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I Du cercle des initiés aux réseaux des découvreurs

10 tendances observées en expérimentation

géographie de l’expérimentation

Avec le recul de plusieurs années, il est possible d’établir, comme cela peut être fait pour d’autres dispositifs, une carte étonnamment stable des sites abonnés à l’expérimentation ou à l’innovation.

Ainsi a pu se développer chez certaines équipes une culture de l’innovation, à savoir une conduite du changement et de l’ajustement aux conditions d’enseignement et aux nouveaux publics.

 Si le croissant « bleu » de l’arc nord et est parisien, corrélé à la difficulté sociale ou scolaire, peut se retrouver, certaines zones apparaissent, certaines catégories d’établissement émergent.

La cartographie, en ligne sur le site académique, sur trois ans modifie peu la géographie parisienne constatée depuis 10 ans dans le cadre de l’innovation. Plus de 80 % des cas se concentrent dans un arc oriental.

Et les RAR ?

La politique « Ambition Réussite » lancée en 2005 au niveau national a été concomitante de la politique d’expérimentation (version article 34). Nous avons d’ailleurs participé personnellement à l’encadrement d’un séminaire national à l’ESEN, piloté par M. Polivka, délégué national à l ’époque, puis directeur de l’ESEN. La liaison directe entre l’ambition pour ces collèges difficiles et la politique d’élargissement des cadres d’enseignement et des organisations a été explicite.

L’académie de Paris en 2006, dans son projet et dans son organisation interne, n’a pas souhaité organiser cette liaison. De fait, dans les quatre réseaux « ambition réussite », la place de l’expérimentation pédagogique est minime ; leur priorité étant portée alors sur la contractualisation et l’organisation des postes.

Au bout de trois ans, nous avons exploré cependant plusieurs pistes dans ces réseaux, malgré tout :

Collège G. ROUAULT, atelier ARB (expérimentation)

http://innovalo.scola.ac-paris.fr/2007/rouault.htm

Toute une équipe depuis 2005 réfléchit à l'efficacité des apprentissages fondamentaux du socle dès la classe de 6ème et de 5ème, en travaillant explicitement sur la transversalité et le transfert des connaissances dans trois disciplines. L'expérimentation est suivie par la recherche INRP, en relation avec d'autres établissements dans les régions.

Collège G. ROUAULT, Dispositif d'aide aux devoirs maths par les tice (innovation)

http://innovalo.scola.ac-paris.fr/2008/rouault.htm

L'accès au service d'aide aux devoirs par internet est proposé à tous les élèves du collège. Les élèves et les parents souhaitant en bénéficier et ayant signé la charte d'utilisation du service obtiennent un guide utilisateur et un identifiant personnel. Ils se connectent entre 18h et 19h au site ProfExpress et bénéficient de l'aide de l'enseignant de mathématiques de leur établissement qui est de permanence.

Les enseignants de mathématiques impliqués dans ce projet se relaient pour assurer de chez eux les permanences de 18h à 19h du lundi au vendredi pendant les douze semaines scolaires effectives entre février et juin. Chacun s'engage à se connecter sur un créneau fixe d'une heure hebdomadaire et à aider les élèves de son établissement qui lui sont routés.

Collège UTRILLO, dispositif de socialisation et d'apprentissage (expérimentation)

http://innovalo.scola.ac-paris.fr/dsa/utrillo.htm

Les DSA sont une tentative de réponse à la difficulté scolaire envisagée dans ses différents degrés d'amplitude et plus ou moins amplifiée par les parasitages socio-culturels ou psychoaffectifs. Cette expérimentation académique concerne actuellement 22 collèges sur 109 à Paris.

RAR Clemenceau, réseau des écoles primaires

Pendant toute l'année scolaire, l'IEN avec l'appui sollicitée de la MAIE, a conduit un groupe de formation et d'analyse de pratique sur la fonction de direction d'école en milieu difficile. Plusieurs objets d'étude ont été travaillés, développés, et font l'objet de publications de ressources sur le site de la circonscription 18B. La dimension de l'expérimentation, dans l'organisation des enseignements, dans le management, mais aussi dans l'évaluation des projets et plus globalement des écoles a été explicitement abordée.

Parmi ces écoles, l'Ecole ORAN fait l'objet d'un suivi plus particulier, pouvant entrer dans l''expérimentation (dossier en cours).

Dans le RAR UTRILLO, l'Ecole LABORI fait l'objet actuellement d'un projet d'expérimentation pédagogique en cours de négociation, autour d'une organisation des dispositifs et des pratiques fortement inspirée de la pédagogie coopérative et institutionnelle.

Le premier degré et l’expérimentation à Paris

Le nombre des dossiers est inversement proportionnelle aux sites ; 240 établissements = 110 dossiers, mais 680 écoles = 20 dossiers

En respectant les circuits de communication institutionnelle (information par l’IA 1er degré, travail d’appui aux équipes, validation par l’ICC), le 1er degré est donc sous-représenté, mais… représenté à Paris, chose très peu fréquente au niveau des autres académies ; cela a été signalé plusieurs fois lors des regroupements nationaux.

Peu à Paris, mais Paris présent et pari tenu

Les écoles dites « expérimentales » (une vingtaine) avaient déjà fait l’objet d’une évaluation de leur dispositif en 2005-2006 par l’IEN de circonscription ; certaines d’entre elles, 13 en tout, ont la démarche accompagnée d’entrer dans le cadre de l’article 34.

