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I LP PONTICELLI

 

Structures expérimentales  pour élèves décrocheurs

Le « pôle innovant lycéen»  du lycée Lazare PONTICELLI

 

Responsable académique

Chef d’établissement

Coordonnateur de la structure

ALIN Francis  

IA-IPR EVS

Tél. :01 44 62 42 27

Mèl : francis.alin@ac-paris.fr

 NOUIS Armelle

01 45 80 00 67

 

Nom :  Anne CONTANT  

Fonction : coordonnatrice

Tél. :  01 44 06 77 63

Mèl : annec@sdcinfo.com 

VIDEO: trois récits de parcours d'élève   DAVID   -  SAIDA  -  LEONARD (nov. 2007)

expérimentationn - a r t. 3 4 -

podcastdes représentants des structures expérimentales du lycée Ponticelli , à partir du témoignage vidéo d'Hervé, 20 ans à présent; il y analyse les causes d'un décrochage progressif mais durable, en réaction d'un système scolaire trop cadré, mais aussi les facteurs d'un raccrochage, et l'envie de réussir. Il travaille à présent pour ... le CNRS. (février 2009)

PODCAST: le témoignage de Saida, ancienne élève (nov.2007)

Peut-on faire sans les parents ? (octobre 2009)

podcastEtude de cas du dispositif "conseil de progrès" des structures expérimentales du LP PONTICELLI.

 

Le projet personnel de l'élève au coeur du dispositif de rescolarisation (juin 2003)

De l’individualisation à une pédagogie solidaire (sept. 2005)

le tutorat dans les structures spécifiques de Jean Lurçat (sept. 2006)

Temps des adolescents et temps scolaires (oct. 2007)

Premiers écrits autour du LSI (Lycée de la solidarité internationale) - sept. 2007

Analyse croisée du LDTC (lycée du Temps choisi)- sept. 2007


BILAN D'ETAPE - juin 2009

annexes : Bilan des sorties 2008 - listes des propositions de sorties et spectacles - Des emplois du temps (couleurs, évaluation) - Photo des locaux - Bilan Quebec - Liste des interventions 2008/2010 -Présentation des nouveaux projets -Sortie de cohortes 2001 2006

 

LE POLE INNOVANT LYCEEN.

Depuis plusieurs années les équipes œuvrant dans l'innovation pédagogique dédié au raccrochage scolaire, rencontrent des publics à décrochage     polymorphe, nécessitant la diversification des réponses que l'on doit       apporter, imaginer, développer, pour répondre aux demandes institutionnelles, aux inquiétudes des familles et en premier lieu à celles  des élèves ou anciens élèves, du système scolaire.

 Ce cahier d'évaluation à pour objet de présenter :

 

1)       Un bilan quantitatif et qualitatif de l'action

2)       Les nouvelles propositions pédagogiques misent en oeuvre.

3)       L'implantation dans un nouvel établissement.

4)       Un réseau qui s'étoffe.

5)       De nouvelles perspectives ( 2009 / 2011).

En annexe plusieurs documents illustrant le travail des membres du Pole Innovant Lycéen.

Nous vous espérons une bonne lecture de ce rapport d'évaluation et vous remercions de l'intérêt de l'aide et des conseils que vous nous dispensez.

Pour l'équipe du PIL,

 Anne Contant, Philippe Goémé, Philippe Taburet.

 

I-Bilan quantitatif et qualitatif  général

 

A -Ce que sont devenu ceux de l’année dernière,

Suivi de cohortes en  2007/2008 Lycée intégral.

 

Première

Module de détermination 2°

Vie Active

Lien

En rupture avec la structure

 

STG

L

 

Répartition

15

 

4

15

2

8

6

 

Total

50

 

 

Commentaires :  68 % des élèves sortent de leur année au LI pour intégrer une formation secondaire en Lycée général, technologique ou professionnel. 12 % sont en rupture avec la structure. Pour 16 %,  la  recherche  d'une orientation positive sera accompagnée encore quelques mois par l'équipe.  Pour 4 %, l'entrée dans la vie active devient nécessaire, ils ont raccroché à un projet personnel qui ne passe pas par l'école.

 

                        Suivi de cohortes  2007 / 2008 Lycée de la Solidarité internationale

 

Term L

 2nde

BEP

CAP

Ecoles

spé.

Moni.

Educ

LSI2

LSI 3

LIEN

Vie active

Pas d'orien-

 

LSI

 

4

2

1

3

1

7

 

1

 

1

 

LSI2/ LIEN

1

 

1

 

 

2

 

4

 

2

1

 

Total :  31

Sorties du PIL vers une formation générale/ Prof /techno :    15

Suite du cursus au PIL :   12

Pas de reprise de formation  : 4

 

Commentaires : 48 % des élèves intègrent un cursus de formation scolaire en lycée ou en écoles spécialisées (9 %.  38 % des élèves continuent leur cursus au PIL. L'ouverture du groupe du LSI 3 ( Volontaire de Solidarité Internationale) a permis de répondre à la demande de 4 anciens élèves, suivis pendant l'année en LIEN.  2 élèves ont rompu avec la structure, 2 autres ont décidé de s'engager dans la vie active.

 

Bilan du suivi de cohortes du PIL pour 2007 / 2008 :

La photo des sorties de cohortes en juin ne présage pas de manière absolue la réussite  dans le nouveau cursus engagé. En effet (voir annexe), nous savons que «  la reprise dans le classique », est encore compliquée pour 1/3 des élèves. L'année passée au PIL « n'est pas magique », les élèves sont à nouveau  confrontés à l'Institution, avec tout ce qu'elle comporte comme représentations positives ou négatives. Enfin, les situations personnelles difficiles, compliquées, douloureuses peuvent encore entraver la volonté de réussite.

En juin 2008, le bilan des sorties est le suivant : 81 élèves avaient été suivis ;  61 %  sont partis  vers un  cursus de formation  scolaire en Lycée ou en écoles spécialisées. 24 % des élèves ont continué une formation au PIL ( LSI2 ou LSI 3) ou à être accompagnés (LIEN).10 %  étaient en rupture avec le PIL, 5 % partaient vers la vie active.

 

B- Les effectifs accueillis cette année

Evolution des effectifs du Pole Innovant Lycéen année 2008 / 2009

 

Démarrage du projet

Pointage à mi-parcours

Fin du projet

 

 

 Juin 2008

    Décembre 2008

Mai / juin2009

 

 

Lycée Intégral

( 2 groupes)

 

48

 

52

 

Sans doute 45

 

 LIEN

12

10

12

 

Lycée de la Solidarité

 Avril / juin 08

Novembre / janvier 09

Mars / juin 09

 

LSI 1

LSI 2

LSI 3

total LSI

17

08

O4

29

15

07

04

26

15

07

04

26

 

Total Pôle Innovant Lycéen

89

88

93

           

 

1.       Des profils différents

            Depuis trois ans, nous constatons une croissance des  demandes d’inscription dans ces dispositifs « de reprise d’école », avec une population un peu plus jeune, c'est-à-dire plus proche des 16 ans que des 18 ans (55 % de l’effectif pour le LSI ). La rupture avec la scolarité est moins longue, plus proche des 6 mois que d’une année ou plus comme les années précédentes (30 %). Malgré tout, les entretiens individuels montrent que ces élèves étaient depuis plus longtemps «  hors de la posture scolaire » : absences, retards, pas d’intérêt pour les apprentissages, instables en cours, des élèves « présents/absents ». Certains ont  bénéficié de montée pédagogique à l’ancienneté, ce qui a prédéterminé une orientation dans des formations imposées. Cette inadaptation à une scolarité traditionnelle, se double de problèmes d’addiction multiples( 50%) avec une forte croissance de la consommation d'alcool.  30%  ont déjà été pris en charge, pour des difficultés psychologiques, lors de leur inscription. Une partie importante a stoppé le traitement en cours. Nous constatons aussi une augmentation des élèves / travailleurs, au mieux dans les centres aérés, garde d'enfants, mais le plus souvent dans la restauration rapide ou traditionnelle. Une autre évolution constatée depuis trois ans - principalement sur le LI et le LSI1 - est une très forte demande « d'école », avec  des comportements d'évitements plus traditionnels, et une moins grande curiosité.


 

II De nouvelles propositions pédagogiques

 

A) Une plus grande ouverture sur l’extérieur

1 -L’utilisation de l’offre culturelle de Paris et région comme ressource

Tout au long de l'année, l'équipe organise des sorties au théâtre, cinéma, musée, salon pour susciter chez les élèves l'envie de découvrir d'autres horizons culturels que ceux qu'ils ont l'habitude de traverser.

Certaines de ces sorties sont facultatives. Elles croisent  un contenu soit disciplinaire, soit transversal ou à visée éducative. Elles s'échelonnent sur toute l’année. Après une petite enquête-bilan faite auprès des élèves, les sorties apparaissent comme un complément du travail de raccrochage que l’équipe accomplit dans les murs du lycée.

D'autres sorties  sont obligatoires (musées, expositions, acrobranche, visite architecturale des rues de Paris, Chemin des Dames). Elles s'inscrivent  dans la même démarche intellectuelle : l'éveil de la curiosité qui permettra aux élèves de raccrocher.  Nombre d’entre eux disent y avoir trouvé du souffle, de la diversité. Ils disent  parfois être « entrés » à l’école grâce à « la sortie scolaire ».

 

2 -Les apports indéniables

Les sorties facultatives ont été tournées vers la proposition d’une découverte du théâtre et de la danse contemporaine en partenariat avec le Théâtre de la cité internationale. Une dizaine de sorties a été proposée à l’ensemble des élèves du PIL et ont eu lieu le soir. Les sorties sur volontariat ont un bilan très positif même si l’ensemble des élèves n’a pas apprécié tous les spectacles qui ont été  proposés. Les élèves disent avoir été motivés par le fait de se retrouver dans un autre lieu et un autre temps que le temps scolaire et accompagné par un professeur. “Ca nous a permis de nous retrouver, de nous connaître, de faire connaissance avec d’autres qui nous ont aidés à retrouver le chemin de l’école quand c’était difficile”. “Même si les spectacles ne nous plaisaient pas toujours, c’était pour nous une expérience nouvelle.”

 

3- Des difficultés et des aménagements à envisager

Cependant, les élèves demeurent souvent comme passifs face aux propositions et très critiques « Berk! la danse contemporaine ».

Le discours n'est pas toujours clairement entendu et les sorties obligatoires sont confondues avec les sorties facultatives. Ainsi, certains ont fait le choix de ne pas participer au voyage scolaire à Londres, ou à des sorties obligatoires au motif qu'ils les considéraient comme non scolaires.

Il serait intéressant d'augmenter la proposition par une prise en charge partielle par les élèves et un engagement dans le faire.

 

B) L’organisation d’un séjour linguistique

1) Séjour linguistique

En dépit des incertitudes liées à l’arrivée dans un nouvel établissement, l’organisation d’un séjour linguistique de cinq jours à Londres a été décidée, certes dans un délai de préparation très court. La volonté de l’équipe était d’emmener l’ensemble des élèves du Lycée Intégral, mais au final l’effectif n’a été que de 15 élèves partants. Le PIL et les familles ont participé à la prise en charge du voyage.

 

2) Le bilan des apports

A l’échelle du groupe, ce séjour a renforcé la cohésion des élèves qui sont partis et a induit une dynamique nouvelle dans les cours de Langues. Individuellement, le rapport à la langue s’est trouvé modifié  pour un nombre important d’élèves, car ils ont pu estimer leurs capacités linguistiques à l’aune de besoins concrets pour communiquer dans des situations quotidiennes. D’autre part, l’ambition de ce voyage était de donner envie à ces jeunes adultes de se projeter dans un environnement différent à moyen ou long terme, ce qui a été atteint dans plusieurs cas. On peut donc imaginer des effets de plus long terme induits par une prise de confiance en soi et le fait d’avoir testé des capacités d’adaptation à un environnement radicalement différent.

 

3)  Ce que nous pouvons améliorer :

Une mise en perspective plus affirmée par rapport au projet personnel des élèves, délaissant de fait l’objectif d’emmener l’ensemble des élèves. Une implication des élèves sur une plus longue période quant à la préparation du voyage, qui permettrait de travailler sur des compétences plus pointues et plus faciles à valoriser en termes de savoir-faire ou de compétences scolaires. Une réflexion plus approfondie sur ce que suppose ce genre de séjour pour d’anciens décrocheurs. En effet, beaucoup d’élèves n’ont pas souhaité partir car leur retour à l’école s’est bâti  sur des constantes (notamment de rythme et de sociabilité) qu’un tel séjour remet a priori en question.

A l’opposé, nous n’avons pas toujours pleinement tiré parti de ce que les élèves qui sont partis ont dû surmonter et dépasser. Il eût fallu mieux mettre en évidence leur capacité à se dépasser dans un environnement où leur intimité était questionnée (familles d’accueil), et replacer cette réussite dans le cadre plus général de leur parcours de raccrochage vers l’école.

                             

C) La continuité des stages de solidarité au Sénégal, une nouvelle destination solidaire : Madagascar.

 

1) Les différents stages de Solidarité Internationale.

Dés l’entretien de pré-inscription, nous évoquons le séjour de solidarité au Sénégal. Nous considérons cette expérience africaine comme un point de nodal du parcours initiatique de l’année qu’ils vont passer avec nous. Les développements pédagogiques  du LSI de ces 3 dernières années impliquent de diviser en deux temps l’explication du séjour.

 

Pour les plus jeunes du LSI 1, le séjour de solidarité se déroule sur trois semaines là-bas et douze semaines de préparation (3 h hebdomadaire) ici et de six semaines de restitution après le séjour.

