ne décroche à nouveau. Il nous paraît donc indispensable de proposer  un rendez-vous à Armand et à sa mère. Pendant ce rendez-vous, Armand se montre tour à tour, très agressif envers  les enseignantes, verbalement violent avec sa mère et très vulnérable. Il tente de garder une position de prestance qui paradoxalement révèle sa fragilité. Au cours de la rencontre  devant la violence  nous proposons à Armand de sortir un instant pour  reprendre son calme. C’est alors que le jeune homme s’est absenté, que sa mère peut dire quelque chose de ses propres difficultés : «  c’est compliqué pour moi parce que je sais ce qu’il vit, je m’en suis sortie maintenant mais j’étais comme lui à son âge…Je n’allais pas à l’école. Je lui dis des choses mais au fond je sais que je ne suis pas crédible ». Alors que nous l’encourageons à parler vraiment à son fils de sa propre histoire scolaire, elle nous avoue qu’elle a toujours honte malgré sa réussite sociale de son passé de « mauvais élève ». Ainsi, la honte ressentie dans l’enfance est réactualisée par la situation de son fils et  à ce sentiment ancien s’ajoute aussi le sentiment de n’être pas à la hauteur en tant que mère. Les réactions d’Armand (démonstrations de prestance) semblent bien en miroir de l’humiliation maternelle  et  entravent  sa construction personnelle. Nous espérons qu’une parole vraie sur l’histoire de sa mère pourra l’aider à s’en dégager….

 

 

5. Le conseil de Classe

Le conseil de classe est un moment essentiel d’une séquence de travail à La Ville Pour Ecole. Il réunit non seulement l’équipe pédagogique au complet mais aussi les élèves, les parents (ou éducateurs) et les grands témoins. Le grand témoin est en quelque sorte un compagnon de route de l’équipe et des élèves de La Ville Pour Ecole : tuteur de stage, institutionnel, parent d’ancien élève.

Chaque élève doit présenter son bilan personnel de la séquence qui vient de s’écouler. Ce bilan est préparé en classe, lors de l’atelier Projet Personnel. Dans ce bilan, l’élève est amené à  donner sa version des difficultés rencontrées et des progrès accomplis. Il met aussi souvent l’accent sur les points qui peuvent préoccuper en premier lieu l’équipe pédagogique et les parents : les éventuels retards et absences. A cette présentation subjective et voulue comme telle puisque l’élève est mis dans l’obligation de dire « je » et donc dans la mesure de « son possible » de se situer comme sujet de son histoire scolaire à La Ville  Pour Ecole, succède une autre vision (tout aussi subjective) qui est celle des différents membres de l’équipe éducative. Il nous parait essentiel toujours de mettre l’accent sur  les « possibles » , plutôt que sur les ratés, d’éviter les jugements de valeur et de mettre  en lumière ce qui a été accompli (ou n’a pas pu l’être) au regard de la réalité des projets annoncés par l’élève lui-même . Le professeur référent de l’élève est sollicité à plusieurs niveaux, membre à part entière de l’équipe pédagogique qui se prononce en tant que tel,  il doit aussi parfois comme « tuteur » de l’élève concerné étayer sa parole, la faciliter et faire le lien entre l’élève et l’équipe pédagogique. 

 

De sa place singulière, le grand témoin apporte un regard décalé, une parole tierce et ainsi une vision différente des progrès, des difficultés, et des projets de l’élève concerné.

 

Lors du conseil de classe de février 2008, Jacques Bonnisseau, ancien coordinateur de La Ville Pour Ecole était grand témoin. A. explique en présentant son travail de la dernière séquence qu’il a, à plusieurs reprises abandonné des stages parce « qu’il n’aimait pas ce qu’il faisait ». Jacques Bonnisseau va reprendre ce point dans son intervention de fin de conseil et s’adressant à A. mais aussi à travers lui à tous les autres élèves, il explique qu’il n’a jamais autant appris et progressé que lorsqu’il s’est forcé à faire quelque chose qu’il n’aimait pas. Il évoque ainsi la fierté que l’on peut éprouver lorsqu’on réussit quelque chose de difficile pour soi.