La quasi-totalité s’inscrit dans le domaine de l’aménagement du temps scolaire (ATS), opération lancée en 1986 en collaboration avec la Mairie de Paris. Seule l’Ecole Vitruve poursuit et développe son projet « historique » de pédagogie de projet, coopérative et de direction collégiale.

Le petit nombre nous interroge sur les spécificités de l’organisation des enseignants et des enseignements dans le milieu du 1er degré et sur son potentiel à assumer des aspects dérogatoires tels que le suggère l’article 34.

Des conditions de réussite

A l’épreuve des faits, sur les trois années, les liens tissés, grâce aux actions de formation des directeurs et des conseillers pédagogiques (voir le chapitre 10), la communauté ouverte des échanges sur l’internet et la personnalisation du conseil, semble payer. Plusieurs écoles se manifestent ; leurs ICC sont d’emblée impliqués, voire impliquants ; les conseillers pédagogiques peuvent s’avérer des personnes expertes sous certaines conditions.

Finalement, pour que le dispositif prenne racine (voir page précédente dans les RAR) et donne quelques beaux fruits dans le 1er degré, il nous faut, pour la MAIE, rechercher la triangulation direction-ICC-CP. Si l’un des trois vient à manquer, les travaux ne pourront aboutir.

Et des réussites

Des progrès importants ont été accomplis dans le 1er degré, qui pourront tout à fait être réinvestis et transposés dans les dossiers du 2ème degré : ainsi, l’évaluation des dispositifs innovants,(voir chapitre 9) tels que ceux de Vitruve ou du groupe SOLEIL , a permis d’approfondir des méthodes et une ingénierie propre à l’évaluation, avec des résultats probants pour les élèves et pour les équipes.

point sur les lycées

La dimension plus « politique » de l’expérimentation semble toucher à présent de nouveaux types d’établissement, peu coutumiers de ce travail accompagné. L’habillage plus « institutionnel » de l’article 34, sa présentation plus assumée au niveau académique, ont eu des effets, notamment sur les chefs d’établissement (pas tous), de nos lycées parisiens.

Cette relative nouveauté nous invite à observer plus attentivement les « entrées » des équipes : certaines sont classiques, voire attendues (ouverture internationale, PFUE oblige, mais aussi détours culturels), d’autres sont plus innovantes et porteuses d’avenir : individualisation des parcours par exemple.

C’est le cas précisément des lycées, plus particulièrement généraux, de l’académie. Le lycée RACINE (Paris 8ème) s’engage dans l’accompagnement individualisé des élèves, des modules de découverte « parcours littéraires » et la mise en application encore modeste du CECR en anglais. Le lycée MONTAIGNE (6ème) s’est engagé depuis deux ans dans des dispositifs d’aide individualisée en sciences et dans une profonde rénovation de l’enseignement des langues par compétences. Tous deux préfigurent quelques éléments du « nouveau lycée ».

En creux, nous pouvons aussi constater l’absence d’expérimentation (officielle tout du moins) en matière d’organisation du temps souple et mobile. C’est un chantier que des établissements en France, publics comme privés, ont déjà attaqué avec succès. Paris résisterait-elle ? (voir chapitre 5)

Le graphique suivant nous renseigne sur les facteurs d’efficacité (voir chapitre 7), ici recensés dans les dispositifs des lycées suivis ; il apparait explicitement que ce sont bien des pratiques, et en deçà d’elles, des postures d’enseignants, qui sont en train de changer : regard porté sur les élèves, coopération, approche compétence…. Presque un nouveau métier (voir chapitre 6).

fréquentation des séminaires

Sur les trois années consécutives, la MAIE a organisé méthodiquement et patiemment, mais régulièrement, groupes, rencontres, séminaires et animations pédagogiques.

Variété des thèmes, diversités des traitements, appuis sur les études de cas et la responsabilisation des personnels, en inter-degrés toujours, en ont été les principes directeurs. Ces travaux sont compilés par l’écrit et l’enregistrement, disponibles de suite sur l’internet.

La visibilité et la continuité données à nos travaux, notamment par les supports (affiches, carnets, plaquettes), mais aussi par les listes de diffusion et le bouche-à-oreille qui fonctionne tout autant, tous ces facteurs tendent à expliquer la forte augmentation du public touché par ces manifestations.

La « mesure » est relativement simple, puisque depuis trois ans, nous avons investi le Lycée Marcel DEPREZ et son amphithéâtre, notamment, à la capacité de 80 personnes maximum. L’aune est pratique.

Ainsi, au moment de nos journées académiques, nous avons reçu en moyenne jusqu’à 120 personnes (en rotation) et plus de 60 personnes accueillies en buffet.

Les séminaires d’étude de l'’expérimentation, placés des mardis soirs entre 17 h 30 et 19 h 30, tout au long de l’année, ont connu des fréquentations oscillant entre 40 à 60 personnes, selon les domaines abordés (et les périodes de l’année, avec ou sans grève…)

Cette fréquentation s’explique notamment par la possibilité pour les personnels du premier degré de participer à ces sessions dans le cadre de leurs 108 heures. Ce mélange des origines, des catégories et des disciplines, est un des atouts du dispositif, de l’avis de tous.

Pour toutes ces raisons, ce sont bien des « nouveaux publics ».

 

point sur la consultation de l’internet pédagogique

Un espace « spécial LYCEE » a été alimenté sur le site MAIE à l’adresse :

http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_76196/identifier-les-concepts-clefs-du-lycee-nouvelle-formule?cid=p1_76182

  • des ressources documentaires et instrumentée (fiches de lecture)

  • des études de cas

  • des analyses et articles issues de la recherche

  • des ressources pour la formation et l’accompagnement des équipes

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