La préparation comporte plusieurs aspects : la période de stage en association (en France) ; les activités d'Education au Développement et à la Solidarité Internationale, en math / sciences et en sciences humaines en particulier.  Chacune de ces activités pédagogiques a pour finalité de former, d'informer, d'acquérir des connaissances théoriques, des compétences pratiques pour préparer la « découverte ». Bien sûr, toutes les« autres » activités préparent autrement au voyage : la vie en groupe, le travail en groupe, l'engagement, la prise de responsabilité.

 

Pour les élèves du LSI 2 et du LSI 3, les premiers mois de l’année sont consacrés à l’écriture du projet, la recherche de financement, la prise d'autonomie face au démarches, le travail en équipe, la préparation logistique du stage, la communication avec les partenaires.

Les LSI 3, quant à eux,  partent une première fois ( un à deux mois) sur leur lieu de stage afin d'ajuster le projet avec les partenaires locaux ( AFVP).

 

Ainsi, le groupe du LSI 1 est  en séjour au Sénégal  durant trois semaines, à cheval sur les mois de janvier et février. Les LSI 2 conduisent leur projet solidaire sur  une durée de  dix à quinze semaines entre le mois de janvier et de mai. Les LSI 3, eux, partent pour une mission de six à huit mois.

 


 

2)  Le bilan des apports.

Tous les ans le stage de solidarité provoque  de multiples bouleversements pour les élèves et les enseignants. Outre le côté affectif, difficilement explicable et propre à chacun, d'autres champs son malmenés. La réalité du « sous développement » est  difficile à regarder en face  et soulève bien des questions, bien des « Pourquoi ? « Pourquoi ces différences, cette pauvreté alors que nous...?  ». Les échanges avec l'ensemble des partenaires et les villageois de Diara permettent de se rendre compte que les gens vivent, sont vivants, construisent l'avenir, malgré l'amoncellement de difficultés (administrative, de formation, culturelle, financière....). Le chantier solidaire (construction de bâtiments collectifs dans le village : salle de classe, case de santé, périmètre irrigué....) démontre que la volonté, le travail d'équipe permettent de réaliser une construction qui paraissait bien peu probable à Paris.

 

Après cette expérience, pour une forte majorité, le déclic se fait autour du choix de continuer ou de ne pas continuer une formation scolaire l'année suivante. Pour l'équipe, cette détermination du projet personnel de l'élève permet de mettre à profit le dernier trimestre en renforçant la posture et les acquis en fonction du projet d'orientation. Pour ceux qui s'engagent dans la voie d'une pause de scolarité, l'équipe s'organise afin de  préparer leur sortie et pour la plupart leur projet de LSI 2.

 

Pour ce qui concerne les LSI 2,  l'équipe doit leur permettre de mener à bien le projet qu'ils ont décidé de bout en bout, et ce sur une période de 5 / 8 mois ; ils doivent en fin de mission avoir rempli le cahier des charges défini lors de la préparation. Cette immersion dans une autre culture, en semi-autonomie ( gestion des horaires, des rendez vous, planning des activités, gestion financière, gestion des conflits...) est très formateur et renforce l'estime de soi, la capacité à oeuvrer dans la durée. Le travail de terrain révèle aussi les difficultés face à l'écriture, la communication, le travail en équipe, des fragilités psychologiques provoquées par le « déracinement », la vie collective. Le travail de tutorat et de re-médiation » à distance » est essentiel, comme le rôle des chefs de mission sur place.

 

Pour les LSI 3 , l'expérimentation menée depuis dix-huit mois en lien avec l'Association des Volontaires du Progrès (AFVP) a permis sur l'échantillon des 4 premiers LSI 3 de tirer un bilan positif pour eux ainsi que pour les partenaires. Tous les volontaires ont terminé leur mission à Madagascar ou au Sénégal. Deux missions ont même dû être prolongées pour finaliser les projets. Les partenaires en France et dans les pays concernés se sont rencontrés afin de tirer les enseignements de cette expérimentation. Les différentes missions ont été remplies et les objectifs de terrain ont été atteints dans leur ensemble (voir les bilans des jeunes en missions en annexe). Globalement l'hypothèse d'un volontariat de solidarité  internationale adapté au public de jeunes post-chantier a été vérifiée même si le nombre réduit de volontaires limite la portée de nos conclusions.

 

3) Ce que nous pouvons améliorer

En ce qui concerne le LSI 1, notre principale difficulté est la gestion du temps entre le mois de septembre et celui de janvier, date du départ.  Mais l'expérience des précédents séjours a montré que la période des trois semaines avant les vacances de février est la seule qui soit envisageable, afin d'avoir le temps ensuite - sur quinze à dix-huit semaines - d'accompagner les élèves dans leur projet personnel.

Il nous faut aussi affiner les outils d'évaluation. Le suivi des stages LSI 2 pourrait être mieux accompagné si l'équipe disposait de moyens supplémentaires (financier et humain ) afin de mieux accompagner les élèves sur place. Il nous faut aussi améliorer le va-et-vient entre le présent et l'orientation future.

Concernant les LSI 3,  nous sommes pour le moment dans la construction et l'affinage  du dispositif, des outils et des moyens dont nous avons besoin pour pérenniser cette nouvelle démarche.


 

D) Des propositions de parcours diversifiés pour les élèves : les couleurs et leurs évolutions

1) Une proposition de choisir une partie des enseignements

Dans le cadre d'une proposition permettant un supplément d'engagement des élèves (LI et LSI) dans leur processus de raccrochage, nous avons proposé à partir du mois de novembre deux plages d'une heure trente en parallèle d'une même « couleur »(voir annexe): sciences et mathématiques, langues et lettre, géographie et économie. Les élèves avaient le choix de la couleur, sachant qu'ils devaient s'engager sur les deux cours associés. Notre idée était de considérer que le fait d'avoir le choix permettait de conforter l'engagement et  le travail du projet personnel, sachant que, lors de la présentation, nous avons expliqué aux élèves le contenu de chaque cours et que leurs choix reposaient avant tout sur l'envie et l'intérêt. Cette proposition de plage de cours pouvant être choisie par les élèves s'est poursuivie durant les séquences suivantes, avec néanmoins une demande croissante de mise en cohérence entre le projet annoncé et la proposition choisie.

 

2)  Une appropriation indéniable

Les élèves se sont bien approprié ces moments (très fort taux de présence, très bonne participation, grande régularité, qualité des travaux rendus). Cela s'est vérifié sur l'ensemble de l'année, même lorsque le projet est devenu un critère plus central dans le choix.

 

3) Des comportements qui nous ont surpris

Nous avons été surpris par les comportements et les stratégies adoptés par les élèves. Ils ont  « testé »les cours avant de s'engager sur la séquence, demandant à changer si nécessaire, ils ont « panaché » (mathématiques et langues par exemple). De même, leur choix durant les séquences suivantes n'a pas toujours été en adéquation avec le projet qui se dessinait. Ils ont en fait poussé la logique de choix jusqu'au bout. Notre présentation a sans doute induit ce type de comportement: manque de précisions, tolérance quant à des stratégies particulières.

 

E) L’organisation de l’évaluation

 

1) Une nouvelle façon d’organiser nos bilans de fin de séquences

Les bilans de fin de séquences (5 séquences dans l'année  ont été organisés différemment. Nous avons resserré cette phase afin de gagner en dynamique (voire annexe). 2 semaines avant la fin de la séquence, un emploi du temps spécifique de la semaine d'évaluation est distribué aux élèves. La journée  du  conseil de progrès est destinée à la remise des copie et au remplissage des bulletins avec les élèves. Cette organisation a permis de dynamiser et de favoriser l'implication dans le processus d'auto-évaluation de leur travail et de leur progression. De même, l'aspect plus solennel des évaluations par la mise en place d'une semaine spécifique a permis une meilleure intégration par les élèves des enjeux de celles-ci.

 

2) Les limites et les questions que cela pose

Certains ont détourné la logique du processus  en ne revenant régulièrement en classe que durant les évaluations, avec le discours suivant: « Si on a des résultats corrects, tout va bien », tous les aspects du travail sur la posture générale étaient alors gommés. La séquence 3, qui n'a pas fonctionné selon cette logique d'évaluations finales a d'ailleurs permis de mettre à jour cette tendance. Cela nous a donc interrogé sur la fonction, tant réelle que symbolique, que nous donnons aux évaluations et à la dynamique du bilan porté par l'élève. Nous avons néanmoins encore des difficultés à faire rentrer totalement les élèves dans cette démarche, la tentation de s'en remettre au « professeur évaluateur » voire à la « note magique » reste forte.

 


 

III - L’implantation dans un  nouvel établissement

 

A la rentrée 2008 / 09, les structures du Lycée J.Lurçat, se sont installées au Lycée Lazare  Ponticelli dans le 13e arrondissement. Ce nouveau lieu  a été l'occasion de changer de nom afin de retrouver de la visibilité. Nous parlons dorénavant du Pôle Innovant Lycéen (cf. plaquette en annexe). Le Pôle regroupe aujourd'hui les propositions de raccrochage suivantes: le Lycée intégral, le Lycée de la Solidarité Internationale et le  LIEN.

 

A)     Ce que permettent nos nouveaux locaux et les difficultés d’installation et de gestion de ceux-ci

Il ne nous a pas été possible d'organiser une pré-rentrée des élèves en juillet, comme nous en avions l'habitude, ce qui a pesé sur le début des activités. Cette courte période de prise de contact est une manière « de rentrer » progressivement dans le projet. Elle permet aux élèves et aux enseignants de se rencontrer, de lancer les pistes de travail pour la rentrée, de poser les premières pierres de la reprise d'école.

Notre installation au mois de septembre dans notre nouvel établissement de rattachement au Lycée Lazare Ponticelli a nécessité de retarder de 2 semaines la rentrée des élèves. Malgré tous les efforts et la bonne volonté des différents acteurs ( Région Ile-de-France, administration et intendance du Lycée), des retards ont malgré tout été enregistrés. L'ensemble du matériel pédagogique n'a été disponible qu'à la fin novembre et l'installation définitive est en cours.

Nous avons privilégié la mise en place de l'Agora, qui est pour nous une « place village », ou les élèves du PIL peuvent se rencontrer, rencontrer les adultes. Il sert aussi d'espace « sas », en cas de retard avant l'entrée en cours. C'est un espace fédérateur et intégrateur. Nous réfléchissons maintenant ( avec le poste d'AED ), de développer des activités et de sectoriser l'espace, établir un mode d'emploi de l'occupation, pour éviter une atmosphère MJC.

En revanche nous sommes confrontés à une difficulté de gestion de l'espace « du bas » ( trois salles de classes et un petit bureau) qui est très excentré et qui ne donne pas, pour le moment, envie ! Ce sentiment est partagé par une partie de l'équipe et des élèves. Nous avons entamé une réflexion sur une nouvelle occupation de cet espace.

 

B)     Des rapports facilités avec l’administration

Le premier sentiment est la bienveillance avec laquelle nous avons été accueillis par l'ensemble des personnels administratifs, ceux de l'intendance, les ATOSS de l'établissement, qui ont su répondre à nos difficultés d'installation. Nous avons pu ensemble mettre en place un fonctionnement LEP / PIL, permettant la cohabitation des 2 entités sans que chacune puisse se sentir remis en cause dans les principes de son action. La disponibilité des personnels a permis de se rencontrer régulièrement pour faire des bilans d'étapes, des ajustements nécessaires dans un climat de mutuelle confiance, ce qui a grandement facilité le travail au quotidien.

 

C)     Des amorces de coopération entre les équipes mais encore des résistances

La préparation de l'inauguration du Lycée  dés le mois de septembre a permis aux deux équipes de se rencontrer sur le terrain pédagogique et de l'organisation, avec en point de mire : de valoriser les contributions des élèves. Cette préparation a été l'occasion d'organiser une sortie commune à Craônne et de permettre aux élèves de se rencontrer. La proviseure organise depuis le mois de mars des Conseils pédagogiques pour échanger sur nos pratiques pédagogiques. Mais des résistances de l'équipe du LEP subsistent encore, les difficultés internes liées, au déménagement de la plasturgie, sont au coeur de leur préocupation.

 

D) Des apports pour tous les élèves (PIL et LP).

Cette coopération a aussi des effets positifs sur le mélange des élèves dans l'Agora, entre ceux du PIL et les  « grands » du Lycée. Les élèves de 1ere STG et les Terminales BEP  pratiquent ensemble les cours d'EPS avec les 2 enseignants concernés. En fin d'année, les élèves du PIL et du LEP ont participé à une sortie acrobranches en forêt de Fontainebleau.

 

IV Un réseau qui s’étoffe

 

A ) L’approfondissement des relations avec certains partenaires

De nouveaux partenariats se sont développés cette année. Ils  s'inscrivent pour certains dans le prolongement de ce qui était déjà engagé. Des co-formations se sont mises en place avec l'université Paris X Nanterre (voir le chapitre suivant), ainsi que des interventions dans le cadre du master CITS (Centre d'Intervention en Terrain Sensible).

Un travail d'évaluation de notre structure a également été engagé au titre de l'évaluation du dispositif « Réussite pour tous » de la région Ile de France.

Les relations avec la Maison des Adolescents de Paris et l'hôpital Saint-Anne se sont approfondies dans le cadre de la mise en place effective à la rentrée 2009 du Lycée au Long Cours. (voir chapitre sur les nouveaux projets).

 

Les échanges avec le Québec se sont également développés avec un séjour sur place de neuf jours pour deux membres de l'équipe dans le cadre des échanges initiés depuis deux ans par le CRIF avec la région Québec dans le domaine de la lutte contre le décrochage scolaire. (voir annexe).

Par ailleurs, l’Association Française des Volontaires pour le Progrès (AFVP) passe avec les jeunes un contrat de volontariat de solidarité  internationale d'une durée  de douze mois (loi de 2005)dans les mêmes conditions statutaires que les 400 autres volontaires de cette organisation. L'AFVP dispose d'un réseau dans les pays concernés par l'expérimentation qui permet un suivi accompagnement des élèves volontaires pendant leur mission dans le pays. L'AFVP offre un cadre de gestion statutaire reconnu et performant pour  un engagement de VSI et des  ressources du Ministère des Affaires étrangères et européennes à travers un contrat d'objectif. Nous continuons notre partenariat avec Starting Block, pour nos activités d'EDD et avec l'association SWAN pour renforcer les compétences d'écriture et de mise en forme de nos élèves.