Les parents sont toujours très sollicités par le conseil de classe. Ils sont très nombreux à venir, parfois en couple et même (ce n’est pas rare) en couple de parents séparés qui se retrouvent là pour entendre leur enfant et les adultes qui l’accompagnent lors de son année. Le dernier conseil de l’année est un moment particulièrement riche car il est le temps des bilans et des projets. Très souvent c’est lors de cet ultime conseil en commun que les parents souhaitent prendre la parole pour féliciter leur enfant. Ce moment est aussi souvent celui où l’on évoque avec parfois beaucoup d’émotions les difficultés passées et l’espoir placé dans l’avenir. Parfois, un parent évoque pudiquement, les nécessaires remaniements de certains idéaux parentaux et/ou familiaux confrontés à un enfant qui se sépare d’eux et paradoxalement leur soulagement à le voir construire ses propres projets en toute autonomie.

 

 

Tout au long de l’année, la mère de Théo s’est montrée présente sans jamais cependant intervenir de façon intrusive dans le lien fort et positif que son fils entretenait avec l’équipe et plus particulièrement avec sa référente. Lors du dernier conseil de classe, alors que Théo après un parcours particulièrement réussi à LVPE a choisi d’entreprendre un CAP service-restauration en CFA, elle demande à prendre la parole. Elle nous dit avec beaucoup d’émotion qu’elle avait rêvé pour son fils d’une carrière de journaliste (elle est responsable du service photo d’un quotidien national), qu’elle regrette un peu qu’il veuille arrêter si vite l’école mais  respecte cette décision parce qu’elle sent que pour son fils c’est un vrai choix personnel et qu’elle sait que la décision lui appartient à lui, quoiqu’il lui en coûte à elle.

 


 

6. Cas d’école.

 

Constant :

Depuis longtemps ses parents sont séparés et tous deux isolés et en grande souffrance. Bon élève, Constant entre en seconde sans grandes difficultés. Il vit alors depuis quelques années avec son père, un homme très fragilisé tant sur le plan physique que psychologique. C’est au cours de cette année de seconde que Constant « décroche » peu à peu, entraîné semble-t-il  par la « noyade »  de son père, un homme de plus en plus malade et qui ne sort plus de chez lui.  Il est alors scolarisé dans le meilleur lycée d’une banlieue cossue. Le soutien de ses professeurs inquiets  de son devenir et la sollicitude de l’équipe éducative de son lycée seront impuissants, Constant ne viendra plus en classe. Passant ses journées à dormir, ses nuits sont consacrées au jeu vidéo WarCraft. Il fera d’ailleurs l’objet d’un signalement auprès du juge des enfants et bénéficiera d’une mesure d’AEMO  qui lui permettra de trouver l’aide d’une éducatrice. Celle-ci, se révélera essentielle dans son histoire et sera en partie à l’origine de la rencontre avec notre équipe.

Après une année de déscolarisation, Constant a 17 ans lorsqu’il entre à La Ville Pour Ecole. Nous sommes  en  septembre et durant l’été le père de Constant est mort, le jeune homme vit désormais avec sa mère. Il se présente  comme un élève particulièrement sérieux, rigoureux, ponctuel et révèle une vraie appétence scolaire qui tranche avec le profil de beaucoup de nos  élèves. Avec l’équipe, Constant se montre tout d’abord réservé, presque méfiant. Peu à peu cependant, entre le jeune homme, son éducatrice et l’équipe pédagogique une véritable alliance a pu se nouer qui a permis à Constant  de confier à des adultes de confiance, ses désarrois et ses difficultés. La cohabitation avec sa mère tournant vite au conflit ouvert, voire violent et Constant se voit contraint de quitter le domicile maternel. Son éducatrice travaillera dès lors pour qu’un logement soit attribué à Constant par l’Aide Sociale à l’Enfance. Le souhait de Constant étant d’ intégrer en fin d’année une première STG nous lui avons proposé un stage auprès de l’intendante du lycée jean Lurçat. Ce stage a non seulement confirmé le choix d’orientation de Constant mais lui a aussi permis de nouer des liens forts avec son lycée et d’autres adultes de référence. En septembre dernier, Constant a donc intégré une classe de première au lycée Jean Lurçat et ses bulletins de notes attestent de sa détermination à réussir dans la voie qu’il a choisie.

