Projet culturel, projet international.

lycée professionnel Ferdinand Flocon (Paris XVIIIème)

 

Au départ l'idée d'un projet artistique et culturel, à l'époque "une classe à Pac". Un professeur de lettres de retour de voyage du Mexique a l'idée de monter une "pastorela", genre théâtral  populaire pour lequel il existe un festival international annuel qui se déroulait en décembre 2002 à Mexico. Les élèves travaillent sur le texte en espagnol avec un intervenant mexicain Miguel Angel Vaylon Chavez, auteur et metteur en scène de théâtre. Puis, grâce à l'énergie et l'esprit d'entreprise de l'équipe, l'appui de la DARIC, un financement est réuni. Le projet de cette pastorela ou "la nativité dans un contexte urbain, métissé et contemporain"  prend  une dimension internationale et l'équipe part, la classe de BEP secrétariat-comptabilité étant invitée par le Mexique dans le cadre du festival,  à donner des représentations, qui ont été suivies d'une exposition de photos d'élèves sur le thème de la découverte des monuments de Paris.  Certains n'étaient jamais sortis de leur quartier, le 18ème. Lors du récent séminaire Innovations pédagogiques au Centre Pompidou le 26 mars "Intégrer la dimension culturelle à ses modes  d'enseignement", nous avons demandé au porteur du projet,  Philippe Exelmans, aujourd'hui consultant à la DAFPEN,  et à Claude Godard-Prigent, chargé de mission à la DARIC, de répondre aux questions des enseignants. Un entretien avait précédé cet atelier intitulé " Le projet culturel: quels effets sur les apprentissages?"

 

Q. Quelles ont été les étapes d'intervention de la DARIC sur le projet international du lycée professionnel Ferdinand Flocon à Paris?

 

Ce projet a duré deux ans et nous sommes intervenus très tôt. Nous avons  rencontré l'équipe et le chef d'établissement. Au départ sa dimension interculturelle nous a paru très intéressante.

 

Q Quelle est la définition de votre mission?

 

Nous sommes à la disposition des équipes enseignantes. Nous pouvons aider à définir, à affiner le projet, à l'étendre à l'ensemble de l'établissement afin qu'il soit porté par l'établissement. Dans une seconde étape nous aidons à la mise en relation avec des partenaires publics ou privés. Nous pouvons aider l'équipe à comprendre la communication d'entreprise et à rendre le projet convaincant pour l'interlocuteur.

 

Q. Pour un projet international, il faut réunir un ensemble de partenaires, quel est votre rôle?

 

Nous pouvons contacter les ambassades de France des pays concernés, les services  culturels des pays concernés à Paris.

 

Q.Quel est l'élément qui vous a semblé convaincant dans le projet du lycée professionnel Flocon?

 

Le contenu était intéressant: une pastorela c'est une représentation religieuse de la nativité - très peu d'élèves étaient chrétiens, donc l'attente d'une représentation différente. Le pays, le Mexique, fait partie de la zone géographique (Zone Amérique centrale)  qui nous a été attribuée par le MJENR.

 

Q.Comment faire pour évaluer l'impact d'un projet, de sa conception à sa réalisation, au-delà du plaisir de voyager?

 

Partir est important. C'est mieux quand on se rencontre. L'idéal est de mettre en place une grille d'évaluation au démarrage du projet. Comportement, acquis scolaires, décliner les évaluations.

 

Q Y a t il des modèles, pour aider les équipes enseignantes?

 

En "français langue étrangère",  par exemple, il y a eu une grille d'évaluation puisqu'il s'agissait d'évaluer les progrès dans la langue.

 

Q Comment être informés sur la multiplicité des dispositifs?

 

Il y a un problème général d'information. C'est vrai que nous concevons des sessions de formation nous développons un certain nombre d'actions mais l'enseignant a peu de temps à consacrer à la recherche d'information.

 

Q A quelle époque de l'année scolaire faut-il présenter un projet?

 

Assez tôt dans l'année scolaire, vers le mois d'octobre, il y a une circulaire qui concerne les échanges de poste à poste. Ensuite la constitution de dossier dans le cadre des programmes européens s'échelonne d'octobre à février. Nous avons dès maintenant au printemps des établissements qui nous sollicitent sur des dossiers qui seront déposés à la rentrée.

 

Q Est-ce que ces projets culturels internationaux ont une chance de tisser des relations "diplomatiques" entre jeunes de pays et est-ce que le lien demeure une fois le projet terminé?

 

Bien sûr, c'est pour cela que nous tenons à avoir un "retour" et être tenus informés des suites d'un projet.

 

Dans le cas du lycée professionnel Flocon, soulevé en atelier du séminaire Innovations Pédagogiques, des témoignages émanant de l'équipe pédagogique ont porté sur deux points de réflexion soumis aux participants: d'une part l'autonomie accrue des élèves qui cherchent maintenant à prolonger cette expérience théâtrale internationale par leurs propres moyens. D'autre part, point sur lequel il faut être vigilant, l'intégration du projet "exceptionnel" dans la vie au quotidien de la classe et de l'établissement. Sinon, on risque "une certaine démobilisation ...à l'approche du BEP", nous confie la CPE de l'établissement. Donc bien intégrer - avec l'aide entre autres de la mission Innovations pédagogiques, de la DAFPEN et de la DARIC, une "sortie du dispositif" qui puisse mener les élèves en douceur à un retour à la normale, tout en gardant vivants dans la classe les acquis du projet.

 

Janique Laudouar

Chargée de mission éditoriale

 

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