 

B) De nouvelles perspectives en termes d’essaimage et de diffusion

 

1-De nouvelles interventions en collaboration et de nouvelles demandes

Cette année a été riche en sollicitations diverses, même si notre changement d'adresse nous a certainement fait perdre certains contacts (voir annexe). La collaboration avec l'université Paris X Nanterre s'est concrétisée par trois interventions et formations communes (un enseignant du pôle et une professeur d'université), une autre étant prévue en septembre.

 

Notre implication dans la Solidarité Internationale et l'EDD nous permet de communiquer sur ces thèmes lors de forum ou de manifestations ( La SSI, la campagne « Un cahier, un crayon pour.. », la quinzaine du commerce équitable) et des animations de sensibilisation auprès des publics du primaire. Nos interventions extérieures et notre travail avec le réseau ont été grandement facilités par la présence, à partir du mois de février, d'un assistant d'éducation.

 

Nous avons été sollicités dans de nouveaux domaines, en particulier par l'Académie d'Amiens et des collectivités territoriales.

L'ensemble des interventions a représenté environ 60 heures, et nous avons d'ors et déjà de nouvelles sollicitations pour la rentrée.

 

En revanche, du fait entre autres de la mobilisation de l’équipe dans le déménagement puis la réinstallation dans notre nouvel établissement, nous n’avons pas pu depuis deux ans produire un article mettant en avant notre réflexion autour d’une de nos pratiques. Néanmoins, les sujets ne manquent pas et nous pensons bien reprendre ce travail accompagné l’année prochaine.

 


 

2- De nouveaux outils (CD, plaquettes…)

 

Le départ du Lycée J. Lurçat nous a fait perdre une certaine lisibilité dans l'Académie de Paris. L'installation au Lycée L.Ponticelli, l'affirmation du PIL en tant qu'entité éducative, nous a amenés à produire un outil de communication, une plaquette. Elle développe  nos propositions pédagogiques, notre organisation, nos objectifs, pour que les jeunes, les parents, les professionnels de l'adolescence, les collègues, puissent avoir une vision générale du PIL. Depuis plusieurs années, nous utilisons «  la parole » de nos élèves pour expliquer la diversité de leur désamour de l'école et nos pratiques. Nous avons décidé de faire un DVD «Paroles de décrocheurs », ou dix anciens élèves expliquent leur parcours avant, pendant et aprés nous avoir rencontrés. Ces deux outils sont précieux car ils permettent de remettre aussi du sens à notre travail.

 


 

V - De nouvelles perspectives

 

A-De nouveaux projets qui vont voir le jour

 

Nous avions, l'année dernière, candidaté pour une autre structure plus spécifiquement destinée à des élèves en rupture avec l'école pour des raisons psychologiques au sens large et souhaitant raccrocher: le Lycée au long cours. Cette proposition correspondait à une demande forte que nous avions ressentie et mesurée. Ce projet va voir effectivement le jour à la rentrée 2009 puisqu'un poste supplémentaire a été affecté à cette fonction par le Rectorat de Paris.

 

Le Lycée de la Solidarité Internationale va également se développer en ouvrant une 3e année. Depuis plusieurs années, un poste supplémentaire était demandé par l'équipe, pour développer le dispositif. Depuis 18 mois nous expérimentons avec l'AFVP, la mise en place d'un cursus pour des jeunes ayant soit suivi le cursus LSI  soit déjà effectué des chantiers de solidarités internationaux, et désirant poursuivre dans cette voie. Ils ont chacun le statut de « volontaire pour le progrès expérimental ».

 

B-La nouvelles architecture de l’année prochaine.

Huit mois après notre installation au lycée Lazare Ponticelli, les  propositions sont donc les suivantes pour la rentrée 2009 :

1.       Le Lycée Intégral

2.       Le LSI I, II et III

3.       Le lien

4.       Le lycée au Long Cours                         

Ces dispositifs devraient accueillir une centaine d'élèves en  2009.

L'équipe a débuté le bilan pédagogique, structurel, logistique de l 'année. Une première transformation structurelle se mettra en place  en début d'année. A la rentrée de septembre, la première séquence s'apparentera à un MD, mêlant les élèves du LI et du LSI, dans le but de détecter les élèves dont les aptitudes, les goûts ou les compétences s'exprimeraient mieux dans une autre structure que celle à laquelle ils ont postulé.

En termes de contenu, 4 axes seraient développés :

-        les contenus disciplinaires ( Sciences,français, langues, EPS)

-        des enseignements décloisonnés ( culture générale, Sciences Humaines....),

-        des ateliers pratiques,

-        le projet personnel.

 

C-Des projets pour 2010 / 2011

Enfin, un nouveau projet en lien direct avec l'identité professionnelle de notre nouveau lycée d'accueil est en train d'être réfléchi avec l'équipe éducative de celui-ci . Ouverture espérée : septembre 2010. Il s'agirait de favoriser le retour en formation de jeunes de plus de 16 ans en utilisant les activités de type professionnel et l'engagement en termes de solidarité et de développement durable comme vecteur de raccrochage. Un atelier d'application permettant la mise en place d'expositions autour de ces thèmes serait également proposé.( voir annexes)


 

Documents en annexe

 

Bilan des sorties 2008

LA listes des propositions de sorties et spectacles

Des emplois du temps (couleurs, évaluation)

Photo des locaux

Bilan Quebec

Liste des interventions 2008/2010

Présentation des nouveaux projets

Sortie de cohortes 2001 2006

 

                                  


 

Bilan statistiques des élèves du LSI 1 et LSI 2 08 / 09.

 

Pour établir ce bilan nous avons utilisé les fiches administratives GEP, renseignées par les élèves et leurs  familles des groupes du LSI 1 et du LSI 2 soit 25 élèves. Concernant les catégorie sociales nous avons pris pour référence la CSP du tuteur légale, qui se trouve être la mère dans de la plupart des situations familiales.

Répartition

par genre

Année de

naissance

Catégories sociales*

Département de résidence

Date du décrochage avéré

Dernière classe fréquentée avant le LSI

 

 

 

 

 

 

10 filles

 

 

15 garçons

 

 

 

 

 

1988 : 4 %

 

1989 : 16 %

 

1990 : 24 %

 

1991 : 36 %

 

1992 : 20 %

 

 

Favorisé :

    32 %

 

Moyennes :

    28 %

 

Populaires :

    20 %

 

Chomage / Rmiste :

    20 %

 

Orphelins de mère :

    8 %   

 

 

 

Paris : 48 %

 

78 : 4 %

 

92 : 12 %

 

93 : 16 %

 

94 : 16 %

 

95 : 4 %

 

 

 

2004 /05 :

     8 %

 

2005/06 :

    4 %

 

2006 /07 :

    60 %

 

2007 /08 :

     28 %

 

Niveau 3e  :

    48 %        

   dont

 CNED :

    12 %

 3e DP6 :

     8 %

Seconde G :

    12 %

Première G :

     8%

1ere BEP :

     8 %

Tle BEP :

    8 %

CAP 1ere :

   4 %

CIPPA :

   4 %

  BPA :

   4 %

*Selon la CSP de la mère.

 

Nos élèves sont tous franciliens à part égale entre Paris et les départements de l'Ile de France, sauf le département de l'Essonne qui n'est pas représenté. Les départements d'un arc est,sud, ouest sont réparties à part égale, alors que les départements des Yvelines et du Val d'Oise sont sous représentés.

48  % de nos élèves ont fréquenté comme dernière classe une 3e, 20 % d'une seconde ou première générale, 24 %  du Lycée professionnel ou agricole et 4 % d'une CIPPA.

 

20 % de nos élèves ont une année de retard pour une entrée en post collège. 80 % ont 17 ans et plus à leur entrée au LSI et « accusent » 2 à 4 ans sans une scolarité suivie. Ces années sans scolarité ce sont soldées pour 20 % par un passage à la vie active, 12 % par un ou plusieurs séjours en institutions psychiatriques. Pour la majorité, l'abandon de la scolarité est lié à une orientation non désirée et  / ou à de très lourd accident de la vie. Nous constatons que 36  % de nos élèves vivent avec leurs 2 parents biologiques.

 

Concernant les catégories sociales représentées, l'on peut dire qu'il y a une surreprésentation des familles en situation de grandes difficultés sociales et de la catégorie «  favorisé ». Mais il faut nuancé ce premier constat en indiquant que pour une part les femmes sont seule chef, avec un ou plusieurs enfants. La majorité de nos élèves provient des classes populaires ou moyennes, si l'on y ajoute les élèves orphelins de mère.


 

 

Bilan statistique juin 2008 du Lycée intégral sur 5 cohortes

(2001/2002 à 2005/2006)

 

La période étudiée s’arrête pour les élèves ayant quitté le LI en 2006, car nous ne disposons pas encore d’une vision globale  pour la cohorte 2007 et 2008.

Durant ces 5 années, le LI a accueilli 280 élèves (56 par an en moyenne).

120 élèves ont obtenu un diplôme dans la voie choisie chez nous.(43%)

A cela, il faut rajouter 6 accès à l’université par le DEAU (2,1%).

45,1 % des jeunes accueillis ont donc obtenus un diplôme ou un accès à l’université.

12 élèves sont inscrits en terminale et leurs résultats ne sont pas encore connus, mais nous pouvons raisonnablement penser qu’ils vont venir augmenter le taux de réussite aux diplômes ( 10 %).

Les formations qualifiantes et les insertions professionnelles réussies suite à un projet élaboré au LI représentent 11%

21% de ceux qui ont été inscrits chez nous n’ont pas abouti leur projet scolaire accompagné au LI :

-         soit car ils n’ont pas terminé leur année chez nous,

-         soit parce que leur projet l’année suivante n’a pas été achevé (échec en cours d’année).

-          Soit qu' ils ont été jusqu'à l'examen visé ( Bacpro, BEP, CAP ) mais ne l'ont pas encore obtenu en 2006.

Enfin, nous n’avons aucune nouvelle de 19% des élèves, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'ils n'ont pas réussit.

 

 Tableau statistiques des sorties aprés 1 année passé au Lycée Intégral

Cohortes (2001 à 2006 ). 

 

Diplômés

 

DEAU

Formation Qualifiante

Insertion professionnelle

Echec en cours d'année

Pas de nouvelles

TOTAL

 

 

Baccalauréat Tech et Général

BEP/CAP

En terminale

 

 

L

STG

Autres

14

12

6

 

 

 

 

 

 

56

41

9

15

16

58

53

280

 

 


 

LE CONSEIL DE PROGRES

DANS LE PÔLE INNOVANT DU LYCEE J.LURCAT

 

Au lycée Jean Lurçat, des structures spécifiques accueillent des jeunes en rupture avec le système scolaire qui, après un passage à vide, souhaitent reprendre un cursus.

Dans ce pôle innovant qui comprend La Ville pour l’Ecole, le Lycée de la Solidarité Internationale et le Lycée intégral, les enseignants ont renoncé aux conseils de classe.

Sensibles au poids des actes, plus qu’à l’impact des mots, les professeurs du pôle innovant n’organisent pas des conseils de classe mais des conseils de progrès. Comme leur nom l’indique, ces conseils servent à mettre en valeur les acquis et les avancées des élèves, à leur permettre d’utiliser ces progrès comme points d’appui pour continuer. Il n’y a donc que des grilles d’évaluation individualisées. Sont bannies les notations chiffrées, les moyennes par discipline et tous les outils de mesure traditionnels.

De même, il n’existe ni grands ni petits progrès en soi. Chaque élève mène son propre cheminement à son rythme. Ces conseils ne sont pas des instances de remise de prix ou de sanctions. L’élève doit en sortir conforté ou réconforté. Il peut lui arriver d’être confronté à une difficulté. Jamais, en aucun cas, il n’est cassé !

Cet objectif implique un dispositif structuré et ne peut reposer uniquement sur le bon vouloir des enseignants.

Première modification substantielle par rapport à un conseil de classe : tous les élèves de la classe y participent. Plus de délégation hasardeuse : les profs, les jeunes et leurs parents sont tous participants, rassemblés sur un pied d’égalité. C’est ainsi que le conseil devient un lieu où les regards, les paroles, les avis se croisent et du même coup s’équilibrent, parant automatiquement aux abus éventuels d’autorité. Qui plus est, la réunion se déroule toujours en présence d’une personne que l’on appelle un « grand témoin ». Celle-ci est extérieure au pôle; son métier ou son statut n’a pas d’importance, le seul préalable exigé est un engagement pour les jeunes en difficulté. A titre d’exemple, ces grands témoins ont pu être d’anciens parents d’élèves, des enseignants d’autres structures de raccrochage ou de classes relais, des éducateurs, des professionnels comme des maîtres de stage…

Deuxième changement clé : dans nos conseils de progrès, ce ne sont pas les professeurs mais les élèves qui prennent la parole, présentent eux-mêmes leur bilan, tel qu’ils l’ont préparé soigneusement dans la semaine précédant la réunion.