 

Fatoumata :

Arrivée du Sénégal dix-huit mois auparavant pour aider ses parents, cette jeune fille, élevée depuis son plus jeune âge par sa tante est littéralement perdue dans sa nouvelle vie. Elle est déscolarisée depuis son arrivée et consacre ses journées aux tâches ménagères et aux enfants de la famille dont elle a la charge. Son père, un imposant marabout, veille sur elle à sa manière, l’accompagnant dans ses démarches, la guidant dans sa découverte des transports en commun parisiens. Fatoumata entre à La Ville Pour Ecole sans trop comprendre probablement où elle met les pieds mais elle est soulagée de sortir de chez elle et surtout de pouvoir nouer des liens avec des jeunes de son âge.

 

Malgré une adaptation assez remarquable à ce nouveau contexte Fatoumata est en difficulté à La Ville Pour Ecole. Elle a en effet été déscolarisée pendant presque deux et n’a suivi qu’une scolarité limitée dans son pays d’origine. C’est pourquoi, une enseignante de l’équipe consacrera de nombreuses heures à soutenir Fatoumata dans sa progression en français. En stage, elle est plutôt sérieuse mais un peu apathique et comme beaucoup de jeunes dans sa situation, elle va vers ce qu’elle croit connaître, c’est à dire la vente ce qui ne lui réussit pas toujours tant elle est inhibée. Un stage cependant va ravir la jeune fille, il s’agit d’une expérience auprès d’une institutrice de petite section d’école maternelle. A la fin de ce stage, Fatoumata exprimera le souhait de travailler dans le domaine de la petite enfance. Cependant à la fin d’une première année passée à LVPE et malgré les vrais progrès effectués, le niveau d’autonomie de la jeune fille n’est pas encore assez assuré pour lui permettre l’élaboration d’un projet de formation. Nous décidons de faire un exception  et de lui proposer d’effectuer une deuxième année dans notre classe.  Durant cette année de consolidation Fatoumata précisera son désir de travailler dans le secteur de la petite enfance, elle rêve désormais d’entrer en CAP Petite Enfance. Malheureusement, le niveau scolaire de cette élève reste très en deçà du niveau d’exigence d’une telle formation. Fatoumata est pourtant déterminée à ne pas explorer d’autres pistes tant elle est persuadée d’avoir trouver sa voie. Pour l’équipe et pour la conseillère d’orientation qui nous a adressé Fatoumata c’est un véritable crève-cœur puisqu’il ne s’agit plus d’aider la jeune fille à concrétiser son projet mais bien de trouver une solution de remplacement réaliste. Nous souhaitions pour cette jeune fille encore fragile un établissement « familial » et acceptant des élèves de petit niveau mais désireux d’appendre. Nous encouragerons donc F. a se rendre  aux journées portes-ouvertes du lycée Edmond Rostand. Rassurée par l’accueil reçu par les professeurs et les élèves de ce lycée Fatoumata sera très heureuse d’être acceptée au sein du CAP Employé Technique de Collectivité. Nous avons revu Fatoumata qui se prépare aujourd’hui à entrer en 2ème année de ce même CAP.

 

Karim

Karim est un jeune homme de 18 ans qui nous est adressé par un conseiller d’Orientation mais qui n’est pas inconnu au lycée Jean Lurçat puisqu’il était inscrit dans ce même lycée dans les sections professionnelles en BEP Vente Action Marchande. Dans cette formation il s’est montré réticent, absent et difficile avec  les enseignants. Il entretenait cependant des relations satisfaisantes avec certains membres de la communauté éducative tel que la CPE. Durant quelques semaines Karim est un élève coopératif, sympathique qui semble s’intégrer parfaitement dans la classe. Puis Karim montre un autre visage, inconstant, imprévisible, souvent en conflit avec l’équipe. Il abandonne régulièrement les stages sur un coup de tête et a le plus grand mal à se tenir aux règles qui régissent une scolarité à LVPE. Très absent à certaines périodes, systématiquement en retard, il ne semble pas profiter réellement de son inscription au sein de notre structure. Pourtant il ne décroche pas et semble malgré tout maintenir une relation, un lien avec l’équipe.  C’est à l’occasion d’un stage comme animateur au sein d’un centre de loisirs qu’il trouvera un projet de formation auquel il pourra adhérer. Malgré sa nonchalance parfois et les difficultés à se structurer qui sont encore les siennes, a pu, encouragé fermement par sa référente au sein de l’équipe trouver une voie possible d’orientation. C’est ainsi que Karim est aujourd’hui inscrit dans un CFA pour y entreprendre une formation d’animateur. Karim a trouvé son employeur au sein même du centre dans lequel il a effectué deux stages plutôt réussis.

