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I Lycée auto-géré de Paris
 

DESCRIPTION DU PROJET

 

L’académie de Paris a élaboré un projet académique cette année ; le dossier « structures expérimentales » a été intégré dans la politique du recteur à ce titre, en s’appuyant notamment sur l’article 34 de la loi d’orientation pour l’avenir de l’école.  Francis ALIN, IA-IPR EVS, est chargé de ce dossier au niveau académique, en liaison avec la mission « innovation et expérimentation ». Un travail approfondi de suivi, d’analyse et d’évaluation de ces structures est mis en place depuis trois ans dont les préconisations sont toujours d’actualité. Cette année a été l’occasion d’en traiter quelques-unes.

 

Le Lycée auto-géré de Paris

 

Le lycée autogéré de Paris (LAP) est une des quatre structures qui ont été créées il y a vingt ans et que l'on désigne communément comme les "établissements Savary". Trois grandes caractéristiques leur sont communes : ils recevaient jusqu’à présent leur budget de l'échelon national, revendiquent un fonctionnement autogéré et accueillent, pour une large part, des élèves en difficulté dans le système traditionnel.

 

 

 

MODALITES

 

n      Le LAP, un lycée général pour les décrocheurs

Les portes du LAP se sont ouvertes en septembre 1982, sous l'égide du Ministère Savary. Il s'agissait, pour le groupe d'enseignants et d'élèves rassemblé autour de Jean Lévi, de mettre en œuvre, à l'échelle d'un établissement, un projet inspiré de l'École autogérée de Marly et du Lycée expérimental d'Oslo (Norvège).

Le lycée occupe les locaux de la rue de Vaugirard depuis la rentrée 1984. C'est un lycée non sectorisé, gratuit, laïc et public. Le lycée accueille des élèves ayant eu des parcours scolaires très différents et nous souhaitons que ceux qui se croyaient sans avenir ou se sentaient mal ailleurs se remettent en route. Il ne s'agit pas d'imposer un parcours tout tracé dans notre établissement, mais d'essayer de délimiter le champ des choses possibles.

Dans celui-ci, les membres sont responsables de l'expérience vis-à-vis de l'extérieur et les élèves viennent pour acquérir une formation de niveau secondaire. Et ce qui est recherché, c'est la participation de tous aux actions et aux décisions qui se rapportent à la vie de l'établissement. La réflexion des enseignants a été nourrie de la lecture des praticiens et des théoriciens de l'Éducation nouvelle ; Piaget, Dewey, Neill et Freinet, et de la pédagogie institutionnelle, ainsi que de la participation à divers mouvements pédagogiques.

Dès l'origine, un certain nombre de principes :

— Mettre en pratique les valeurs et les règles de la démocratie à l'école ;
— Impliquer élèves et professeurs dans la gestion collective du lycée ;
— Redonner du sens aux apprentissages et mettre en commun les connaissances afin de se réaliser ;
— Donner une nouvelle chance aux exclus du système scolaire ;
— Rétablir des relations de confiance réciproque entre l'équipe éducative et les élèves.

Le LAP a choisi de n'avoir ni personnel de gestion, ni personnel de direction : toutes ces tâches sont à la charge des membres du lycée.

La gestion se fait principalement à travers quatre instances : l'Assemblée Générale, le Groupe de Base, la Réunion Générale de Gestion et les Commissions. Outre leur fonction gestionnaire et politique, ces instances ont une vocation éducative : elles exigent des élèves réflexion, responsabilité, esprit d'initiative.

Tous les membres du lycée sont volontaires pour y travailler, que ce soient les professeurs ou les élèves.

 

PREMIERES ANALYSES

 

 

Le Lycée Autogéré de Paris

 

Après trois années d’études et de suivi des dispositifs et pratiques mises en place, de rencontres et d’analyses avec les personnels, cinq points peuvent être dégagés :

 

1-       il y a un besoin réel de prendre en charge des élèves « décrocheurs » au niveau des formations de lycée général.

 

2-       Il importe alors de pouvoir leur proposer des formes alternatives aux situations d’éducation et de formation « traditionnelles » ;  on ne résout rien à proposer plus d’école pour ces profils d’élèves.

 

3-       Le projet de la structure LAP, élaboré il y a vingt ans et actualisé régulièrement, s’appuie sur la responsabilisation et l’implication de tous dans l’organisation et le fonctionnement des activités.  Ce type d’approche a trouvé son public et a pu faire ses preuves, compte tenu des besoins spécifiques.