Troisièmement, les conseils n’ont pas lieu tous les trimestres mais à la fin de chaque séquence, c’est-à-dire avant chaque vacance. Ils interviennent donc en moyenne toutes les six ou sept semaines. Pourquoi ces trois changements ?D’abord pour les élèves du pôle innovant, et à cause d’eux. Ils ont en commun d’être décrocheurs du système scolaire Ils ont donc tous un passé avec l’Ecole plus douloureux et humiliant que glorieux. Conseil s’associe dans leur esprit au mot tribunal. Il rime parfois avec avertissement et a été suivi d’un conseil de discipline. Pour d’autres, il a été le lieu d’une orientation imposée et décidée en leur absence. Pour quasiment tous, c’est l’endroit où se profèrent des litanies de « peut mieux faire », «capable mais ne travaille pas assez », « ne sera jamais au niveau », etc, - tous ces mots clés qui sont au fondement de leur méfiance voire de leur défiance. Le conseil de progrès est donc l’un des éléments - et l’un seulement – qui permet à l’élève de se recentrer sur lui-même, de s’approprier sa scolarité ses objectifs et son évaluation. Cette prise en main est la clé de son succès, il faut qu’il arrive à échapper aux regards de juges extérieurs à sa vie. Voilà pourquoi un élève en conseil de progrès ne dresse pas son bilan au regard des attendus de chaque discipline, mais au regard de son propre projet. Dans nos structures, la première séquence est intitulée « temps de remobilisation ».

A la fin des six ou sept premières semaines, chacun doit évaluer son retour dans l’école, le travail qu’il a fourni, son degré de fréquentation des cours. Ce bilan est un travail à lui seul, il nécessite une perception construite du temps et de soi-même. Et quand l’élève n’y est pas prêt, ce bilan peut l’aider à reconstruire ces bases-là. Dans les séquences suivantes, le jeune précise son choix d’orientation scolaire (filière, niveau auquel il souhaite accéder). C’est donc sur la base de ses annonces qu’il s’évalue : est-il ou non-engagé dans cette voie ?Bref, la grille d’évaluation dans nos conseils de progrès est d’abord personnelle, ce qui ne veut pas dire confidentielle. Le bilan est en effet énoncé devant tout le monde, Il y a donc les parents. Souvent silencieux, ils sont apparemment en retrait, n’osant trop se manifester, même s’ils sont invités à parler après leur enfant. La plupart du temps, quand ils s’expriment c’est pour confier leur soulagement de voir le jeune sorti d’une passe conflictuelle ou apathique. Ces conseils de progrès peuvent donc renouer des liens entre parents et enfants aux yeux de tous. Cette reconstruction du cadre familial, même si elle peut ne pas être définitive, est essentielle, l’apaisement dans le champ privé, intime permettant toujours à un élève d’être plus disponible pour sa reprise d’étude. Le bilan se fait aussi devant tous les autres élèves, parce que l’autre objectif de nos conseils est de montrer que chacun d’entre nous apprend d’abord des autres, de tous les autres, qu’ils soient des pairs ou non. Une réunion de ce type exige donc de l’écoute, du respect. Cet entraînement à l’écoute est bien sûr permanent et objet de notre attention dans chaque cours, C’est le moyen de faire sortir chaque jeune de lui-même, de créer aussi des solidarités. Et puis plus simplement encore, le parcours de l’un peut donner une idée à un autre et ainsi de suite…Cela dit, les élèves peuvent refuser cette prestation publique, tous savent, bien avant l’échéance, qu’ils peuvent réclamer un huis clos. La réunion rassemble alors les professeurs, l’élève et un accompagnateur de son choix – cette solution est assez rarement retenue par les jeunes qui intuitivement la perçoivent comme un pis-aller, un échec. Le fruit d’un travail au long cours.

Pour autant les conseils de progrès ne sont pas des instances paradisiaques ni sereines. Il arrive que des élèves s’y effondrent en larmes, ou crient à la mascarade et laissent exploser leur colère. Le conseil de progrès de toute façon n’atteint son but, pour chaque élève, que si certaines conditions sont respectées.La première est que le conseil est préparé en fait tout au long des semaines qui le précèdent : le va et vient entre l’élève et ses enseignants est permanent. Il peut se faire avec tous les professeurs, mais il est de toute façon formalisé et très cadré : chaque élève a un tuteur.

Outre la prise en charge de ces cours, chaque professeur doit en effet rencontrer une dizaine d’élèves, au minimum une fois par semaine afin de faire le point sur ce qui va et ne va pas (présence, ponctualité, concentration, facilité au travail sur place, à la maison etc…)C’est aussi ce tuteur qui aide l’élève à trouver les moyens à mettre en œuvre pour atteindre son but et à revoir ses objectifs le cas échéant. Bref le conseil de progrès n’est qu’un élément de ce puzzle complexe qu’est un dispositif de raccrochage et de l’évaluation qu’il exige. Et il ne servirait à rien de changer le nom d’une instance, si, derrière, n’était pas mis en place tout un bouleversement des pratiques pédagogiques et même administratives de l’établissement.

 

 

Septembre 2005 Anne Contant  Enseignante au Lycée Intégral (J.Lurçat 75013)


 

Bilan du stage de Solidarité Internationale d

u groupe animation du Lycée de la Solidarité Internationale

(LSI2 ).

 

Lycée de la Solidarité Internationale

Anne Contant, Benoît CORNET, Philippe TABURET.

94, rue Barrault

75013 Paris

 

L’Association DIIARA

Antoine Zajdela au Sénégal

26 rue du moulin Joly 75011 PARIS

Structure : association DIIARA.

Téléphone : 01 44 06 77 63

Fax : 01 44 06 77 63

E-mail : diara.asso@gmail.com

 

-                    Partenaires en France :

Alice Coat de la Ligue de l’Enseignement – Fédération de Paris.

Christiane Alinc de l’association Réunion Dagana.

 

-                    Pays concerné et zone d’intervention géographique :

Sénégal : Dakar, Dagana (région de St Louis) et Diara (région du Fouta).

 

 

 

-                    Partenaires au Sénégal :

Antoine Zajdela, chef de mission et responsable de la logistique pour l’association DIIARA.

Mustafa Diaw, staffeur et accompagnateur local.

Jonas Djian, LSI 3 et responsable du projet Edubasket à Yeumbeul (banlieue de Dakar).

Pape Meïssa Hanne, directeur de l’école Célestin Freinet – Dagana 6 et du centre Morgane Grosmann.

 

 

Genèse du projet :

En France : recherche de financements (Paris Jeune Aventure, CAF…), recherche de matériel, recherche de partenaires, formations (à la pédagogie Célestin Freinet lors d’un stage au sein de l’école de Vitruve, Paris 20eme et au technique de la menuiserie au sein de l’entreprise Alliance-Art-Métal sous la tutelle de M. Rachid Achka). Echange avec les divers partenaires ici et là bas.

 

-                    Publics concernés dans le pays : 

Enfants scolarisés de 5 à 15 ans.

 

Rappel des Objectifs de l’action :

-          Dakar : intervenir dans une école primaire des Parcelles Assainies (banlieue de Dakar) en mettant en place des groupes de paroles sur la contraception et les MST et proposer des activités extra-scolaires.

-          Dagana : proposer des activités extra-scolaires, apporter un soutien à l’effectif encadrant pour diverses activités (EPS, sortie scolaire, commissions, événements…) et mettre en place un chantier de réfection du matériel pédagogique.

-          Diara : mettre en place un chantier de réfection de matériel pédagogique, participer au chantier de jeunes et proposer des activités type centre de loisirs en dehors du temps scolaire.

 

Activités effectivement mises en œuvre et résultats :

-Dakar : La première version du projet prévoyait notre séjour en 3 parties : Dakar, Dagana et Diara. Il était prévu d’intervenir à Dakar dans une école des Parcelles Assainies (banlieue de Dakar) et de mettre en place des groupes de parole autour de la sexualité et de la contraception et de proposer des activés en dehors du temps scolaire. Mais du fait d’un manque de préparation en amont et d’un manque de temps sur place, nous avons estimé plus enrichissant et plus logique de rejoindre des volontaires du Progrès en troisième année de LSI* pour participer et apporter une aide en animation dans leur projet Edubasket.

 

Nous nous sommes rendus à l’école de Yeumbeul 1 sur le projet Edubasket de Cécile et Jonas afin d’avoir un premier contact en animation ici au Sénégal. Une journée d’animation à l’école de Yeumbeul 1 se déroule généralement de la façon suivante : 8h -11h activités intérieures, 11h30 – 13h jeux en extérieur/ grands jeux au terrain (situé à environs 200m de l’école, le trajet se fait généralement en chanson), une pause de 13h à 15h et la journée se finit par des grands jeux dans la cour de l’école jusqu’aux alentours de 18h. Chaque temps d’animation se clôt par un retour au calme géré par les animateurs. C’est sur ce schéma que se sont calquées nos 3 journées d’animation.

Le premier jour nous sommes arrivés à 8h, un peu fatigués mais motivés, pour une première journée d’observation. La classe de CE 2 est séparée en deux, les deux Jonas et Ablaye se dirigent vers le CEDEPS où ils commencent la séance avec un petit échauffement de la voix, puis un jeu rythmique avec les mains. Ce petit échauffement fut suivi par une partie de « Chef d’Orchestre » puis du « Facteur n’est pas passé » et « 1, 2,3 soleil ». Pour clôturer la séance, les enfants ont chacun leur tour raconté une petite histoire pour un bon retour au calme. De leur coté, Ariane et Lucie étaient dans la bibliothèque de l’école. La séance a commencé par quelques chansons, on a ensuite essayé d’introduire un jeu rythmique avec les mains qui n’a pas eu le succès espéré, après cette séance de chants, il y a eu une tentative de 1,2,3 soleil en intérieur qui s’est soldée par un pietinage du plus petit mais qui s’est néanmoins relativement bien passé. On s’est ensuite dirigé tous ensemble sur le terrain où on a assisté à quelques jeux en plein air. Même chose l’après midi, on participe un peu plus activement aux jeux, on se familiarise avec l’équipe d’animateurs et les enfants. Quotidiennement, les animateurs bénévoles ont une séance de débriefing sur le déroulement de la journée et discutent des prévisions du lendemain. Nous sommes de nouveau présentés à l’équipe presque au complet et sommes informés qu’a partir du lendemain, nous prenons les commandes des opérations. Cette journée fut très intéressante car elle nous a permis de découvrir une manière de travailler différente de celle que nous connaissions, de plus nous avons été très impressionnés par le fait que tous ces animateurs travaillent bénévolement et de façon aussi efficace.

Le lendemain dès 8h, les deux Jonas, Moussa, Ahmed  et le classe de CE 1 se dirigent à nouveau vers le CEDEPS où le petit Jonas propose ses animations. Il propose d’abord une variante du jeu « l’épervier » qui s’appelle « la chasse aux brebis », le jeu a commencé doucement mais au fur et à mesure les enfants se sont mis dedans avec l’aide efficace de Moussa, ensuite le petit Jonas a opté pour un jeu de rythme dur en compréhension étant donné que les enfants étaient nombreux ; les quatre animateurs ont chacun pris un petit groupe d’enfants et le jeu de rythme a finalement fonctionné, enfin une redescente au calme des enfants très efficace a été établie par Moussa, Ahmed et le grand Jonas. Pendant ce temps, à la bibliothèque, Ariane et Lucie, tentent de mettre en place une activité bande dessinée : le résultat final n’était pas l’objectif de départ, néanmoins la séance fut très agréable et les enfants satisfaits de leur travail. Apres la pause de 11h, la classe se dirige au complet et en chanson vers le terrain où se déroulent des jeux tels que la  « balle au prisonnier », l’  « épervier », le « Facteur n’est pas passé » ou encore la « Tomate ». Le soleil étant un peu agressif, et les animateurs toubab un peu fatigués, la séance de l’après midi durant laquelle un grand jeu a été organisé s’est déroulée sans Lucie, mais en présence de la quasi-totalité de l’équipe d’animateurs et en guest - animateur, Antoine Zajdela. Cette séance de « Homme – Poisson – Moustique » a été une réelle réussite, tous les animateurs et tous les enfants présents se sont clairement pris au jeu et semblent avoir apprécié ce moment.

Le dernier jour, la séance du matin a été réservée à la bande dessinée,organisée cette fois ci avec plus de directive pour les enfants, le résultat ne s’est pas fait attendre et les petite planches furent remplies sans aucun problème. L’après midi a été tournée vers un match de football enfants – animateurs – toubab. A la fin de cette journée, il y eu un grand débriefing pour revenir sur ces 3 jours d’action.

L’efficacité de cette équipe d’animateurs réside dans le fait qu’ils se retrouvent quotidiennement après les animations afin d’apprécier ensemble les points positifs et négatifs de la journée, ce suivi régulier leur permet d’apprendre de leur erreurs et d’être tous les jours plus efficaces. Au terme de ce mini séjour (qui nous a servi en quelque sorte de tremplin pour la suite de nos aventures), l’ensemble des participants a semblé satisfaits. Pour notre part, cette entrée en la matière fut plus que gratifiante, en plus de nous donner un aperçu de ce qui nous attendait pour la suite, nous avons été plus qu’impressionnés par l’efficacité et l’investissement de cette équipe d’animateurs bénévoles (pour la plupart étudiants ou lycéens). Nous avons quitté Yeumbeul le 24 janvier en nous promettant d’y repasser à notre retour. 

* LSI : Lycée de la Solidarité Internationale, structure scolaire alternative  pour décrocheurs scolaires qui se caractérise par un emploi du temps aménagé autour de la solidarité internationale et de l’éducation au Développement. Des enseignements qui se concrétisent en première année par un voyage solidaire de 3 semaines au village de Diara (participation à un « Chantier Jeunes » et mise en place de projets personnels), avec possibilité de repartir sur des projets plus longs et plus personnels les années suivantes.

-          Dagana :  

Premier séjour : L’arrivée à Dagana s’est faite le 26 janvier au matin. Apres un peu de repos, nous commençons par une deuxième rencontre avec l’équipe pédagogique : Mme Diba, Mme Kane, M Gaye, M Mbaye Fall, M Iba Fall et M Seck ainsi de Pape Meïssa Hanne directeur de l’école Célestin Freinet à Dagana. Il s’organisa par la suite une réunion pour définir ensemble le déroulement de cette semaine d’ « observation », après avoir passé en revue l’organisation de cette école, sa pédagogie et le rôle de chaque commission, nous avons établi un planning qui permettait d’avoir une vision d’ensemble de toutes les activités de l’école. De activités variées allant de l’EPS au renforcement en lecture/écriture, des rencontres avec les différentes commissions et des animations en dehors du temps scolaire.