 

 

Mariam

Mariam est une jeune fille de 17 ans qui vit en foyer et bénéficie d’un suivi éducatif depuis plusieurs années. D’origine sénégalaise, elle entretient aujourd’hui une relation plus apaisée avec sa mère avec laquelle elle a pourtant connu des périodes de très grands conflits. Ayant décroché dans les premières années du collège, elle a été inscrite dans des dispositifs éducatifs spécifiques ce qui lui a permis d’effectuer de nombreux stages. C’est ainsi que Mariam s’est découvert une vraie vocation pour la relation d’aide, le soin et l’accompagnement auprès des personnes âgées et des enfants. C’est d’ailleurs dans le secteur de la petite enfance que Mariam effectuera la plupart de ses stages à La Ville Pour Ecole. Elle se révélera sérieuse, réfléchie, attentive et particulièrement désireuse d’apprendre. Toutes les personnes qui l’ont reçue en stage font d’elle un portrait très élogieux. Très en confiance dans ses expériences de stage Mariam reste en très grande difficulté sur le plan scolaire. Cette jeune fille très intelligente  a le plus grand mal en effet à combler les lacunes accumulées lors de ses années de rupture scolaire. Ce d’autant plus qu’elle vit parfois les cours dans une torpeur angoissée qui la conduit souvent à dormir, la tête entre les bras. Comme un certain nombre d’élèves de La Ville Pour Ecole, Mariam qui se révèle compétence et déterminée en stage, entretient avec l’école une relation qui reste douloureuse malgré les liens positifs qui l’unissent à l’équipe enseignante. C’est pourquoi nous ne pouvions qu’encourager Mariam dans le projet qui prenait forme dans son esprit. Il s’agissait pour elle d’entrer en CAP petite Enfance au sein d’un Centre de Formation des Apprentis. Mariam a su se montrer persévérante et déterminée tout au long de l’année mais après avoir constitué son dossier d’inscription et envoyé de très nombreuses lettres de recherche de poste d’apprenti, elle a semblé s’essouffler un peu, très angoissée par la perspective de ne pas être retenue. Ainsi, c’est dans les dernières semaines d’une année à La Ville Pour Ecole que le travail de suivi de l’équipe reste essentiel, puisqu’il s’agit de ne pas lâcher la main des élèves restés fragiles avant d’être sûrs qu’ils aient trouvé un nouveau port d’attache.

 

 

Documents divers et compléments d’information

La Ville Pour Ecole- Année 2008-2009- Orientation des élèves

Nom

Prénom

Orientation 2009-2010

Ambroisie

Christopher

indéterminée

Auburtin

Eric

Lycée Intégral-2nde –Module de détermination

Boukhara

Zineb

Vie active-restauration

Brunschweiler

Simon

Cfa restauration/hôtellerie Bac pro services

Burnand

Adrien

2nde de détermination.

Cannamela

Jean

Vie active (Etats-Unis)

De linares

Clémence

BEP Carrières Sanitaires et sociales

Del Rossi

Emilia

Indéterminée

Diawara

Mariam

Cfa Bep Carrières Sanitaires et Sociales/Mission locale

Gaubert

Julie

Indéterminée

Guims

Mathilde

Cfa de l’école des fleuristes-CAP fleuriste

Giraud-Rouabah

Léo

Cfa CEPROC-CAP restauration-service

Goule

Aristide

Ecole d’Aides-Soignants

Kouyate

Mamy

Cfa Paris-Académie-entreprise-CAP petite enfance

Kucharski

Erwan

Terminale L. ( LTC)

Laupen

Andrew

Indéterminée (pour raison de santé)

Manini-Liaigre

Mathys

2nde de détermination (L.A.P)

Mbogol

Françoise

CFA Stephenson-CAP employé de commerce

Mbogol

Sarah

CFA Stephenson-CAP employé de commerce

Rabhi

Amine

CFA Transfaire.BAPAAT.