 

4-       Afin d’optimiser les performances de ce type de structure, il importe de manière urgente et à présent prioritairement de lever les difficultés de toutes natures qui pèsent de plus en plus lourd sur la structure et sur le travail des équipes et des élèves (structure physique : les locaux, la logistique administrative, la configuration pédagogique, notamment le mode de recrutement des personnels, la liaison fonctionnelle)

 

5-       En conformité au projet pédagogique initial, des préconisations et des améliorations pédagogiques, organisationnelles, fonctionnelles peuvent être formulées à l’occasion d’une contractualisation sur objectifs de la structure.

 

Quelques mesures d’urgence à prendre pour consolider la structure

Extrait du rapport de suivi des structures expérimentales (mai 2005). 

 

?     En matière de moyens enseignants :

Moyens attribués par le Ministère à la rentrée 1982 : 24 postes avec cooptation par l’équipe

 

Moyens supplémentaires attribués depuis 1994 :

2 HSA par poste à temps plein, que les académies de rattachement (pour la moitié des personnels) ne veulent plus verser.

1/2 poste pour la coordination, attribué par le rectorat de Paris

Le Rectorat a également attribué un poste SASU inoccupé depuis plus de deux ans et un poste ATOSS depuis 1999.

A décider : transformer les postes enseignants en PEP, de sorte à permettre la régularisation des statuts et des origines académiques très diverses encore.

Evolution possible et progressive, au cas par cas, en fonction des mutations et départs à la retraite. Offre de postes à faire sur l’ensemble des disciplines sur Paris, et non seulement sur les disciplines excédentaires

 

?     En matière de locaux :

Le LAP est hébergé dans des locaux rue de Vaugirard, relevant du rectorat de Paris ; malgré quelques travaux de rénovation encore récents, l’état des salles, l’équipement et la sécurité ne sont pas forcément assurés. L’incendie de l’espace-restauration, dit « cafet », en avril 2004, est révélateur de l’état préoccupant de dégradation générale des installations. Actuellement, un Algeco dans l’espace-jardin, mis en place en décembre 2004, tient lieu d’espace collectif. Dans l’histoire de cette structure, le temporaire devient souvent du « temporaire définitif ».

A décider : la prise en charge par la région Ile de France des locaux pour conduire au mieux la rénovation et l’équipement de base comme tout autre lycée.

Les locaux restent donc propriétés de l’académie ; pas de « régionalisation » possible ou même envisagée. Cependant, des premiers contacts avec la Région permettre d’envisager une prise en charge « pédagogique » (manuels, équipements TICE) sur la base de projets.

 

?     En matière financière :

Le budget de fonctionnement du Lycée est jusqu’à cette année attribué par le Ministère. Il est de 106.470 €, en baisse de 10%. Jusqu’à présent inscrit sur le chapitre 36.71, à présent disparu, et reversé  sur le chapitre 37.81 globalisé.

Le lycée ne bénéficie d’aucune subvention extérieure, en particulier de la Région. Il peut exister des aides ponctuelles sur des projets précis Par ailleurs, le lycée avait reçu, au titre du FSL, 2.000 euros et 1.500 euros pour le FARS, pour le premier semestre 2003.

A décider : conserver ce budget de fonctionnement dans l’attente de toute autre contribution pour l’instant inexistante.

Pour la dernière année, une demande formelle du recteur est partie à la DESCO pour reconduction des moyens. Il faudra veiller à ce que la totalité du budget soit reversée dans la dotation académique.

 

?     En matière de statut juridique :

L’établissement dispose depuis plusieurs années déjà d’un numéro d’identification, et se trouve rattaché au lycée Jean Lurçat pour la gestion financière. Mais son statut juridique depuis l’origine n’a jamais été réglé, malgré les rapports de l’IG en 1994.

Dans le cadre du suivi,  cet aspect a été pris en charge par Francis Alin, IA-IPR EVS de l'académie de Paris. Selon lui, du point de vue pédagogique, le LAP n'est pas dérogatoire : il explore plus loin que d'autres EPLE l'autonomie qui leur est donnée par le décret de 1985 (pris après la naissance des "Savary"). En revanche, du point de vue juridique, bien des questions restent à trancher pour, à la fois, préserver ce qui fait l'originalité du LAP et l'intégrer dans l'académie tout en impliquant la Région. La solution que Francis Alin proposait d'explorer, sans nier qu'elle pourrait poser des problèmes juridiques, serait de faire du LAP une annexe du lycée Lurçat, ce qui lui donnerait une réelle existence institutionnelle et permettrait de résoudre des difficultés sur l'entretien des locaux et de l'équipement, par exemple. Il faudrait, par ailleurs, trouver des solutions pour garder le caractère autogestionnaire, peut-être en désignant pour un temps donné un membre de l'équipe comme adjoint du proviseur sur la structure.

Ce scénario peut déboucher sur un protocole avec le recteur, à l’instar du cas similaire du lycée d’Hérouville.