            Nous commencions tranquillement à prendre nos marques et le rythme lors de l’arrivée du groupe de LSI 1 le 27 janvier dans la soirée. En vue de leur présence de seulement 2 jours, nous avons profité de la première soirée pour les retrouvailles et avons mis en place le lendemain une matinée de grandes animations pour exploiter au maximum et utiliser à bon escient la forte concentration de toubabs du moment. Le bilan de cette journée fut plus que positif malgré les éclats de voix d’une LSI 2 un peu impatiente : en effet le manque de préparation, d’expérience des LSI 1 et du manque global de coordination ont aboutis à une situation gênante et anti-pédagogique devant les enfants. Malgré tout, l’ensemble des protagonistes et des enfants prirent plaisir à participer à cette matinée d’animation. Le lendemain la totalité des toubabs accompagnèrent la quasi-totalité des enfants en sortie pour visiter les locaux d’une nouvelle radio locale. Certains d’entre eux ont même dorénavant leur voix en jingle de la station ; à la suite de cette fatigante journée vint l’heure de la soirée d’au revoir. Après le départ du groupe, de nos professeurs et même de nos encadrants, nous nous sommes d’une certaine façon retrouvés livrés à nous-mêmes, malgré notre désarroi et notre solitude mais n’écoutant que notre courage.  Nous avons néanmoins tenté (et plutôt bien réussi) de maintenir une certaine régularité dans nos activités. Pas troublés pour deux sous par la présence d’autres toubabs au centre Morgane, nous avons fini notre semaine avec une certaine impatience du fait de notre départ imminent pour Diara.

            Le bilan global de cette semaine fut pour notre part plus que positif : du fait de la préparation de notre venue, nous nous sentions d’autant plus investis car c’était le début de la concrétisation de notre projet. D’autre part, le cadre de vie, l’équipe pédagogique ainsi que Pape Meïssa et sa famille nous ont tout de suite baignés dans un climat presque familier, ce qui nous a permis de nous sentir intégrés, légitimes et à l’aise dès les premiers jours. Le seul point qualifiable de négatif était au niveau de la rédaction de l’emploi du temps et de la gestion de ce temps en elle-même : nous n’avions pas pris en compte plusieurs paramètres (récréation, digestion…) qui ont un peu faussé notre organisation. Outre cette parenthèse, nous sommes plus que satisfaits de ce premier séjour.

Deuxième séjour : Retrouvaille de notre lieu de « prédilection », le 16 février comme prévu.

Nous commençons par une réunion avec l’équipe pédagogique à son grand complet, qu’il nous tardait de revoir. Après un partage de notre expérience dans le Fouta, nous débutons la réunion ; on profita de l’occasion pour donner le matériel de jardinage ( requête de la commission jardinage) et pour exposer les divers lots destinés à la kermesse et à la compétition sportive. Après la partie « bling-bling », on passa aux choses sérieuses :

-          planification des  temps consacrés à la kermesse : création des lots (épaulé par Oumar Seck) le mercredi et le vendredi de 16h00 à 18h00. Opération kermesse présidé par le directeur et M. Seck (organisations et répartitions avec les divers commissions concernées) le vendredi de 11h30 à 13h00 .Réunion logistique (Enseignants -LSI 2)le mardi et jeudi de 11h30 à 13h00

-          planification des temps destinés à l’EPS : De 8h00 à 9h00 tout les jours, sauf le jeudi et vendredi de 8h00 à 10h00 (lundi : CM1, mardi : CM2, mercredi : CE2, jeudi : CE1-CP, vendredi : CIA-CIB)

-           planification des temps consacrés à l’entretien de la bibliothèque : Le lundi   , mardi et mercredi, de 10h00 à 11h00.

-          Planification des temps consacrés : à l’entraînement pour la compétition (qui s’avérera footballistique au final), initiation au basket et la primo expérience en roller ; le mardi et jeudi de 17h00 à 18h00.

La réunion clôturée, nous partons rejoindre la famille Hanne pour savourer les délicieux plats de Kadia.

L’après midi fût consacrée à la préparation des séances d’EPS, où aucune difficultés ne fut rencontrée sur la globalité des séances, hormis certains petits problèmes de compréhension avec les CI. De ce fait on adapta vite des jeux assez simples mais tout autant énergiques qui leur permirent de se dépenser et d’y prendre beaucoup de plaisir. En ce qui concerne les autres classes, avec lesquelles la compréhension et l’investissement ne posèrent aucuns soucis, on engagea une séance d’initiation à l’athlétisme (saut en longueur, saut en hauteur et 100m) pour chacune des classes : pas rassasiés pour un sous ils demandèrent des séances supplémentaires. On continua également les activités proposées lors de notre premier passage de façon évoluée cette fois-ci (le « parcours relais » devint le « parcours de la mort » avec beaucoup plus d’obstacles faisant appel à plus de concentration et de souplesse) : l’esprit compétitif fut d’autant plus au rendez-vous. Sans oublier l’incontournable balle au prisonnier : un mini tournois fut même organisé, départager les équipe releva  du casse tête chinois, les enfants s’étaient tellement pris au jeu et a l’esprit d’équipe que des larmes coulèrent.

Pour rester dans la catégorie sportive, sur leur demande on chaperonna une séance d’initiation au roller. Ariane et Jonas maniant avec une certaine allégresse ce sport furent les instructeurs à proprement dit de cette séance, Lucie avec l’aide de M. Seck et Antoine, veilla à la sécurité des enfants (harnachement de protections en bonne et due forme et roller adaptés) et immortalisa nos casse-cou qui entreprirent un concours de chutes incongrues. Nous étions également attendus sur l’entraînement de basket, mais faute de connaissance et de coordination, on laissa les soins à M. Dieng de donner un apprentissage digne de ce nom. Ce créneau horaire nous servis de ce fait aux divers préparatifs de la kermesse longs et minutieux : création de boules pour le chamboule tout et confection de la banderole publicitaire, travail compliqué à faire faire à des enfants. Pour les autres activités, telles que la réalisation des lots, en d’autres termes création de collier et de bracelets en perles de bois (qui remportèrent un franc succès), les enfants nous firent dont de leur créativité sans oublier M. Seck qui participa activement à cet atelier. La concrétisation de toute cette préparation fut bien évidemment la kermesse qui eu lieu à l’occasion du week end culturel du 27 février au 1er mars. Outre cette Kermesse, les enfant avaient préparé bien avant notre arrivée une pièce de théâtre (sur les thèmes de la famille, de l’immigration clandestine et du paludisme sous les direction de M. Doudou Ndiaye) et une représentation de danse qui eurent lieu le premier jour de ce week end, le lendemain la finale de la compétions de foot se déroula en fin d’après midi avec remise de trophée et de lots pour l’équipe gagnante (accompagnée d’une distribution de stylo pour l’ensemble des participants) ; et le samedi eut enfin lieu cette kermesse tant attendue pour laquelle nous avions travaillé durant 2 semaines. La préparation s’était organisée de la façon suivante :

- choix des activités et des enfants responsables desdites activités lors des réunion avec le bureau de la Coopérative de l’école.

            - liste du matériel nécessaire (récupération, fabrication, stockage…)

            - désignations des adultes et encadrants responsables des activités.

            -organisation des stands dans l’espace.

            -gestion logistique (choix des prix, fabrication des billets…)

-campagne de communication (banderole, affichage, circuit publicitaire à travers la ville orchestré par les enfants sous notre surveillance accompagné de slogans et de djembés).

-responsabilisation de la commission surveillance chargée de gérer les entrées et sorties le jour J.

-répartition des lots et gros lots sur les différents stands.

            Après tous ces préparatifs, le jour de la Kermesse arrivé enfin, elle se déroula de 15h à 19h, sans interruption. Pour l’occasion, l’école avait loué les services d’un animateur – DJ chargé d’apporter une touche musicale supplémentaire à l’ambiance déjà plus que festive. Ariane qui avait été nommée responsable de la course en sac gérait d’une main de maître les hordes d’enfants motivés à l’idée de gagner des stylos, des cahiers ou autres voiturettes et brosse à dent ; pendant ce temps là Jonas tentait d’éviter les balles perdues du Chamboule Tout qui malgré la difficulté due à l’espace de tir remporta un franc succès, alors que de son coté Lucie transformée en supporter d’un jour encourageait de vive voix tous les concurrents du penalty. Les autres activités proposée tels que le Lancer de tongs*, les Yeux Bandés**, le Lancer de Cercle, la Pêche à la bouteille (variante Sénégalaise de la pêche à la Ligne), le jeu des Enveloppes Surprise et le jeu des Bougies*** remportèrent également le succès qui leur était du, notons que toutes ces activités étaient gérées par des professeurs et élèves responsabilisés pour l’occasion. Quand il n’était pas occupé  filmer, Antoine animait de son côté un tournois de jeux vidéo (les participants avaient pour la plus part été initié le samedi précédent au pratiques informatiques).

            En plus des la bonne humeur constante de cette journée et du fait que l’ensemble des participants de cette Kermesse furent amplement satisfait, la conclusion de cette journée fut un bénéfice de 38000 f CFA, un total entièrement reversé à l’école. Ce butin grandiose leur permettra certainement de réorganiser des événements semblables et de combler les besoins des différentes commissions de l’école. Malgré cette heureuse conclusion pour ce week end culturel, les esprits étaient déjà occupé par le grand match du lendemain ; en effet à la veille de notre départ pour St Louis, le grand match Elèves VS Professeurs avec en invités les Toubabs aux coté des enfants eu enfin lieu. Le manque de technique des enfants (malgré « l’active » participation des Toubabs) leur valut une défaite de 7 à 2 (score du à l’injustice flagrante en vuz la différence d’age et d’expérience), ce fut néanmoins une joyeuse façon de clôturer ce séjour exceptionnel.

            La préparation de ces évènements ne nous a malheureusement pas permis d’être autant investis sur la réfection du matériel pédagogique que nous l’avions été à Diara, tous les honneurs et les félicitations à ce propos reviennent sans aucuns doutes à M. Mustafa Diaw qui à lui tout seul a assumée la quasi-totalité de ce travail (nous avons néanmoins participé de façon ponctuelle à la conception des pupitres).

            Le Lundi au matin, il fut malgré tout l’heure des adieux, beaucoup de larmes coulèrent mais un sentiment de satisfaction, d’achèvement et de travail accomplis prenait enfin place dans notre cœur.

 

*Lancer de Tongs : concept Sénégalais qui consiste à envoyer une tong encore chaussée le plus loin possible en jetant son pied en avant.

**Les Yeux Bandés : l’enfant a les yeux bandés, une paire de ciseaux en main et doit se diriger sans aide extérieure vers un fils où sont accrochés divers lots retenus par une ficelle.

***Le jeu des Bougie : le participant n’a le droit qu’a une seule allumette à l’aide de laquelle il doit allumer 7 bougies disposées en ligne sur la table.

           

 

-           Diara : Pour tous les élèves du LSI, ainsi que la majeure partie des personnes qui passent dans ce village, il est d’une certaine façon inenvisageable de revenir au Sénégal sans refaire un passage, même bref dans le Fouta. Notre séjour là bas a duré 11 jours dont une bonne semaine en compagnie des élèves du Lycée de la Solidarité, de nos professeurs et des accompagnateurs locaux. Il était initialement prévu que nous arrivions sur place avant la première année du LSI afin de mettre en place une organisation qui nous était propre et qui nous aurait permis de gérer l’animation et la réfection du mobilier pédagogique. Suite à des changements de plannings (dû à la réalité de terrain), les LSI 1, arrivés quelques jours avant nous avaient mis en place une gestion du temps adapté à leur type de séjour mais pas assez souple pour nous permettre de faire les choses à notre façon, ce facteur ajouté à celui de la fatigue, nous avons fait le choix de nous consacrer uniquement à la restauration du matériel pédagogique. Comme toujours, la réalité de terrain diffère des choses prévue lors de la rédaction d’un projet, et malgré la formation en amont au niveau de la menuiserie, il a fallut s’adapter à une façon de faire plus sénégalaise : ce temps d’apprentissage nous à fait prendre un peu de retard. Malgré nos horaires quotidiennes relativement prenantes : 9h -12h et 16h -19h (sous le soleil et la chaleur foutankaise) nous n’avons put finir en temps et en heure toutes les tables bancs avant notre départ (non reportable) sur Dagana. Nous avons donc laissé en toute confiance à Mustafa Diaw la mission de terminer ce travail presque achevé. Tache qu’il a bien évidement accomplis à merveille, ce qui nous a permis de quitter le village en toute tranquillité et lui de nous rejoindre quelques jours plus tard à Dagana.

 

Moyens humains effectivement engagés dans l’action :

Benoît Cornet et Philipe Taburet, professeurs au Lycée de la Solidarité Internationale.

Antoine Zajdela, chef de mission et responsable de la logistique pour l’association DIIARA.

Pape Meïssa Hanne, directeur de l’école Célestin Freinet et du centre Morgane Grosmann à Dagana ainsi que toute l’équipe enseignante de cette école : Mme Awa Diba, Mme Kane, M. Iba Gaye, M. Mbaye Fall, M. Malick Dieng, M. Oumar Seck et M. Iba Fall.

M. Mustafa Diaw, staffeur de formation et accompagnateur local.

Toute l’équipe enseignante de l’école de Diara Walo.

Les 3 porteurs de projet : Ariane Ottavy-Adair, Jonas Raffet et Lucie Mbengue.