Tschijik

Arnaud

Cadets de la République

Vasseur

Bastien

Bac Pro. SEN Télécommunications et réseaux

Zayas

Carmina

Cfa Des métiers d’Art. CAP ébénisterie.

 

La Ville Pour Ecole

 

                                                           Bilan recrutement  juin 2009

 

1)      

Réunions d’information

Cinq  réunions d’information ont été organisées entre mars 2009 et juin 2009:

-12 mars 2009

-09 avril 2009

-14 mai 2009

-18 juin 2009

-26 juin 2009

 

2)       Nombre de participants

Lors de ces réunions nous avons accueilli  plus de 150 participants: candidats, parents, éducateurs, conseillers d’orientation, assistantes sociales, institutionnels divers.

 

3)       Candidatures et entretiens

 58 candidats potentiels ont souhaité être contactés par l’équipe de La Ville Pour Ecole afin d’être reçus en entretien individuel. Tous se sont vus proposer  un rendez-vous individuel  avec une des enseignantes-coordinatrices.

16 candidats n’ont pas donné suite à cette proposition et/ ou ne sont pas venus au rendez-vous.

33 candidats ont effectivement été reçus en entretien durant le mois de juin.

36 entretiens ont donc été effectivement réalisés.

 

4)       Bilan provisoire du  recrutement pour l’année 2009-2010

23  candidatures ont été retenues à ce jour.

5 candidats se sont vus proposer un deuxième entretien avec  une autre enseignante de La Ville Pour Ecole.

3 candidats ont été retenus à la suite du deuxième entretien.

7 candidatures n’ont pas été retenues et dans la mesure du possible une autre proposition d’orientation a été formulée.

 

Insertion scolaire et/ou professionnelle des anciens élèves de LVPE

Nom

Prénom

Année d’inscription

Formation et/ou emploi

Chalon

Jérémy

1997/1998

Chargé de prévention Solidarité sida.

Ciesco

Jérome

1997/1998

Hôtellerie -gestion

Gilbert

Vincent

1998/1999

gendarme

Hoang

Emile

1998/1999

Restauration/chef de rang

Audebert

Carole-Anne

1998/1999

Manager chez Starbust café

Hubert

Shana

1998/1999

Comédienne

Ouaky

Fanny

1998/1999

BTS commerce/Marketing

M’gono

Solange

1998/1999

Aide-soignante

De Feligonde

Emmanuel

1998/1999

Informatique(vente/conseils)

Tsaï

Alexandre

1998/1999

Elève infirmier

Lecerf

Charlotte

1999/2000

Ecole de décorateur / standardiste

Alvarez

lise

1999/2000

Globe Trotter

De Grailly

Etienne

1999/2000

Gérant de société de production

Cambi

Loris

2000/2001

Informaticien

Chignardet

Edouard

2000/2001

Chargé de formation. Institut linguistique.

Parisy

Alban

2001/2002

Vente en animalerie/DAEU

Dray

Jennifer

2002/2003

Atsem

Virlogeux

Etienne

2002/2003

Animateur

Dunnet

Douglas

2003/2004

Bac L- Deug de Philo

Mendes

Abdoulaï

2003/2004

Bac pro electro

Delmas

Victoria

2004/2005

Bac L .Fac de lettres

Collet

Gauthier

2004/2005

CFA vente en librairie

Flescher

Anastasia

2004/2005

BacL. Fac de lettres

Flesh

Victor

2005/2006

Commando marine

Jambot

Séverine

2005/2006

Web Master/Bac pro photo

Sevestre

Erwan

2005/2006

CAP graphiste

Bonnefond

Camille

2006/2007

CAP vente en librairie

Calmels

Cécile

2006/2007

CAP coiffure

Bellala

Wassil

2006/2007

Bac Pro vente

Degruelle

Arthur

2006/2007

Ecole de musique

Salvador

Clément

2006/2007

Lycée Autogéré

Beauvillain

Jenny

2007-2008

CAP photographie. Lycée Brassaï

Delattre

Agathe

2007-2008

CAP dessinateur. Communication graphique

Djitte

Adama

2007-2008

CAP Assistant Technique en milieu familial et collectif

Cornu

Geoffrey

2007-2008

CFA BEP vente

Delauney

Injy

2007-2008

2nde générale.