A décider : un contractualisation de l’établissement avec le rectorat, sur la base des éléments juridiques, financiers et pédagogiques.

Une contractualisation n’est envisageable qu’avec l’établissement-support en y associant la coordonnatrice du LAP. Sur ce scénario, des travaux sont engagés avec M. ALIN.

 

Propositions d’améliorations pédagogiques

Extrait du rapport de suivi des structures expérimentales (mai 2005)

Améliorer le cadre et  les équipements

·         Il y aurait d’investir la dimension du cadre de travail dans la logique de responsabilisation des élèves et des groupes

·         Le réaménagement de la cafétéria pourrait faire l’objet d’un projet pédagogique destiné à améliorer le cadre de vie, de la même façon pour l’espace vert. En collaboration avec les services de la Mairie de Paris et de la Région Ile de France.

·         L’établissement devrait être équipé au moins d’un système mobile de vidéoprojection, tel qu’on peut le trouver dans des structures équivalentes (dotation Région).

Construire collectivement ses apprentissages et restaurer le cadre du travail

·         L’élaboration collective déjà privilégiée dans les échanges pourrait être renforcée par la formalisation écrite plus systématique au tableau, par points successifs, par visualisation d’un graphe, par l’émergence d’une typologie avec choix collectif, par exemple. Cela permettrait d’acter une prise de décision de manière plus significative.

·         Dans le même esprit, les enseignants pourraient engager à un bilan de savoirs plus collectif, de sorte à permettre une remise en mémoire de la séquence, plutôt que de tabler sur un rappel uniquement individuel.

·         La construction collective devrait être plus formalisée : redonner le sens à chaque séquence, engager quelques rituels ou routines de fonctionnement, élaborer des fiche-guide, cahier de bord, écrits sur le tableau, documents plus exploités.

Respecter le travail du groupe et susciter la participation de tous

·         Une règle de participation pourrait être travaillée avec les élèves de sorte à éviter trop de retard ou de sorties pendant l’activité elle-même, génératrice de perturbation pour tous.

·         S’attacher à intégrer plus étroitement et peut-être de manière plus volontariste les élèves de 2ème dont certains profils peuvent être différents que ceux habituels.

·         S’appuyer sur les réglementations existantes en matière d’absence d’élèves pour éviter un litige en cas d’absence prolongée non justifiée : développer la communication aux parents des élèves mineurs pour les tenir informer de périodes d’absences longues et répétées, dans le respect du projet pédagogique du lycée.

Guider plus efficacement et mieux encadrer le travail des élèves

·         Les consignes de travail devraient être plus clairement et plus explicitement données aux élèves, quitte à ce qu’ils puissent les reformuler ; suivies ensuite par un temps de travail effectif. Ainsi, le cours s’articule autour de deux ou trois moments plus approfondis et partant plus efficaces.

·         Consacrer après tous les entretiens une séance en équipe au debriefing : fonctionnement du questionnaire, échange de pratiques, problèmes posés et non résolus,

·         Compléter l’approche très personnaliste par une analyse plus globale des situations afin de réguler l’action collective : construire quelques indicateurs sur les parcours d’élèves et quelques spécificités : le décrochage en 2ème , les facteurs de raccrochage, les projets d’orientation, les prises de décision.

·         Approfondir la prise de rôle en précisant les compétences attendues pour chacun d’eux (animateur, secrétaire etc…) de sorte à permettre une meilleure régulation de la parole et la participation de tous

 

Cette année particulièrement, L’inspection pédagogique de disciplines telles que l’histoire-géographie et l’EPS a pu analyser les fonctionnements des dispositifs et les pratiques enseignantes pour la première fois depuis vingt ans, suite aux travaux engagés. Les pratiques pédagogiques constatées, quoique novatrices, laissent apparaître une nécessaire réflexion approfondie sur la base même de leurs objectifs d’établissement.

 

Les inspections de Science physique-chimie et de SVT, celle d’EVS de même, ont pu faire un point objectif sur les équipements pédagogiques de base qu’il serait souhaitable et indispensable d’implanter. Une recherche de solutions est envisagée avec la collectivité territoriale. Les équipements tice seront pris en charge de la nouvelle mission TICE du rectorat.

 

Un appui en formation continue a été assurée pour certains coordonnateurs de la structure, afin qu’ils puissent élargir leur réflexion sur le décrochage et l’absentéisme avec des collègues français et européens.

 

Demeurent à ce jour des questions importantes, telles que la fonctionnalité des locaux et leur sécurité, l’évolution statutaire et juridique de la structure, des modes de cooptation des personnels plus transparents.

 

 


 

 

  Innover

   Expérimenter

  Accompagner

  Évaluer

  Former



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