 

Moyens matériels et techniques mis en œuvre pour la réalisation de l’action :

En France : recherche de financements (Paris Jeune Aventure, CAF…), recherche de matériel, recherche de partenaires, formations (à la pédagogie Célestin Freinet lors d’un stage au sein de l’école de Vitruve, Paris 20eme et au technique de la menuiserie au sein de l’entreprise Alliance-Art-Métal sous la tutelle de M. Rachid Achka). Echange avec les divers partenaires ici et là bas.

 

Au Sénégal : recherche du matériel, formations aux techniques « locales » de menuiserie sous la tutelle de M. Mustafa Diaw.

 

Durée effective de l’action :

2 mois.

Chronologie :

Septembre 2008

Arrivée à Dakar le 16 janvier.

Arrivée à Yeumbeul le 20 janvier, retour le 24.

Départ pour Dagana le 26 janvier.

Départ pour Diara le 4 février, retour sur Dagana le 15 février.

Départ sur St Louis le 2 mars.

Retour sur Dakar le 4 mars.

Départ sur Yeumbeul (deuxième séjour) le 5 mars, retour le 6.

Retour le 14 mars sur Paris.                                                     

-                    Remarques générales :

Ce fut une expérience sans précédent. Nous avons beaucoup appris des enseignements apportés et reçus, au terme de ce séjour, nous ressentons enfin une satisfaction totale par rapport aux actions menées au Sénégal. Malgré des changements de programme, notamment à Dakar ou le projet initial était la création du groupe de parole qui s’est transformé en séances d’animations sur Yeumbeul, nous avons globalement rempli les objectifs que nous nous étions fixés : le matériel pédagogique endommagé que nous nous étions engagé a restaurer l’a été, nous avons participé aux manifestations culturelles de l’école de Dagana et avons entrepris un réel échange culturel et nous nous sommes débarrassés du sentiment de frustration que nous avions ressenti au retour de notre premier séjour. Ces 2 mois au Sénégal, nous on permis, en plus de mener à bien notre projet, de vivre au jour le jour dans un quotidien différent du notre.

Objectifs du séjour :

 

-         Découverte d'un pays et d'une population de culture différente,

-         Réalisation d'un chantier de Solidarité internationale au village de Diarra,

-         Réalisation d'animations socio culturelles avec les enfants du village de Diarra,

-         Interventions sur la case de santé de Diarra,

-         Participation à la vie collective dans les concessions ( tâches incontournables).

 

Groupe concerné :  12 élèves du LSI 1 et 3 élèves du LSI 2 et 3 enseignants, un encadrant de l'association DIIARA Sénégal et 2 intervenants de l'association KAFO Sénégal.

      

Durée : du 23 janvier au 14 février 2009

 

 

 

Adaptation et premières rencontres avec le Sénégal

 

La première partie du séjour est consacrée à la prise de contact avec le continent africain. Parmi les élèves, il en est toujours qui appréhendent l’arrivée : crainte de la pauvreté et du sous-équipement, tels qu’ils ont pu les voir à la télévision, ou plus simplement anxiété liée au changement de repères. Le voyage vers le village, en milieu rural sahélien, doit donc se faire par étapes.

 

a) L’arrivée à Dakar

 

La découverte de l'inter culturalité débute dès l'arrivée à l'aéroport Léopold Sedar Senghor. L'accueil est effet un peu « chaud » aux dires des  élèves, qui se retrouvent entourés par des dizaines de jeunes gens. Les uns se saisissent des chariots à bagages pour les pousser dans l’espoir d’une pièce, d’autres proposent du change, ou réclament directement de l’argent. Bref une vraie tension : la phrase « toubab cadeau ! Cadeau toubab » reviendra souvent aux oreilles des élèves durant le séjour. Pour l’heure, elle les choque, les déstabilise. Ce n’est qu’au cours des jours suivants, en discutant avec des adultes sénégalais, qu’ils vont mieux percevoir la situation économique du pays et réaliser que le tourisme apporte souvent ce type de rapport utilitaire et ce genre de situation quel que soit le pays.

 

Les 4 premiers jours, nous restons  dans la capitale, dans un hébergement confortable (Espace Thially). La relative fraîcheur des températures, (autour de 18° degrés le soir) et le vent n’empêchent pas d’aller à la plage, les uns pour une baignade rapide, les autres pour une partie de foot improvisée avec des jeunes Sénégalais. Tous ont un premier contact avec des vendeurs de souvenirs, une occasion de découvrir les plaisirs et les aléas du marchandage.

 

Le second jour, nous grimpons sur les Mamelles, les collines qui surplombent Dakar, une promenade tranquille qui permet de réaliser que nous sommes bien à  la pointe occidentale de l'Afrique. Le lendemain, la visite de l'esclaverie sur l'Ile de Gorée est un moment fort ;  l'histoire tragique de ces millions de vies brisées par les chaînes de l'esclavage devient palpable dans cette maison où femmes, hommes et enfants étaient déjà séparés en attendant le bateau pour les plantations antillaises.

 

Cette période d'adaptation urbaine est enfin l'occasion de rencontrer nos partenaires sénégalais, les Diarrankés immigrés à Dakar. Les discussions permettent à quelques élèves  de mieux visualiser le projet qui nous attend au village.

 

b) La montée dans le Fouta. Deuxième étape : la ville de Dagana

 

Dagana est une ville moyenne à environ 400 km au nord est de Dakar ; elle relève de la région de Saint-Louis. Nous démarrons vers 10 heures, avec le mini car. Aidé de quelques élèves, le chauffeur Samba (qui va nous accompagner durant tout le séjour) charge les bagages sur le toit et jette un filet par-dessus pour tout fixer.  La route va être longue, trouée d’ornières surtout après Saint Louis, Samba va souvent zigzaguer pour éviter les trous. On espère arriver à Dagana vers 17 heures.  Ce sera 21 heures -  des contrôles routiers, et une panne en ayant décidé autrement.

 

À Dagana, nous rejoignons 3 élèves du LSI 2. Ces derniers sont déjà depuis 15 jours au Sénégal. Ils interviennent dans l'Ecole Freinet de Dagana en appui aux enseignants, sur des activités d'animation. Ils réhabilitent aussi le matériel scolaire défectueux de l’école primaire, grâce à des financements qu’ils ont obtenus en France.

 

Ils assument spontanément un rôle de médiateur auprès les élèves du LSI 1, en les  entraînant dans l’encadrement des animations qu’ils ont conçus pour les élèves de Dagana. Premiers échanges avec les enfants, les instituteurs, ce mini séjour est aussi l’occasion de visiter la radio locale, avec les élèves de l’école, Radio Wallo (radio des champs) qui vient juste d’ouvrir ses studios.

 

L’adaptation au pays se poursuit donc en douceur, le cadre reste confortable, même si désormais il n’y a plus d’eau chaude…

 

c) L’arrivée au village de Diarra

 

Le village de Diarra est situé à 8 km du « du goudron », c’est-à-dire de la route qui file de Dakar jusqu’à la frontière malienne. On y accède par une piste, cahots garantis et interdiction de laisser son bras traîner par la fenêtre (sinon gare aux griffures des prosopis, arbustes particulièrement piquants).

 

Loin du « goudron », le village n’est donc pas raccordé au réseau électrique. Il compte 80 familles environ 850 personnes réparties sur 2 sites Diarra Dieri et Diarra Wallo, c’est dans ce dernier que nous allons être accueillis. Et quel accueil !

 

Quand le camion se glisse entre les premières maisons, le village semble désert. Soudain au détour d’une maison en banco, nous apercevons la place :  tout le monde est rassemblé au son des Tamas. Les enfants crient et sautent de joie. Aussitôt descendus du camion, nous voilà installés sur des chaises autour d’une natte où sont assis le chef du village Baba Dieng,l’imam, ainsi que  d’autres notables de Diarra. Tout autour encore, les femmes, les enfants, les quelques hommes qui ne sont pas au champ se tiennent debout. C’est un moment extrêmement fort. « Ils nous ont déroulé le tapis rouge ! », commentent déjà certains élèves du LSI qui n’ont pas l’habitude d’être traités avec tant d’égard et de cérémonie.

 

Ce moment où s'échangent les salutations de bienvenue, mais aussi la joie de se retrouver est l’occasion d’annoncer les actions de développement pour le village auxquelles le LSI va participer.

 

 

 

Le chantier de solidarité internationale

 

Cette année, l'axe principal du partenariat et de notre séjour est la construction des fondations de 2 salles de classes supplémentaires

 

a) Le projet d'agrandissement de l'école de Diarra

 

Le projet d 'agrandissement de l'école de Diarra s’inscrit  dans la continuité des projets menés depuis 1996 avec le village. À cette époque,   seuls 7 élèves étaient scolarisés à N'Dioum. Aujourd'hui 123 enfants vont à l'école du village dont 68 filles et 55 garçons. Deux salles de classes sont bâties en dur et fermées. Une troisième en dur est ouverte au vent. Une quatrième salle est en fait un abri en paille et en palmes.

 

La croissance régulière du nombre d’élèves est le résultat d'une politique éducative volontariste de la part des chefs de famille et du soutien des partenaires associatifs (équipement de l'école en éclairage solaire QEP 2004).  Une cantine scolaire a été organisée par les villageois avec l’aide de l’ONG Counterpart et le soutien de l’association DIIARA. Cette cantine a été un élément clé dans la croissance et la stabilisation des effectifs pendant l'année scolaire.

 

Lors de notre séjour, la majorité des hommes étaient aux champs du Wallo pour surveiller les parcelles de mil et de niebe (haricots). Cette période entraîne généralement un fort absentéisme des enfants, car ils accompagnent leurs parents pour chasser les oiseaux et préserver la récolte. Cette année, les enseignants ont confirmé le faible absentéisme observé. Ce constat est une pierre de plus à mettre au crédit de la place centrale de l'école dans les familles et dans le village.

 

L'association des parents d'élèves compte renforcer sa mobilisation, afin d'obtenir l'affectation d'un nouvel enseignant et permettre ainsi d'éviter les classes multigrades.

 

       b) Objectifs du projet

 

Notre projet vise donc au final à permettre de

- Scolariser plus d’enfants

- Favoriser une scolarisation plus précoce donc plus efficace en Cours d'initiation.

- Mettre les enfants et les enseignants dans des conditions de scolarisation dignes.

 

c) La réalisation du chantier avec le groupe (11 jours)

 

                   • Les  préparatifs

Dés Dakar, nous avons commencé les achats de façon à démarrer le chantier dès notre arrivée au village. Ces achats des fers, des outils, du ciment, la réservation des camions de sable et de gravier à N'Dioum se sont faits par l'intermédiaire de Demba Diop, membre de l'association KAFO. Nous avons ensuite  utilisé nos propres camions pour transporter le matériel et ciment, afin d'abaisser les coûts.

 

Le deuxième axe de travail a été de réévaluer l'ampleur du chantier. En effet, l’association DIIARA avait présenté plusieurs dossiers de subventions, mais seule la QEP a été obtenue et était disponible avec les fonds propres de DIIARA. Les partenaires étaient prévenus de cette situation depuis le mois de novembre 2008. Nous devions cependant en rediscuter et nous mettre d’accord sur ce qu’il convenait de réaliser, pour gérer au mieux les fonds récupérés.

 

C’est ainsi qu’il a été décidé de réaliser le creusement des fondations, le chaînage, pour un bâtiment de 18 m de long sur 7,20 m de large susceptible d’abriter les 2 classes. Le devis décidé compte aussi le moulage des briques en banco/ciment et le transport de l'eau depuis le fleuve.

 

Les travaux

La première étape consiste à creuser les tranchées de fondations (0,50 x 0,50) et des 12 trous de poteaux (1m x 1m x 0,70), avec pour seuls outils, pelles, pioches, barre à mine et le courage, dans une terre très dure (l'hivernage a été très peu pluvieux). Cette étape requiert trois jours de travail.

 

Dés le deuxième jour, des élèves et des professeurs apprennent à fabriquer les chaînages avec des fers de 6 et de 10. C’est l'occasion de très beaux moments d'échanges humains et de savoir-faire techniques. Le troisième jour, les mouleurs de commencent leur travail, aidé par des élèves : 740 briques  moulées en 5 jours, sans compter les allers-retours au fleuve pour chercher l'eau, afin de ne pas entamer les réserves de la nappe phréatique.

 

La deuxième étape consiste à aider les maçons à monter les premières briques dans les tranchées et à creuser les tranchées perpendiculaires (7,20 m), fondations des futurs murs et cloisons de séparation des 2 classes. Les élèves font des brouettes de béton pour fixer les briques et commencer les coffrages des 12 piliers des 2 classes.

 

La tâche la plus fastidieuse  du travail est la construction et l’assemblage des différentes pièces métalliques afin de former et monter  les chaînages de 6 x 7,20 m et de 2 x 18,30 m. Les chaînages finis sont ensuite ajustés sur les briques de fondations et coffrés, avec quelques brouettes supplémentaires de béton.

 

Quand la fin de notre séjour approche, le dernier travail consiste à remplir de sable, de terre et de gravats sur une hauteur de 3 parpaings le sol des 2 classes avant de faire la dalle.

 

                   • Les  moyens humains

Les parents d’élèves sont venus donner un coup de main le matin ou en fin de journée. Les deux maçons du village et un manœuvre étaient en permanence sur le chantier. Le groupe des jeunes du LSI et des 3 encadrants ont travaillé tous les jours aidés par les quelques adolescents du village qui n’étaient pas aux champs.

 

En moyenne 8 élèves sur 12 se sont ainsi retrouvés chaque jour sur le chantier, pendant que 2 étaient responsables des tâches collectives.  2 autres ont consacré 8  jours à la case santé du village pour l'inventaire des médicaments reçus en dons et pour aider l'infirmier lors des consultations.

 

Le travail sur le chantier débutait vers 8 h / 8 H 30 pour se terminer entre 12 h et 13 h. L'après-midi, la majorité des jeunes du LSI étaient dans les activités d'animations avec les enfants de l'école. 2 ou 3 courageux cependant venaient aider au chantier de 17 h jusqu'à la prière de 19 h.