Josseaume

Clément

2007-2008

1ère STG. Lycée Jean Lurçat

Imbert

Thomas

2007-2008

Lycée Autogéré de Paris

Bagdadi

Hamdi

2007-2008

Première L.

Fesin

Jordan

2007-2008

CAP vente en librairie.

Zone de Texte: *Cette liste n’est pas exhaustive et pourra être complétée au fil des nouvelles informations reçues.
 

 

 

 

EVALUATION DU PROJET

 

Impacts envisagés:

- réduction de l'absentéisme,

- rescolarisation effective dans la durée;

- meilleure intégration dans le groupe classe.

- meilleure connaissance des réalités socio-professionnelles.

- liens renforcés et moins conflictuels avec les adultes (enseignants,parents, éducateurs).

- réduction des comportements à risques.

- meilleure maîtrise des nouvelles technologies.

·         construction d'un vrai projet de formation.

·         - orientation choisie

 

Evaluation:

 

- statistiques de présence en cours.

- diversité des stages effectués et des formations choisies comme indicateur d'une réelle individualisation des parcours et d'un vrai travail autour du projet personnel.

- étude longitudinale d'une cohorte d'élève représentative.

- entretiens avec d'anciens élèves, parents d'élèves, partenaires socio-éducatifs, enseignants et équipes éducatives des établissements d'accueil et lieux de formation.

- orientation aboutie à la fin de l'année.

- réussite à long terme sanctionnée par des diplômes et qualifications reconnues et valides.

- intégration socio-professionnelle réelle à plus long terme évaluée par une enquête sur le modèle « Insertion vie Active ».

 

 

L'équipe de La Ville Pour Ecole souhaite comme par le passé rendre compte de son action par les moyens suivants:

 

-Accueil d'enseignants et d'équipe socio-éducatives d'établissements français et étrangers.

-Participation aux manifestations concernant l'innovation pédagogique.

-Interventions.

-Travaux d'écriture.

·         Collaboration avec des universitaires tels que Marianne Hugon (Enseignante en sciences de l'Education à l'université Paris X).

Cependant les moyens proposés ici ne sont pas exclusifs et l'équipe reste disponible pour répondre aux propositions de suivi et d'évaluation de notre action émanant de la Mission académique « innovation et expérimentation ».

 


 

Nos principaux soutiens ont pour origine:

 

-la Région Ile de France à travers l'opération réussite pour tous depuis de nombreuses années.

- la Mission générale d'insertion: soutien financier en raison de l'accueil régulier de jeunes pris en charge par la M.G.I

- La Maison du Geste et de l'image concernant le projet annuel (2008-2009) de « photographie en résidence » : présence régulière d'un photographe, animation de divers ateliers , accueil du groupe classe , prêt de matériel, formations des enseignants.

 

Cependant, nous sommes convaincues que nous pourrions tirer un grand bénéfice de l'aide et des compétences de la Mission académique « innovation et expérimentation » notamment en matière:

 

-d'accès aux formations spécialisées : arts numériques, soutien à la parentalité, rédaction de projets, prévention des comportements à risque.

·         De partage d'expériences et de compétences.

·         d' accompagnement et de suivi de l'équipe et de son action.

·         d'aide à l'élaboration de projets

·         d'aide à la rédaction de travaux écrits rendant compte de l'action.

·         d'aide à l'évaluation des projets et actions menées.

 

 

Enfin, nous souhaiterions renforcer les liens avec d'autres équipes innovantes afin de multiplier les passerelles offertes à chaque élève qui ponctuellement ou plus durablement rencontre des obstacles à la réalisation de ses projets de vie.

 

 

  Innover

   Expérimenter

  Accompagner

  Évaluer

  Former



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