Afin de valider cette hypothèse, nous nous
appuierons sur les travaux internationaux en la matière,
notamment ceux de l’Université de Louvain. Aletta1 GRISAY a
conduit une 'étude en 1995 à partir de 2000 monographies,
souvent anglo-saxonnes ; et parvient à distinguer plusieurs
stratégies scolaires dans l’apprentissage, de façon
récurrente, en leur attribuant des scores, en référence à
une situation-témoin de performances constatée, celle du
préceptorat.
En situation scolaire plus classique, des
dispositifs peuvent atteindre des scores approchant, tels
que ll’évaluation formative, l’entrainement à la lecture, le
temps réel d’implication de l’élève dans la classe, ou
encore un programme coopératif.
Un deuxième groupe peut se révéler efficace
: le tutorat entre pairs, la constitution de groupes
homogènes en classe hétérogène, mais aussi le questionnement
de haut niveau taxonomique, des indices donnés à l’avance,
des attentes positives de l’enseignant.
L’étude montre que la taille de la classe
est une variable de peu d’effet, ainsi que la constitution
de classes de niveau ; le redoublement est donné comme
contre-performant.
L’étude donne en conclusion une clef que
nous retiendrons pour l’analyse de nos dispositifs
d’expérimentation : un seul dispositif ne suffit pas ; c’est
bien une combinatoire de plusieurs stratégies qui agit de
manière significative sur les performances scolaires.
Nous pouvons donc sélectionner quelques
items pour discriminer les différents dispositifs
d’enseignement mis en place dans le cadre de l’innovation ou
de l’expérimentation, à savoir :
-
- Attentes positives des enseignants
-
- Refonte du curriculum en sciences
-
- Questionnement de haut niveau
-
- Programme coopératif
-
- Temps réel d’implication des élèves
- - Evaluation formative
Une recherche patiente et durable de
l’efficacité scolaire
Les observations de terrain et les bilans
d’étape permettent pour chaque expérimentation de relever
les pratiques à l’oeuvre localement ; ramenés en un graphe
(ci-dessous), nous constatons alors quelques points.

Premier enseignement : les équipes combinent
au moins deux, la plupart, trois stratégies qui se
renforcent mutuellement. Par exemple, les DSA, dispositif de
prévention du décrochage au collège, font jouer en même
temps une évaluation formative, un programme coopératif et
des attentes positives.
Deuxième enseignement : s’engager dans
l’innovation ou dans l’expérimentation, c’est manifester des
attentes positives des enseignants envers leurs élèves. Ce
peut être une posture « naturelle » de tout enseignant, cela
l’est moins dans une organisation d’équipe ; cette approche
partagée et explicite influe directement sur le climat de
confiance et le sentiment de sécurité, indispensable à tout
apprentissage. Par exemple, au lycée-collège Bergson, le
sentiment de discrimination, d’un taux très élevé mesuré il
y a cinq ans, s’est considérablement réduit sur la durée du
développement de leur action collective : « développement
durable », qui table sur au moins cinq stratégies sur les
six présentées ici.
Troisième enseignement : le développement
plus large, plus instrumenté de l’évaluation formative a des
conséquences directes sur le temps réel d’implication des
élèves ; ce « temps d’exposition » aux apprentissages
contribue à l’efficacité scolaire.
Quatrième enseignement : ces évolutions
durables s’accompagnent pour les enseignants d’un
approfondissement didactique et collectif (questionnement de
haut niveau, refonte du curriculum), indissociable de
l’expérimentation.
Ces éléments de conclusion attestent que
l’expérimentation est un processus important et durable du
développement professionnel des enseignants et contribue à
une amélioration des performances scolaires. Les derniers
résultats du lycée Bergson sont notables.