 

                   • Les moyens matériels et techniques

Ciment – fers de 6 et 10 – béton – sable – fil de fer –

 

       d) Problèmes à résoudre après la fin du chantier (2009)

 

Il nous faut finaliser les travaux dans les délais les plus brefs, afin de supprimer les abris provisoires. Pour cela nous devons trouver les financements nécessaires (8 000 €) pour terminer et débuter l'équipement des classes.

 

Il faut aussi renforcer l'équipement en énergie solaire de l'école afin de développer les études du soir et mettre en place un ordinateur fixe.

 

Diarra, la case santé

 

Deux élèves du LSI avait passé les mois précédents notre séjour à rassembler des dons de médicaments de base (antiseptiques et pansements, antalgiques divers, etc.). Elles ont remis sont ces cartons à l’infirmier qui depuis septembre 2008 se rend quotidiennement à la case santé. Défrayé grâce à la solidarité des villageois et de l’association DIIARA, cet infirmier accueille en moyenne une vingtaine de personnes par jour.

 

La situation de l’infirmier reste précaire, aussi les représentants du village et du LSI ont-ils poursuivi ensemble les démarches entamées l’an dernier pour que l’affectation d’un infirmier à Diarra soit officielle, prise en charge par l’Etat et donc  définitive.

 

Un courrier de demande de création de poste a donc été rédigé, et signé - suite à la mobilisation des villageois - par le chef de la communauté rurale dont dépend Diarra, par le sous-préfet et par le médecin chef du district de Podor. Une élève du LSI a eu la chance de contribuer à ces démarches découvrant ainsi les difficultés et les luttes à mener dans un pays où les dépenses publiques sont très limitées. 

 

 

 

Diarra, La découverte d’un « autre monde »

 

Les rencontres interculturelles se déroulent lors de l'immersion des 2 semaines au village de Diarra. L’espace est circonscrit et réduit ; notre groupe vit en vase clos avec les villageois. Les élèves nouent alors des liens spécifiques, et différents pour chacun d’eux du fait de la grande variété de tempéraments, mais aussi d’habitudes sociales et culturelles qui se côtoient au LSI.

 

À Diarra, les enfants de l’école sont disponibles à partir de 16h 30 (sauf ceux de CM2 qui travaillent jusqu’à  18h 30 pour préparer leur entrée en 6e au collège de N’Dioum). Pour les plus petits, les élèves du LSI s’étaient donc engagés à préparer des animations diverses  : tournois de foot pour les 9 -11 ans ; initiation au foot pour les 5/6 ans ; danse, et activités plus studieuses comme l'origami. Chaque animateur avait apporté le matériel nécessaire pour réaliser son activité, ballons, papiers, ou se chargeait de le récupérer sur place ( ce qui n’a pas toujours été facile, par exemple, les piles du  magnétophone utilisé pendant les séances de danse s’usaient plus vite que prévu).

 

Ces activités qui ont été l’occasion de fortes rencontres entre les élèves du LSI et  ceux de l’école. Une fois l’école fermée, ces échanges se prolongeaient. Tel soir, les fillettes ne voulaient plus lâcher leur prof et la danse continuait dans les rues sableuses du village. Un autre soir, l’animateur de foot faisait le tour de la place, avec des joueurs de 5 ans hurlant en soninké : "on a gagné" !

 

La joie des petits étant communicative, beaucoup de concessions ouvraient leurs portes dans la foulée. Plusieurs élèves ont ainsi été invités dans les maisons du village à dîner ou à savourer les 3 thés du soir.

 

Les échanges avec les adultes pouvaient se passer aussi lors de la préparation du repas. Elèves et encadrants du LSI prennent leur repas dans la concession du chef où habitent 7 adultes et 4 enfants, le nombre de repas à servir pendant notre séjour est donc multiplié par plus de 2. Donner un coup de main pour éplucher et laver les légumes est impératif ! Des élèves du LSI se sont donc retrouvés à pleurer en pelant les oignons, et à rire en blaguant avec les cuisinières autour des marmites. La lessive au fleuve était une autre occasion de contact. Les « toubabs » étant plus habitués à appuyer sur le bouton de la machine à laver qu’à frotter un vêtement, les femmes du village les chambraient avant de donner un coup de main rapide et salvateur !

 

Enfin 4 élèves ont été invités par Demba Diop, l’un des agriculteurs du village et membre de l’association KAFO, à aller aux champs, aux wallo. Les champs de mil sont situés à 8 km (à pied) du village. À l’époque des cultures de décembre à mars, la journée démarre donc par une longue marche pour les villageois. Les 4 élèves ont ainsi découvert la dureté du travail. Ils ont récolté un peu de mil, en endurant les démangeaisons provoquées par les graines. Ils ont étalé les épis en prévision des opérations de battage au fléau, puis essayé de chasser les oiseaux à coups de fronde. Ils ont goûté la purée de haricots au sucre - le plat que les Diarrankés emportent au champ - et partagé leur pain et leur fromage. 

 

L’âpreté de la vie au village a été perçu par tous, et même éprouvée par le plus grand nombre. En même temps  les onze journées passées sur le chantier, les nuits sombres mais tranquilles et conviviales laissent des souvenirs difficiles à oublier. Le jour du départ, les séparations ont été difficiles :  le jour n’était pas encore levé quand le camion a démarré, mais on voyait bien les larmes d’émotion dans l’obscurité.

 

 

 

Partenaires en France

Lycée Lazare Ponticelli (13e)

Lycée de la solidarité Internationale (13e)

Ligue de l’enseignement-fédération de Paris

Région Ile de France

 

Pays concerné(s) et zone(s) d’intervention géographique (région, ville-village) :

Sénégal - Village de DIARRA – Région de St Louis – Département de Podor – Arrondissement de Gamadji Saré.

 

Partenaire(s) dans le pays concerné (associations, organisations internationales, institutions…)

Association Kafo

IDEN de Podor

Association des parents d’élèves de Diarra

Association des ressortissants de Diarra à l'étranger

 

Coordonnées du principal partenaire sur place :

Nom – Prénom de la personne responsable du projet : Mr SY- directeur de l’école de DIARRA

Adresse : Ecole de DIARRA - BP03- N’DIOUM- département de PODOR - SENEGAL.

 


 

 

Compte rendu de la mission Québec de janvier 2009 – MLS / PIL

 

Le cadre général de l'échange

Cet échange s’est effectué dans le cadre général de la collaboration entre la région Ile de France et la région Québec. Celle-ci a pour objet la lutte contre le décrochage scolaire, et plus généralement, le développement de la persévérance scolaire qui prend en compte tant la lutte contre le décrochage que le travail de raccrochage et l’amélioration de l’offre éducative. Dans le cadre de cette politique d’échanges engagée en  2006, on peut pointer les actions suivantes : visite d’une semaine d’une délégation québécoise et rencontre avec des équipes en janvier 2006, la participation d’une délégation française (dont un membre du PIL) à  un colloque et à un voyage d’étude en juin 2006 au Québec, réception d’une équipe québécoise au PIL en octobre 2008, rencontre avec des équipes et approfondissement des dispositifs de lutte contre l’échec scolaire au Québec par deux enseignants du Micro Lycée de Sénart et du PIL en janvier 2009. D’autres projets de collaboration approfondie sont actuellement à l’étude.

 

 

  1. Ce qui nous a interpellés ?

 

A)     La prévention et le traitement du décrochage : un travail en amont

Une structure située dans la région du lac Saint Jean se préoccupe de prévenir le décrochage scolaire : le Centre Ressource Multidisciplinaire (CRM) de Jonquière.

 

Raisons d’être du CRM :

-         Prévenir le décrochage scolaire

-         Répondre aux besoins de scolarisation et de réadaptation aux jeunes présentant des difficultés d’ordre comportemental dépassant temporairement le soutien disponible a l’école

-         S’inscrire dans une perspective de partenariat et de complémentarité de services offerts par le réseau de la santé, des services sociaux et des autres organisations locales

 

Buts

-         Fournir aide et soutien aux élèves pour poursuivre les apprentissages

-         Soutenir les enseignants dans leurs interventions visant à maintenir les élèves en difficulté comportementale dans leur école d’origine

-         Soutenir les parents pour qu’ils puissent accompagner leur enfant dans son cheminement au centre et sa démarche de réintégration à son école d’origine

-         Définir des modalités de collaboration entre les établissements, services sociaux et de santé concernés

 

C’est un modèle d’intervention à court terme (entre 6 à 8 semaines de prise en charge), gradué en étapes, pour des élèves vivant des difficultés majeures de fonctionnement et qui vise une démarche de réintégration scolaire. Le public concerné est constitué de jeunes de 12 à 16 ans repérés pour des difficultés comportementales dans leur établissement et volontaires dans la démarche proposée.

Il offre des services éducatifs et des services de réadaptations intégrés dans un plan d’intervention. Ce plan, élaboré avec la participation du jeune, des parents, des personnels du centre, et des intervenants extérieurs fixent des objectifs pédagogiques et comportementaux.

Des rencontres bilans ont lieu toutes les semaines avec les intervenants du Centre et le suivi du jeune est communiqué aux parents par le biais d’un carnet de route.

A la fin du processus, si les objectifs sont atteints, le CRM recommande des modalités de réintégration à partir d’un plan d’action. Dans le cas contraire le jeune est orienté vers un autre service

Un intervenant est alors identifié par l’école d’origine pour s’assurer de la mise en place des mécanismes d’accueil et de suivi auprès du jeune

Ce centre ressource utilise les compétences d’une psychoéducatrice, d’enseignants dans des disciplines littéraires et scientifiques et travaille en partenariat avec :

§  Le Centre Jeunesse

§  Le Carrefour Santé

§  Un centre spécialisé dans des problématiques de sante mentale

§  La Ville de Saguenay (policier - éducateur)

§  Les services de Justice

 

Cela signifierait pour nous

 

Sur chaque district (ou autre unité administrative regroupant des établissements proches géographiquement), il nous semblerait intéressant de réunir une équipe comprenant des enseignants mais aussi des COP, psychologue, CPE, partenaires de la politique dans la ville etc. et de monter une structure s’occupant pour une période déterminée d’élèves susceptibles de décrocher à un niveau 3ème - 2nde. Ce travail pourrait s’articuler avec celui mené par les GAIN et les classes relais existant déjà et/ou les structures expérimentales existantes ou faire l’objet d’une entité autonome, rattachée à un lycée support, qui offrirait ses services à un groupe d’établissements scolaires. Dans ce cadre, les établissements adhérents pourraient mutualiser des moyens humains pour nourrir ce projet à vocation locale.

 

B)     la mobilisation de tous

 

Le CRÉPAS a pour mission de prévenir l'abandon des études chez les jeunes (collégiens, lycées et étudiants) par des actions concertées tant au plan local que régional. Depuis 1996, le CRÉPAS intervient dans la collectivité régionale et, au besoin dans les collectivités locales dans le but de susciter la mobilisation des forces vives du milieu et leur participation à un processus de changement social lié à la prévention de l'abandon scolaire. Plus de 60 volontaires issus de différents domaines s'impliquent au sein des divers comités du CRÉPAS, mettant à profit leurs ressources, leurs connaissances et leur expérience. L'équipe de professionnels chevronnés du CRÉPAS détient une large expertise en intervention collective, en communication, en recherche-action, en animation et en concertation. .Son activité s’exerce sur quatre fronts :

 

-          Mobilisation et coordinations de volontaires issus de différents milieux pour concevoir un plan d’action global

-          Recherche et transfert de connaissance par la publication d’articles :indicateurs régionaux  de persévérance , de  diagnostics dans des milieux à risque, par des  interventions dans la formation des maîtres

-          Intervention et accompagnement de démarches de concertations auprès des entreprises susceptibles d’employer des jeunes tout en conciliant étude et travail, accompagnement des comités locaux pour implanter un programme d’aide à l’éveil à la lecture ,promotion de stages …

-          Promotion et sensibilisation par l’organisation d’une campagne annuelle dans les media pour sensibiliser les parents à l’accompagnement scolaire de leurs enfants, animation d’un site internet sur ce thème

 

Voir sur leur site (http://www.crepas.qc.ca/), « l’ABC de la persévérance »

 

Il est à noter qu’au Québec chaque région  comporte une instance de concertation sur la persévérance et la réussite éducative .Le bilan fait par le CREPAS sur la région  Saguenay-Le Lac St Jean est un recul de l’abandon scolaire mesuré par une augmentation du taux de diplômes obtenus par rapport à l’effectif d’une classe d’âge.

 

Cela signifierait pour nous ... :

 

Une instance comparable au CREPAS peut se mettre en place au niveau de la Région Ile de France dans le cadre des projets « Ambition-Réussite pour tous ». Cette structure permettrait de mettre en réseau toutes les équipes travaillant sur le décrochage et de faciliter l’émergence de projets nouveaux. Elle répondrait à une logique avant tout territoriale et s’intègrerait dans les objectifs de la politique de la ville, définies depuis juin 2008.

 

C)     Le travail d'étude et d'évaluation

 

Les zones scolaires visitées ont un lien très fort avec la recherche, autour du phénomène du décrochage, tant en amont, avec des études fines par quartiers, origines sociales, structures familiales....qu'en aval avec un travail d'analyse et d'évaluation des dispositifs proposés dans une logique de coopération et d'implication des acteurs de terrain, et pas seulement d'évaluation-sanction. Les équipes sont donc partie prenantes du processus d'évaluation. Les moyens mis à disposition des équipes chargées de ce travail sont considérables et garantis sur 5 ans.

 

Cela signifierait pour nous…

 

Cela signifierait chez nous que des équipes universitaires travaillent avec l'ensemble des acteurs et des décideurs sur du moyen terme à la mise en place d'un repérage fin du décrochage, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, en croisant les données sociales, économiques, familiales. Ces équipes de recherche devraient pouvoir impliquer les écoles, les collèges et les lycées afin de faire progresser les pratiques.

 

D)     Une approche globale de l'élève

 

Les causes de décrochage scolaires sont multiples et complexes. Il est inutile de chercher à dégager la responsabilité d'un acteur unique. Le traitement doit donc prendre en compte l'ensemble des paramètres qui ont amené un jeune soit à rompre avec l'école, soit à provoquer une situation telle qu'il s'est fait exclure. Or, si des soutiens sur tous les plans (sociaux, médicaux, psychologiques, pédagogiques...) sont possibles, leur coordination et leur concertation restent souvent problématiques. La logique de guichets successifs disparaît au profit d'une prise en charge globale, avec un lieu de référence.

 

Cela signifierait pour nous…

 

Cela signifierait que les services puissent travailler dans une réelle proximité sur tous les plans, avec un travail de mise en cohérence des actions, chacun tenant compte des aspects pris en charge par les autres. Dans un même espace, des intervenants se connaissant et ayant l'habitude de travailler ensemble devraient pouvoir agir de concert et non successivement ou en parallèle.

 


 

E)Passerelle et parcours et mixité des publics

 

Centre d’éducation pour adultes (CEA) de Shawinigan

 

Au Québec, la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans. A partir de 16 ans, le jeune rentre dans le groupe des « adultes ». Tout adulte a le droit de retourner à l’école et obtenir des diplômes. Les groupes rencontrés sont composés d’adultes de 17 à 40 ans et plus. Ces adultes poursuivent des études dans le cadre de la formation initiale ou continue. Dans ce deuxième cas, leur cursus est complètement individualisé et ils trouvent au CEA les enseignements dont ils ont besoin pour valider des niveaux dans les disciplines sélectionnées, en vue de construire pas à pas un projet de formation souvent professionnelle et de faciliter leur insertion. Le projet est mené avec les services sociaux et de l’emploi.

 

La structure accueille des personnes ayant d’autres parcours spécifiques (centre accueillant des personnes handicapées en particulier)

 

A titre d’exemple de l’aide au retour à l’école, une crèche est ouverte dans l’école aux enfants des élèves (mais aussi des usagers de la ville).

 

Cela signifierait pour nous …

 

Accueillir des jeunes et adultes inscrits dans un processus de préparation du baccalauréat en autonomie, en particulier pour toute personne scolarisée au CNED. Cette plateforme d’accueil pourrait prendre en charge des apprenants de la formation initiale comme de la formation continue. Un partenariat avec les missions locales pourrait être mise en place pour permettre à ce dispositif de voir le jour.

 

Proposer un encadrement pédagogique disponible dans la structure d’accueil dans les enseignements fondamentaux, sous forme d’un point ressource. Ce projet nécessite une étroite collaboration avec le CNED pour deux raisons. D’une part, elle permet d’avoir une connaissance précise de la répartition de la population sur le territoire susceptible d’être accompagnée par un tel dispositif. D’autre part, elle permet d’utiliser le réseau de communication dont il a la maîtrise.

 

E)      Le métier d'enseignant et les métiers de l'éducation

 

Les enseignants ne sont pas cantonnés à des taches d'enseignement. Leur service, décliné en « A, B, C, D », inclut : l'enseignement (A), le suivi des élèves et le tutorat (B), la concertation (C), et le travail de préparation de cours sur place (D). Cette présence plus importante sur place et cet engagement sur d'autres tâches permettent une meilleure portance des projets, une plus grande cohésion des équipes, un travail entre les différents acteurs simplifié et une prise en charge plus personnelle des jeunes. De même, la vie dans l'établissement est en partie apaisée par cette plus grande présence physique d'adultes dans l'école.

 

Cela signifierait pour nous…

 

Cela signifierait pour nous de repenser le métier de l'enseignant. La question ne se posant pas seulement en terme quantitatif (combien d'heures de travail), mais en terme qualitatif: qu'est-ce que je gagne à sortir d'un simple rôle de transmetteur de savoir, qu'est-ce que je gagne à une meilleure connaissance des élèves, qu'est-ce que je gagne à ne plus travailler seul, qu'est-ce que je gagne à intégrer réellement d'autres acteurs dans mon champs professionnel.

  1. Des propositions opérationnelles

 

1)        Dans nos structures

 

Des pratiques différentes possibles pour le projet personnel.

Le projet personnel a toujours été au centre du travail de raccrochage que nous engageons avec les élèves. Nous avons pu voir dans les écoles québécoises, dans le cadre d’une approche très proche de la notre, le développement d’outils qui nous ont semblés particulièrement adaptés et qui pourraient facilement être transposés.

 

Des logiques de travail individualisé.

Les élèves qui rentrent  dans un processus de raccrochage ont des difficultés à s’inscrire dans la régularité. Cela a d’ailleurs donné lieu à des propositions de scolarités aménagées, entre temps individuels et collectifs d’apprentissage. Nous avons pu observer au Québec une grande richesse doutils adaptés permettant aux élèves, dans un cadre collectif, de progresser à leur rythme. Nous pensons que ce genre de propositions, permettant d’alterner le dedans et le dehors, le collectif et l’individuel, le travail autonome et en interaction, pourraient faciliter le retour progressif dans un parcours de formation.

 

Des possibilités d'organisations différentes des temps scolaires

Le temps de travail des enseignants québécois, tel qu’il est défini plus haut, nous a permis de mieux formaliser notre propre organisation du temps de travail, en précisant davantage les missions de chacun dans nos structures et d’alimenter ainsi la réflexion actuelle sur le  métier d’enseignant.

 

Dans le cadre de notre établissement de rattachement.

Un projet d’échange avec le Québec concernant la partie professionnelle du lycée L Ponticelli est née de nos rencontres avec les équipes du CFP de Shawinigam. Ce projet est pris en charge par la direction du lycée.

 

2)       Des nouveaux projets

 

Un dispositif d’accueil d’élèves exclus temporairement

 

Les élèves exclus temporairement de leur établissement sont des jeunes dont les  « habiletés sociales » sont en inadéquation avec les attentes de l’école et dans le contexte dans lequel ces jeunes évoluent ne favorisent pas la réussite scolaire. Exclure ces jeunes de leur école pour des raisons disciplinaires doit pouvoir être accompagné d’un dispositif leur permettant de ne pas être en rupture avec celle-ci.

Objectif : ne pas interrompre le lien scolaire

Un dispositif d’accueil permettrait à ces jeunes d’interroger leur posture scolaire, le sens de leur scolarité, leur projet personnel de façon à pouvoir réintégrer leur établissement dans de meilleures conditions. Intégrer un tel dispositif leur de ne pas être en rupture avec les apprentissages dans les enseignements fondamentaux (français, math, anglais) et de poursuivre des activités socialisantes (sports collectifs, arts).

Le public serait constitué d’élèves exclus temporairement, entre 1 et 3 jours.

Dans le cadre de la liaison collège – lycée, ce dispositif « lycée » pourrait intégrer les élèves de 3ème.

 

Annexes

1)       Structures visitées, personnes rencontrées

 

Centre d'éducation des adultes du ST Maurice commission scolaire de la Mauricie

- Conseiller pédagogique : Tommy Champagne

- Directrice adjointe du centre

- Orthopédagogue

- Conseillère en formation

- Enseignant français, math, langue en situations différentes (coopératif, individualisé, atelier de sciences)

- Responsable de la vie collective de l'établissement

- Directeur de la formation professionnelle de la commission scolaire de l'énergie

 

Centre Ressource Multidisciplinaire Jonquière

- Le directeur responsable du projet

- Psycho éducatrice

- Technicienne en éducation spécialisée

- Enseignante Français/Sciences Humaines

 

Crépas

-Responsable du Crepas (Conseil REgional de Prévention de l'Abandon Scolaire)

- Visite de la polyvalente Kénogami et rencontre avec une conseillère en orientation

 

Centre de formation générale des adultes

Responsable/animatrice du SARCA (Service d'accueil, de référence et d'accompagnement)

 

Centre de formation professionnelle de Jonquière

- directeur

- Responsable liaison école/entreprise

 

Vice présidente de la commission scolaire de Jonquière

 

Table de concertation du SARCA et *AFA : Assocation des Familles et des Amis du MLS 

Bilan financier de l'AFA* - Mission Québec PIL/MLS janvier 2009

 

Dépenses

Recettes

 

transport (avion, location de véhicule, carburant)

3 523,16

Subvention CRIF

2 000,00

hébergement

2 236,85

Subvention SAN Sénart

2 000,00

repas

905,77

Subvention Pôle Innovant Lycéens

1 671,68

frais de change

56,72

Subvention Micro-lycée de Sénart

1 000,00

Reste subventions

 

Subvention AFA MLS

50,82

Total

6 722,50

Total

6 722,50

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Intervention, diffusion et formation du PIL 2008/2009

 

 

-         Intervention dans le cadre du Master CITS de Paris X ; thème : la mise en place de projets.

-         Accueil d'une équipe québécoise dans le cadre des échanges Région Ile de France/Québec.

-         Intervention lors des journées de formation sur site de la MAIE Paris autour du thème du décrochage.

-         Journée de formation pour l'académie d'Amiens sur le thème de l'aide individualisée. Formation (formation de formateurs) co-encadrée avec M. A. Hugon, professeur à Parix X.

-         Encadrement de 2 stages de 2 jours « agir contre le décrochage scolaire » pour l'IUFM de Versailles, co-encadré avec F. Quinchez, CPE à Athis Mons.

-         Intervention d'une demi- journée dans un stage « agir contre le décrochage » organisé par le CIO de Noisy-le-sec.

-         Accueil d'une équipe du CFA des Douets (tours) pour une réflexion autour du thème de l'évaluation

-         Présentation du bilan des échanges avec le Québec lors de la journée réussite pour tous

-         Intervention  SCEREN de Lille autour du thème de l'éducation au développement et de la solidarité internationale.

-         Participation aux rencontres académiques sur les dispositifs MGI.

-         Prise en charge d'un atelier de réflexion autour du thème du travail en équipe aux journées pédagogiques du CRAP (PIL/FESPI).

-         Participation à un temps de formation dans le cadre de la mise en place du projet d'établissement du Lycée L Ponticelli.

-         Participation au travail d'écriture sur les pratiques innovantes de l'académie de Paris (5 rendez-vous de travail).

-         Participation à 2 séminaires de mise en place d'un réseau de partenaires par la Maison des adolescents

-         Co-encadrement avec M. A. Hugon, professeur à Paris X d'une journée de formation autour du thème du décrochage pour l'académie d'Amiens.

-         Participation à une journée inter-académiques sur le thème des ruptures de scolarités (Paris, Créteil, Versailles).

-         Participation à une journée de réflexion sur l'expérimentation pédagogique pour l'Université de Bourgogne avec M. H. Hugon, Professeur à Paris X.

-         Intervention lors de journée de formation de la USEN-CGT sur le thème de l'égalité des chances (PIL/FESPI).

-         Accueil d'éducateurs dans le cadre de leur formation.

-         Édition d'un DVD de témoignages d'anciens élèves décrocheurs pouvant servir de support lors de formations.

-         Participation au comité de pilotage du Master CITS de Paris X et participation au jury de Master  2.

 

 Perspectives :

-          Intervention avec M A Hugon (ParisX) auprès de l’académie de Versailles dans le cadre d’une journée de réflexion sur les classes relais

-          Un projet d’accompagnement de l’équipe du lycée Bachelard

-          Une collaboration dans le cadre de mise en place de la veille éducative de Colombes

-          Un article en collaboration avec l’équipe médicale de la maison des adolescents

 

 


 

 

Emploi du temps des 1ère STG au LI en 3e séquence

(rentrée de janvier ).

 


 


 

 

                    Emploi du temps MD  3e séquence – LI – 2008 / 2009.


 


 

 

Modules de détermination du  Lycée Intégral (Sept-déc ).


 

 


 


 


 

Planning semaine d’évaluation et bilan – LI

Jeudi 11/12

Vendredi 12/12

Week-end

Lundi 15/12

Mardi 16/12

Mercredi 17/12

Jeudi 18/12

Vendredi 19/12

LV2

10h00-11h00

STG

10H00-12H00

 

ANGLAIS

10H00-12H00

SCIENCES

10h00-11h00

MATHS

11h15-12H15

-                    ECO-DROIT

10H00-12H00

9h00

Retour évaluations

LI B

9h00

Retour évaluations

LI A

Cérémonie

Inauguration

SCIENCES HUMAINES

14H00-16H00

 

FRANCAIS

14h00-17h00

-                    UF

-                    14h00-15h00

 

CONSEIL DE PROGRES

LI B

17h30

CONSEIL DE PROGRES

LI A

17h30

 


 

Planning semaine d’évaluation et bilan – LI

Jeudi 11/12

Vendredi 12/12

Week-end

Lundi 15/12

Mardi 16/12

Mercredi 17/12

Jeudi 18/12

Vendredi 19/12

LV2

10h00-11h00

STG

10H00-12H00

 

ANGLAIS

10H00-12H00

SCIENCES

10h00-11h00

MATHS

11h15-12H15

-                    ECO-DROIT

10H00-12H00

9h00

Retour évaluations

LI B

9h00

Retour évaluations

LI A

Cérémonie

Inauguration

SCIENCES HUMAINES

14H00-16H00

 

FRANCAIS

14h00-17h00

-                    UF

-                    14h00-15h00

 

CONSEIL DE PROGRES

LI B

17h30

CONSEIL DE PROGRES

LI A

17h30

 


 

Emploi du temps  : préparation du LSI 2 – 4 eme  séquence 2008 /2009.

 

 

 Lundi

 

Mardi

Mercredi

jeudi

vendredi

 

 9h

 

 

10h30

 

 

Partenariat

 

B / A